La fermeture de la maternité de Jonzac, survenue dans les années 2000, s'inscrit dans un contexte plus large de réduction du nombre de petites maternités en France. Cette situation a entraîné un éloignement géographique des femmes et un allongement des temps de trajet pour accéder à un suivi médical en matière de santé reproductive et sexuelle. Cet article examine les conséquences de cette fermeture, les initiatives mises en place pour pallier les difficultés d'accès aux soins, et les défis persistants en matière de santé des femmes en milieu rural.

Contexte de la fermeture et ses conséquences

Le mouvement de fermeture progressif des petites maternités assurant moins de 1 000 accouchements par an a eu des répercussions significatives sur l'accès aux soins des femmes en milieu rural. La maternité de Jonzac a fermé ses portes en juillet 2001, malgré une forte mobilisation des habitants et des personnels. Cette fermeture, comme celles de Saint-Jean-d'Angély en janvier 2017 et de la clinique Pasteur de Royan deux ans plus tôt, est emblématique des défis rencontrés par les territoires ruraux en matière de maintien des services de santé.

La disparition de la maternité de Jonzac a conduit les femmes de la Haute-Saintonge à se tourner vers d'autres établissements, tels que la maternité de Blaye en Gironde, plus petite mais plus proche. À Blaye, le nombre de naissances a augmenté depuis la fermeture de Jonzac, passant de 300-350 naissances par an à environ 450.

La Charente-Maritime ne compte plus que quatre maternités : deux à La Rochelle, dont une privée, une à Saintes et une à Rochefort. Cette réduction du nombre de maternités a des conséquences directes sur les temps de trajet et l'accès aux soins pour les femmes enceintes.

Initiatives pour pallier les difficultés d'accès aux soins

Face à ces difficultés, des initiatives ont été mises en place pour maintenir une offre de suivi gynécologique sur le territoire de Haute-Saintonge. La création de centres périnataux de proximité, comme celui de Jonzac, vise à pallier les difficultés d'accès aux soins. Ces centres assurent un suivi de grossesse jusqu'au septième mois, des consultations post-natales, des aides à l'allaitement, et des séances de rééducation périnéale et d'acupuncture.

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Le centre de périnatalité de l'hôpital de Jonzac propose également des consultations pédiatriques pour les enfants âgés de 0 à 15 ans, assurées une fois par semaine par un pédiatre détaché de l'hôpital de Cognac. Cette initiative a été accueillie avec soulagement, car l'absence d'un tel spécialiste à Jonzac posait de nombreuses difficultés pour le suivi des nouveaux-nés et des jeunes enfants.

Par ailleurs, le plan interministériel de lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes prévoit le déploiement de bus itinérants aménagés pour le dépistage et la prévention gynécologique et cardiovasculaire afin d'aller à la rencontre des femmes en milieu rural.

Défis persistants en matière de santé des femmes en milieu rural

Malgré ces initiatives, des difficultés d'accès aux soins persistent en raison de problématiques de mobilité contrainte et de désertification médicale. Le territoire est peu équipé en transports en commun, et la majorité des déplacements s'effectuent en voiture. Dans un contexte de hausse continue des frais de carburant, certaines femmes peuvent renoncer aux soins en raison de difficultés financières.

Le phénomène de désertification médicale se traduit par l'existence de zones blanches pour la santé des femmes et l'incapacité d'accéder à des consultations de spécialistes. À titre d'illustration, la densité de médecins gynécologues en Haute-Saintonge est de 0 pour 100 000 habitants, contre une moyenne nationale de 17,7 % et une moyenne départementale de 11,9 %. De même, la densité de médecins généralistes est plus faible (87 pour 100 000 habitants) qu'au niveau départemental (104) et national (89).

Cette carence de médecins généralistes a également des conséquences sanitaires d'autant plus fortes qu'ils apparaissent avec les sages-femmes comme les premiers interlocuteurs des femmes en matière de droits sexuels et reproductifs dans la ruralité. Le déficit d'offre de soins s'accompagne de conséquences néfastes sur la santé des femmes en matière de prévention et de dépistage.

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Impact sur la santé des femmes

Les difficultés d'accès aux soins ont un impact direct sur la santé des femmes. Si une grande majorité des femmes sont concernées par le cancer, qu'elles ou leurs proches en soient atteints, 35 % se sentent pourtant encore mal informées sur les facteurs de risques liés à cette pathologie. On constate ainsi une surmortalité de 11 % liée au cancer du sein chez les femmes des communes rurales.

Concernant les infarctus, AVC ou cardiopathies qui constituent la première cause de mortalité des femmes en France, on estime que 80 % pourraient être évités grâce à une prévention ad hoc. L'éloignement des services de santé et le manque d'information contribuent donc à aggraver les risques pour la santé des femmes en milieu rural.

Fermetures de maternités et recours juridiques

La fermeture de maternités a souvent donné lieu à des recours juridiques. Des recours pour excès de pouvoir ont été formés par des associations et des centres hospitaliers contestant les décisions de fermeture ou de non-renouvellement d'autorisation.

Dans certains cas, les tribunaux administratifs ont donné raison aux requérants, en reconnaissant une erreur manifeste d'appréciation de la part des autorités sanitaires, notamment en raison de l'éloignement des autres établissements pratiquant l'obstétrique et des temps de trajet excessifs. Cependant, ces décisions n'ont pas toujours suffi à empêcher la fermeture définitive des maternités.

Le cas de Carhaix-Plouguer en Bretagne est souvent cité comme un exemple de recours ayant permis de suspendre provisoirement une décision de fermeture. Cependant, d'autres maternités, comme celles de Luçon en Vendée et de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées, ont fermé malgré des interventions favorables des tribunaux administratifs.

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Le rôle des centres périnataux de proximité

La création de centres périnataux de proximité (CPP) est souvent présentée comme une solution pour pallier la fermeture des maternités. Cependant, leur rôle et leur action n'ont jamais été évalués de manière approfondie. Certains professionnels de santé estiment que les CPP ne sont pas une panacée et que leur efficacité dépend de leur organisation et de leur capacité à répondre aux besoins des femmes.

Les CPP peuvent assurer un suivi de grossesse, des consultations post-natales, des aides à l'allaitement, et des séances de rééducation périnéale. Ils peuvent également orienter les femmes vers les maternités les plus adaptées à leur situation. Cependant, ils ne peuvent pas remplacer une maternité en termes d'accouchement et de prise en charge des urgences obstétricales.

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