L'interruption volontaire de grossesse (IVG) et la fausse couche sont des expériences délicates qui peuvent engendrer un large éventail d'émotions et de questions. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur les aspects médicaux, psychologiques et sociaux liés à ces événements, en mettant l'accent sur le curetage, l'accompagnement moral et le processus de deuil périnatal.

Comprendre l'IVG et la Fausse Couche

Une grossesse imprévue ou une grossesse qui ne se déroule pas comme prévu peut générer des angoisses, des tensions et de nombreuses interrogations. La question de l’IVG peut alors surgir, même si on ne l’avait jamais envisagée. De même, une fausse couche, qu'elle soit spontanée ou provoquée, représente une perte significative qui nécessite une attention particulière. Il y a quelques dizaines d'années, faire une fausse couche faisait partie de l'ordre des choses. Aujourd'hui, la donne a changé. Nous sommes davantage dans l'illusion de la maîtrise de la vie. Les tests de grossesse sont de plus en plus précoces, l'échographie permet de visualiser l'embryon ou le foetus d'une femme enceinte… Dans le cas d'une assistance médicale à la procréation, on connaît bien souvent la date de conception. Ces nouvelles techniques permettent de savoir plus rapidement qu'on est enceinte, elles rendent aussi le futur bébé « plus réel ». La perception de la vie se manifeste de plus en plus tôt, mais celle de la mort aussi.

IVG : Les Méthodes et le Déroulement

L’IVG peut être réalisée de deux manières : médicamenteuse ou chirurgicale.

  • IVG Médicamenteuse : Elle consiste en la prise de médicaments, généralement le Mifépristone (pour bloquer la progestérone et détacher l’embryon) et le Misoprostol (pour provoquer l’expulsion). Cette méthode est possible jusqu’à la 7ème semaine de grossesse (9 semaines depuis les dernières règles). Le mifépristone (parfois appelé RU 486) est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, au cours d’une consultation. Ce premier médicament interrompt la grossesse en bloquant l’action de l’hormone nécessaire à son maintien (la progestérone) et en favorisant les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. À l’issue de cette première étape, des saignements plus ou moins importants peuvent survenir. Ils ne signifient cependant pas que la grossesse est arrêtée. La prise du misoprostol (un analogue de la prostaglandine) par voie orale, peut s’effectuer à l’hôpital ou à votre domicile. Ce second médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de la grossesse. Des saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tardivement. Ils durent généralement une dizaine de jours. Un traitement préventif de la douleur vous sera systématiquement proposé.

  • IVG Chirurgicale : C’est une intervention réalisée par aspiration ou curetage, sous anesthésie locale ou générale. Vu ton terme (10 semaines) la générale serait préférable car plus la grossesse est jeune moins c'est douloureux (puisque l'embryon est plus petit). Sous AG, c'est un geste qui ne dure qu'un quart d'heure, tu te réveilles tranquillement 10 minutes environ après (ce n'est qu'un flash anesthésique), et après niveau douleur, ça peut faire comme des règles douloureuses, mais pas au point de prendre des antalgiques (même si on t'en prescrit au cas ou). Des saignements peuvent presister de qq jours a deux semaines, guere plus.

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Fausse Couche : Types et Traitements

En cas de symptômes laissant suspecter un avortement spontané, aux urgences, on vous fera passer une échographie qui permettra de voir si la grossesse est bien placée et si le cœur du fœtus bat."Si l'échographie montre un embryon avec un cœur qui ne bat plus, il s'agit bien d'une fausse couche", informe le Dr Bounan. Mais comme l'échographie ne commence à montrer quelque chose qu'à partir de 4-5 semaines d'aménorrhée, on va dans les cas précoces regarder l'évolution du taux de Béta-hCG sur 2 jours." Ce taux doit doubler toutes les 48 h en début de grossesse normale", indique le professionnel de santé. En cas de fausse couche, le taux de Béta-HCG est divisé par 2 toutes les 48 h. Si la fausse couche est complète, aucun traitement n'est nécessaire. Il sera juste effectué une échographie de contrôle. Il existe deux types de traitements des fausses couches non complètes. Le premier est chirurgical, c'est le curetage aspiratif réalisé sous anesthésie générale. Il a pour but de vider l'utérus des débris de la fausse couche. Il est pratiqué dans les cas de fausses couches lors de grossesse évoluée. Le deuxième traitement des fausses couches est médical : on administre des médicaments qui font partie de la catégorie des prostaglandines (Cytotec®). Ceux-ci vont entraîner des contractions, l'ouverture du col de l'utérus pour que celui-ci se vide. Ce traitement médicamenteux est, en général, réservé aux fausses couches de plus petites tailles.

Le Curetage : Une Intervention Courante

En cas d'IVG, de biopsie ou de fausse couche, il est parfois nécessaire de pratiquer un curetage de l'endomètre. Le curetage de l'utérus consiste à gratter l'endomètre, c'est-à-dire la surface interne de l'utérus, en passant par les voies naturelles (le vagin puis le col). "Ce geste permet de décoller et d'enlever une partie du contenu de l'utérus. Il est réalisé à l'aide d'une curette (d'où le nom de curetage)", précise le Dr. Odile Bagot. "Il peut être réalisé lors d'une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) ou après une fausse couche incomplète après que l'embryon ait été enlevé par aspiration, pour permettre de nettoyer complètement la cavité. En général à la ménopause, le curetage de l'endomètre peut également autoriser des prélèvements de tissus afin de diagnostiquer un éventuel cancer de l'endomètre". Le curetage se fait sous anesthésie générale par les voies naturelles. La position est "gynécologique", c'est-à-dire les jambes remontées et écartées. Le chirurgien s'installe face à l'utérus de sa patiente et, grâce à des instruments de diamètres progressifs (appelés "bougies de Hegar"), dilate le col. Puis il pratique le curetage : Le curetage par aspiration consiste à insérer une canule dans le vagin de la patiente et d'aspirer le contenu. Une consultation d'anesthésie est programmée au minimum 48 heures avant l'intervention avec un médecin anesthésiste. Le jour J, l'intervention se pratique au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou parfois locorégionale (péridurale ou rachianestésie) par un chirurgie-gynécologue. Après l'intervention, vous séjournez en salle de réveil durant quelques heures avant qu'un-e infirmier-e vous ramène dans votre chambre, où vous pourrez prendre une légère collation. "L'intervention se déroule sous anesthésie, elle est donc indolore. Par la suite, elle provoque de faibles douleurs à la sortie du bloc. Des antalgiques sont toutefois prescrits", précise le Dr. Cette intervention n'est pas traumatisante pour l'utérus et n'entraine pas de problèmes particuliers pour la suite. "Après l'intervention quelques saignements peuvent durer durant une semaine à 10 jours. Un arrêt de travail n'est pas nécessaire. Mais cela dépend de la situation de la patiente, si son travail est physique et pénible par exemple ou s'il nécessite de longs trajets quotidien pour s'y rendre. L'état psychologique de la patiente est aussi pris en compte, notamment s'il s'agit d'une fausse couche", précise l'expert.

La Dimension Morale et Psychologique

Mais quelles qu'en soient les causes, une fausse couche entraîne toujours une douleur morale et la nécessité de faire un deuil périnatal. Mettre des mots sur cet événement est très important, cela permet de se détacher de cet épisode douloureux pour le dépasser. Car la souffrance ne doit pas être gommée, sinon elle risque de rejaillir un jour ou l'autre, parfois sous forme de somatisation (migraine, troubles du sommeil…). Relativiser l'avortement spontané, c'est faire un grand pas dans la guérison. L'entourage ou le corps médical ont un rôle à jouer : écouter et laisser parler sans juger. Une aide psychologique peut être envisagée, une seule consultation suffit parfois. Par maladresse, l'entourage médical ou familial n'est pas toujours à la hauteur lorsqu'il y a un avortement spontané. Le foetus ou l'embryon est nié, or, si celui-ci n'a pas vécu, il a existé, la femme a bel et bien été enceinte. C'est cette reconnaissance qui permet de faire la place au suivant. Souvent le décalage se fait à l'intérieur même du couple. Le compagnon ou la compagne, bien qu'il ou elle souffre aussi, n'a pas vécu cette expérience dans son corps, n'a pas du faire face aux saignements voire, aux douleurs, indiquant la fin spontanée de la grossesse. Et, la plupart du temps, il ou elle ne s'est pas encore imaginé en tant qu'un parent en devenir. Le ou la partenaire propose quelquefois « d'en refaire un tout de suite », paroles qu'une femme venant de vivre une ou plusieurs fausses couches ne peut entendre dans l'immédiat.

Le Deuil Périnatal

Le deuil périnatal est un processus complexe et individuel. Il est essentiel de reconnaître et de valider les émotions ressenties, qu'il s'agisse de tristesse, de colère, de culpabilité ou de vide. Il est important de se donner le temps nécessaire pour pleurer la perte et de chercher du soutien auprès de ses proches, de professionnels ou de groupes de soutien.

L'Accompagnement Psychologique

Face à une grossesse imprévue, il est essentiel de bénéficier d’un accompagnement bienveillant que ça soit de la part de l’entourage ou de personnes tierces. Notre équipe propose un soutien gratuit et anonyme par téléphone ou SMS pour répondre à vos questions, discuter des démarches, des risques, ou des émotions liées à l’IVG. A la suite de l’interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le médecin ou la sage-femme vous proposera un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire.

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L'Après-IVG et l'Après-Fausse Couche : Reprise et Projets

Reprendre les rapports sexuels dans le but de faire un enfant immédiatement après une fausse couche, est-ce possible ? Normalement, les règles réapparaissent environ un mois après un avortement spontané. Voilà pour le corps mais dans la tête, retomber enceinte, c'est autre chose. Pour envisager une nouvelle grossesse, il faut avoir retrouvé confiance en soi et admettre pouvoir la mener à son terme. D'autant plus que les femmes enceintes qui ont déjà fait une fausse couche ont parfois des débuts de grossesse difficiles par peur de la répétition. Surtout lorsqu'elles arrivent à la date anniversaire. Et là, le rôle du compagnon ou de la compagne est primordial.

Reprise Physique

Dans certains cas, le repos est nécessaire après une fausse couche : s’il y a eu une hémorragie (saignements très importants) ou en cas d'intervention chirurgicale. "Au cas par cas, s'il y a des douleurs et en fonction des symptômes, on peut prescrire des antalgiques de niveau 1 comme du paracétamol et des antispasmodiques (Spasfon)", indique le Pr Deruelle. Après l'intervention quelques saignements peuvent durer durant une semaine à 10 jours. Un arrêt de travail n'est pas nécessaire. Mais cela dépend de la situation de la patiente, si son travail est physique et pénible par exemple ou s'il nécessite de longs trajets quotidien pour s'y rendre. L'état psychologique de la patiente est aussi pris en compte, notamment s'il s'agit d'une fausse couche", précise l'expert.

Reprise Psychologique et Émotionnelle

Lorsqu'on traverse une fausse couche, on peut se sentir seule et prise au dépourvu. L’Assurance Maladie assure donc une indemnisation dès le 1er jour d’arrêt aux femmes salariées, commerçantes, artisanes et aux professionnelles libérales (sous réserve des conditions d’ouverture de droit). De plus, lorsqu'une interruption spontanée de grossesse médicalement constatée a lieu entre la 14ème et la 22ème semaine d’aménorrhée incluses, un employeur ne peut mettre au fin contrat de travail d’une salariée pendant les 10 semaines qui suivent.

Envisager une Nouvelle Grossesse

Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.

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