L'arrivée d'un bébé est un événement majeur, souvent perçu comme un moment de joie intense. Cependant, cette période peut également être source d'angoisses et de troubles psychiques pour la mère, et parfois même pour le père. Il est essentiel de comprendre les différentes formes d'angoisse post-accouchement, leurs causes, leurs symptômes et les traitements disponibles afin d'offrir un soutien adéquat aux jeunes parents.

Les Troubles Psychiques du Post-Partum: Un Aperçu

Parfois, des épisodes douloureux peuvent survenir pendant la grossesse ou à la suite d'un accouchement. Ils se déclenchent surtout en post-partum, c’est à dire après l’accouchement. On distingue plusieurs troubles psychiques qui peuvent affecter la mère après l'accouchement :

  • Baby blues: Bénin et fréquent, il est un syndrome psychique et hormonal, qui est caractérisé par des crises de larmes immotivées et des inquiétudes diffuses quant à la maternité.
  • La dépression du post-partum: La mère s’effondre sur un mode dépressif, avec une humeur triste, des angoisses majeures, une culpabilité massive vis-à-vis du bébé, une peur débordante de ne pas être à la hauteur et de ne pas savoir s’occuper de l’enfant.
  • La psychose puerpérale: La mère peut déclencher des éléments psychotiques, c’est-à-dire des délires centrés autour du bébé (bébé en danger, suspicion de bébé échangé, bébé-alien dangereux…). Evidemment ce trouble est extrêmement grave, et présente une dangerosité majeure pour le bébé et la mère, justifiant une hospitalisation en urgence.
  • Troubles anxieux: Angoisses diffuses, ruminations, ou crises d’angoisses, sont assez fréquentes en post- partum. Si elles ne diminuent pas progressivement, c’est qu’il existe un trouble de l’adaptation, et qu’il est nécessaire de débuter une psychothérapie.

Baby Blues : Une Déprime Passagère

Le baby blues est un trouble de l’humeur qui est temporaire et considéré sans gravité. Comme son nom le laisse deviner, celui-ci se manifeste quelques jours après l’accouchement. Ce phénomène est causé par les bouleversements hormonaux qui suivent l’arrivée de bébé. Il est plus connu sans doute du grand public puisqu’il est plus fréquent : entre 50 à 70% des femmes en souffrent. Il s’agit d’une déprime passagère souvent liée à la diminution des hormones de la mère après l’accouchement, au manque de sommeil et à l’anxiété. On le constate souvent aux alentours du 3e jour après l’accouchement et cela se traduit par de l’irritabilité et une hypersensibilité. Généralement, le baby blues débute entre le 2ème et 5ème jour après la naissance de l’enfant (avec un pic au 3ème jour) et peut durer de quelques heures à quelques jours. Si les symptômes sont encore présents au bout de 2 semaines, cela peut être le signe d’une dépression postpartum.

Dépression Post-Partum : Une Affection Plus Profonde

La dépression post-partum est une maladie qui peut apparaître pendant les semaines et les mois suivant l’accouchement. Près d’une mère sur cinq est touchée par une dépression post-partum dans les 4 semaines qui suivent l’accouchement. Cette maladie peut toucher tout le monde. Près d’un père sur dix traverse une dépression pendant la grossesse ou peu après la naissance de son bébé. C’est une période de changements qui peut être bouleversante pour les papas aussi. La dépression post-partum est une maladie qui se soigne. Et comme pour la plupart des maladies, on ne la soigne pas seul. La dépression postnatale ou post partum (après la grossesse) touche quant à elle environ 15% des femmes. L’état dépressif de la mère peut se manifester à deux moments distincts après l’accouchement. Lorsqu’il s’agit d’une dépression post-partum, la détection et le diagnostic de la pathologie sont plus difficiles. En effet, cette dépression est également appelée “dépression souriante” en rapport au fait que la mère tente de cacher ses symptômes à ses proches. Ce phénomène est souvent lié à la stigmatisation de l’humeur des femmes suite à l’accouchement.

Psychose Puerpérale : Une Urgence Psychiatrique

La psychose puerpérale est un trouble extrêmement grave qui nécessite une hospitalisation en urgence. La mère peut déclencher des éléments psychotiques, c’est-à-dire des délires centrés autour du bébé (bébé en danger, suspicion de bébé échangé, bébé-alien dangereux…). Ce trouble présente une dangerosité majeure pour le bébé et la mère.

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Causes de l'Angoisse Post-Accouchement

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de l'angoisse post-accouchement :

  • Facteurs physiologiques: Les changements hormonaux de la jeune mère, l’épuisement / le manque de sommeil.
  • Facteurs psychologiques: Les contraintes provoquées par l’arrivée d’un jeune enfant peuvent submerger la jeune mère et le jeune père. En effet, l’arrivée d’un enfant est un véritable bouleversement. Il faut à la fois réaménager son quotidien, son rythme, mais aussi son identité. On n’est plus seulement un individu responsable de sa propre personne : on est en charge d’un autre être humain. Pour certains parents, l’arrivée d’un enfant est synonyme de deuil. On doit faire le deuil de sa vie d’avant, mais aussi de la maternité (qu’on avait pu idéaliser), qui s’avère parfois plus complexe que prévue.
  • Facteurs de risque: Du stress chronique, des épisodes anxieux ou dépressifs auparavant, des événements stressants précédant l’arrivée du bébé, un manque de soutien social, une faible estime de soi, des problèmes au sein du couple.

L'Idéal Maternel Écrasant

Angoisses, ou pathologies psychiatriques plus graves, il est fondamental que la future maman réfléchisse à sa maternité avec nuances et tolérances. L’idéal maternelle écrasant est, à n’en pas douter, un élément déterminant dans la survenue de symptômes psychiatriques. La psychothérapie est un travail protecteur pour le psychisme de la femme, et pour celui du bébé. La maternité est un rendez-vous fondamental de la vie, souvent investie avec excès et idéalisation. La future maman se rêve épanouie, ravie de ce qui lui arrive, et se heurte à la réalité bien plus complexe et ambivalente. Les pensées violentes autour de la grossesse, de l’accouchement et du bébé sont naturelles, saines, et inévitables, mais elle confronte la maman de façon douloureuse à une désidéalisation d’elle-même et de la maternité. Celles qui ne supportent pas les nuances de la réalité, celles qui refusent d’être humaines, ambivalentes et imparfaites, se condamnent à des symptômes psychiatriques.

En effet, elles vont devoir refouler toute une partie de leur vie psychique, pour se « raconter » que tout est idéal comme prévu. Lorsque l’on enfouit quelque chose dans notre psychisme, l’émotion ressort d’une autre façon, en se saisissant d’un prétexte. Le refoulement génère des angoisses diverses, notamment des peurs violentes et irrationnelles de perte du bébé. L’inconscient de la mère préfère s’inquiéter de la mort du bébé, plutôt que de lui faire accepter qu’il existe une part en elle qui n’est pas 100% ravie d’être mère. En s’inquiétant à l’excès pour son enfant, la maman décharge des émotions venues d’ailleurs (d’où le côté irrationnel, et l’inefficacité de la réassurance rationnelle sur la santé du bébé), en gardant bonne conscience et en renforçant sa croyance-souhait qu’elle n’est qu’amour pour le bébé. « Je l’aime tellement que je m’inquiète toujours pour lui ». L’angoisse n’a rien à voir avec l’amour, et il existe des parents sereins qui aiment tout autant leurs enfants !

La Remise en Question de la Parentalité

La maternité - et plus globalement la parentalité - est une étape de la vie qui est perçue comme positive dans notre société. Pourtant, c’est une période qui peut parfois être difficile, surtout lorsque l’on a un premier enfant. Être parent n’est pas inné : ce rôle est déroutant et demande un certain temps d’apprentissage. Bien qu’on puisse ressentir de la culpabilité, se dévaloriser ou encore se sentir incompétent, le fait de souffrir d’une dépression postnatale n’est pas un signe que l’on est un mauvais parent. Comme c’est le cas pour toutes les formes de dépression, elle doit être prise en charge par un professionnel de la santé.

Symptômes de l'Angoisse Post-Accouchement

Les symptômes de l'angoisse post-accouchement varient en fonction du trouble psychique concerné.

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  • Symptômes du baby blues: modification d’humeur de la mère : elle se sent souvent à fleur de peau et les émotions ressenties (fatigue, lassitude, tristesse, irritabilité et/ou anxiété) sont exacerbées.
  • Symptômes de la dépression post-partum: Fatigue constante paradoxalement accompagnées de problèmes de sommeil : insomnies, hypersomnie, réveils fréquents… Irritabilité : crises de colère, impulsivité, Tristesse intense qui n’a pas de causes particulières, Sentiment de culpabilité intense : incapacité à établir un lien profond avec son enfant, incapacité à s’occuper de son bébé dans certains cas, Sentiment de dévalorisation (d’être un mauvais parent), Pleurs inexpliqués fréquents, Absence de plaisir lorsque le parent s’occupe de son bébé, Anxiété constante concernant l’enfant, Désintérêt pour les loisirs appréciés auparavant, Troubles alimentaires (insuffisances ou excès), Sentiment qu’il n’y a pas d’issue aux problèmes, que les choses ne pourront pas aller mieux, Isolement progressif, Dans les cas les plus graves, idées suicidaires.
  • Symptômes de la psychose puerpérale: délire centrés autour du bébé (bébé en danger, suspicion de bébé échangé, bébé-alien dangereux…).

Dépression Post Partum et Agressivité

Le parent dépressif peut être facilement irritable. Il peut se mettre en colère contre son conjoint, mais aussi contre son enfant.

Conséquences pour le Bébé

La dépression post-partum peut avoir des conséquences sur le bébé. En effet, le développement du lien entre le parent et le bébé peut être affecté. De même, le développement de l’enfant d’un point de vue cognitif, affectif et social de l’enfant peut être impacté. L’enfant peut subir des troubles du sommeil, mais aussi des coliques. Il peut présenter des retards de développement, d’un point de vue émotionnel ou cognitif et ce, jusqu’à l’adolescence.

Diagnostic de l'Angoisse Post-Accouchement

Il est indispensable de détecter la détresse de la future maman durant la grossesse pour prévenir cette dépression. En effet, les femmes qui présentent des troubles dépressifs ou anxieux durant leur grossesse sont davantage susceptibles d’être atteintes par la dépression postnatale. Plus vite la future ou jeune mère est diagnostiquée, plus vite il sera possible de prendre en charge sa dépression. Pour prévenir la dépression post partum chez le père, il est indispensable qu’il y ait une bonne communication entre les deux futurs parents. Les pères doivent être inclus dans le suivi de la grossesse pour se sentir concernés et acteurs de la grossesse.

La dépression postnatale peut être diagnostiquée par un professionnel de la santé comme un psychologue, un gynécologue ou un psychiatre si les jeunes parents présentent au moins 5 symptômes cités précédemment, pendant plus de deux semaines.

Traitements de l'Angoisse Post-Accouchement

Prendre en charge correctement ces troubles, passe par la mise en place de différentes ressources. L’entourage doit bénéficier d’explications sur les troubles de la maman, afin de la soutenir efficacement et d’organiser une aide concrète quotidienne au début.

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Deux traitements permettent de prendre en charge la dépression post partum :

  • La psychothérapie avec un psychologue ou un psychiatre
  • Des antidépresseurs. Dans les cas les plus graves (en cas de psychose post-partum), on peut hospitaliser les jeunes parents dans une unité spéciale qui leur permet de rester avec leur bébé.

Les médicaments peuvent être prescrits dans certains cas. Ils sont évidemment absolument indispensables dans les psychoses du post-partum et les dépressions. L’allaitement est en général suspendu ou au moins encadré en cas de médication. La psychothérapie est fondamentale car elle permet à la mère de comprendre ce qui la bouleverse autant et donc de commencer à s’apaiser. Notons que le fait de consulter un psy pendant la grossesse a un effet protecteur sur le psychisme de la femme, et réduit significativement la survenue de troubles du post-partum. La future maman peut élaborer à l’avance les enjeux psychiques de la maternité, et se préparer à ce qui l’attend.

Comment S'en Sortir ?

Comme dans beaucoup de situations, la communication est la clé de la dépression (ici, post-partum). Si on est jeune parent et que l’on se sent déprimé ou que l’on présente des symptômes dépressifs, il est indispensable de consulter un médecin rapidement et d’extérioriser. ll est tout à fait possible de se faire prescrire un arrêt de travail qui ne sera pas considéré comme un congé maternité ou parental. Votre médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme vous orientera probablement vers un psychologue ou un psychiatre qui saura vous accompagner. La psychothérapie est indispensable lorsque l’on fait une dépression. Rappelez-vous toujours : il n’y a pas de honte à faire appel à un professionnel de la santé, dans la mesure où 13 millions de français souffrent de difficultés psychologiques. Plus vite la prise en charge sera faite, plus vite votre état psychologique va s’améliorer pour un rapport plus sain et plus serein avec son enfant, son conjoint et surtout : soi-même.

Conseils Utiles

Si vous traversez une période de baby blues, prenez idéalement du temps pour vous ressourcer. Mettre un enfant au monde est une expérience intense, énergivore, autant pour le corps que l’esprit. En tant que nouvelle maman, il est normal de se sentir fatiguée. Dans la mesure du possible, essayez de faire des siestes dès que votre nourrisson dort et lorsque vous en ressentez le besoin. Quant à votre partenaire, indiquez-lui les façons de vous faire plaisir et de prendre le relais. Il existe de nombreuses ressources et structures pouvant accompagner les jeunes parents près de chez eux, à la sortie de la maternité. Des lieux d’écoute et d’accompagnement pour trouver du réconfort et/ou partager son expérience avec d’autres mamans et papas. Rappelez-vous que beaucoup de mamans traversent cette étape lors de leur postpartum et que vous avez le droit de ne pas être à fond. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seule. Entourez-vous de vos proches, de vos amis, sollicitez leur soutien.

L'Effondrement Maternel : Un Concept Important

Il y a véritablement danger à attendre et à méconnaître les premiers signes de l’effondrement maternel, et de les prendre à tort pour ceux du baby blues. Contrairement à ce dernier, l’effondrement serait d’une tonalité moins franche que le baby blues, comme un baby blues qui traînerait en longueur. L’observation précoce et attentive des femmes venant d’accoucher permettrait de révéler cet état ou du moins de l’envisager. Et savoir le reconnaître au plus tôt chez une jeune accouchée, permettrait de libérer sa parole et de lui donner accès très rapidement à la thérapie.

Signes de l'Effondrement Maternel

  • Troubles du sommeil et hypervigilance maternelle: Les troubles du sommeil et l’hypervigilance maternelle constituent souvent les premiers signes qui doivent interpeller.
  • Indécisions et difficultés à se concentrer: Pour les mères en effondrement maternel, toute prise de décision peut-être compliquée, qu’elle concerne le bébé ou des choses qui jusque-là allaient de soi, le centre n’est plus nulle part.
  • Difficultés dans la relation au nouveau-né: La jeune maman peut éprouver une peur paralysante des pleurs et cris du bébé, en particulier la nuit.

Les Émotions au Cœur de l'Effondrement Maternel

En cas d’effondrement maternel, de nombreuses émotions bousculent la jeune maman : La culpabilité et l’autodépréciation, parfois dès l’accouchement, L’envie de partir, de fuir, de disparaître…, Le sentiment d’être de trop, d’être un obstacle entre son enfant et son père ou le reste de la famille.

Prévention de l'Angoisse Post-Accouchement

Il est indispensable de détecter la détresse de la future maman durant la grossesse pour prévenir cette dépression. En effet, les femmes qui présentent des troubles dépressifs ou anxieux durant leur grossesse sont davantage susceptibles d’être atteintes par la dépression postnatale. Plus vite la future ou jeune mère est diagnostiquée, plus vite il sera possible de prendre en charge sa dépression. Pour prévenir la dépression post partum chez le père, il est indispensable qu’il y ait une bonne communication entre les deux futurs parents. Les pères doivent être inclus dans le suivi de la grossesse pour se sentir concernés et acteurs de la grossesse.

Idéalement vous pouvez aborder la question du baby blues à l’occasion d’une consultation pendant votre grossesse (suivi médical et/ou séance de préparation à l’accouchement), et notamment lors de l’entretien prénatal précoce, surtout s’il y a des facteurs de risque (antécédents, anxiété par rapport à la grossesse ou l’accouchement, peurs liées à la gestion du quotidien un fois votre bébé arrivé, …) Ce rendez-vous permet en effet d’aborder les questions d’ordre « psychologique » et toutes les interrogations liées à l’arrivée du bébé. Vous avez le droit d’avoir des doutes, des inquiétudes, des coups de moins bien. Certaines femmes s’interdisent de ressentir de la tristesse car elles s’imaginent ne pas être légitimes en tant que mères.

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