Introduction

L'exploration de la signification de l'arbre fœtus dans l'art russe révèle des liens profonds avec les conceptions de la vie, de l'inconscient et de la création. Cette imagerie, bien que spécifique à un contexte culturel donné, trouve des échos dans des réflexions plus larges sur la psyché humaine et les processus créatifs. Cet article se propose d'examiner cette symbolique à travers le prisme de diverses disciplines, allant de l'ethnographie à la psychanalyse, afin d'en saisir toute la richesse et la complexité.

L'œuf et l'embryon : Genèse de la forme

Dans le contexte de la création artistique russe, l'image de l'arbre fœtus évoque la genèse de la forme, le moment où le potentiel de vie se cristallise. Le spermatozoïde rencontre l'ovule dans la matrice de la femme, marquant le début d'une construction qui transcende le cadre strictement humain pour rejoindre les vastes élaborations naturelles. L'œuf coagule en quelques semaines les recherches lentes de l'adaptation pendant des millions d'années.

Ce processus embryonnaire, où les tendances d'édification des animaux supérieurs se retrouvent ébauchées dans le fœtus, est comparable à un film où les désirs et les imaginations créatrices de la nature se superposent pour aboutir à la netteté de la construction achevée. Cette dynamique se retrouve dans toutes les élaborations, qu'il s'agisse d'un être, d'une idée ou d'un acte. Dès sa première minute d'existence matérielle, l'embryon est assujetti à une vie propre, luttant contre un environnement étranger pour en extraire les éléments nécessaires à sa construction.

Inconscient et Création : Une Exploration des Profondeurs

L'étude des faits psychiques est rendue plus difficile par l'existence de la conscience, qui semble établir une barrière entre l'intelligence et l'inconscient. Ce dernier, avec son vaste contenu, est formé de deux parts : un inconscient viscéral, témoin de notre vie interne, et un autre plus général, que l'on pourrait nommer inconscient d'oubli, à la fois personnel et social. De cet alambic montent les impulsions, les désirs, les besoins, les états de tristesse ou de joie, les malaises ou l'euphorie. La conscience n'est généralement pas atteinte sauf lorsque les phénomènes dépassent leurs limites habituelles, mais ces mouvements internes, facteurs de notre dynamisme, imposent aux concepts intellectuels leurs directions et leurs couleurs. La conscience n'a d'autre but que de servir ces passions, de les habiller ou de les déformer, de les réduire dans le cadre des limites impératives du monde extérieur.

L'inconscient d'oubli est fait de la masse des choses apprises au courant des âges ou au courant de la vie, qui furent conscientes et qui par diffusion sont entrées dans l'oubli. Tous les efforts réussis ou non se sont superposés, sorte de stratification lente et obscure, bibliothèque où les livres se sont fondus les uns dans les autres et où les titres se sont effacés.

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C'est de monde extérieur qu'est fait cet inconscient et il continue au travers du passage par l'esprit des hommes son lent travail, s'agglomérant, se cristallisant, se neutralisant à sa convenance sui vant les affinités électives des matériaux déposés. Telle est la marche des idées dans l'inconscient. Né de la vie sociale, cet humus appartient aux sociétés. L'espèce et l'individu comptent peu, les races et le temps en sont seuls repères. Cet énorme travail confectionné dans l'ombre reparaît dans les rêves, les pensées, les décisions, surtout au moment des périodes importantes et des bouleversements sociaux, il est le grand fonds commun, réserve des peuples et des individus.

Hérédité et Émergence : Le Temps Cyclique de l'Inconscient

L'hérédité est liée étroitement à la notion de concordances cycliques. Quand on parle d'émergence, on est encore victime des apparences, il vaudrait mieux dire floraison, poussée d'activité sur un fond endormi et réduit à n'être plus qu'une ébauche, c'est-à-dire presque un souvenir oublié. Les survivances sont les superstitions, les coutumes, les usages, les pratiques.

Plus intéressante encore est l'étude des émergences ou réapparitions qui par leurs rythmes et leurs intrications forment l'histoire, histoire de la pensée des individus comme des peuples. De nos jours, refleurissent des systèmes philosophiques s'enchaînant avec ceux de Platon, des néopythagoriciens. Un peu de l'époque grecque et alexandrine revit. Ce sont là phénomènes d'hérédité éloignée si difficiles à dégager dans les faits morphologiques physiques, au contraire si apparents dans le domaine psychologique. Il n'y a pas dans les pensées modernes de cet ordre création véritable. Ce sont les vieilles couches gréco-asiatiques qui reparaissent après un long séjour dans l'inconscient.

Créativité et Illusion : Winnicott et la Naissance du Monde

En ce qui concerne la créativité, Winnicott ne se reconnaît ni dans les travaux de Freud sur Léonard de Vinci, qui démontent le « pourquoi » pulsionnel de l'acte créateur, ni dans ceux de Mélanie Klein et son introduction de la notion de réparation même s'il reconnaît l'importance centrale du sentiment de culpabilité personnelle. Elle est liée au développement du moi, n'est pas « fondamentalement liée aux conflits des instincts, et conduit à la santé » dans un mouvement de vie et d'authenticité.

Winnicott prend ici clairement position quand à une perception qui ne devient possible que soutenue par un investissement. Serge Lebovici aimait à dire que « L'objet est investi avant d'être perçu ». Winnicott accentue cette position qui fait procéder la perception de l'hallucinatoire et non l'inverse.

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Le Vrai Self et le Faux Self : Un Dilemme Créatif

Subtilement, Winnicott a développé une théorie négative du vrai self, qui est surtout connu comme négatif du faux self qui lui se donne à connaître. Le faux self résulte d'une apparente soumission aux empiétements inadéquats de l'environnement. Ce clivage fondamental de la personnalité entraîne une distorsion des échanges entre l'individu et l'environnement, ce dernier n'ayant accès qu'au faux self.

Dans le cas d'instauration d'un faux self, le vrai self ne peut communiquer qu'avec les objets subjectifs, communication en cul de sac, comme dans les balancements autistiques - et la peinture abstraite, ajoute Winnicott -, mais porte en elle tout le sens du réel, alors que les objets offerts ne sont en relation qu'avec le faux self et la communication avec eux n'est pas éprouvée comme réelle. Les artistes lui semblent ainsi dans un dilemme : “ Le besoin urgent de communiquer et le besoin encore plus urgent de ne pas être trouvé. ”

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