L'entrée à l'école maternelle est une étape importante dans la vie d'un enfant. Si pour certains, c'est une source d'excitation et de joie à l'idée de retrouver leurs amis et de découvrir de nouvelles choses, pour d'autres, cette transition peut être une source d'angoisse, notamment en raison de la séparation avec leurs parents. Cette angoisse de séparation est une réaction normale, mais il existe des moyens d'aider votre enfant à vivre cette étape plus sereinement.
Qu'est-ce que l'angoisse de séparation chez l'enfant ?
L'angoisse de séparation se manifeste par la peur ressentie par un enfant à l'idée d'être séparé de ses parents ou des personnes qui s'occupent de lui. Les psychologues affirment que cette anxiété se développe généralement avec le parent dont l’enfant est le plus proche, mais elle peut aussi se manifester avec les deux parents, un grand-parent, un frère, une sœur ou toute personne importante aux yeux de votre enfant.
Cette angoisse est une étape normale du développement, survenant généralement autour de 8 mois. À cet âge, l'enfant réalise qu'il ne peut pas passer tout son temps avec ses parents, ce qui peut l'inquiéter. Il commence à comprendre qu’il est une personne à part entière et à reconnaître les visages, faisant la différence entre ses parents et les inconnus. Cette angoisse est aussi liée à la peur de l’abandon. Lorsque vous vous en allez, il a peur que vous ne reveniez pas ou que vous ayez disparu. Il n’a pas acquis ce qu’on appelle la « permanence de l’objet ».
Les premiers signes de cette angoisse apparaissent généralement aux alentours des huit mois, mais elle peut également se manifester plus tôt, vers 4 ou 6 mois. Imaginez un peu : votre bébé, avec lequel vous avez passé de longs mois, voire quelques années si vous n’avez pas fait appel à une nounou ou s’il n’a pas été en crèche, doit, du jour au lendemain, passer une journée entière à l’école. Lui qui est habitué à votre présence constante ne comprend pas ce qu’il se passe. Ce changement d’environnement demeure angoissant pour lui, car il s’agit tout simplement de l’inconnu ! Il découvre ce nouvel aspect de la vie et a besoin d’être rassuré. Cette anxiété n’est que l’expression d’une peur : « Je pense que papa et maman ne vont pas revenir me chercher ». Au fil du temps, l’enfant comprend et se rassure : « Papa et maman finissent toujours par revenir et m’aiment toujours autant ».
Les causes de l'angoisse de séparation
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'angoisse de séparation chez l'enfant.
Lire aussi: Les bienfaits des Fleurs de Bach
- L'apprentissage de la séparation : Quand il s’agit de sa première fois en crèche ou en maternelle, votre enfant est simplement en plein apprentissage. Son anxiété va s’apaiser avec le temps lorsqu’il se sentira rassuré et comprendra les choses.
- L'anxiété des parents : Les parents anxieux peuvent, malgré eux, transmettre leur anxiété à leurs enfants. L’entrée à l’école est aussi un cap à passer en tant que parent ! Une nouvelle étape, voir son bébé devenir peu à peu un petit garçon ou une petite petite fille, grandir, voler de ses propres ailes. Alors, les parents stressent, espèrent que tout se passera bien, ont envie de faire les choses bien, et les enfants le ressentent ! Ce sont de véritables éponges. Une fois encore, ce sentiment peut disparaître lorsque parents et enfants s’adaptent et se rassurent mutuellement.
- Événements de vie : D’autres facteurs peuvent expliquer l’angoisse de la séparation, à différents âges : une hospitalisation longue, des soucis familiaux, des maladies graves, des décès, un déménagement, un changement d’établissement scolaire, une séparation des parents, etc.
- La sensibilité de l'enfant : Enfin, votre petit peut aussi tout simplement être émotif et un peu plus sensible ! Il a besoin d’être enveloppé de réconfort, d’amour, car il vit les choses intensément.
Conseils pour accompagner votre enfant
Voici quelques conseils pour accompagner votre enfant à mieux accepter cette séparation et à gérer ses émotions :
1. Préparation et familiarisation
- Habituez votre enfant à passer du temps sans vous : Dès son plus jeune âge, habituer votre enfant à être gardé par des membres de la famille, des personnes de confiance, ou des amis, est recommandé. D’abord dans son environnement, comme votre maison, puis peu à peu chez papy et mamie, chez tata, et de plus en plus longtemps. De cette manière, vous l’habituez graduellement et le passage à l’école sera donc moins brutal.
- Expliquez à votre enfant ce qu’il va se passer : Mettez des mots sur la situation. Expliquez à votre enfant dans quel endroit il va se rendre, pour quoi, avec qui. Répétez les différentes étapes d’une journée d’école, du lever au coucher. Vous pouvez même conceptualiser cela via un tableau avec des images, pour qu’il visualise mieux. Visitez l’école, faites le trajet ensemble, rencontrez le maître ou la maîtresse, rappelez-lui les superbes activités qu’il va pouvoir réaliser, les copains qu’il va se faire. Préparer votre enfant quelques semaines avant sa rentrée est donc important pour le rassurer, comme vous parent ! L’inconnu vous fait sans doute peur, vous préférez qu’on vous explique les choses avant d’être jetés dans le grand bain.
- Impliquez votre enfant dans les préparatifs : Une étape souvent négligée, mais essentielle, consiste à faire participer l’enfant dans les préparatifs de sa future rentrée. Prenez le temps de lui montrer les affaires qu’il va emporter à l’école, comme son cartable, ses fournitures scolaires, son goûter, et même ses vêtements. Impliquez-le dans le choix de son sac à dos ou de sa trousse. Laissez-le choisir ses couleurs ou ses motifs favoris. En lui donnant un rôle actif, vous l’aidez à se sentir impliqué et à comprendre que l’école est un endroit où il a sa place, tout en lui offrant un sentiment de contrôle sur cette nouvelle étape.
- Lisez des histoires sur le thème de la séparation et des retrouvailles : Avec les petits comme avec les plus grands, n’hésitez pas à lire des histoires sur le thème de la séparation et des retrouvailles, et à en parler avec eux.
2. Rituels et routines
- Créez des rituels rassurants : Veillez à créer des rituels avec votre enfant, les premières semaines d’école afin qu’il trouve des repères rassurants et prévisibles à la maison. Réveillez-le à la même heure, mangez aux mêmes horaires, octroyez-vous un temps calme récurrent, des balades, l’heure du bain, etc. Ces repères sont importants car ils vont le rassurer peu à peu sur chaque étape de sa journée.
- Mettez en place un rituel simple et stable le matin : Mettre en place un rituel simple et stable aide l’enfant à mieux anticiper la séparation. Cela peut être une phrase répétée chaque matin, un câlin, ou encore un petit geste symbolique, comme « je t’embrasse, et je reviens ce soir ».
- Inventez des rituels de séparation amusants : Les rituels rassurent les enfants en rendant la séparation prévisible. Vous pouvez user d'un rituel des mains unique que vous aurez créé ensemble, et qui ne manquera pas de susciter la curiosité et l'admiration de ses camarades. Un « Tope-là à Retournement » : faites un "high-five" classique, puis tournez la main pour une tape inversée (paume contre paume). Terminez avec un "fist bump" (poings fermés qui se touchent). Un Slap & Snap : Frappez la main de l'autre puis faites un claquement de doigts en reculant. Un Double Pouce & Paume : Tapez une fois dans la main de l'autre, puis touchez-vous les pouces en signe de "pouce en l'air" avant de faire une dernière tape paume contre paume. Ces rituels ajoutent une touche unique et personnalisée à chaque séparation ou retrouvaille, tout en renforçant le lien avec votre enfant !
- Instaurez une routine stable : Instaurer une routine stable, surtout dans les jours précédant la rentrée, peut également rassurer l’enfant.
3. Le moment de la séparation
- Soyez bref et positif : Laisser votre enfant en pleurs est difficile. Vous avez le sentiment d’être impuissant, partagé entre l’envie de lui faire un gros câlin de réconfort, et de le laisser se calmer seul, pris en charge par l’enseignant. Pour limiter l’angoisse, il est recommandé d’avoir des aurevoirs brefs, assez neutres. Un bisou, un câlin, et hop, c’est parti pour la journée ! Précisez-lui toujours que vous viendrez le chercher le soir, à quelle heure.
- Donnez-lui un objet transitionnel : Pour le rassurer, choisissez ce moment pour lui donner son doudou, sa tétine. Certains parents donnent un objet rassurant à leurs enfants, comme une photo, qu’ils peuvent observer chaque fois que papa et maman lui manquent, ou un petit cœur dessiné sur la main. Tout ce qui est prévisible devient rassurant pour l’enfant ! Ce rituel bref est donc essentiel. Son doudou, une petite peluche qu'il affectionne, bref un grigri réconfortant qu'il pourra garder dans son sac pour le sentir ou le toucher quand il se sent triste. Dessinez un cœur sur vos poignets respectifs comme un clin d'œil qui le suivra toute la journée.
- Soyez confiant et optimiste : Gardez le sourire, soyez optimiste, cela va rayonner sur votre enfant. L’enfant perçoit les émotions de ses parents. Un adulte qui doute ou qui culpabilise transmet involontairement cette inquiétude. Au contraire, montrer de la confiance envers l’enseignant et l’école sécurise l’enfant.
- Respectez l'heure des retrouvailles : Les semaines d’adaptation à son nouvel environnement sont les plus compliquées. Alors, il est absolument indispensable de tout faire pour ne surtout pas arriver en retard pour venir chercher vos enfants. Si votre enfant ne sait pas encore lire l’heure, vous pouvez leur donner l’image d’une pendule, qu’il pourra comparer avec celle présente dans sa salle de classe, ou sa petite montre, indiquant l’heure à laquelle vous viendrez.
- Ne prolongez pas le moment de séparation : Lorsque vous déposez votre bébé, rassurez-le et dites-lui au revoir. Toutefois, évitez les interminables câlins qui risquent de rendre la séparation plus difficile.
4. Communication et écoute
- Accueillez ses émotions sans le juger : Quel que soit son âge, et quelles qu’en soient les raisons, il est important de laisser son enfant exprimer ses émotions. Ce n’est pas en niant son anxiété ou en lui faisant des reproches qu’on pourra l’aider. Si votre enfant pleure, c’est tout simplement pour libérer une émotion.
- Encouragez l'expression des sentiments : Encouragez votre enfant à parler de ses peurs et de ses inquiétudes. Écoutez-le sans minimiser ses sentiments et proposez-lui des solutions pour qu'il se sente entendu et soutenu.
- Validez ses émotions : "Je vois que tu te sens triste et que ça te rend un peu inquiet que je doive partir. C'est tout à fait normal. Encouragez aussi votre enfant à partager son ressenti à votre retour, à nommer ses émotions avec des mots. Exemple : "Alors ça a été difficile ? Pauvre chéri.e… Tu t'es senti triste ? »… « Oh ! Viens me faire un gros câlin ? ça va mieux ? »… « Mais tu vois bien que je suis revenu.e ! Maman/Papa reviennent toujours »… « Qu'est-ce qui pourrait t'aider plus la prochaine fois ? »… « Tu veux qu'on fasse des cookies pour te consoler ? »… « Ce soir, tu veux que je te lise 2 histoires ?
- Dialoguez avec les professeurs de l’école : N’hésitez pas à communiquer avec les enseignants et les personnes qui s’occupent au quotidien de votre enfant.
- Soyez patient et compréhensif : Faire preuve de patience et de compréhension est essentiel ! Votre enfant s’adapte tout simplement aux changements de sa vie. Vous êtes passés par là, vous-aussi ! Soyez également patient, car l’angoisse peut survenir le dimanche soir, le lundi matin, où lors des retours de vacances. Dans ces moments, mettez l’accent sur les rituels, attendez-vous à quelques larmes, quelques angoisses, qui passeront rapidement quand votre enfant comprendra que vous reviendrez, comme toujours !
5. Favoriser l'autonomie
- Encouragez l'autonomie : Plus votre enfant se sentira capable et autonome, moins il ressentira l'angoisse de séparation. Encourager son indépendance l'aidera à développer la confiance en lui-même et à réduire ses peurs. C'est un "travail" sur le long terme mais cela crée un socle solide pour tous ses apprentissages dans la vie.
- Donnez-lui des responsabilités : Donnez-lui des responsabilités adaptées à son âge, comme préparer son sac d'école ou choisir sa tenue. Ces petites responsabilités lui donneront un sentiment de contrôle et d'autonomie. Invitez votre petiot.e à ranger ses affaires après le repas ou à préparer son sac d'école tout.e seul le matin.
- Valorisez ses efforts : Complimentez votre enfant pour ses efforts à affronter ses peurs, même si cela semble être un petit pas. Par exemple, s’il parvient à entrer dans la classe sans pleurer, félicitez-le pour son courage.
6. Quand consulter ?
- Si l’angoisse de séparation perdure au-delà d’un bon mois, s’amplifie (refus de s’alimenter, aucune interaction, pleurs toute la journée, trouble du sommeil), il est recommandé de faire appel à un professionnel de santé pour aider votre enfant à maîtriser ce trouble anxieux de séparation. Si vous notez un comportement excessif, anormal et une anxiété qui persiste longtemps (plusieurs semaines après la rentrée), il peut être nécessaire de consulter un pédopsychiatre. Il pourra chercher l’origine de cette anxiété, vous conseiller pour aider votre enfant, et parler à votre enfant pour qu’il apprenne à mieux gérer la séparation.
- N'hésitez pas à téléconsulter un pédopsychiatre : Si votre enfant connaît des troubles tels que l’angoisse de séparation, la téléconsultation d’un pédopsychiatre peut être une bonne solution. Sur Qare, vous pouvez téléconsulter tous les jours et trouver un spécialiste disponible dans la journée. En effet, emmener votre enfant chez un psychologue et le laisser seul peut être difficile. En téléconsultant, vous permettez à votre enfant de consulter dans un environnement rassurant, qu’il connaît. Il sera également rassuré par votre présence, même si vous êtes dans la pièce d’à côté. De plus, cela vous évite un déplacement et les horaires de consultations sont plus flexibles (entre 6h et 1h).
Lire aussi: Aider son enfant face à une crise d'angoisse
Lire aussi: Gestion angoisse enfant
tags: #angoisse #de #séparation #école #maternelle #conseils
