André Roques est une figure emblématique de la musique française, particulièrement dans le domaine de l'accordéon et de la chanson française. Avec des ventes atteignant 500 000 CD et un impressionnant cumul de 4,5 millions de vues sur YouTube, il est indéniable qu'il a acquis le statut de superstar dans son genre.

Un succès populaire et mystérieux

Son ami proche et collaborateur de longue date, Claude Fried, avec qui il a co-écrit de nombreux succès, dont le célèbre "Mon Aveyron", s'étonne encore de la popularité de ses chansons : « C'est mystérieux les tubes ». Grâce à "Mon Aveyron", ils recevront prochainement un disque de diamant à Cahors. Malgré ses 92 ans, André Roques continue de se produire en gala devant un public enthousiaste, témoignant de son aura et de son contact exceptionnel avec les gens.

"Le Troubadour d'Occitanie" : Une biographie romanesque

L'idée d'écrire la biographie d'André Roques est née d'une boutade de Claude Fried, auteur-compositeur toulousain également connu pour ses romans tels que "Les rides ont des larmes", "Violette" et "Baloche", en évoquant les concerts endiablés de l'accordéoniste. André Roques a immédiatement accepté le défi, et c'est ainsi que "Le troubadour d'Occitanie" a vu le jour aux éditions Du bord du Lot.

Selon Claude Fried, la vie d'André Roques est un véritable roman. Sa biographie révèle des événements marquants de son enfance, notamment le décès tragique de son oncle, tonnelier, dans un accident de voiture auquel le jeune André a assisté à l'âge de sept ou huit ans.

Un autre épisode significatif de sa jeunesse se déroule à Albi, alors qu'il a 15 ans. L'interdiction des bals populaires par le régime de Vichy conduit les Résistants à le solliciter pour jouer de l'accordéon dans la forêt de Grésine, une forme de résistance musicale. La Milice intervient, confisque les accordéons cachés dans des meules de foin. Touchés par la détresse du jeune garçon privé de sa passion, les Résistants récupèrent l'instrument en allant jusqu'à la gendarmerie, mitraillettes à l'épaule.

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L'apprentissage musical et l'amour de l'accordéon

Adolescent, André Roques découvre l'accordéon lors de bals populaires clandestins pendant l'Occupation. Il se souvient : « Pendant la guerre, j’allais dans les bals clandestins pour les maquisards et j’étais fasciné ébahi par l’accordéon ». Cependant, c'est par le saxophone qu'il commence son apprentissage musical dès l'âge de 7 ans. Après la Libération, il intègre le Conservatoire National de Région de Toulouse dans la première classe de saxophone. Il s'intéresse également à l'histoire et à l'analyse musicale, tout en continuant à pratiquer l'accordéon, bien qu'il ne doive pas en parler au conservatoire.

L'enseignement et la création de l'Accordéon-Club de Cahors

André Roques abandonne les bals et se consacre à l'enseignement en fondant "l'école supérieure d'accordéon de Cahors", reconnue comme l'une des cinq meilleures de France. Fort du succès de son école, il crée en 1956 l'Accordéon-Club de Cahors. En plus de l'enseignement, il rassemble ses élèves au sein d'une grande formation et, sous sa direction, ils donnent de nombreux concerts et participent à plusieurs émissions télévisées. Ce projet ambitieux aboutit à la sortie de son premier disque en 1984.

Une carrière exceptionnelle et un hommage musical

André Roques est considéré comme l'un des accordéonistes les plus respectés de France. Sa carrière est jalonnée de succès et de morceaux interprétés et adaptés par de nombreux artistes. Il a reçu plusieurs disques d'or et a toujours eu à cœur d'être un carrefour et un pont entre les générations.

Son dernier double album, "Chapeau Dédé !", est un vibrant hommage rendu à l'artiste par ses musiciens, auteurs, compositeurs, arrangeurs, producteur, chanteuses et chanteurs, qui saluent sa prodigieuse carrière.

Un artiste ancré dans son terroir

Les nombreux admirateurs d'André Roques ignorent souvent qu'il a passé une partie de son enfance à Castelnau-de-Lévis, où son père était boulanger dans les années 1930. Il a ensuite vécu à Gaillac, Albi, et a fréquenté le conservatoire de Toulouse, avant de s'installer à Cahors pour cultiver ses trois passions : l'accordéon, la création musicale, la nature et les chevaux.

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