L'accompagnement social est essentiel pour les femmes enceintes, surtout celles en situation de vulnérabilité. Les assistantes sociales jouent un rôle clé dans ce processus, offrant un soutien personnalisé et adapté aux besoins de chaque femme. Cet article explore en profondeur le rôle de l'assistante sociale auprès des femmes enceintes, les démarches à entreprendre et les ressources disponibles.
Le rôle crucial de l'assistante sociale dans le parcours de la grossesse
Les assistantes sociales sont présentes dans divers contextes, notamment les hôpitaux, les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI), les mairies et les maisons des solidarités. Elles interviennent auprès des femmes enceintes pour les aider à faire face aux difficultés sociales, économiques, familiales ou psychologiques qu'elles peuvent rencontrer.
L'évaluation sociale : point de départ de l'accompagnement
Tout commence par une évaluation sociale lors d'un premier rendez-vous. Cette évaluation permet de comprendre, d'analyser et d'évaluer la problématique sociale des patientes et ainsi développer des actions en lien avec les équipes soignantes. Toutes ces informations sont tracées dans le dossier patient informatisé. Parmi les critères à saisir, on trouve des informations sur l’entourage de la patiente, sur la patiente elle-même ou son histoire, si elle a un hébergement, si son logement est équipé d’un ascenseur, si elle bénéficie d’une aide à domicile et toutes les connaissances qui permettent d’en savoir davantage sur sa situation actuelle.
Certaines patientes n’ont parfois plus de ressources financières, d’autres sont en arrêt maladie mais « n’arrivent pas à faire leurs démarches ». Il y aussi les drames auxquels sont confrontés les familles lors de la perte d’un bébé en période périnatale.
À la PASS périnatale, la présence d’interprètes est souvent indispensable lors de l’évaluation sociale. « Les patientes viennent du monde entier », souligne Louise. Les femmes qui entrent en PASS ont des histoires de vie complexes et douloureuses et « ça vient souvent nous bousculer ».
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Un accompagnement global et personnalisé
Après l’évaluation sociale, les assistantes sociales déterminent le plan d’action et travaillent en lien avec d’autres professionnels en vue de l’accompagnement des patientes et/ou de leurs entourage. L'accompagnement du service social est global : de l’accès aux soins aux droits sociaux (Sécurité sociale, MDPH, APA…), en passant par le maintien dans l’emploi, la protection des personnes vulnérables (information préoccupante, mise sous protection avec un curateur ou un tuteur, signalement judiciaire), l’accompagnement dans leur retour à domicile (Métropole de Lyon, services d’accompagnement à domicile, hospitalisation à domicile) ou encore en fonction de leur situation en établissements médico-sociaux (EHPAD, LHSS….) ou administrative sur le territoire (Préfecture, associations spécialisées OFII, Forum réfugiés…).
Les assistantes sociales offrent un soutien personnalisé qui peut inclure :
- L'accès aux droits sociaux : information et aide pour obtenir les prestations sociales auxquelles la femme enceinte a droit (RSA, allocations familiales, prime à la naissance, etc.). La CAF est là pour vous aider si vous êtes enceinte et en difficulté.
- L'accès aux soins : accompagnement dans les démarches pour s'inscrire à la sécurité sociale, trouver un médecin, une sage-femme ou une maternité. Pendant la grossesse, il faut voir un médecin une fois par mois et faire des examens médicaux. Ceux-ci sont entièrement remboursés par la sécurité sociale.
- L'aide au logement : recherche de logement adapté, aide aux démarches pour obtenir une allocation logement, conseils pour améliorer les conditions de logement. Pour louer un appartement, la plupart des propriétaires demandent au locataire un garant. À l’entrée dans le logement, il faut généralement payer un dépôt de garantie (1 à 2 fois le loyer mensuel). En cas d’urgence, pour ne pas dormir dans la rue, contactez le 115.
- Le soutien psychologique : écoute, conseils et orientation vers des professionnels de la santé mentale si nécessaire. Les femmes qui entrent en PASS ont des histoires de vie complexes et douloureuses et « ça vient souvent nous bousculer ».
- L'aide à la parentalité : information sur les modes de garde, les aides financières pour la garde d'enfants, les services de soutien à la parentalité.
- La protection de l'enfance : signalement aux autorités compétentes en cas de danger pour l'enfant à naître ou pour les autres enfants de la famille.
Le travail en réseau : une approche indispensable
« Seul à l’hôpital, on ne fait pas grand-chose ». Le travail d’équipe est indispensable. A 4 mois de grossesse, une jeune femme souffrant d’addiction a été suivie par ses soins en trinôme avec une psychiatre et une sage-femme addictologue. « La problématique de retour à domicile s’est rapidement posée pour cette femme et son bébé ». Un travail pluridisciplinaire a permis d’accompagner au mieux cette maman et d’accueillir l’enfant dans les meilleures conditions. Une fois né, le bébé fut hospitalisé en unité kangourou pendant toute la durée de son traitement afin de préserver le lien parent-enfant. Malgré quelques situations complexes à gérer, la famille a pu regagner son domicile. La maman a bénéficié d’une prise en charge médicale et psychologique, d’un suivi à domicile par des professionnels et a ainsi évité une ordonnance de placement pour son enfant.
Les assistants sociaux travaillent en étroite collaboration avec d'autres professionnels (médecins, sages-femmes, psychologues, éducateurs, etc.) et avec les associations et les services sociaux du territoire. Cette collaboration permet d'offrir un accompagnement global et coordonné aux femmes enceintes.
Démarches et ressources pour les femmes enceintes
Si vous êtes enceinte et que vous rencontrez des difficultés, n'hésitez pas à contacter une assistante sociale. Elle pourra vous informer sur vos droits, vous aider dans vos démarches et vous orienter vers les ressources adaptées à votre situation.
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Comment contacter une assistante sociale ?
Dans tous les cas, si vous êtes enceinte et seule, n’hésitez pas à demander un rendez-vous auprès de l’assistante sociale de votre secteur, en mairie ou maison des solidarités. C’est la personne la plus à même de répondre à vos besoins de manière personnalisée et efficace, dans tous ces domaines.
Vous pouvez contacter une assistante sociale :
- À l'hôpital : si vous êtes suivie dans un hôpital, vous pouvez demander à rencontrer l'assistante sociale du service de maternité. À l’hôpital, les assistants sociaux ont un rôle crucial auprès des patients et de leur entourage. Être assistant social dans un établissement hospitalier est porteur de sens pour la mission de service public du 2e CHU de France. Les assistants sociaux se répartissent en fonction de services définis.
- Dans un centre de PMI : les centres de PMI proposent des consultations médicales et des permanences d'assistantes sociales. Les consultations sont gratuites dans les centres de PMI.
- À la mairie ou dans une maison des solidarités : les mairies et les maisons des solidarités disposent de services sociaux qui peuvent vous mettre en relation avec une assistante sociale.
- Dans une association : de nombreuses associations proposent un accompagnement aux femmes enceintes. Sur tout le territoire français, il existe des associations qui soutiennent les femmes enceintes seules de différentes manières: soutien matériel, soutien moral, accueil, hébergement, accompagnement.
Les démarches administratives à effectuer
Lorsqu’une grossesse est confirmée, plusieurs démarches sont à effectuer avant la naissance. Voici un récapitulatif pour ne rien oublier.
- Déclarer sa grossesse : N’oubliez pas : vous devez déclarer votre grossesse dans les 14 premières semaines à votre Caisse d’Allocations Familiales (CAF) et à votre caisse d’assurance maladie (certificat établi par un médecin). Le premier examen prénatal doit avoir lieu avant la fin du troisième mois. À cette occasion, le médecin généraliste, le gynécologue ou la sage-femme remplit, à l’aide de la carte Vitale, la déclaration de grossesse. Elle est directement transmise à la caisse primaire d’assurance maladie et à la caisse d’allocations familiales. Une déclaration sur un formulaire papier est également possible. Dans ce cas, il faudra l’envoyer aux deux organismes.
- S’inscrire à la maternité : lorsque la grossesse est confirmée par le médecin, l’inscription dans une maternité doit être faite le plus tôt possible, surtout à Paris et dans les grandes villes. Privée ou publique, si la maternité est conventionnée, la prise en charge de la Sécurité sociale se fait à 100 %.
- Se renseigner sur la reconnaissance de l’enfant par le père : dans le cas d’un couple non marié, le père doit reconnaître l’enfant avant ou après la naissance. Il convient donc d’en discuter pendant la grossesse et de prévoir cette démarche pour les couples concernés.
- Penser au nom de famille de l’enfant : si les futurs parents ne sont pas mariés, ils doivent choisir le nom de famille que portera l’enfant : nom de la mère, du père ou double nom.
- Déclarer sa grossesse auprès de son employeur : cela n’est pas obligatoire, mais pour bénéficier des aménagements prévus pour les femmes enceintes comme les réductions d’horaires ou les autorisations d’absence, il convient d’informer son employeur de sa grossesse.
- S’informer sur le congé maternité et paternité : la durée du congé maternité dépend du nombre d’enfants à charge : il sera un peu plus long à partir du troisième enfant. Pour connaître sa durée et son indemnisation, il est important de bien se renseigner. Il conviendra également de s’informer sur le congé paternité.
- Commencer les démarches pour trouver un mode de garde : que l’on souhaite confier son enfant à un assistant maternel ou à une crèche, il est recommandé de l’inscrire le plus tôt possible après l’annonce de la grossesse.
Les ressources disponibles
De nombreuses ressources sont disponibles pour les femmes enceintes :
- La Caisse d'Allocations Familiales (CAF) : la CAF verse des prestations sociales aux familles, notamment la prime à la naissance, les allocations familiales et l'allocation de soutien familial. La caisse d’Allocations familiales et la Mutualité sociale agricole versent sous conditions de ressources des primes en fin de grossesse pour préparer la naissance.
- La Sécurité sociale : la Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux liés à la grossesse et à l'accouchement. Le site de l’assurance maladie donne une information détaillée sur la prise en charge des dépenses liées à la grossesse.
- Les associations : de nombreuses associations proposent un accompagnement aux femmes enceintes, notamment en matière de logement, d'alimentation, de santé et de soutien psychologique. Parmi les associations de soutien aux femmes enceintes seules, la Maison de Rosalie propose un service d’écoute téléphonique, un accueil et un accompagnement au quotidien.
- Les centres maternels : Dans chaque département des centres maternels accueillent les jeunes filles mineures enceintes. Pour y être admise il faut l’accord des parents ou des responsables légaux.
- Le SAMELY : En Île de France et en Moselle, le SAMELY propose un accompagnement individuel gratuit aux lycéennes enceintes de plus de 3 mois et aux jeunes mères pour favoriser la continuité scolaire et éviter le décrochage. Elles assurent également des consultations médicales de suivi de grossesse dans certains centres de PMI et dans les maternités de l'AP-HP et peuvent réaliser certaines vaccinations.
- Le Fonds National d’Aide d’Urgence du CROUS : Le Fonds National d’Aide d’Urgence du CROUS apporte une aide financière personnalisée aux étudiants qui doivent faire face à des difficultés spécifiques.
- Le service de guidance périnatale et parentale pour personnes en situation de handicap : Ce service organise des ateliers de portage, informe sur le matériel adapté, accompagne les parents jusque dans les magasins pour guider leurs achats et les bricolages nécessaires. Après la naissance, l’équipe prolonge son soutien. Le retour à la maison est largement anticipé.
- Les CSAPA : La grossesse est une période privilégiée pour se faire aider et sortir de la dépendance. Les CSAPA sont des structures pluridisciplinaires qui apportent une prise en charge sur toute conduite addictive, quel qu’en soit l’objet.
Situations spécifiques
Certaines femmes enceintes peuvent se trouver dans des situations particulièrement difficiles qui nécessitent un accompagnement spécifique.
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Grossesse et addiction
La grossesse est une période privilégiée pour se faire aider et sortir de la dépendance. Les CSAPA sont des structures pluridisciplinaires qui apportent une prise en charge sur toute conduite addictive, quel qu’en soit l’objet. Consommer tabac, alcool, drogues et certains médicaments, même en faible quantité, peut avoir des conséquences dramatiques sur le développement de votre bébé.
Grossesse et handicap
Vous êtes enceinte et porteuse d’un handicap moteur ou sensoriel. La Consultation mère-enfant-parentalité handicap moteur et sensoriel reçoit les femmes enceintes en situation de handicap sans restriction, avec leurs particularités, des équipements adaptés et une grande expertise. Le suivi au sein de l’Institut Mutualiste Montsouris, est adapté, sur-mesure, avec des conseils avisés et pointus pour chaque type de handicap.
Grossesse et minorité
Il est souvent difficile quand on est adolescente d’annoncer sa grossesse à ses parents et à son entourage… Imaginer la réaction de ses proches est souvent source d’angoisse. Apprendre votre situation et votre grossesse peut déstabiliser vos parents au départ. Ils ont tendance à penser en premier à tous les problèmes que cela implique. Vos parents n’accueillent pas bien votre grossesse et vous menacent ou sont violents ? Si vous êtes victime de harcèlement ou de violences, physiques ou verbales, depuis l’annonce de votre grossesse, n’hésitez pas à en parler avec ces professionnels qui vous aideront à vous protéger. Les services sociaux vous informeront, vous et vos parents si nécessaire, sur vos droits et les prises en charge possibles. L’ASE (Service d’Aide Sociale à l’Enfance du Conseil départemental) prend en charge les jeunes mineures enceintes lorsque les parents sont dans l’incapacité morale ou financière de le faire.
Si vous avez moins de 18 ans, enceinte ou avec un enfant, vous n’êtes pas pour autant émancipée, vous dépendez jusqu’à votre majorité de vos parents ou tuteurs légaux. Vous êtes responsable légale de votre enfant et exercez de plein droit l’autorité parentale sur lui. Vous êtes libre de prendre toutes les décisions concernant votre enfant pour assurer son éducation et permettre son développement.
Si vous ne pouvez pas élever l’enfant que vous attendez à cause de difficultés personnelles, vous pouvez envisager la possibilité de le confier à l’adoption. En tant que mineure, vous pouvez choisir de confier l’enfant que vous attendez à l’adoption. L’accouchement peut se faire de manière anonyme si vous le désirez. Il n’y a que vous qui puissiez le demander.
Grossesse et études
Vous pouvez poursuivre vos études en étant enceinte : des aménagements sont toujours possibles et sont à étudier au cas par cas avec les responsables de votre formation. Si vous avez des difficultés pour aller à l’école, cours à domicile ou par correspondance peuvent être une bonne solution. L’entraide entre lycéens ou étudiants est précieuse et réelle et vous pourrez peut-être aussi étudier chez vous avec les cours pris par vos camarades si vous ne pouvez pas aller en cours pendant un certain temps.
Le SAMELY propose un accompagnement individuel gratuit aux lycéennes enceintes de plus de 3 mois et aux jeunes mères, pour favoriser la continuité scolaire et éviter le décrochage et l’isolement pendant et après la grossesse.
Pour les étudiants boursiers sur critère social des Académies de Paris, Créteil et Versailles. Avec un enfant votre situation change… Celle-ci vous permettra de bénéficier du complément maternité et peut-être d’un logement en résidence universitaire.
Grossesse et violences
Violences physique ou sexuelle, violences psychologique, économique, verbale, harcèlement et menaces. Si vous êtes victime de harcèlement ou de violences, physiques ou verbales, depuis l’annonce de votre grossesse, n’hésitez pas à en parler avec ces professionnels qui vous aideront à vous protéger.
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