Robert Nesta Marley, plus connu sous le nom de Bob Marley, est né le 6 février 1945 à Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann, en Jamaïque. Décédé le 11 mai 1981 à Miami, en Floride, aux États-Unis, il était un chanteur, guitariste, compositeur et réalisateur artistique jamaïcain, actif de 1959 à sa mort. Figure emblématique du reggae, il a contribué à populariser ce genre musical à l'échelle mondiale et est considéré comme le musicien de reggae le plus connu et le plus vénéré à ce jour.

Enfance et Jeunesse

Bob Marley est le fruit de l'union entre Cedella Malcom, une jeune paysanne noire de 17 ans, et Norval Marley, un capitaine blanc d'une cinquantaine d'années qui supervisait des travaux dans la campagne. Son père, Norval, prénomme son fils Nestor, et Robert en deuxième prénom, du nom de son frère. Bien que son père ait assuré une présence sporadique dans sa vie, il décède alors que Bob n'a pas encore cinq ans, laissant à son fils deux pièces de cuivre d'un penny.

Bob passe son enfance dans un hameau de collines, à une heure de route de la côte nord de la Jamaïque. Il fréquente l'école et participe aux travaux agricoles. Son grand-père Omeriah, qui l'a élevé, jouait du violon et de l'accordéon. Son oncle, musicien semi-professionnel, jouait de la guitare et du banjo dans les groupes de bal populaire.

Nesta, comme l'appelait sa mère, décide très tôt qu'il sera chanteur. À l'âge de cinq ans, il interprète le morceau de mento "Don't Touch Me Tomato" en frappant deux bouts de bois pour marquer le rythme. Il aime chanter et accompagne sa mère à l'église baptiste le dimanche, où il chante le gospel avec ferveur.

En 1957, sa mère quitte la campagne pour s'installer à Kingston, dans le ghetto urbain de Trench Town, où elle devient femme de ménage. Elle y vit avec Thadeus "Thaddy" Livingston, le père de Neville "Bunny" Livingston, avec qui elle aura une fille, Pearl. Bunny devient le partenaire de chant de Nesta. Ensemble, ils s'essayent sur des cantiques et des chants d'église comme "This Train". Bunny, toujours entreprenant, fabrique une première guitare avec des fils électriques sans gaine, une boîte de sardines servant de caisse de résonance et un morceau de bambou de manche. En 1959, Bob gagne une livre sterling à un concours de chant public au Queens Theatre.

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Débuts Musicaux et Formation des Wailers

En 1962, alors qu'il est en apprentissage pour devenir soudeur, Bob se blesse dans un accident de travail. Profitant de cet arrêt maladie, il suit les conseils d'un ami et tente sa chance auprès d'un producteur. Il enregistre trois titres au studio Beverley's, où il rencontre l'adolescent Jimmy Cliff.

Issu du rythme shuffle, du R&B et du jazz, le ska naît en 1960, symbole de l'indépendance jamaïcaine obtenue en 1962. Bob Marley se consacre alors à la musique. Deux 45 tours de ska sortent chez Beverley's, l'un sous le nom de Robert Marley : "Judge Not", puis "One Cup of Coffee", sous le nom de Bobby Martell.

Nesta et Bunny sont rejoints par Peter Tosh, qui leur apprend à jouer avec une "vraie" guitare, et Junior Braithwaite. Ils forment un quatuor d'harmonies vocales soul. Joe Higgs leur enseigne le chant et les harmonies. Les Wailers sont nés !

Le registre des Wailers n'est pas encore le reggae. Ils reprennent des titres de soul américains et chantent des cantiques et des reprises de doo-wop. Après une audition chez Studio One, "Coxsone" Dodd leur demande de composer des chansons. Junior Braithwaite, à la voix haut perchée, devient le chanteur principal. Leur énergique premier simple ska, "Simmer Down", chanté par Bob "Nesta" fin 1963 ou début 1964, apparaît dans les listes des succès dans la presse d'avril 1964. C'est leur premier gros succès en Jamaïque. Ils enregistrent, entre 1963 et 1966, une centaine de morceaux splendides, dont les créations de Marley, telle "One Love" ou "Cry to Me", mais aussi le "And I Love Her" des Beatles, et des adaptations du "Like a Rolling Stone" de Bob Dylan sous le nom de "Rolling Stone". Malgré de nombreux succès et un premier album "The Wailin' Wailers", les Wailers, très déçus, ne touchent pas plus de 3 livres sterling par semaine. Bob grave aussi quelques cantiques pour Studio One, comme "Let the Lord be Seen in you" sous le nom de Bob Marley & the Spiritual Sisters.

Mariage, Départ aux États-Unis et Tournant Rastafari

Le 10 février 1966, Robert Nesta Marley épouse Alpharita Constancia "Rita" Anderson, du trio des Soulettes que Bob encadre chez Studio One. Rita est enceinte. Toujours aussi pauvres, ils quittent l'île pour rejoindre la mère de Marley, remariée, aux États-Unis. À la douane, le prénom Nesta disparaît de son passeport, jugé peu sérieux par l'agent fédéral qui lui préfère Robert ! Le diminutif de Robert, Bob, est déjà devenu le surnom de Marley à cette époque.

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La visite de Hailé Sélassié en Jamaïque en avril 1966 va conditionner toute sa vie. Bob Marley travaille alors dans l'équipe de nettoyage d'un hôtel aux États-Unis, mais il aura des échos de la part de Rita, présente à l’arrivée du monarque qu’elle perçoit comme étant Jésus réincarné, et lui raconte les scènes de dévotion des chrétiens Rastafari. Fortement marqué, Bob Marley se déclare rasta. Fini les costumes cintrés et les cheveux courts. Le mouvement Rastafari se répand en Jamaïque.

Wail'n Soul'm et Émergence du Reggae

En 1967, avec ses économies américaines, Bob Marley crée sa propre marque de disques : Wail'n Soul'm, abrégé de Wailers and Soulettes music. Les disques sortent désormais sous le nom de Bob Marley & the Wailers, et Peter Tosh & the Wailers.

Le ska passe de mode et fait place au rocksteady, plus lent et plus axé sur les voix soul que sur les cuivres jazzy. Les deux premiers titres enregistrés en autoproduction par Bob Marley & the Wailers (écrits par Bob aux États-Unis) sont "Bend Down Low" et "Freedom Time", leur premier single pour le nouveau label, qui fête à la fois leur départ de chez Studio One et la fin de l'esclavage.

Ils enregistrent d’autres 45 tours avec d'excellents musiciens. Tous les ingrédients du succès sont déjà là… Mais sans le soutien des soirées dansantes de sound systems importants comme ceux de Coxsone Dodd, ils ne trouvent que rarement preneur. Bob, Rita, Peter et Bunny ouvrent alors une minuscule boutique et y vendent leurs 45 tours de rock steady, le nouveau style. Bob les distribue lui-même en vélo, mais malgré une apparition à la télévision et le passage de "Nice Time" en radio, les indépendants n’ont presque aucun succès.

Après Sharon, adoptée quelques mois plus tôt, leur première fille Cedella naît le 23 août 1967. Quand Bob Marley annonce sa prise de conscience rasta à sa mère (prénommée Cedella) très chrétienne, elle est choquée, comme le serait tout Jamaïcain, qui considèrent à priori les rastas comme blasphématoires. Mais elle le suivra plus tard dans cette voie.

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De juillet 1967 à septembre 1968, Bunny Livingston est en prison pour détention de chanvre, et Rita Marley remplace Bunny au sein du trio. En janvier 1968, Bob, Rita et Peter Tosh rencontrent le chanteur américain Johnny Nash, vedette de télévision, et son imprésario Danny Sims, qui cherchent à enregistrer du rocksteady pour lancer ce style nouveau aux Etats-Unis.

Après une cérémonie rasta, les Wailers commencent à enregistrer des maquettes de chansons pour eux. Sims leur fera bientôt signer un contrat exclusif d'agent, d'éditions musicales et de production de disques. Alors que Johnny Nash enregistre en Jamaïque une série de succès rocksteady dont certains écrits par Bob Marley, les trois Wailers profitent de sa présence et enregistrent une série de morceaux très soul/rock steady. Johnny Nash aura beaucoup de succès aux Etats-Unis avec les rocksteady "Hold Me Tight", le "Stir It Up" de Bob, mais les Wailers ne rencontrent toujours aucun succès.

Tuff Gong et Reconnaissance Internationale

Les Wailers chantent encore du rock steady, mais l'époque du reggae approche doucement. David "Ziggy" Marley voit le jour en octobre 1968. Cela devient de plus en plus dur, malgré la production de nombreux titres de grande qualité. Bob repart chez sa mère en Amérique en 1969. Après avoir dû couper ses nattes de rasta pour se présenter à un poste de docker qu’il n’obtient pas, il travaille cette fois de nuit, à l'usine Chrysler de Wilmington, où il porte des pièces.

Il se décourage, jusqu'à sa rencontre avec Lee "Scratch" Perry. Avec lui, les Wailers composent des titres qui resteront gravés dans les mémoires : "Kaya", "Sun is Shining", "Small Axe"… Deux 33 tours sortent en Angleterre mais les Wailers ne touchent presque rien. À son retour, avec ses économies, Bob & les Wailers fondent les disques Tuff Gong.

La chance va enfin leur sourire lorsque Bob rencontre Chris Blackwell, le patron d'Island qui, déçu de n'avoir pu retenir Jimmy Cliff, se rabat sur Bob Marley & The Wailers. Il croit à l'essor du reggae. Ils enregistrent "Catch a Fire" en Jamaïque, qui obtient l'estime de la critique. Les trois Wailers reviennent en Grande-Bretagne pour retravailler les bandes de "Catch a Fire", copiées sur seize pistes à Londres.

Rebaptisé The Wailers par Blackwell (leurs disques sortaient sous le nom de Bob Marley & the Wailers depuis 1966), ils signent un contrat de disques international avec lui. Le 33 tours est présenté comme l'album conceptuel d'un groupe de rock noir, The Wailers, révélé au public par les prestigieux disques Island. Succès d'estime dans la presse rock blanche, pourtant on y trouve des joyaux comme "Slave Driver", "Stir It Up", "Kinky Reggae".

Une deuxième tournée anglaise a lieu en avril 1973. Bunny Livingston quitte le groupe en pleine tournée, déçu par la pression psychologique et financière qui entoure le groupe. Peter Tosh suivra peu après, jaloux de la place attribuée à Bob Marley par les dirigeants d'Island. Les orientations déjà suggérées par Blackwell sont intégrées directement par le groupe. "Burnin'" est bien accueilli, mais passe plus inaperçu. Sorti également sous le nom des Wailers, il contient pourtant "Get Up Stand Up", "Small Axe" et "I Shot the Sheriff".

Bob, chante, compose, joue de la guitare et réalise lui-même ses disques. Eric Clapton, très coté en 74, obtient son seul numéro un en Amérique avec "I Shot The Sheriff" de Bob Marley, qui profite beaucoup de cette publicité mais réalise que son vieux contrat d'éditions signé en 1968 avec Danny Sims lui retirent l'essentiel de ses droits d'auteur. Bob ne signera plus les morceaux de son propre nom (Vincent "Tata" Ford qui a un peu contribué aux paroles est crédité comme auteur-compositeur de "No Woman no Cry" alors qu'il est à peine musicien), le stratagème réussira.

Bob Marley & the Wailers… again

En 1974 le groupe se recentre autour de Bob avec Aston "Family Man" Barrett (basse), Carlton "Carly" Barrett (batterie), l'Américain Al Anderson (guitare), Alvin "Seeco" Patterson (percussions) et le trio I Three aux chœurs (Rita Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths), ce sont les meilleurs musiciens de l'île. Cette équipe restera le groupe de scène de Marley jusqu'à la fin.

La carrière solo de Bob Marley (& the Wailers à nouveau) commence en 1974 avec son célèbre "No Woman No Cry" où il demande à une femme qu'il quitte de ne pas pleurer, tout en décrivant leurs bons souvenirs à Trench Town. Avec d'autres titres tels "Lively Up Yourself", "Natty Dread", "Revolution", "Rebel Music", "Them Belly Full", l'album "Natty Dread" est sans doute son plus grand chef-d'œuvre.

"No woman no cry", la consécration…

Différents disques restés inédits jusque là commencent à sortir sur différents labels le plus souvent illégaux jusqu'à la sortie de la série exhaustive des Complete Bob Marley & the Wailers 1967 to 1972. Une tournée anglaise de Bob Marley & the Wailers a lieu en 1975. Les journalistes londoniens sont très impressionnés par le concert au Lyceum de Londres qui donnera l'album Live ! C'est une révélation qui lance la médiatisation intensive de Marley en Angleterre, bientôt relayée dans le reste de l'Europe et du monde. C'est aussi la version en public de "No Woman No Cry" qui commence à passer à la radio. En quelques mois, contre toute attente Marley est une superstar, son succès est universel et foudroyant.

Le contenu de ses chansons est fidèle à une tradition jamaïcaine que l'on retrouve dès les débuts du ska, et dont les trois principaux thèmes sont partagés à peu près également dans son œuvre : on y trouve d'abord des chansons d'amour. À partir de 1974 surtout, des compositions violemment contestataires où Marley défie l'autorité, un oppresseur qu'il résume sous le terme utilisé dans la Bible pour les païens : Babylone. Et, il fait découvrir au monde les racines africaines spirituelles et historiques de la civilisation en présentant la culture syncrétique d'un mouvement marginal jamaïcain qui prône le rapprochement de tous les hommes, le Rastafari.

L'assassinat de Sélassié en 1975 par une junte militaire sanguinaire lui fera chanter le 45 tours "Jah Live". Les rastas, persécutés pour blasphème dans la très chrétienne Jamaïque, se reconnaissent aux nattes naturelles (Natty Dread) qu'ils portent souvent et sont souvent condamnés pour leur consommation …

Engagement et Messages

Bob Marley était plus qu'un simple musicien. Ses chansons véhiculaient des messages d'amour, de paix, de justice sociale et de résistance contre l'oppression. Il s'est engagé contre l'impérialisme occidental, a soutenu la lutte pour l'indépendance du Zimbabwe et a dénoncé les inégalités économiques.

Ses textes spirituels et culturels, imprégnés des valeurs rastafari, ont touché un public mondial et ont contribué à l'affirmation et à la valorisation d'une identité noire. Bob Marley est devenu une icône de la contestation pacifique et de la légitime défense, un symbole d'émancipation et de liberté.

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