La période post-partum, qui suit l'accouchement, est une phase de grands bouleversements pour la femme, tant sur le plan physique que psychologique. Si la naissance d'un enfant est généralement perçue comme un événement heureux, elle peut aussi être source de difficultés et de troubles psychiques. Il est essentiel de comprendre les différentes formes d'angoisse post-partum, leurs causes, leurs symptômes et les traitements disponibles afin d'assurer le bien-être de la mère et de l'enfant.

Les Troubles Psychiques du Post-partum : Un Continuum

Il existe un continuum entre les manifestations psychiques normales liées aux mutations psychiques et les manifestations pathologiques. La grossesse est une période à haut risque psychiatrique. La prévalence des troubles psychiatriques durant cette période de la vie s’élève de 15 à 29 % et seules 5 à 14 % des femmes reçoivent un traitement pour ces troubles.

Parfois, des épisodes douloureux peuvent survenir pendant la grossesse ou à la suite d'un accouchement. Ils se déclenchent surtout en post-partum, c’est-à-dire après l’accouchement. Parmi ces troubles, on distingue :

  • Baby blues: Bénin et fréquent, il est un syndrome psychique et hormonal, qui est caractérisé par des crises de larmes immotivées et des inquiétudes diffuses quant à la maternité.
  • La dépression du post-partum: La mère s’effondre sur un mode dépressif, avec une humeur triste, des angoisses majeures, une culpabilité massive vis-à-vis du bébé, une peur débordante de ne pas être à la hauteur et de ne pas savoir s’occuper de l’enfant.
  • La psychose puerpérale: La mère peut déclencher des éléments psychotiques, c’est-à-dire des délires centrés autour du bébé (bébé en danger, suspicion de bébé échangé, bébé-alien dangereux…). Evidemment ce trouble est extrêmement grave, et présente une dangerosité majeure pour le bébé et la mère, justifiant une hospitalisation en urgence.
  • Troubles anxieux: Angoisses diffuses, ruminations, ou crises d’angoisses, sont assez fréquentes en post- partum. Si elles ne diminuent pas progressivement, c’est qu’il existe un trouble de l’adaptation, et qu’il est nécessaire de débuter une psychothérapie.

Dépression Post-partum : Un Trouble Fréquent et Traitable

La dépression post-partum est un trouble qui touche les jeunes mères, mais aussi les jeunes pères. Elle peut apparaitre après la naissance d’un bébé et est directement occasionnée par celle-ci. Comme tous les types de dépressions, les symptômes - ainsi que leur intensité - sont variables en fonction des individus. Si elle peut être très courte chez certains, elle peut durer plusieurs mois chez d’autres personnes, surtout si celle-ci n’a pas été diagnostiquée et traitée. Il est donc essentiel de connaître les symptômes, mais aussi les causes de ce trouble psychologique afin de mieux le diagnostiquer et le traiter.

La dépression post-partum touche 15 à 20 % des jeunes mères. Cela concerne donc un grand nombre de femmes, quand on sait qu’en 2021, 738 000 bébés sont nés en France selon l’INSEE.

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La dépression postnatale peut être expliquée par des facteurs physiologiques : Les changements hormonaux de la jeune mère, l’épuisement / le manque de sommeil. Mais la dépression post-partum peut également être déclenchée par les changements qui découlent ce grand bouleversement qu’est l’arrivée du bébé. Les contraintes provoquées par l’arrivée d’un jeune enfant peuvent submerger la jeune mère et le jeune père. En effet, l’arrivée d’un enfant est un véritable bouleversement. Il faut à la fois réaménager son quotidien, son rythme, mais aussi son identité. On n’est plus seulement un individu responsable de sa propre personne : on est en charge d’un autre être humain. Pour certains parents, l’arrivée d’un enfant est synonyme de deuil. On doit faire le deuil de sa vie d’avant, mais aussi de la maternité (qu’on avait pu idéaliser), qui s’avère parfois plus complexe que prévue. Enfin, l’arrivée d’un bébé peut fragiliser l’estime de soi ou le couple, notamment pour les jeunes parents qui n’étaient pas prêts à un tel chamboulement.

Symptômes de la Dépression Post-partum

La dépression post-partum se caractérise par une tristesse profonde et persistante, ainsi qu’une anhédonie - perte de la capacité à ressentir le plaisir - et un sentiment d'incapacité à créer un lien maternel. Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles physiques, tels que :

  • Des changements significatifs de poids ou d’appétit.
  • Des perturbations particulièrement importantes du sommeil (insomnie ou hypersomnie).
  • Une fatigue intense et persistante.
  • Une difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions.

Au-delà des symptômes classiques de la dépression, des manifestations spécifiques à la période post-partum peuvent survenir. Les mères peuvent développer une anxiété excessive concernant la santé de leur bébé, des phobies d’impulsion (peur de commettre un acte irréversible envers elles-mêmes ou leur enfant), ou encore des pensées suicidaires.

Si certains jeunes parents ne se rendent pas compte de leur état, il existe des symptômes visibles de la dépression postnatale :

  • Fatigue constante paradoxalement accompagnées de problèmes de sommeil : insomnies, hypersomnie, réveils fréquents…
  • Irritabilité : crises de colère, impulsivité
  • Tristesse intense qui n’a pas de causes particulières
  • Sentiment de culpabilité intense : incapacité à établir un lien profond avec son enfant, incapacité à s’occuper de son bébé dans certains cas
  • Sentiment de dévalorisation (d’être un mauvais parent)
  • Pleurs inexpliqués fréquents
  • Absence de plaisir lorsque le parent s’occupe de son bébé
  • Anxiété constante concernant l’enfant
  • Désintérêt pour les loisirs appréciés auparavantTroubles alimentaires (insuffisances ou excès)
  • Sentiment qu’il n’y a pas d’issue aux problèmes, que les choses ne pourront pas aller mieux
  • Isolement progressif
  • Dans les cas les plus graves, idées suicidaires.

Lorsque l’on souffre de dépression post-partum, on peut présenter un ou plusieurs symptômes. Si vous vous retrouvez dans certains énoncés ci-dessus et que vous êtes dans un moment de détresse, n’attendez pas pour prendre rendez-vous par téléconsultation vidéo avec un psychologue qui saura vous accompagner, où que vous soyez.

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Conséquences de la Dépression Post-partum

Le problème majeur de la dépression post-natale est qu’elle réduit les capacités des jeunes parents concernés à s’occuper de leur enfant. Le parent souffrant de cette affection psychologique aura tendance à avoir de moins en moins d’interactions avec sa progéniture. Dépression post partum et agressivité Le parent dépressif peut être facilement irritable. Il peut se mettre en colère contre son conjoint, mais aussi contre son enfant. La dépression post-partum peut avoir des conséquences sur le bébé. En effet, le développement du lien entre le parent et le bébé peut être affecté. De même, le développement de l’enfant d’un point de vue cognitif, affectif et social de l’enfant peut être impacté. L’enfant peut subir des troubles du sommeil, mais aussi des coliques. Il peut présenter des retards de développement, d’un point de vue émotionnel ou cognitif et ce, jusqu’à l’adolescence.

Facteurs de Risque de la Dépression Post-partum

Comme pour tous les types de dépressions, il n’existe pas de cause unique qui mène à la dépression post-partum. C’est plutôt une combinaison de facteurs qui peut déclencher l’état dépressif et le maintenir. Il existe plusieurs facteurs de risque à la dépression postnatale :

  • Du stress chronique, des épisodes anxieux ou dépressifs auparavant
  • Des événements stressants précédant l’arrivée du bébé
  • Un manque de soutien social
  • Une faible estime de soi
  • Des problèmes au sein du couple

Il est indispensable de détecter la détresse de la future maman durant la grossesse pour prévenir cette dépression. En effet, les femmes qui présentent des troubles dépressifs ou anxieux durant leur grossesse sont davantage susceptibles d’être atteintes par la dépression postnatale. Plus vite la future ou jeune mère est diagnostiquée, plus vite il sera possible de prendre en charge sa dépression. Pour prévenir la dépression post partum chez le père, il est indispensable qu’il y ait une bonne communication entre les deux futurs parents. Les pères doivent être inclus dans le suivi de la grossesse pour se sentir concernés et acteurs de la grossesse.

Dépression Post-partum chez les Pères

Si la dépression post-partum touche plus communément les jeunes mères, elle peut toucher les pères. En effet, ce trouble psychologique touche 8 % des jeunes papas. Les symptômes sont moins apparents chez les hommes. Elle se traduit davantage par de l’impatience, de l’irritation, des colères ou l'apparition de symptômes anxieux.

Diagnostic de la Dépression Post-partum

La dépression postnatale peut être diagnostiquée par un professionnel de la santé comme un psychologue, un gynécologue ou un psychiatre si les jeunes parents présentent au moins 5 symptômes cités précédemment, pendant plus de deux semaines.

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Traitements de la Dépression Post-partum

Deux traitements permettent de prendre en charge la dépression post partum :

  • La psychothérapie avec un psychologue ou un psychiatre
  • Des antidépresseurs.

Dans les cas les plus graves (en cas de psychose post-partum), on peut hospitaliser les jeunes parents dans une unité spéciale qui leur permet de rester avec leur bébé.

Comment S’en Sortir ?

Comme dans beaucoup de situations, la communication est la clé de la dépression (ici, post-partum). Si on est jeune parent et que l’on se sent déprimé ou que l’on présente des symptômes dépressifs, il est indispensable de consulter un médecin rapidement et d’extérioriser. ll est tout à fait possible de se faire prescrire un arrêt de travail qui ne sera pas considéré comme un congé maternité ou parental. Votre médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme vous orientera probablement vers un psychologue ou un psychiatre qui saura vous accompagner. La psychothérapie est indispensable lorsque l’on fait une dépression. Rappelez-vous toujours : il n’y a pas de honte à faire appel à un professionnel de la santé, dans la mesure où 13 millions de français souffrent de difficultés psychologiques. Plus vite la prise en charge sera faite, plus vite votre état psychologique va s’améliorer pour un rapport plus sain et plus serein avec son enfant, son conjoint et surtout : soi-même.

Différence entre Baby Blues et Dépression Post-partum

Il est indispensable de distinguer le baby blues de la dépression post-natale. Même si les symptômes sont proches, la dépression post-partum est plus longue et plus grave que le baby blues. Le syndrome du troisième jour (ou “baby blues”) est un trouble de l’humeur qui est temporaire et considéré sans gravité. Comme son nom le laisse deviner, celui-ci se manifeste quelques jours après l’accouchement. Ce phénomène est causé par les bouleversements hormonaux qui suivent l’arrivée de bébé. Si le baby blues dure plus de 10 jours, on considère qu’il s’agit d’une dépression post-partum. Il est alors urgent de se tourner vers un praticien afin de se faire prendre en charge et ne pas rester seul(e) face à ce trouble grandissant.

L’Effondrement Maternel : Un Signe Précurseur

Quelque chose d’antérieur précède la dépression du post-partum, un effondrement intérieur, confondu avec le baby blues. Derrière les mots, les silences ou les comportements de ces moments réside une réalité tue : un effondrement intérieur caché. Un préalable à la difficulté maternelle que l’on garderait pour soi, par impossibilité de communiquer dessus. La négligence de ce vécu se cicatriserait ensuite sous une forme mineure de dépression et d’anxiété. L’effondrement maternel n’est pas un diagnostic clinique en lui-même.

Cet effondrement maternel est rapide, instantané et se produit très peu de temps après l’accouchement. Cet effondrement est l’inverse de celui qui préside lors d’un épisode de psychose puerpérale où il s’agit là d’un effondrement brutal non contenu par le Moi. À contrario de la dépression qui suivrait et qui ne serait plus alors qu’un réflexe d’ajustement et de protection.

Il y a véritablement danger à attendre et à méconnaître les premiers signes de l’effondrement maternel, et de les prendre à tort pour ceux du baby blues. Contrairement à ce dernier, l’effondrement serait d’une tonalité moins franche que le baby blues, comme un baby blues qui traînerait en longueur. L’observation précoce et attentive des femmes venant d’accoucher permettrait de révéler cet état ou du moins de l’envisager. Et savoir le reconnaître au plus tôt chez une jeune accouchée, permettrait de libérer sa parole et de lui donner accès très rapidement à la thérapie. Pouvoir faire l’expérience de ses fragilités et défaillances sans que cela nous mette en danger ou nous condamne à la solitude est bénéfique, et nécessaire en cas d’effondrement maternel. Il importe donc de repérer dès le séjour en maternité, les signes et le langage traduisant la désorientation, la perte de l’élan vital, le dégoût et la mésestime de soi.

Signes de l’Effondrement Maternel

Il existe une sémiologie de cet effondrement, c’est-à-dire une étude des signes signifiant de cet effondrement. Même s’il est plus ou moins perceptible de l’extérieur, toutes les forces psychiques maternelles sont requises si ce n’est réquisitionnées pour lutter contre, pour tenir. On peut retrouver des traces de cette mobilisation active dans les souhaits maternels émis tout haut, de vouloir se reprendre, se ressaisir ou ne pas s’écouter… Ce que l’on peut prendre, à première vue, pour des signes encourageants de mieux-être.

  • Troubles du sommeil et hypervigilance maternelle: Les troubles du sommeil et l’hypervigilance maternelle constituent souvent les premiers signes qui doivent interpeller.
  • Indécisions et difficultés à se concentrer: Pour les mères en effondrement maternel, toute prise de décision peut-être compliquée, qu’elle concerne le bébé ou des choses qui jusque-là allaient de soi, le centre n’est plus nulle part. C’est aussi parfois de grandes difficultés à se concentrer qui s’ajoutent à l’indécision.
  • Effondrement maternel et relation au nouveau-né: Les signes de l’effondrement maternel, visibles de l’extérieur, peuvent s’observer aussi dans le cadre du lien entre la mère et l’enfant. La jeune maman peut éprouver une peur paralysante des pleurs et cris du bébé, en particulier la nuit. C’est d’ailleurs l’un des éléments qui peut alimenter une hypervigilance maternelle.
  • Les émotions au cœur de l’effondrement maternel: En cas d’effondrement maternel, de nombreuses émotions bousculent la jeune maman : La culpabilité et l’autodépréciation, parfois dès l’accouchement. L’envie de partir, de fuir, de disparaître… Le sentiment d’être de trop, d’être un obstacle entre son enfant et son père ou le reste de la famille. La mère peut être convaincue que sa disparition ne serait pas regrettée. Des idées suicidaires ou suicides pouvant être envisagés. Bien souvent, attirance vers « le vide » d’une fenêtre, d’un pont, etc.

Effondrement Maternel et États Dépressifs, Anxieux et Somatiques en Prénatal

Les déprimes prénatales ne sont pas vraiment de l’ordre de l’effondrement. Le contexte est différent : l’enfant étant encore à naître, l’effondrement n’est pas une réalité clinique, mais plutôt contenu dans l’idée, comme une menace imprécise. Il est plus subtil, davantage frôlé que réel, et se situe surtout au niveau de l’ambivalence du désir d’enfant.

En prénatal, l’effondrement s’apparente plutôt à un vacillement, comme à un écartèlement de soi où se joue de manière conflictuelle et souvent inconsciente la possibilité de donner ou pas la vie. Il pourra alors n’avoir été qu’un passage à vide, une fausse alerte qui laissera cependant des traces indélébiles, promptes à ressurgir et à se souvenir.

Troubles Anxieux Post-partum

Angoisses diffuses, ruminations, ou crises d’angoisses, sont assez fréquentes en post- partum. Si elles ne diminuent pas progressivement, c’est qu’il existe un trouble de l’adaptation, et qu’il est nécessaire de débuter une psychothérapie.

Les symptômes anxieux peuvent être isolés ou associés à d’autres entités cliniques du post-partum. Ils peuvent aussi être l’expression de troubles anxieux préexistants. Les phobies d’impulsion au cours du post-partum sont des angoisses de passage à l’acte à l’égard du nourrisson qui peuvent aller jusqu’à la phobie d’infanticide. Les symptômes ne présentent pas de spécificité si ce n’est leur contexte d’apparition.

Crises d'Angoisse Post-Accouchement : Comprendre et Agir

Il est tout à fait normal de ressentir de l'anxiété après avoir eu un enfant, que ce soit lié à la responsabilité de prendre soin d'un nouveau-né ou à des changements hormonaux et émotionnels qui se produisent après l'accouchement. Cependant, si ces crises d'angoisse sont très intenses ou fréquentes, il est important de chercher de l'aide pour mieux comprendre ce qui se passe et comment vous pouvez vous sentir mieux. Rappelez-vous que demander de l'aide ne signifie pas que vous ne pouvez pas gérer ou que vous ne voulez pas être mère. Au contraire, cela montre que vous vous souciez de votre bien-être et de celui de votre enfant. Enfin, il est indispensable de vous rappeler que l'amour et l'attachement que vous avez pour votre enfant ne sont pas remis en question par votre anxiété ou vos crises d'angoisse.

Conseils pour Gérer les Crises d'Angoisse

  • Prenez soin de vous.
  • Pratiquez la respiration profonde. La respiration profonde peut aider à calmer les nerfs et à réduire les symptômes de l'anxiété.
  • Évitez les substances stimulantes comme la caféine et l'alcool.
  • Réduisez votre exposition aux nouvelles et aux médias sociaux.
  • Essayez la méditation. La méditation peut aider à réduire l'anxiété et la panique.

Autres Troubles Psychiques du Post-partum

Outre la dépression et les troubles anxieux, d'autres troubles psychiques peuvent survenir en post-partum, notamment :

  • L'état de stress post-traumatique: Il peut survenir à la suite d'un accouchement difficile ou traumatisant.
  • La psychose puerpérale: Il s'agit d'un trouble rare mais grave qui nécessite une prise en charge urgente.
  • Le trouble bipolaire: Le post-partum est une période à risque de décompensation d'un trouble bipolaire préexistant.
  • Le TOC périnatal: Le TOC périnatal se caractérise par des pensées répétitives, indésirables et intrusives (obsessions) et des envies irrationnelles et excessives d'accomplir certaines actions (compulsions).

Prise en Charge et Traitements

Prendre en charge correctement ces troubles, passe par la mise en place de différentes ressources. L’entourage doit bénéficier d’explications sur les troubles de la maman, afin de la soutenir efficacement et d’organiser une aide concrète quotidienne au début. Les médicaments peuvent être prescrits dans certains cas. Ils sont évidemment absolument indispensables dans les psychoses du post-partum et les dépressions. L’allaitement est en général suspendu ou au moins encadré en cas de médication. La psychothérapie est fondamentale car elle permet à la mère de comprendre ce qui la bouleverse autant et donc de commencer à s’apaiser.

Lors des consultations de suivi de grossesse, il est nécessaire de prendre le temps d’informer mais aussi d’écouter attentivement la femme enceinte, le couple, afin d’appréhender leur situation dans sa globalité, c’est-à-dire selon ses aspects médico-psycho-sociaux. Il faut être soucieux de toute situation de vulnérabilité et de toute forme d’insécurité. Aussi, si la femme a un suivi en secteur spécialisé, la grossesse doit faire l’objet d’un projet thérapeutique, avec co-suivi régulier par des psychiatres, obstétriciens ou sages-femmes. La grossesse ne devrait être envisagée que lorsque la pathologie psychiatrique est équilibrée depuis plusieurs mois.

Ainsi, toute prescription de psychotropes pendant la grossesse implique de mettre en balance les bénéfices par rapport aux risques. Les risques sont tout autant ceux de l’exposition au traitement pour le fœtus que ceux de l’abstention thérapeutique. De façon générale, il est fortement recommandé de ne pas prescrire de psychotropes à une femme enceinte au cours du premier trimestre et de diminuer, voire d’arrêter, tout traitement juste avant l’accouchement.

Pendant les périodes de la grossesse et du post-partum, du fait de l’état de « perméabilité psychique », l’abord psychothérapeutique tant préventif que curatif est d’une particulière efficacité. Les soins concernent d’une part la mère, d’autre part le lien mère-enfant et les relations père (autre parent)-mère-enfant. L’abord de la situation dans sa globalité implique des professionnels multiples dont la concertation et la coordination sont fondamentales. Il s’agit de soins organisés en réseau. Les conduites thérapeutiques pendant la grossesse sont essentiellement ambulatoires. Elles se font selon deux axes, psychothérapeutique et chimiothérapeutique.

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