La lactation chez l'ânesse est un processus naturel essentiel pour l'alimentation de l'ânon. Cependant, il peut être nécessaire d'arrêter la lactation pour diverses raisons, notamment le sevrage de l'ânon, la réforme de l'ânesse ou des problèmes de santé. Cet article explore des méthodes naturelles pour arrêter la lactation chez l'ânesse, en mettant l'accent sur des approches douces et respectueuses du bien-être animal.
Comprendre la lactation chez l'ânesse
La lactation est un processus complexe contrôlé par des hormones. Après la mise bas, la production de lait est stimulée par la succion de l'ânon et par la présence de l'ânon dans le champ de vision de la mère, car la sécrétion de l’ocytocine (hormone déclenchant la lactation) est provoquée par cette stimulation. La lactation peut durer jusqu'à 24 mois.
Facteurs influençant la lactation
Plusieurs facteurs peuvent influencer la production de lait chez l'ânesse, notamment :
- L'alimentation : Une alimentation riche et abondante favorise la production de lait.
- La fréquence de la tétée : Plus l'ânon tète fréquemment, plus la production de lait est stimulée.
- Le stress : Le stress peut inhiber la production de lait.
- L'état de santé de l'ânesse : Les problèmes de santé peuvent affecter la production de lait.
Méthodes naturelles pour arrêter la lactation
L'arrêt de la lactation doit se faire progressivement pour minimiser l'inconfort de l'ânesse et prévenir les complications telles que la mammite. Voici quelques méthodes naturelles :
1. Sevrage progressif de l'ânon
Le sevrage progressif est la méthode la plus douce et la plus naturelle pour arrêter la lactation. Il consiste à réduire graduellement la fréquence des tétées sur une période de plusieurs semaines ou de quelques mois.
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- Séparation temporaire : Habituée la mère et l’ânon à être séparés de temps en temps.
- Ration complémentaire pour l'ânon : Proposer au petit une autre compagnie agréable et lui donner une ration complémentaire qui diminuera son besoin de lait.
- Réduction de la ration de la mère : En même temps, limiter la ration de la mère pour baisser la production de lait.
2. Modification de l'alimentation de l'ânesse
L'alimentation joue un rôle crucial dans la production de lait. Pour arrêter la lactation, il est nécessaire de réduire l'apport calorique et de limiter les aliments qui stimulent la production de lait.
- Régime pauvre : Mettre la mère à la diète : nourriture pauvre (paille).
- Restriction d'eau : Très peu d’eau (2-3 litres par jour, en deux fois : “c’est l’eau qui donne le lait”).
- Éviter les aliments riches : Supprimer les céréales et autres aliments concentrés.
Il est important de noter que l'âne ne se nourrit pas comme un cheval. Il ingère plus, mâche plus et trie plus. Les excès de concentré, amidon, azote, lipides sont à éviter.
3. Soins des mamelles
Pendant le processus de tarissement, il est essentiel de surveiller attentivement les mamelles de l'ânesse pour détecter tout signe d'engorgement ou d'inflammation.
- Application de pommade : Prévenir les risques d’induration, voire d’inflammation des mamelles (mammite) en passant 2-3 fois par jour une pommade “Mammyl” (pour le pis des vaches) en vérifiant que la mamelle ne s’indure pas.
- Massages doux : Si la mamelle reste souple et diminue, pas de problème, remettre la mère à un régime “normal” en 2-3 jours, tout en vérifiant l’état des mamelles.
- Surveillance : Si les mamelles deviennent très dures et chaudes, multiplier les massages à la pommade, ne pas donner d’eau (24h maxi). Appeler le vétérinaire pour un traitement aux antibiotiques.
4. Dissuasion de la tétée
Si l'ânon continue à téter malgré les mesures prises, il est possible d'utiliser des méthodes dissuasives.
- Répulsif sur les trayons : Pour dissuader l’ânon de téter, on peut mettre de la pommade sur les trayons avec un répulsif (argile verte mélangée à de l’huile camphrée, par exemple).
Alimentation générale de l'âne
L'âne est un herbivore monogastrique, ce qui signifie qu'il ne possède qu'un seul estomac et ne rumine pas. Il mastique longuement et méticuleusement, ce qui lui permet d'assimiler des aliments secs comme le foin grossier, les grains, les écorces, les ronces et les chardons. Les informations suivantes sont données à titre indicatif pour un âne commun d'environ 200 kg. Il faut faire attention aux pâtures très riches, notamment en azote, et très humides.
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Besoins nutritionnels
- Fourrage : Au pré et au repos, un âne aura besoin d'environ 1 ha pour se nourrir toute l'année, selon la région et la qualité de l'herbe. Un foin de bonne qualité nutritive est un foin qui est resté assez vert, qui contient toutes ses fleurs et graines et qui sent bon.
- Paille : Elle peut être distribuée dans plusieurs cas et n'est en aucun cas néfaste à la santé de l'âne, mais il faut savoir qu’elle est très peu nourrissante. On peut donc l'utiliser en complément pour enrichir une alimentation trop pauvre en cellulose (et l'âne en a beaucoup besoin). Ou pour tarir une ânesse (dans ce cas elle n'aura rien d'autre à manger et peu à boire durant environ 3 jours. Il ne faut pas que ce régime arrive trop brutalement et il faudra souvent apporter des soins supplémentaires aux mamelles).
- Céréales : Orge, sons, maïs, avoine, tourteaux. Le blé n'est pas conseillé et n'est d'ailleurs pas très apprécié par les ânes. Les grains sont soit entiers et dans ce cas il est préférable de les laisser tremper toute une nuit avant de les donner ce qui les rend plus digestes, soit aplatis, broyés ou en farines, dans ces cas il est conseillé de les humidifier pour éviter que l'âne respire trop de poussière. Ces céréales ont chacune leurs propriétés et seront distribuées surtout comme supplément énergétique en période de travail, pour les ânesses en fin de gestation ou allaitantes, pour "retaper" un âne qui a trop maigri. Les quantités seront à apprécier par l'éleveur. A titre indicatif on peut donner 0,500 g d'orge par jour pour une ânesse allaitante manquant de lait, très maigre ou carencée.
- Aliments industriels : Ils peuvent être utilisés mais sont très coûteux et pas très adaptés aux ânes. Il en existe plusieurs sortes et les dosages sont spécifiques à chaque marque. Il faudra donc bien se renseigner avant d'en donner.
- Sel : Il est très important car les ânes en consomment beaucoup. Le mieux est de leur en mettre à volonté. On le trouve soit sous forme de pierre à sel soit en gros sel soit en seau, il peut être agrémenté de minéraux et oligo-éléments. Le mieux est évidemment de lui en mettre à volonté.
Répartition des repas
L'âne au pré mange toute la journée, il faudra donc en tenir compte dans la répartition des repas. Si vous lui donnez à manger une seule fois par jour, l'âne va se gaver et mal digérer, donc tirer un moindre profit des aliments.
Reproduction chez l'ânesse
La gestation dure entre 12 mois et 13 mois (parfois un peu plus). Les ânes sont très actifs sexuellement. Un mâle entier a besoin de plusieurs ânesses, plutôt quatre que deux seulement. Les ânesses se laissent saillir même gestantes. Les accouplements ânes-chevaux ne sont pas naturels, donc pas spontanés. L’intervention de l’homme est nécessaire pour tromper la nature. Pour la saillie, nous vous conseillons de laisser faire les saillies en liberté et au printemps, pour avoir les naissances quand l’herbe a repoussé.
Signes de gestation
Un écoulement laiteux à la vulve est visible, elle se dilate et s’ouvre spasmodiquement. On dit que l’ânesse est “pisseuse”. Pendant la gestation, une ânesse peut travailler durant presque toute cette phase, tout en évitant les efforts violents.
Prémices de la mise bas
Les prémices de la mise bas sont : un ventre est énorme qui descend. La mamelle grossit. Les trayons présentent un petit écoulement jaunâtre qui sèche (la cire), dans ce cas, s’attendre à l’accouchement dans la semaine. L’ânesse a tendance à s’isoler. L’installer dans un pré bien propre, avec un coin tranquille, et de préférence avec “une copine” qui la rassurera. Attention aux prés pentus, on a souvent trouvé des ânons de l’autre côté de la clôture. Éviter de laisser le mâle avec elle, certains mâles sont agressifs vis-à-vis des petits, et d’autres très protecteurs peuvent vous empêcher d’approcher. Habituée à vivre dehors, l’ânesse accouchera mieux dans un pré que dans un box. Si vous l’installez dans un box (mauvais temps, etc.) paillez le bien pour qu’il soit doux et confortable, et laissez la tranquille. Le calme et la tranquillité sont primordiaux.
Déroulement de l'accouchement
L’accouchement se passe chez l’ânesse comme chez la jument. La poche des eaux sort et se crève. La mère se couche, le petit arrive, les antérieurs et la tête en premier, le reste du corps ensuite. Le cordon ombilical se coupe quand la mère se relève pour lécher le petit. Elle expulse ensuite le placenta. La naissance de l’ânon est normalement, relativement rapide, moins d’une heure. Il peut naître plus d’une heure après la poche des eaux, et le placenta peut être expulsé parfois quatre heures après la naissance. Bien vérifier que la mère a bien expulsé le placenta, vous ne le trouverez pas loin. Si elle a “quelque chose” qui pend à la vulve, appelez plutôt le vétérinaire qui, de toute façon, apportera des antibiotiques pour éviter toute infection possible, que le petit tête bien et que sa mère l’accepte, qu’il a bien expulsé le méconium à l’anus.
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Sevrage
Le sevrage peut se faire à partir de six mois. Il est toujours possible avant, mais est très déconseillé (conséquences physiques et psychologiques). Pour le tarissement de la mère, dans la mesure du possible, laisser faire la nature.
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