La colique hépatique, souvent confondue avec de simples troubles digestifs, se distingue par son apparition soudaine et l'intensité de la douleur qu'elle engendre. Cet article explore les causes, les symptômes, les mécanismes et les options de traitement, y compris les antalgiques, pour soulager cette condition douloureuse.
Qu'est-ce que la colique hépatique ?
La colique hépatique est une crise douloureuse causée par l'obstruction temporaire du canal cystique ou du canal cholédoque par un calcul biliaire (lithiase biliaire). Les cellules du foie produisent en continu la bile, un liquide jaunâtre essentiel à la digestion des graisses grâce aux acides biliaires qu'elle contient. Cette bile est acheminée par des canaux jusqu'à la vésicule biliaire, où elle est stockée.
Avec le temps, la bile stagnante dans la vésicule peut se déposer et former une sorte de sable (boue biliaire) ou de petits "cailloux" appelés calculs ou lithiases. Ces calculs sont principalement constitués de cholestérol et de pigments biliaires. Ils sont très fréquents, touchant environ une personne sur quatre après 50 ans, car la vésicule biliaire a tendance à moins bien se contracter avec l'âge.
Symptômes et diagnostic de la colique hépatique
Le symptôme principal de la colique hépatique est une douleur d'apparition brutale, située sous les côtes, du côté droit, et pouvant irradier vers l'épaule. Cette douleur, souvent décrite comme une sensation de "coup de poignard", survient généralement après un repas riche en graisses ou pendant la nuit. Elle dure en moyenne une trentaine de minutes, voire quelques heures, et peut s'accompagner de nausées et/ou de vomissements.
Il est important de différencier la colique hépatique d'autres troubles digestifs tels que la dyspepsie, la gastrite ou les douleurs intestinales. La douleur de la colique hépatique est irradiante et sa localisation est spécifique.
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Le diagnostic est généralement posé par un médecin, qui peut prescrire des examens complémentaires tels que l'échographie abdominale pour visualiser les calculs biliaires. Dans certains cas, une cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) peut être nécessaire pour retirer un calcul bloqué dans le canal cholédoque.
Que se passe-t-il dans le corps pendant une crise ?
La douleur ressentie lors d'une crise de colique hépatique est la réponse du corps à une obstruction temporaire. Les calculs biliaires, formés par une sursaturation de la bile en cholestérol, sels de calcium ou bilirubine, peuvent bloquer le canal cystique ou cholédoque, empêchant l'écoulement de la bile. Cette obstruction entraîne une augmentation de la pression dans la vésicule biliaire, ce qui provoque la douleur caractéristique.
Traitement de la colique hépatique : Antalgiques et autres options
Le traitement de la colique hépatique vise à soulager la douleur et à prévenir les récidives.
Soulagement de la douleur
Lors d'une crise de colique biliaire, le traitement initial repose sur des antalgiques, tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou certains antispasmodiques. Si le soulagement est insuffisant, le médecin peut prescrire des antalgiques opiacés ou morphiniques.
Il est important de noter que la trimébutine (DEBRIDAT et ses génériques) n'est plus recommandée dans le traitement des douleurs des voies biliaires.
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Le traitement de la douleur est réalisé en urgence par voie veineuse.
Traitement chirurgical : Cholécystectomie
L'ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie) est le seul traitement durablement efficace contre les crises de coliques biliaires. Cette intervention chirurgicale, généralement réalisée par laparoscopie (coelioscopie), consiste à retirer la vésicule biliaire à travers de petites incisions dans la paroi abdominale.
La cholécystectomie est une intervention courante et peu traumatisante qui n'entraîne aucun trouble particulier, car la bile continue à s'écouler dans l'intestin en l'absence de vésicule biliaire. Après l'opération, aucun régime spécial n'est requis, sauf chez de rares personnes qui peuvent avoir des selles molles.
La cholécystectomie doit donc être réalisée en urgence. Si un calcul de la voie biliaire principale est associé à la cholécystite, il est traité dans le même temps opératoire si la voie biliaire principale n’est pas trop inflammatoire et accessible chirurgicalement.
Plusieurs essais randomisés et méta-analyses ont été publiés qui concluent que les cholécystectomies réalisées précocement pour une cholécystite aiguë lithiasique (moins de 4 ou 7 jours après le début des symptômes) par rapport aux cholécystectomies réalisées de façon différée (6 à 8 semaines après le début des symptômes) n’entraînaient pas de différence statistiquement significative en terme de complications postopératoires et notamment en terme de traumatisme de la voie biliaire principale, de mortalité (0 % dans chaque groupe), de taux de conversion en laparotomie (20,3 % dans le groupe cholécystectomie cœlioscopique précoce). Il a été observé chez les malades qui avaient une prise en charge chirurgicale différée, qu’une nouvelle complication des calculs vésiculaires survenait dans 17,5 % à 36 % des cas.
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Autres traitements
Dans certains cas, lorsque le patient n'est pas opérable, le médecin peut proposer un médicament contenant de l'acide ursodésoxycholique, un acide biliaire qui vise à dissoudre les calculs de la vésicule biliaire. Cependant, ce traitement n'est efficace que si les calculs sont de petite taille et composés uniquement de cholestérol.
La cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) permet de retirer un calcul bloqué dans le canal cholédoque. En effet, cette intervention, d’une durée de 30 à 60 minutes et sous contrôle radiographique, consiste à aller chercher le calcul à l’aide d’un petit tube en passant par les voies naturelles (par la bouche jusqu’au duodénum). En cas de contre-indication chirurgicale, on peut essayer de dissoudre les calculs à l’aide d’un médicament : l’acide ursodesoxycholique.
Acide ursodésoxycholique
L'acide ursodésoxycholique est un acide biliaire naturel présent en très faible quantité chez l'Homme. En diminuant la saturation de la bile en cholestérol, il entraîne une dissolution de la lithiase biliaire cholestérolique.
L'acide ursodésoxycholique exerce un effet sur la circulation entérohépatique des acides biliaires endogènes : augmentation de leur sécrétion biliaire, inhibition de leur réabsorption active par l'intestin, diminution de leur concentration sanguine. En modifiant la composition de la bile et des sels biliaires hydrophobes, il protège les hépatocytes et les cholangiocytes de la cytotoxicité des acides biliaires endogènes et inhibe l'apoptose des hépatocytes.
L'acide ursodésoxycholique est absorbé passivement au niveau de l'intestin grêle. Son absorption dépend de la dissolution par solubilisation dans les micelles mixtes d'acides biliaires endogènes et sera donc à prendre préférentiellement au cours des repas.
Au cours des 3 premiers mois de traitement, les tests fonctionnels hépatiques (ASAT, ALAT, Gamma GT) doivent être contrôlés toutes les 4 semaines puis tous les 3 mois.
Prévention de la colique hépatique
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la formation de calculs biliaires, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque de colique hépatique :
- Adopter une alimentation saine et équilibrée, pauvre en graisses saturées et en cholestérol, et riche en fibres.
- Maintenir un poids santé et éviter les variations de poids importantes.
- Pratiquer une activité physique régulière.
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