Introduction
L'ancienne maternité de Loroux-Bottereau, située au cœur du Vignoble nantais, est un lieu chargé d'histoire. De sa fondation à sa désaffectation, en passant par son rôle dans le Festival Echo et son actuelle déconstruction, cet article explore son passé riche et son avenir prometteur.
Les Origines Hospitalières : Du Moyen Âge à la Révolution
Au Moyen Âge, les hôpitaux se développent sous diverses appellations (maladreries, aumôneries, léproseries), portés par la tradition chrétienne de secours aux pauvres. Le personnel est alors principalement religieux. Le pays nantais compte 17 léproseries et maladreries de fondation ducale ou commune.
Un édit de Louis XIV en 1662 impose à chaque ville la création d'un établissement pour accueillir mendiants, invalides, enfants et orphelins. C'est l'origine des hôpitaux généraux, dont 12 sont fondés dans le comté nantais avant 1790, notamment celui du Loroux-Bottereau sous Louis XV. Ces hôpitaux, souvent issus de structures existantes, reçoivent une mission précise et nouvelle. Les laïcs sont encouragés à participer à la gestion, mais le fonctionnement est assuré par des communautés religieuses.
Au XIXe siècle, l'organisation interne des hôpitaux et hospices est soumise à de nombreuses réglementations. La spécialisation de certains établissements entraîne des transferts de pensionnaires, en particulier suite à la loi du 30 juin 1838 concernant les aliénés. Les progrès en hygiène et médecine permettent l'accueil de malades payants. L'État légifère et contrôle via les sous-préfets et préfets. Parmi les lois importantes, on trouve celles sur l'assistance médicale gratuite (1893), les enfants assistés (1904), les vieillards (1905) et les assurances sociales (1928).
La loi du 21 décembre 1941, avec son décret d'application du 17 avril 1943, définit la mission principale de l'hôpital comme établissement sanitaire et social, lui donnant un cadre juridique modifié par des réformes successives en 1958, 1970 et 1991.
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L'Hôpital du Loroux-Bottereau : Une Évolution Constante
L'histoire de l'hôpital du Loroux-Bottereau est riche et évolutive. Grâce aux recherches du Collectif des Locaux, il a été découvert que l'hôpital a connu différentes phases : une mini-ferme avec cochons et potager, une maternité, un bloc opératoire, une maison de convalescence, une maison de retraite, une chapelle, des bains-douches publics.
L'hôpital du Loroux-Bottereau a été légué à la commune par Pierre Sécher en 1884.
Le Festival Echo : Un Centre d'Art Éphémère
Avant sa destruction partielle, l'ancien centre hospitalier de Loroux-Bottereau a connu une dernière période joyeuse. Les bâtiments, vides depuis 2019, ont été transformés en un centre d'art éphémère grâce au Festival Echo. Une quinzaine d'artistes ont investi les lieux, créant des dizaines d'œuvres dans les couloirs, les salles médicales et sur les façades.
Bertrand Vacarisas, responsable de l'association lorousaine Les Locaux, rappelle que l'hôpital a été le terrain de jeu du Festival Echo.
Le Collectif des Locaux a également travaillé sur un projet de mémoires de l'ancien hôpital, en collaboration avec la municipalité. Plutôt que de créer un reportage purement historique, le collectif a choisi de réunir des documents d'archives, de réaliser des entretiens et des créations artistiques et documentaires.
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Une exposition éphémère de photos a été présentée sur les murs de la rue Pierre Sécher. Bertrand Vacarisas décrit cette exposition comme un collage d'affiches sauvages qui disparaîtront au fil des mois, comme une métaphore du mur qui s'effrite.
Un documentaire sur l'histoire des lieux a également été tourné dans l'ancien centre hospitalier.
La Déconstruction et la Requalification Urbaine
En 2019, la commune du Loroux-Bottereau a fait appel à l’EPF pour acquérir l’intégralité du site de l’ancien centre hospitalier Sèvre et Loire en cœur de ville. Ce site d’une superficie de 1,7 ha accueillait un centre hospitalier de 195 lits dont le plus ancien bâtiment date de l’ouverture de l’établissement en 1880.
Situé en plein bourg du Loroux-Bottereau, le site de l'ancien hôpital abrite d'anciens bâtiments administratifs et médicaux pour lesquels l'opération de démolition s'est accélérée. La destruction partielle de l'ancien hôpital du Loroux-Bottereau s'accélère en 2024 et les œuvres Echo disparaissent petit à petit.
L'objectif de cette opération de déconstruction est de mettre en œuvre le projet communal par une requalification urbaine, avec logement social, accession à prix abordables, commerce et transformation d’un parc arboré en parc public.
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La Maison Sécher, lieu chargé d’histoire (don à la population), est de son côté conservée pour un futur projet d’hôtellerie ou de tiers-lieu.
Pour ces travaux d’envergure, l’enveloppe financière prévisionnelle était fixée à 1,2 million € HT, auxquels s’ajoutaient 400 000 € provisionnés pour aléas « amiante ». La commune du Loroux-Bottereau a été lauréate du Fonds friche à hauteur de 1,2 million d’euros (plus gros financement de la Région).
Les travaux de désamiantage ont été effectués à partir du mois de septembre 2023 et lors des dernières vacances scolaires, la déconstruction partielle a pris de l’ampleur.
Au programme de ces prochains mois, la réhabilitation d’une friche urbaine avec l’aménagement d’un lot destiné à l’installation d’une résidence autonomie et d’une micro-crèche.
Labellisée Petite Ville de Demain, la commune a signé la convention d’ORT (Opération de Revitalisation de Territoire) avec l’État, Le Département, la Région, la Communauté de communes, 3 autres communes du territoire et l’EPF avec pour objectif la dynamisation du centre-bourg.
Art Urbain et Mémoire : Les Fresques de Sébastien Bouchard
Sébastien Bouchard, artiste peintre, a participé à plusieurs projets d'art urbain, notamment à Venelles (13) en collaboration avec Tanala, et à Chaumes en Retz avec l'association VTR ART. Il a également réalisé un portrait à la chevelure de plancton sur une maison en bord de mer, à la demande des propriétaires. À Nantes, il a peint le portrait de la personne qui gère l’hébergement d’urgence en lien avec le 115.
Ces interventions artistiques, bien que distinctes du projet de l'ancienne maternité, témoignent de l'importance de l'art urbain dans la revitalisation des espaces et la création de liens avec la communauté.
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