L'Argentine a été le théâtre d'une lutte acharnée et finalement victorieuse pour l'autonomie des femmes sur leur propre corps. Le 30 décembre 2020, l’interruption volontaire de grossesse était légalisée par le Sénat argentin, marquant une étape importante dans l'histoire des droits des femmes dans le pays et en Amérique latine. Ce vote historique, fruit de décennies de militantisme et de mobilisation sociale, a permis à l'Argentine de rejoindre un nombre croissant d'États qui autorisent l'IVG sans autre restrictions que le nombre de semaines de grossesse.

Le droit à l’avortement avant la « Marée Verte »

L’histoire du droit à l’avortement en Argentine est un récit complexe et nuancé, marqué par des influences culturelles, religieuses et politiques. Avant la percée législative de la « Marée Verte » en 2020, l’Argentine avait des lois restrictives en matière d’avortement. Les racines des lois anti-avortement en Argentine proviennent de l’influence de l’Église catholique et de la moralité sociale traditionnelle, à l’instar de tout le continent Sud-Américain. Au début du XXe siècle, l’avortement était déjà largement restreint, mais des exceptions ont été mises en place pour les cas où la vie de la mère était en danger. Cependant, ces exceptions étaient souvent interprétées de manière très restrictive. Jusqu’aux années 2000, les lois sur l’avortement en Argentine n’ont pas connu de changements majeurs. Parfois légèrement assouplies (selon des circonstances très limitées), les influences conservatrices de l’Église catholique ont continué de jouer un rôle important dans le maintien de l’interdiction des femmes à disposer de leur corps.

La « Marée Verte » : Un symbole d'espoir et de changement

La « Marée Verte » trouve ses racines dans les efforts constants des groupes féministes et des organisations de défense des droits des femmes en Argentine. La lutte pour le droit à l’avortement avait été active pendant des décennies, mais elle a gagné en visibilité et en force au fil du temps. Le symbole du foulard vert, largement associé à la « Marée Verte », est un hommage aux « Mères de la Plaza de Mayo ». Ces mères étaient les mères de victimes de la dictature militaire en Argentine dans les années 1970 et 1980. Elles ont manifesté chaque semaine sur la Plaza de Mayo à Buenos Aires, portant des foulards blancs pour réclamer la justice pour leurs enfants disparus. Le choix du foulard vert en tant que symbole de la « Marée Verte » a été délibéré, car il reflète la solidarité et la persévérance des femmes argentines dans la lutte pour leurs droits, tout en honorant l’héritage des Mères de la Plaza de Mayo. La couleur verte a été choisie pour symboliser l’espoir et la vie, contrastant avec le deuil du foulard blanc des Mères. L’adoption du foulard vert en tant que symbole a été cruciale pour la « Marée Verte ». Il a uni les militants et les militantes sous une bannière commune, créant une identité visuelle forte pour le mouvement. Cette union symbolique a permis de rassembler des personnes de différents horizons, y compris des célébrités, des activistes et des citoyens ordinaires, pour lutter ensemble en faveur du droit à l’avortement. Il a également permis de briser les tabous autour de l’avortement et de sensibiliser la société argentine à la réalité des femmes qui cherchaient désespérément à mettre fin à leurs grossesses de manière non sécurisée. En fin de compte, la « Marée Verte » a démontré l’importance d’avoir un symbole puissant pour un mouvement social, car il peut unir les gens, renforcer leur détermination et faire avancer la cause.

2018, année charnière pour l’Argentine

Avorter « c’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème », disait le pape François à l’intention de sa terre natale, l’Argentine, le 10 octobre 2018. C’est d’ailleurs l’argument principal de l’idéologie pro-vie, opposée à l’avortement. Les chiffres étaient révélateurs du besoin de changement : chaque année, des centaines de femmes argentines étaient hospitalisées en raison de complications liées à des avortements clandestins, et des dizaines en mouraient. Entre 2001 et 2017, plus de 3 000 femmes sont décédées en Argentine en raison de complications liées à des avortements illégaux. Le projet de loi de 2018 sur l’avortement en Argentine a été une étape décisive dans la lutte pour la légalisation de l’avortement. Il visait à autoriser l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse, établissant un cadre légal pour l’accès à l’avortement sûr et médicalisé pour les femmes argentines. Le projet de loi prévoyait également la mise en place de centres de santé publics pour effectuer des avortements dans le respect de la confidentialité et de la dignité des femmes. Il est important de noter que ce projet de loi a été le résultat de nombreuses années de plaidoyer de la part des militants pour les droits des femmes et qu’il a été appuyé par un mouvement social massif. Bien que le projet de loi ait été adopté par la Chambre des députés, il a été rejeté de justesse par le Sénat argentin lors d’un vote serré en août 2018. Cependant, ce rejet n’a pas mis fin à la détermination du mouvement pour les droits des femmes en Argentine, qui a continué à lutter pour faire avancer la cause de la légalisation de l’avortement.

Victoire de la « Marée Verte » en 2020

Après des décennies de lutte acharnée, le Congrès argentin a finalement adopté la loi qui autorise l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse. La légalisation de l’avortement en Argentine a envoyé un message puissant sur l’autonomie des femmes sur leur propre corps et a brisé un tabou sociétal profondément enraciné. Cette victoire en Argentine a également inspiré l’espoir dans d’autres pays d’Amérique du Sud où les lois sur l’avortement sont souvent plus restrictives. Elle a montré que le changement est possible, même dans des sociétés où l’influence de l’Église catholique et d’autres forces conservatrices est significative. L’Argentine est devenue un modèle pour les mouvements féministes dans la région, encourageant les militantes à intensifier leurs efforts et à plaider pour des réformes similaires.

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Les droits des femmes en Argentine : Une histoire de paradoxes

Concernant les droits civiques et politiques, l’Argentine a été pionnière à travers notamment le droit de vote des femmes dès 1947 et surtout la loi de « cupo femenino » de 1991 qui rend obligatoire la présence de 30 % de femmes dans les listes électorales à l’Assemblée nationale. Si, en 1992, on assiste à la création du Conseil national de la femme et à la reconnaissance institutionnelle des politiques de genre, aucune avancée majeure n’a eu lieu concernant les droits reproductifs à cette époque. Si, grâce notamment à l’initiative présidentielle, le droit au mariage pour tous a été reconnu en 2010, ainsi que les identités transsexuelles en 2012, le droit à l’avortement n’a pas été légalisé malgré les mobilisations sociales et l’inclusion de cette thématique dans l’agenda législatif en 2018. La conquête des droits révèle ainsi des trajectoires spécifiques alliant progressisme et conservatisme. En ce sens, l’histoire des droits exclusifs des femmes en Argentine est marquée par un paradoxe : le décalage entre les avancées des droits politico-civils dans la sphère publique et la relégation des droits de reproduction sexuelle et d’auto-détermination du corps dans le domaine privé et intime. Il s’agit donc d’apporter des éléments d’explication à l’approbation de la loi d’interruption volontaire de grossesse le 30 décembre et d’analyser les reconfigurations récentes de l’espace public argentin.

Les facteurs clés de la légalisation de l'avortement

Trois axes d’analyse sont centraux à ce propos : un premier mettant en exergue l’action des mouvements sociaux, un deuxième concernant le comportement de l’opinion publique. Ces deux axes relevant de la sphère sociétale se complètent avec un troisième d’ordre politique se centrant sur l’organisation des soutiens au sein des pouvoirs exécutif et législatif. En 2005, la création de la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit vient concrétiser l’institutionnalisation des demandes existantes concernant le droit à l’auto-détermination féminin, en dépit d’un faible écho gouvernemental des administrations kirchnéristes. En février 2018, profitant d’une structure d’opportunités plus favorable d’opposition au gouvernement en place de Mauricio Macri (2015-2019), majoritairement contre le droit à l’avortement, cette campagne prend un nouvel élan. Mobilisant des répertoires d’action collective novateurs, elle organise sous le hashtag #AbortoLegalYa (#Avortement légal maintenant) une manifestation massive dans les principales villes du territoire, notamment la capitale Buenos Aires, avec comme symbole de ralliement le port d’un foulard vert. Ce dispositif d’identification s’est révélé très efficace dans sa capacité d’intégration de subjectivités multiples, confirmant la forte présence de la jeunesse dans l’espace public argentin. Si d’un côté, un mouvement social commence à se structurer à partir de l’engagement militant et de la lutte en faveur des droits des femmes, en réaction, on voit émerger un ensemble hétérogène sous la bannière bleu ciel, cherchant à affirmer et à recréer les piliers et les valeurs de la communauté nationale. Cet ensemble se compose de groupes et d’ONGs chrétiens, catholiques et évangéliques, ainsi que de citoyens professant une foi religieuse. Différents arguments ont structuré et structurent l’espace public argentin pour et contre le droit à l’IVG. Ces derniers sont apparus lors des manifestations et des débats de l’année 2018 et se sont stabilisés en deux positions contrastées jusqu’à l’approbation de la loi en faveur de l’avortement le 30 décembre 2020. On peut identifier deux arguments principaux au sein du mouvement féministe. Le premier renvoie tant au droit à la possession de son corps et à l’auto-détermination dans une perspective individuelle, qu’au droit à - ou au rejet de - la maternité dans une revendication d’égalité de genre, remettant en cause l’organisation et la hiérarchisation des rôles sociaux. Face à cette structuration du social, le deuxième argument met l’accent sur l’action de l’État dans sa capacité à combattre les inégalités socio-économiques. En réaction à cette ligne argumentative, les opposants attirent l’attention sur le danger moral inhérent à l’IVG déresponsabilisant les individus dans leurs pratiques sexuelles. Cet argument rejoint le pilier constitutif de la morale chrétienne : la valeur reproductive de l’acte sexuel.

L'opinion publique face à la légalisation de l'avortement

Du côté de l’opinion publique, selon l’enquête publiée par l’Observatoire critique de l’opinion publique en septembre 2018 et menée sur un échantillon représentatif de la population de la province de Buenos Aires, 51,6 % des personnes interrogées se déclarent en faveur de la légalisation de l’avortement, tandis que 29,3 % se positionnent contre, et 19,1 % sont sans avis. Cette configuration de l’opinion publique trouve une corrélation politico-idéologique : les « pro » sont plus souvent identifiés comme étant proches du kirchnérisme et des partis de gauche ; les « anti » correspondent à l’électorat potentiel de l’ancien président Mauricio Macri. Cette division vient renforcer la dichotomie structurante de la dernière décennie entre les « amis » et les « ennemis » autour du soutien à ou du rejet de la figure de l’ex-présidente Cristina Fernández de Kirchner. Selon une autre enquête publiée également en 2018 par le journal Clarín, un nombre plus élevé d’hommes (55,6 %) s’est prononcé en faveur de l’IVG, contre 51,6 % de femmes, à l’encontre de ce qui se donne à voir dans la rue où les mobilisations sont majoritairement portées par les femmes. Un autre élément à souligner et présent dans la plupart des études réalisées correspond au profil générationnel : les 16-29 ans se prononcent majoritairement en faveur de la légalisation (60,3 %) ; à l’inverse, seuls 41,6 % des 65 ans et plus se déclarent pour. Sur ce point, on note une correspondance avec ce que l’on a pu observer dans les manifestations publiques. Un dernier point révèle la présence d’un clivage au sein de la structure territoriale du pays : on constate un fort soutien à cette mesure dans les principales villes du pays en nombre d’habitants et un rejet aussi intense dans les campagnes et les villes de moindre densité de l’intérieur du pays. Dans une enquête de Poliarquia publiée le 10 novembre 2020 dans le journal Perfil, 52 % se déclarent peu ou pas intéressés par les débats sur cette thématique, à l’inverse, ils étaient 68 % en 2018 à être très ou intéressés quant à cette question. Dans un sondage publié à la fin de l’année 2020 dans le quotidien La Nación, le pourcentage de ceux qui se déclarent opposés à la légalisation de l’avortement augmente. Ils sont ainsi 49 % à se positionner contre ce projet de loi le 29 décembre. Quant au clivage territorial, la configuration actuelle confirme celle de 2018 avec un rejet de 66 % de cette mesure dans la région nord-ouest et un soutien toujours plus élevé dans la ville de Buenos Aires, à 42 %. Ces données concernant l’évolution de l’opinion publique suscitent différents commentaires. Le contexte spécifique des derniers mois apparaît comme l’un des éléments explicatifs de ces modifications. Pour commencer, la gravité de la crise sanitaire et ses conséquences sur le plan économique notamment nous permet d’interpréter cette nouvelle hiérarchisation des priorités citoyennes. Ensuite, l’augmentation du rejet exprimé à l’encontre du gouvernement quant à la gestion de cette crise, en parallèle du soutien explicite de ce dernier à l’IVG, a une incidence sur les sondages publiés à la fin de l’année 2020. En effet, le gouvernement a perdu 10 points d’image positive entre janvier et décembre 2020. Enfin, l’organisation des forces dans l’enceinte parlementaire ayant évolué entre 2018 et 2020 en faveur de l’IVG, cela a pu avoir un impact sur le manque d’intérêt exprimé par la population envers cette thématique.

Le rôle des mouvements sociaux et du gouvernement

Si ce n’est pas la configuration de l’opinion publique qui explique l’approbation du projet de loi, il faut alors se tourner vers la rue et l’action collective du mouvement féministe présent dans l’espace public depuis 2018. La principale consigne de la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit, « Éducation sexuelle pour décider, moyens de contraception pour ne pas avorter, et avortement légal pour ne pas mourir », a réussi à fédérer un mouvement de plus en plus large et hétérogène. Suite aux mobilisations au début de l’année 2018, le président en exercice Mauricio Macri décide d’inclure la thématique du droit à l’avortement dans l’agenda législatif. Même si sa position personnelle allait clairement à l’encontre de l’IVG, ce choix stratégique peut apparaître comme une volonté d’élargir sa base de soutiens politiques et citoyens dans une conjoncture de plus en plus difficile du point de vue économique. Le 14 juin 2018, ces derniers approuvent le projet de loi par 129 votes en faveur, 125 votes contre et 1 abstention. Le clivage partisan qui se donne à voir à travers ces suffrages reflète la configuration sociétale déjà mentionnée entre l’électorat kirchnériste et les soutiens macristes, tout en les dépassant. En effet, si sur les 129 suffrages en faveur, la première majorité avec 55 votes est celle du groupe kirchnériste et de ses alliés, et si au sein des 125 votes contre, le groupe parlementaire macriste apporte le plus de voix avec 65 députés, 42 voix en faveur de l’IVG proviennent de cette même coalition. Deux années après, suite à la persistance de la mobilisation sociale et à l’accompagnement du nouveau président Alberto Fernández élu en 2019, une nouvelle version du projet de loi rentre dans l’hémicycle le 7 novembre 2020. Une nouvelle configuration partisane et parlementaire se donne à voir. Le 11 décembre, le résultat est sans appel : 131 députés votent en faveur du nouveau projet, 117 contre, plus 6 abstentions et 2 absences. Une nouvelle fois, l’organisation partisane et parlementaire dépasse le clivage politico-idéologique au sein de la société argentine. La coalition macriste, cette fois-ci dans l’opposition, a enregistré le même nombre d’appuis au projet avec 42 votes en faveur, et une légère augmentation des voix contre, confirmant la transversalité des soutiens permettant l’approbation à la Chambre des députés de ce projet de loi. Au Sénat, si en 2018, 38 sénateurs avaient voté contre le projet de loi, ce même nombre a voté pour en 2020. Cette nouvelle majorité se compose de 26 sénateurs kirchnéristes soutenant l’actuel président et de 12 membres de l’opposition. Ainsi, le 30 décembre 2020, l’Argentine a légalisé l’avortement pendant les 14 premières semaines de grossesse, l’avortement devient aussi gratuit. La loi établit également la possibilité pour les médecins de faire valoir la clause « d’objection de conscience ». L’Argentine rejoint ainsi la courte liste des pays latino-américains ayant légalisé l’avortement, aux côtés de l’Uruguay, de Cuba, du Guyana, de la Guyane française et de Puerto Rico.

L'Argentine, un modèle pour l'Amérique latine ?

La légalisation de l'avortement en Argentine a eu un impact significatif sur les mouvements féministes dans d'autres pays d'Amérique latine, les encourageant à intensifier leurs efforts et à plaider pour des réformes similaires. L’exemple de l’Argentine inspire au-delà de ses frontières. En 2021, la Cour suprême du Mexique juge inconstitutionnelle la criminalisation de l’avortement. En février 2022, la Colombie dépénalise l’avortement jusqu’à la vingt-quatrième semaine de grossesse. Des décisions historiques car elles traduisent des avancées majeures pour les droits humains en Amérique latine. Alors qu’au même moment, aux États-Unis, on se rend compte que ce droit n’est jamais vraiment acquis… Que la lutte est sans fin. Cependant, la situation des femmes en Amérique du Sud varie encore considérablement d’un pays à l’autre en ce qui concerne l’accès à l’avortement et d’autres droits reproductifs. Au Chili par exemple, l’IVG est illégale, sauf en cas de risque pour la santé de la mère, de viol, ou de malformation du fœtus. De rares exceptions, acquises en 2017, qui pourraient bientôt disparaître. Tous les regards sont donc aujourd’hui tournés vers l’Argentine et la politique anti-féministe de Javier Milei. Toutefois, le chemin à parcourir demeure long pour le reste du continent.

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Les défis actuels et l'avenir de la lutte

Malgré cette victoire historique, la lutte pour les droits des femmes en Argentine est loin d'être terminée. L’arrivée de Javier Milei au pouvoir compromet ce statut. Dès lors, les associations féministes se mobilisent en masse. En effet, ses positions ultra-conservatrices sur le sujet sont alarmantes : il a assuré vouloir supprimer le Ministère des Femmes (« Ministerio de las Mujeres, fuera ! », et supprimer toute éducation sexuelle à l’école. Dès son accession au pouvoir, Milei a bien supprimé le Ministère chargé des droits des femmes mais on peut également citer la « ley omnibus », une mesure drastique qui place dans les mains du président le pouvoir exécutif et législatif pour une durée d’un an (minimum). Durée pendant laquelle, il compromet un grand nombre des acquis du mouvement des femmes et des minorités de genre. La loi omnibus propose par exemple l’élimination de définitions telles que « personne enceinte » et « identité de genre », le remplacement du concept de « violence de genre » par celui de « violence domestique ». C’est en réalité une tentative de réimposer un usage discriminatoire du langage par l’État. Ces changements rétablissent un contrôle de l’état sur les femmes. Milei nie très largement les inégalités et les violences de genre, il affirme que le plafond de verre n’existe pas. Plus encore, c’est le droit à l’avortement, acquis en 2020, qui est en danger : « ce n’est pas un droit acquis » selon Milei. « Assasinat aggravé par descendant » : ce sont les mots qui inspirent le Président lorsqu’on lui évoque le droit à l’avortement. Une fois au pouvoir, il a promis qu’il organiserait un referendum, sans hésiter à abroger le droit à l’IVG si le « non » l’emportait. Il est donc bien clair que la tronçonneuse de Milei constitue le principal défi des associations féministes, chargées de la conservation et de la protection des droits des femmes. La lutte pour les droits des femmes est sans fin, et l'Argentine, avec son histoire de persévérance et de victoire, continue d'inspirer les femmes du monde entier.

Chronologie des événements clés

  • 1947 : Les Argentines obtiennent le droit de vote.
  • 1970s : Émergence de mouvements féministes tels que l'Unión Feminista Argentina (UFA) et le Movimiento de Liberación Feminista (MLF).
  • 2003 : Création du foulard vert, symbole de la lutte pour la légalisation de l'avortement.
  • 2015 : Naissance du mouvement "Ni Una Menos" ("Pas une de moins") pour dénoncer les violences sexuelles et les féminicides.
  • 2018 : Rejet par le Sénat d'un projet de loi visant à légaliser l'avortement.
  • 30 décembre 2020 : Légalisation de l'avortement en Argentine jusqu'à la 14e semaine de grossesse.
  • 2023 : Arrivée au pouvoir de Javier Milei, qui remet en question les droits des femmes et menace de revenir sur la loi sur l'avortement.

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