L'allaitement est une décision personnelle, tant en termes de méthode, de lieu que de durée. Certaines mères ne donnent que la tétée d'accueil, tandis que d'autres prolongent l'allaitement pendant quelques semaines, jusqu'à la reprise du travail, pendant six mois, un an, deux ans ou jusqu'à ce que l'enfant arrête de lui-même. Quelle que soit la durée, c'est avant tout le choix de la mère et de son enfant. Toutes les raisons de prolonger ou d'interrompre l'allaitement sont valables. Chaque mère a pleinement le droit d'arrêter d'allaiter son bébé. Cependant, il est également nécessaire de tenir compte des besoins du bébé. L'arrêt doit se faire progressivement.
Raisons d'arrêter l'allaitement
Plusieurs facteurs peuvent amener une mère à envisager d'arrêter d'allaiter :
- Douleurs aux seins : Les douleurs mammaires pendant l'allaitement peuvent être très désagréables.
- Reprise du travail : La reprise du travail pendant l'allaitement peut être une période difficile pour les mères allaitantes en raison des nombreux changements qu'elle implique.
- Grossesse : Pendant la grossesse, les femmes se posent souvent des questions, surtout si elles allaitent encore. La montée de lait est liée à l'ocytocine, l'hormone de la lactation, qui favorise la production de lait et joue un rôle important lors de l'accouchement par voie basse en accélérant le travail. Pendant l'allaitement, elle peut provoquer des contractions utérines et entraîner une diminution de la lactation. De plus, pendant la grossesse, la mère a besoin de repos, et l'allaitement peut être épuisant pour elle.
- Médicaments : Dans certains cas, la prise de médicaments peut être une raison d'arrêter l'allaitement. Il est important que les femmes informent leur médecin avant de prendre tout médicament.
Le sevrage naturel
Le sevrage naturel est un processus qui consiste à donner moins de lait maternel au bébé. L'introduction d'aliments doit se faire progressivement pour aider à réduire la dépendance du bébé au lait maternel. Il est important de respecter le rythme du bébé et de le laisser décider quand il veut téter. Il ne faut pas le forcer à arrêter de téter avant qu'il ne soit prêt.
L'âge considéré comme "normal" pour sevrer un enfant varie selon les cultures et les époques. Au-delà des habitudes culturelles, des tabous et des préjugés, il est important de tenir compte des besoins nutritionnels et émotionnels du bébé en fonction de son âge. Si la décision vient de la mère, on parle de sevrage planifié, où les tétées sont progressivement remplacées par du lait infantile ou des aliments solides selon l'âge de l'enfant.
L'OMS recommande l'allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois, puis la poursuite de l'allaitement avec des aliments complémentaires jusqu'à l'âge de 2 ans ou au-delà. Le lait maternel fournit toute l'énergie et les nutriments nécessaires à l'enfant pendant les 6 premiers mois et continue de couvrir une part importante de ses besoins nutritionnels par la suite.
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Chaque bébé est différent, et le moment où il est prêt à arrêter l'allaitement peut varier considérablement. Les signes indiquant que le bébé est prêt à arrêter d'être allaité comprennent une plus grande autonomie et indépendance.
Comment arrêter l'allaitement après une semaine
Que le bébé soit allaité depuis un jour, une semaine, un mois ou un an, il est toujours possible de le sevrer. À tout moment de l'allaitement, il est possible de décider d'initier le sevrage de son bébé.
Si le bébé a moins de 6 mois
Si le bébé a moins de 6 mois, la diversification alimentaire n'a pas commencé ou elle en est à ses débuts. L'alimentation du bébé repose donc essentiellement sur le lait. Il est donc nécessaire de remplacer le lait maternel par du lait infantile. Le changement peut se passer sans soucis, mais si le bébé n'a jamais eu affaire à ce lait, il pourrait être assez réfractaire à l'utilisation d'un biberon ou au goût de ce nouveau lait. Il est conseillé de commencer par donner le lait maternel, exprimé à l'avance, par le biais de ce nouveau contenant. Beaucoup choisissent le biberon pour son côté pratique, mais d'autres solutions sont possibles. En procédant ainsi, le changement est moins brutal, le contenant est nouveau, mais c'est bien le goût du lait qu'il connaît. Il est ensuite possible de passer petit à petit au lait infantile. Le sevrage d'un bébé de moins de 6 mois peut prendre un peu de temps.
Si le bébé a plus de 6 mois
Quand le bébé a plus de 6 mois, la diversification a déjà commencé, voire elle est bien en place. Les tétées ont donc déjà commencé à s'espacer, et son alimentation ne repose pas exclusivement sur le lait. La plus grande difficulté sera probablement le refus du bébé. Si le choix vient exclusivement de la maman et non de l'enfant, il faut prendre le temps de lui expliquer et trouver le moyen de combler le manque émotionnel et affectif. La tétée n'a pas qu'une fonction nutritive, c'est aussi un moment privilégié et câlin, que le bébé chérit particulièrement. La tétée du soir notamment.
Après 2 ans
Après 2 ans, la plupart des apports alimentaires sont amenés par l'alimentation solide du bébé. Les tétées ne représentent plus un besoin vital comme lors des premiers mois. Elles restent cependant un moment très important dans le quotidien de l'enfant et de la maman. C'est à la fois un apport nutritif pour l'enfant, mais aussi un moment de câlin, de tendresse, de réconfort et de complicité. Il faut donc compenser ces moments si l'on décide d'arrêter l'allaitement. Si le sevrage est mené par l'enfant, ce sera probablement plus simple.
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Conseils pour un arrêt en douceur
- Progressivité : Sauf avis médical, il est conseillé d'arrêter progressivement l'allaitement. Surtout si l'on allaite depuis longtemps, il sera plus simple de retirer une ou deux tétées par jour au fur et à mesure que de toutes les retirer du jour au lendemain. Ce sera plus simple à comprendre et à gérer pour l'enfant, mais aussi pour la mère.
- Risque d'engorgement : En cessant l'allaitement, il faut garder en tête le risque d'engorgement. En arrêtant l'allaitement progressivement, on va passer par une étape d'alternance entre lait maternel et lait infantile. Si l'enfant a plus de 3 ans, on peut même passer directement au lait de vache. Prévoir un temps d'adaptation pour l'introduction de ce nouveau lait. L'enfant pourrait ne pas l'accepter dans un premier temps : le goût, la texture etc. sont très différents ; rien ne sert de le brusquer, cela pourrait être pire. Proposer lui simplement ce nouveau lait régulièrement, à une heure précise.
- Rythme du corps : Le corps est effectivement très réactif, mais il va tout de même avoir besoin d'un certain temps pour arrêter la montée de lait. Il est donc important d'arrêter de le stimuler petit à petit.
- Gestion émotionnelle : Arrêter l'allaitement, même si c'est un choix, peut être difficile à gérer émotionnellement, aussi bien pour l'enfant que pour la mère. On perd des moments de complicité mère/enfant, on est peut être amené à arrêter l'allaitement plus tôt que prévu… Prendre le temps pour le sevrage permet donc de mesurer l'afflux d'émotion.
- Acceptation du biberon : La prise du biberon est toujours un moment délicat pour les bébés allaités. C'est assez ressemblant, mais tout de même très différent de la prise au sein, la confusion est donc tout à fait compréhensible. En arrêtant l'allaitement doucement, on se laisse plus de temps pour faire accepter ce nouveau mode d'alimentation à son enfant. Si l'enfant ne veut pas prendre le biberon, il existe de nombreuses autres options.
- Ne pas culpabiliser : L'allaitement est un acte à fort caractère émotionnel. C'est un lien unique et très fort que l'on construit avec son bébé. C'est aussi un choix qui a de grandes conséquences sur la santé de son enfant : l'allaiter longtemps, c'est lui donner longtemps un accès à son système immunitaire, à une alimentation parfaitement adaptée etc. Quand on arrête l'allaitement, on peut avoir l'impression de lui retirer tout cela, et donc à se sentir coupable. Mais il faut savoir que chaque allaitement est différent, et que si l'on arrête l'allaitement, on le fait pour de bonnes raisons qui sont tout à fait valables : il n'y a donc pas à remettre en cause sa décision ou son bien-fondé. Et concernant les avis extérieurs qui voudraient vous faire culpabiliser d'arrêter l'allaitement "trop tôt" (à leur goût…), il faut se rappeler qu'il y aura toujours du monde pour donner son avis, et que seuls ses besoins et ceux de son enfant comptent en matière d'allaitement.
- Soutien : Parler à d'autres mères qui ont arrêté l'allaitement ou chercher du soutien auprès d'un professionnel de la santé. Comme pour toutes les questions d'allaitement, si l'on a besoin d'indications, de conseils, ou de retours d'expérience, penser à se renseigner. On peut se tourner vers des associations d'allaitement, des blogs (vérifier tout de même les sources), sa sage-femme ou une conseillère en lactation.
Méthodes pour arrêter l'allaitement
- Diminuer progressivement les tétées : Choisir une tétée spécifique que l'on souhaite éliminer en premier. Il est généralement recommandé de commencer par une tétée moins importante pour l'enfant, comme celle de l'après-midi. Cela permettra au corps de s'ajuster progressivement à la diminution de la production de lait.
- Proposer une alternative : Au lieu de la tétée que l'on souhaite supprimer, proposer une alternative, comme un biberon de lait maternel ou de lait maternisé, en fonction de l'âge du bébé.
- Introduire un biberon par jour : On peut commencer par introduire un biberon par jour à la place de la tétée que l'on souhaite supprimer. Après quelques jours, si le bébé s'adapte bien au biberon, on peut supprimer une autre tétée et la remplacer par un biberon.
- Maintenir une connexion émotionnelle forte : L'allaitement est souvent associé à des moments de réconfort et de détente. Essayer de trouver d'autres moyens de partager ces instants avec son enfant, comme la lecture d'une histoire ou les moments câlins. Les câlins sont importants pour maintenir une connexion émotionnelle forte avec son enfant.
- Réduire la stimulation des seins : Réduire au minimum la stimulation des seins pour signaler à son corps de cesser la production de lait. Éviter de pomper, d'exprimer manuellement ou de toucher ses seins autant que possible.
- Porter un soutien-gorge adapté : Opter pour des soutiens-gorge compressifs ou des bandeaux de compression spécialement conçus pour le sevrage de l'allaitement. Ces soutiens-gorge aident à soutenir les seins tout en réduisant la stimulation et l'inconfort associés à la montée de lait.
Gérer l'engorgement mammaire
Lorsque l'on arrête d'allaiter, il est possible de ressentir des douleurs et des engorgements dans les seins. Les symptômes de l'engorgement mammaire comprennent des seins durs, tendus, douloureux et chauds au toucher.
- Appliquer des compresses froides : Les compresses froides peuvent aider à diminuer la douleur et l'inflammation.
- Exprimer manuellement un peu de lait : Lorsque l'on ressent une tension ou une douleur dans ses seins, exprimer manuellement juste assez de lait pour soulager la pression.
- Porter un soutien-gorge adapté : Choisir un soutien-gorge bien ajusté qui offre un bon maintien sans comprimer ses seins.
- Éviter les stimulations inutiles : Éviter de toucher ou de stimuler ses seins lors des douches ou du coucher.
- Médicaments : Des médicaments comme le paracétamol ou l'ibuprofène peuvent dans certains cas être indiqués pour soulager la douleur et l'inflammation liées au sevrage.
Soutien émotionnel
- Rassurer le bébé : L'enfant peut ressentir du stress ou de l'anxiété face à ce changement.
- Encourager l'autonomie : L'introduction du biberon et des aliments solides permet à l'enfant de développer son autonomie et sa coordination.
- Consulter un professionnel de la santé : La sage-femme ou le pédiatre peut fournir des conseils et des recommandations spécifiques à la situation. Ces professionnels de santé peuvent aider à élaborer un plan d'arrêt progressif de l'allaitement et répondre aux questions ou préoccupations.
- Rejoindre des réseaux de soutien : Les consultantes ou conseillères en lactation sont des professionnelles spécialisées dans le soutien et l'accompagnement des femmes pendant l'allaitement. Ces réseaux peuvent offrir un soutien moral précieux pendant l'arrêt de l'allaitement. Le partage d'expériences sur les réseaux est aussi l'occasion de se renseigner sur des sujets annexes comme la grève de la tétée, le refus du sein, les intérêts du lait maternel, l'allaitement exclusif ou encore la gestion de la reprise du travail quand on allaite.
Erreurs à éviter
- Ne pas faire coïncider le sevrage avec un autre grand changement dans la vie du bébé : Il est préférable de ne pas faire coïncider le sevrage avec un autre grand changement dans la vie de bébé (déménagement, voyage, changement de mode de garde…). Il est déjà difficile pour le tout-petit de "perdre" le sein de sa maman, autant ne pas en rajouter.
- Ne pas attendre les derniers jours avant le retour au travail : Il ne faut pas attendre les derniers jours avant le retour au travail. Gardons à l'esprit tous les changements qui vont s'opérer dans la vie de bébé : il lui faudra du temps pour s'habituer (l'absence de la mère, la crèche ou la nounou, le biberon…). La durée idéale pour un bon sevrage est donc la plus longue possible. L'idéal est de prendre une semaine pour remplacer la première tétée (la moins abondante) ; si tout se passe bien, la semaine suivante, proposer lui un second biberon dans la journée.
- Ne pas mettre le bébé devant le fait accompli : Il faut lui expliquer que nous allons remplacer notre sein par un biberon et lui dire pourquoi : "Je dois recommencer à travailler", par exemple… L'important est d'associer le bébé à ce changement et non pas de le mettre devant le fait accompli. Et s'il rechigne, pas de panique ! Par son refus, le bébé montre qu'il n'apprécie pas du tout ce chamboulement de ses petites habitudes.
Conseils supplémentaires
- Faire donner les premiers biberons par une autre personne : Souvent, le bébé acceptera mieux de boire ses premiers biberons avec le papa ou un autre proche. Si le bébé déteste vraiment le goût de la tétine, tirer son lait, régulièrement pour alimenter les premiers biberons.
- Vérifier la température du lait : En tétant, le bébé boit à température ambiante. Au biberon, son repas est beaucoup plus chaud et cela risque de lui faire ressentir plus durement encore le changement.
- Conserver le lait maternel : Le lait maternel peut être gardé au congélateur pendant 6 mois. Il faut le dégeler dans le réfrigérateur et l'amener à la bonne température au chauffe-biberon.
- Alimenter le bébé à la demande : Au sein ou au biberon, dès la naissance, le bébé boit à la demande ! Après le sevrage, il n'y aucune raison de changer ses habitudes. Peu à peu, comme pour les tétées auparavant, le bébé trouvera son rythme. On peut bien sûr augmenter les doses préconisées par le pédiatre si notre tout-petit réclame encore, une fois le biberon fini.
- Être patiente : Habituer un bébé au biberon peut prendre du temps, surtout si l'on pratique l'allaitement exclusif depuis sa naissance. Pour faciliter cette transition et adoucir l'alternance sein - biberon, choisissez une tétine dont la forme et le débit ressemblent à ceux du sein. Cela aide bébé à s'adapter plus facilement.
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