La création de la Maison Maternelle de Crégy-lès-Meaux n’est pas un hasard. Elle est le résultat d’une convergence de plusieurs courants de pensée et de politiques natalistes visant à améliorer la santé des mères et des enfants. Cet article explore l'histoire de l'annexe maternité Adolphe Pinard, en mettant en lumière son contexte de création, son évolution et son rôle dans le paysage de la maternité en France.

Contexte Historique et Idéologique

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle sont marqués par une préoccupation croissante pour le sort des enfants et la baisse de la natalité. Plusieurs courants de pensée convergent pour influencer les politiques de santé et de protection de l'enfance.

Courants de Pensée Influents

  • Les mouvements catholiques : Ils surveillent la morale (sexuelle et familiale).
  • Les ligues moralisatrices : Nées sous l'ère victorienne, elles sont encore très présentes au début du XXe siècle.
  • L’eugénisme social : Adolphe Pinard est le précurseur de cette pensée. En 1886, il est chargé de la clinique d’accouchement de la faculté de médecine de Paris. Il institue les consultations prénatales et préconise la création de maisons d’accueil pour femmes enceintes nécessiteuses, développant ainsi la puériculture sociale. « L’eugénisme social » consiste « à rechercher des connaissances relatives à la reproduction, à la conservation et à l’amélioration de l’espèce humaine ». Il est basé sur la valeur biologique, sociale et intellectuelle de l’être humain.
  • Le courant nataliste : Il s’appuie sur des données comptables et logiques basées sur des statistiques. Face à la chute de la natalité et à l’hécatombe de la Première Guerre mondiale, les politiques s’emparent de la question des naissances. En 1904, les eugénistes créent l’Alliance d’Hygiène Sociale qui se donne pour mission de « provoquer, d’encourager et de soutenir toutes les initiatives particulières qui peuvent s’employer à rendre le corps social plus sain et plus vigoureux. L’une des principales figures de ce mouvement est Jacques Bertillon. Médecin de formation, il devient chef de service de la statistique municipale de la Ville de Paris.

Mesures Légales et Sociales

Plusieurs lois sont promulguées pour encourager la natalité et protéger les mères et les enfants :

  • 23 décembre 1874 : Loi Roussel sur la protection du premier âge : Elle s’applique aux enfants de moins de deux ans placés en nourrice. Ceux-ci font désormais l’objet d’une surveillance par l’autorité publique « afin de protéger leur vie et leur santé ».
  • 24 octobre 1919 : Loi protégeant les femmes qui allaitent : Elle accorde aux femmes qui allaitent une allocation supplémentaire. « Toute française allaitant au sein recevra, pendant 12 mois après l’accouchement, une allocation mensuelle de 15 francs ».
  • 31 juillet 1920 : Loi réprimant la provocation à l’avortement et la propagande anticonceptionnelle.
  • 27 mars 1923 : Correctionnalisation de l’avortement avec la modification de l’article 317 du code pénal : « décrire, divulguer ou offrir de révéler des procédés propres à prévenir la grossesse », car « La femme n’est pas libre de son corps. Chacun d’entre nous a un rôle social bien déterminé […]. Pour la petite histoire : Même l’importation de contraceptifs est prohibée.
  • 5 avril 1928 et 30 avril 1930 : Lois sur les assurances sociales, incluant une assurance maternité.

L'Émergence des Maisons Maternelles

C'est également à ce moment que des asiles pour femmes enceintes apparaissent. Le but poursuivi n’est plus moral mais bien démographique. En 1918, Edouard Herriot ouvre au château de Gerland, dans la périphérie de Lyon, la maison des mères. Il souhaite mettre en place un centre d’accueil pour les mères célibataires. Le nom de « Maison Maternelle » semble avoir été mis en avant pour la première fois en 1915 par le docteur Fernand Merlin, lorsqu’il exposa au conseil général de la Loire une conception entièrement nouvelle des refuges-ouvroirs. Ces maisons maternelles proposent aux femmes enceintes sans ressource, mariées ou non, un asile afin de veiller au bon déroulement de la grossesse puis à la santé des nouveau-nés.

La Maison Maternelle de Crégy-lès-Meaux

Contexte de Création

La création de la Maison Maternelle de Crégy-lès-Meaux s'inscrit dans ce contexte de préoccupations démographiques et sanitaires. En 1925, le taux de mortalité en Seine-et-Marne des enfants de moins d’un an atteint 109 décès pour 1 000 naissances. Il est supérieur à la moyenne nationale qui se situe autour de 80 décès pour 1 000 naissances (à titre de comparaison, le chiffre était de 3.9 décès pour 1 000 naissances en 2022). Les politiques prennent en compte le problème et réagissent.

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Objectifs et Financement

L’administration précise que la Maison Maternelle ne sera pas une maison d’accouchement mais qu’elle sera destinée aux femmes privées de ressources, allaitant leur enfant et qui après l’accouchement ont besoin de repos et soins spéciaux. « Seront admis en dépôt les enfants de 1 jour à 2 ans dont les mères sont momentanément sans ressources et privées d’aide et de protection et dont la volonté est de ne pas recourir à l’abandon. Les mères devront résider en Seine-et-Marne et les enfants être nés dans le département.

Les fonds utilisés pour la création de la maison maternelle viennent, en partie, de l’abandon d’un projet d’avant 1914 pour la construction d’un asile départemental d’aliénés en Seine-et-Marne. En 1924, à la suite de l’étude menée par le directeur de l’Assistance de l’Hygiène Publique, le coût total est estimé à 630 000 frs pour la transformation de la maison existante, la construction des bâtiments neufs et l’aménagement intérieur, auquel il faut ajouter 150 000 frs de dépenses de fonctionnement annuel.

Infrastructure et Organisation

Le 20 février 1926, les travaux débutent. De chaque côté de l’ancienne bâtisse bourgeoise, déjà existante sur les lieux, deux ailes sont ajoutées pour former un atrium. Avec cette extension, le bâtiment atteint une superficie de 990 m2. Pour compléter cet ensemble, on construit également, en bordure de la route départementale, un pavillon d’accueil pour le.la gardien(ne) et le jardinier. L’aménagement intérieur du bâtiment est inspiré de la Maison Maternelle de Saint Maurice dans le Val-de-Marne. Dans les ailes nouvellement construites, se trouvent deux dortoirs, l’un de 12 lits et 12 berceaux, l’autre de 8 lits et 8 berceaux et entre ces derniers, une salle de change avec des petites baignoires. A côté, il y a les W.C. et les lavabos. Il existe aussi une chambre d’isolement pour les malades potentiellement contagieuses. Autour de l’atrium, une galerie vitrée permet de circuler entre les divers services sans passer à l’intérieur des chambres. La maison comporte également le réfectoire des pensionnaires non alitées et une salle où les mères, pendant que les enfants dorment, travaillent à l’entretien des vêtements et à la confection de layette. Suivent la biberonnerie, la cuisine, l’office et le réfectoire du personnel.

Un pavillon pour un ménage de concierge/jardinier est construit à l’entrée. En juillet 1927, un gardien prend possession de l’habitation. Le domaine comprend un bâtiment principal avec un jardin central, une grande pelouse ordonnée menant au parc, une allée de tilleuls structurant l’espace, et un potager pour le gardien.

Personnel et Fonctionnement

En 1927, le personnel de l’établissement est réduit au strict minimum. Il comprend une directrice, Mlle Garçonnet qui remplit également les fonctions d’économe. Âgée de 30 ans, elle arrive le 1er octobre 1927. Elle est assistée dans sa mission par deux infirmières, une cuisinière ainsi qu’un gardien/jardinier. Après le décès prématuré de Mlle Garçonnet survenu le 12 avril 1928, une nouvelle directrice est engagée : Mlle Merlin âgée de 50 ans restera en poste jusqu’en 1940. En 1931, l’équipe est légèrement modifiée. On retrouve une directrice, une infirmière, Mme Speulé âgée de 22 ans, un jardinier-concierge, M.

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En 1939, un poste d’infirmière visiteuse, adjointe à la directrice, est créé pour s’occuper des enfants de l’assistance publique qui arrivent à la Maison Maternelle. C’est Mme Bernard qui l’occupera jusqu’en 1940, date à laquelle elle prend les fonctions de directrice, régisseuse et comptable, qu’elle va occuper jusqu’en 1945. Le poste d’infirmière visiteuse est repris par Mme Clerc jusqu’en 1943. A partir de 1945, Mme Fontaine est nommée directrice. En 1948, la famille Pouzols arrive dans l’établissement et restera jusqu’en 1968. Mme Pouzols s’occupe de la loge en tant que gardienne. Homme à tout faire, M. En 1952, Mme Belin est engagée comme sage-femme en chef jusqu’en juin 1958.

La maison maternelle n’a pas vocation, au départ, à devenir une maison d’accouchement. Elle est destinée, au contraire, à des femmes privées de ressources, allaitant leur enfant, et qui après leur accouchement, ont besoin de repos et/ou de soins spéciaux. Le séjour dans l’établissement est normalement de deux à trois mois, mais peut être prolongé sur avis médical de deux périodes d’un mois. La demande d’admission doit être faite à la mairie du domicile, puis validée par le préfet de Seine-et-Marne. Pour les femmes qui viennent se reposer et qui en ont les moyens, la journée est tarifée de 14 à 15 Frs, soit le salaire moyen d’un manœuvre en 1920.

Évolution et Réorientation

C’est sur décision du conseil général du 24 avril 1934 que la maison maternelle prend une nouvelle orientation. En effet, en raison du nombre toujours plus faible des enfants du 1er âge recueilli au centre d’élevage des pupilles de l’assistance publique de Melun, il est décidé que les petits seront transférés à la maison maternelle de Crégy-lès-Meaux qui devient « pouponnière d’observation ». En 1940, 81 orphelins y sont transférés pour être placés chez des nourrices. Malheureusement, 18 d’entre eux décèdent dans l’année à la suite d’une épidémie d’entérite cholériforme due aux mauvaises conditions de vie des enfants (manque de lait, de denrées de premières nécessités et exode des nourrices).

Déclin et Cession

Malgré les travaux effectués au cours du temps, le bâtiment dans lequel est installée la maison maternelle présente de nombreuses imperfections (notamment des fissures) car elle a été édifiée sur un sol peu stable. A partir des années 1950, les admissions sont en baisse. En 1961, la maison maternelle ne compte plus que 15 pensionnaires. La prise en charge des jeunes femmes et des enfants change de forme. La maison maternelle n’a plus sa place dans les nouveaux dispositifs. Le 1er septembre 1965, le département de Seine-et-Marne cède la propriété à la ville de Meaux pour 100 000 frs, afin de créer un centre aéré pour les enfants de Meaux. En 1976, au vu de leur état, les anciens bâtiments sont entièrement détruits et remplacés par des préfabriqués.

Aujourd’hui encore, le centre de loisirs Louis Pergaud accueille les enfants les mercredis et pendant les vacances scolaires. Ces derniers profitent ainsi de ce cadre exceptionnel.

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Le Bâtiment Adolphe Pinard à Paris : Un Exemple de Maternité Moderne

Construction et Architecture

Réalisé en 1934, le bâtiment Adolphe Pinard est l’une des premières maternités contemporaines de Paris. Il se compose de trois ailes en U qui seront préservées et reconverties. Ses façades de brique blonde témoigneront dans le nouveau quartier du style « moderne » de l’époque. L’extension de 1969 qui était venue fermer la cour intérieure sera démolie et reconstruite. Ce bâtiment est un exemple du modèle Baudelocque, qui prône une maternité comme un centre d’assistance médico-sociale et de travail scientifique consacré à la fonction de reproduction.

Reconversion et Usage Actuel

Les espaces situés au rez-de-chaussée, au premier et au deuxième étages, soit 5 030 m², seront reconvertis en un grand équipement public mutualisé associant une crèche, une école maternelle et un gymnase. La cour de 1000 m² et les toitures terrasse lui seront également affectées. Le regroupement de la crèche, du groupe scolaire et du gymnase permet différentes formes de mutualisation. Le partage de locaux entre les trois équipements constitue d’abord un gain de surface et de confort. Ensuite, certains espaces seront accessibles au public en dehors de leurs temps d’utilisation habituels. Enfin, le bâtiment Pinard comprendra des « tiers-espaces » destinés à accueillir d’autres usages de proximité.

Mutualisation des Espaces

  • les espaces partagés sont mutualisés soit entre les trois équipements (locaux techniques), soit entre deux d’entre eux.
  • les espaces communs sont ouverts aux utilisateurs extérieurs, personnes ou associations, en dehors des horaires de fonctionnement des équipements publics. Il s’agit d’espaces polyvalents, comme le préau, le réfectoire, la cour de récréation ou une partie du gymnase.
  • les tiers espaces n’appartiennent à aucun des trois équipements. Leur programmation sera arrêtée ultérieurement lors des étapes futures de conception.

En regroupant crèche, gymnase et école, le bâtiment devient un lieu de destination singularisé dans le quartier. Ces nouveaux modes de fonctionnement ont bien sûr des répercussions sur la manière de gérer des équipements jusqu’à présent indépendants les uns des autres. Ainsi la bonne cohabitation des usages premiers et secondaires induits par l’ouverture au public extérieur, nécessite de désigner un gestionnaire unique.

Processus de Concertation

La Ville de Paris s’est attachée les services d’un assistant à maîtrise d’ouvrage pour l’aider à en préciser les modalités de fonctionnement, d'exploitation et de maintenance. Un premier processus de concertation a été organisé avec le concours de l’agence de programmation Alphaville. Pour associer les futurs usagers, Paris & Métropole Aménagement, assisté de l’agence de concertation Palabréo, a organisé quatre ateliers auxquels étaient conviés les habitants du 14e arrondissement de tout âge. Les participants ont endossé le rôle de programmiste pour rédiger une « annexe citoyenne » au cahier des charges de la consultation de maîtrise d’œuvre (concours de concepteurs). Cette annexe s’est également enrichie des enseignements des ateliers participatifs menés par le CAUE 75 avec plusieurs écoles parisiennes autour de l’aménagement des cours de récréation.

Au regard de la complexité du programme et de son caractère innovant, la Ville et l’aménageur ont fait le choix de la procédure de dialogue compétitif plutôt que du classique concours d’architecture.

  • Une première phase de travail incluant un dialogue entre chacune des trois équipes de conception pluridisciplinaire, la Ville de Paris et l’aménageur.

La Maternité au XIXe Siècle : Refuge des Pauvres et Mouroir

Au XIXe siècle, les maternités étaient souvent des refuges pour les pauvres et des lieux où la mortalité infantile et maternelle était élevée. Dans Germinie Lacerteux, édité en 1865, Les Goncourt consacrent quelques pages à la Maternité de Paris, où Germinie accouche. Aucune précaution n’était prise lors de l’accouchement. Semmelveis, médecin autrichien (1818-1865) eut, comme pionnier, beaucoup de difficultés à imposer un minimum d’asepsie (se laver les mains…) et les accouchées étaient placées avec d’autres dans de grandes salles communes.

La fermeture des tours dans les années soixante provoqua la fondation de maternités, lieux d’accueil des pauvres, mais l’hygiène n’y était pas meilleure. Les témoignages contemporains, de Le Fort, du Dr. Charrier ou du célèbre Tarnier sont accablants. En 1856, Tarnier, interne à la Maternité voit mourir d’infection puerpérale 132 femmes sur 2.237 accouchées soit 1 sur 19, alors qu’au même moment la mortalité des accouchées du 12e arrondissement n’est que de 1 sur 322 ; en 1861 la mortalité atteint 10 %. L’hôpital de la Charité est encore plus meurtrier : sur les trois années 1859-1861, 12,6 % des accouchées ne sont pas sorties vivantes. Chaque année, la fièvre puerpérale fait périr 500 femmes de Paris admises dans les hôpitaux. Pour Charrier, « l’agglomération des nouvelles accouchées engendre fatalement le poison puerpéral », et il demande le remplacement des grandes maternités par de petits services dirigés par des accoucheurs. Dans ces conditions, la maternité, véritable mouroir de femmes, n’est peuplée que de pauvres qui ne peuvent faire leurs couches à domicile ou chez une sage-femme, et elle offre une image terrifiante.

Tarnier supputait et déclarait que la fièvre puerpérale est contagieuse ; il en a la confirmation grâce aux recherches sur l’étiologie de Pasteur qui le 11 mars 1879 fait connaître l’agent infectieux : le streptocoque. Dès 1875, Tarnier faisait construire un pavillon d’isolement dans les jardins de la Maternité, et la mortalité des accouchées tombait de 10 % à 2,3 % ; dès lors il se fait l’apôtre de l’antisepsie en obstétrique : en 1882, seulement 1,1 % des femmes mourut de fièvre puerpérale. La décennie quatre-vingt consacre « une véritable révolution » selon les termes du Professeur Couvelaire dans sa leçon inaugurale le 6 novembre 1919 à Baudelocque : progrès de l’antisepsie, création par l’arrêté du 18 octobre 1881 de services spéciaux d’accouchements confiés à un corps de médecins spécialisés : les accoucheurs (les chefs de service se désintéressant auparavant des lits d’accouchées).

Malgré les tentatives décrites précédemment d’une organisation de protection maternelle et infantile, les maternités restent des maisons d’accouchement charitables. L’interview d’une joueuse de harpe, née en 1895, mariée au lendemain de la guerre à un étudiant en médecine, et qui est accouchée en 1919 dans la maison de ses beaux-parents, par Devraigne en personne, confirme cette donnée : « à l’époque on accouche chez soi » dit-elle et sur mes insistances elle ajoute : « la maternité c’était pour les filles-mères et les femmes de besoin ». Ce terme recouvre toutes celles nombreuses, qui ne peuvent prélever sur le revenu familial le prix d’un accouchement à domicile. Selon P. Delaunay qui consacre au début du siècle une thèse aux maternités parisiennes, il y a en 1900 22.861 accouchements dans les quinze services obstétricaux, pour 65.000 naissances ; le livre historique édité par l’A.P. pour fêter son centenaire - Cent ans d'Assistance Publique à Paris, 1849-1949 - donne la proportion d’un accouchement sur deux opéré par l’A.P., moitié dans les maternités, moitié par les sages-femmes agréées par l’Assistance Publique.

Outre des services hospitaliers, Paris dispose au début du siècle de trois établissements spécialisés : la Maternité de Port-Royal, la plus ancienne et la plus grande (160 lits d’enfants, 280 lits d’adultes, 4.977 accouchements en 1900), la clinique d’accouchement ouverte en 1881 et qui prend le nom de Tarnier à la mort du grand accoucheur en 1895, enfin la maison d’accouchement Baudelocque depuis 1889. En 1886, un accord entre la Faculté de médecine et l’A.P. stipulait que les bâtiments en construction sur les terrains de la Maternité serviraient à l’installation d’une nouvelle clinique d’accouchement, avec chaire de clinique obstétricale : Baudelocque. La chaire est confiée à Adolphe Pinard qui prononce sa leçon inaugurale le 21 mars 1890 et s’oppose fréquemment, querelle d’école et de personnes, aux professeurs de la Maternité : P. Budin (1898-1907) puis P. Bar.

Baudelocque ne comprend alors qu’un bâtiment central et quatre baraques dont l’une est un refuge-ouvroir pour 24 femmes enceintes ; au total 74 lits d’enfants et 104 d’adultes (8 au service d’accouchement, 56 pour les accouchées, la plupart en dortoirs, 14 au service de gynécologie, le reste pour les cas septiques). Grâce à A. Pinard, Baudelocque assure une consultation de femmes enceintes, longtemps la seule à fonctionner, et elle est la première à s’adjoindre en 1909 un service opératoire. En 1914, son gendre, Alexandre Couvelaire, lui succède et en 1922 débutent les travaux de construction qui font de la maternité Baudelocque un modèle d’organisation.

Le Modèle Baudelocque : Architecture et Fonctionnement

Le principe qui préside à l’organisation des maternités entre les deux guerres a été si fortement exprimé par Couvelaire, dans sa brochure explicative de 1930, « La Nouvelle maternité Baudelocque », que les termes suivants sont repris dans de nombreux ouvrages et rapports : « une maternité ne doit pas être seulement une maison d’accouchement, mais un centre d’assistance médico-sociale et de travail scientifique consacré à la fonction de reproduction ; c’est la conception dont nous devons poursuivre la réalisation dans nos maternités françaises, groupant autour du service d’accouchement à l’ancienne mode, des services de gynécologie et de puériculture». Le champ d’action de la maternité s’étend donc de la procréation au sevrage, dans la pratique d’une médecine préventive. Ce que le Pr. G. Roussy, doyen de l’Académie de médecine, un des laudateurs de Couvelaire, appelle l'obstétrique moderne n’est plus seulement l’art d’assister les femmes en couches mais « la science de l’heureuse et bienfaisante reproduction ».

L’origine des travaux de Baudelocque est assez complexe. Un testament olographe du 7 décembre 1912, au montant de 1,439 million, est dédié par Mr Eugène Valancourt à l’A.P. pour qu’elle édifie, avec l’accord de son ami le Pr. Debove, une clinique portant son nom et affectée à la Faculté de Médecine. Le Pr. Debove, ayant échoué dans son projet d’institut de recherche pour la tuberculose confie le legs à Pinard. Celui-ci, ne pouvant l’affecter à l’École de Puériculture de la Faculté qui est une fondation privée franco-américaine, propose la reconstruction de Baudelocque, en affectant à la demande de Couvelaire, une partie du capital au fonctionnement d’un laboratoire. Il s’ensuit une procédure classique : la proposition, acceptée en principe par G. Mesureur, directeur de l’A.P., est adoptée unanimement, le 8 juillet 1920 par le Conseil de la Faculté, puis le 30 décembre par le Conseil de Surveillance de l’A.P., enfin par le Conseil municipal (mars 1921), grâce au rayonnement de Pinard et de Couvelaire. L’appui du directeur de l’Institut Pasteur permet l’obtention de crédits complémentaires et le Dr. Louis Mourier, Directeur général de l’A.P. depuis octobre 1920, résout les difficultés juridiques. La maternité doit garder le nom de Baudelocque, la policlinique s’appeler Valancourt et les laboratoires être placés sous le patronage de Mr Debove.

Pendant les travaux, la clinique fonctionne dans les lambeaux de l’ancien service et dans les baraques du pavillon Chaussier mises à la disposition de Couvelaire. Elle offre déjà de multiples services : consultations obstétricales permanentes, consultations gynécologiques, consultations pour nourrices et nourrissons ouvertes en 1919, un dispensaire antisyphilitique annexé en 1919 et un centre obstétrical réservé aux tuberculeuses ouvert en 1921. La clinique neuve, achevée en 1929, ne complète cet arsenal médical que par une consultation prénuptiale (1930) et un centre de donneuses de lait (1936) ; elle accroît légèrement sa capacité mais elle est surtout la traduction architecturale d’un fonctionnement rationnalisé : les services d’hospitalisation sont dotés de « dispositifs nouveaux », et la policlinique a « le développement que mérite ce rouage essentiel d’une maternité, au point de vue assistance médicale, assistance sociale et enseignement clinique ». L’aspect extérieur de l’actuelle maternité est encore celui issu de ces travaux.

Les services d’hospitalisation dotés de 175 lits et 125 berceaux, comprennent cinq sections : la réception, le service obstétrical aseptique, le service gynécologique, le pavillon d’isolement pour malades septiques, le pavillon pour « tuberculeuses ».

L’entrée de la maternité est à l’image de son fonctionnement général ; la femme qui pousse la porte doit trouver un personnel capable de la renseigner et de l’orienter vers les services adéquats et un minimum de commodités : vastes salles d’attente et sanitaires. Sous la direction d’une sage-femme, le rôle du …

La Maternité de Nancy

Le long désir de créer une nouvelle Maternité était enfin entendu. En 1907, la construction en était décidée. Le Professeur A. et les premiers plans. près de l'ancien domaine du grand séminaire. furent interrompus pendant la durée des hostilités. terminés en 1928. honneur à la Ville, au Département, à l'Université. maternités d'Europe. L'administration en est départementale. très large part à l'enseignement. dans des conditions remarquables. stérilité absolue ou relative. des étudiants et des sages-femmes. puériculture à tous ses stades… La complexité de la Maternité A-Pinard ne nuit pas à son unité. n'existe ailleurs à l'état sporadique. réparti en plusieurs services indépendants. hospitaliers homogène, à finalité identique. dépistage, de surveillance, de traitement, ont considérablement progressé. fut celui de Mme For… l'existence d'un diabète sévère. respiratoire et complications pulmonaires secondaires. Mme Bru… compliquée d'œdèmes. terme est estimé au 20 août. g), Marc (1270 g). l'intérieur de la Maternité. sur des locaux d'hospitalisation qui ont. activités et ses moyens aux impératifs de la médecine moderne. évolué. accéléré depuis une douzaine d'années. actifs, plus une soixantaine pour les sections annexes. agrégé, 1 assistant, 1 chef de clinique. 1 interne. de 2e catégorie. profonde évolution. préoccupant concernait la sécurité du nouveau-né malade et du prématuré. et à la Pédiatrie, et qui devint la Néonatologie. congénitales et héréditaires. vers l'analyse des paramètres biologiques chez le fœtus et le nouveau-né. collaboration est aisée. Nancy et les autres Maternités publiques ou privées de la Région. pour l'enfant, Tel doit être l'idéal de l'accoucheur.

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