Cet article explore l'histoire fascinante des maternités, en se concentrant sur des exemples spécifiques en Ariège et ailleurs en France, afin d'illustrer l'évolution des pratiques et des mentalités autour de la naissance. Des maternités modernes aux châteaux accueillant des accouchements secrets, nous plongeons dans un passé riche en transformations.

L'ancienne maternité de l'hôpital Saint-Jacques à Besançon : Un symbole de modernité révolu

L'ancienne maternité de l'hôpital Saint-Jacques à Besançon, dans le Doubs, a marqué son époque. Les travaux de démolition ont débuté symboliquement le samedi 25 mai 2024. Durant près de 40 ans, plus de 90 000 bébés y sont nés. À son ouverture, la maternité était des plus modernes.

Une inauguration marquante

Le 1ᵉʳ mars 1973, Jean Minjoz, alors maire de Besançon, inaugure la toute nouvelle maternité située près du pont Canot, à la place d’un ancien jardin botanique. Le bâtiment en U de trois niveaux succède à l’hôtel de Montmartin rue de l’Orme de Chamars. Construit sous la Renaissance pour la sœur du Cardinal de Granvelle, l’hôtel particulier comptait encore 54 lits dans des chambres communes, parfois six mamans dans une même pièce. Le lieu était devenu trop petit et vétuste.

Modernité et confort

En 1973, la nouvelle maternité dispose de 88 lits de gynécologie et obstétrique, et 60 lits de pédiatrie. Adieu les salles communes de l'ancienne maternité. Jacqueline Baulard, ancienne surveillante chef de la maternité, n'a rien oublié de cette époque. Elle se souvient être allée faire les grands magasins à Dijon pour acheter de la décoration pour les chambres. Grande révolution, les jeunes mamans ont même la télévision à disposition dans les chambres ! À l’époque, 80 % des jeunes ménages disposent en France d’un téléviseur. Il faut se rappeler qu’à cette époque, la femme n’a pas la place, ni les droits qu’elle a aujourd’hui. Le téléviseur par câble va même permettre dans la nouvelle maternité de diffuser tous les jours à 11 heures des programmes éducatifs pour apprendre aux mères à s’occuper de la santé de leur bébé. Pour le confort de ces dames, le site propose un salon de coiffure, et une assistante sociale. Si aujourd’hui ces équipements auraient leur place dans un musée, à l’époque, La Mère et l’Enfant c’était le modernisme !

Des équipements à la pointe de la technologie

Des salles d’accouchement insonorisées et climatisées avec des lits à commandes électriques, des équipements pour réanimer les nouveaux nés, une biberonnerie automatique, des appareils pour suivre les contractions utérines, les battements de cœur du bébé ou l’état du sang fœtal… La Mère et l’Enfant marque un pas vers une meilleure prise en charge des femmes et des naissances. Le professeur Colette était un grand patron. En 1973 à Besançon, on avait la musique dans les blocs opératoires. On était au top. On ne pouvait pas rêver mieux. On vient alors de toute la Franche-Comté pour y mettre au monde son enfant. La Mère et l’Enfant est un lieu qui a marqué les familles.

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Une réalité complexe

La maternité n’est pas qu’un monde en rose et bleu. Avec les naissances, la Mère et l’Enfant a connu aussi des accouchements sous X, des bébés morts nés et les IVG après le vote de la loi Weil. Jacqueline Baulard, qui a travaillé jusqu'en 2002 à la Mère et l'Enfant, se dit navrée que ce bâtiment soit abattu. Il a 50 ans, on aurait pu en faire quelque chose. J'y ai passé de très bons moments. Le site était grand. Devant la maternité, trônait une sculpture signée Bernard Jobin. Le jeune artiste comtois avait donné vie à une sculpture de 4,70 mètres de haut, de près d’une tonne. “La mère et l'enfant” avait été inaugurée en 1973 par Simone Veil, alors ministre de la Santé. Lorsque la maternité de Chamars a fermé en 2012 pour être transférée au CHU Minjoz, l’œuvre a suivi.

Le Château de Gatines : Un refuge pour les accouchements secrets

L'ancienne maternité pour accouchement sous X, le Château de Gatines, à Issé, a été vendu début avril 2024 à près d'un million d'euros à un homme passionné d'histoire.

Une vente récente

Mis sur le marché de l’immobilier en juin 2023, le château de Gatines à Issé (Loire-Atlantique) a été vendu début avril 2024.

Un lieu chargé d'histoire

Ce bâtiment historique au style néo-gothique et datant de 1903 renferme une histoire bien particulière, puisque pendant 30 ans, il accueillait les jeunes filles pour les faire accoucher sous X. Son style architectural et sa grandeur font aussi de lui un riche patrimoine du département. Les anciens propriétaires y vivaient depuis 30 ans. L’acte de vente a été signé il y a quelques semaines.

Un nouveau propriétaire passionné

Pendant 30 ans, le château de Gatines à Issé (Loire-Atlantique) a accueilli les jeunes femmes qui souhaitaient accoucher sous X, après la guerre. Nourri de sa passion pour l’histoire, le nouveau propriétaire a été séduit par le style néo-gothique des lieux, sans en connaître au début toute son épopée.

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Un château de 22 pièces

Le château de Gatines avait été agrandi à partir d’une inspiration puisée dans les plans de l’architecte nantais Émile Libaudière. L’intérieur de 1 000 m² se compose de 22 pièces.

Accouchement impromptu : Une naissance devant la Poste

Coincée dans les embouteillages, une Mahoraise nouvellement arrivée en Ariège n’a pas eu le temps d’atteindre la maternité. Coincée dans les bouchons, cette jeune maman a donné naissance… Devant la Poste, le 19 août dernier. C’est une histoire qu’elles raconteront longtemps, et avec le sourire.

Un accouchement inattendu

Mardi 19 août, en plein après-midi, une jeune femme de 30 ans a donné naissance à sa fille… Devant la Poste, coincée dans une voiture arrêtée au milieu des bouchons. Pas de salle de travail, pas de médecin, pas même le temps d’arriver aux urgences. Mais heureusement, il y avait Réhéma, son amie, qui a su garder la tête froide.

Un récit détaillé

Tout commence en début d’après-midi. Laetitia, proche du terme, ressent les premières contractions. Rien d’alarmant, pense-t-elle. "On avait rendez-vous avec l’anesthésiste en milieu d’après-midi. Elle était censée accoucher le soir", raconte Réhéma, 34 ans, venue prêter main-forte. Mais le corps de Laetitia a ses propres plans. "Elle commençait à faire des allers-retours dans la maison, elle avait vraiment mal. À midi, au moment de manger, elle m’a dit : Là, on doit partir", se souvient son amie. Pas de temps à perdre. La valise est prête. Les enfants sont gardés. La voiture démarre, direction l’hôpital. Mais à peine parties, les choses s’emballent. "Il y avait un peu de bouchons… Et d’un coup, elle a perdu les eaux", raconte Réhéma. À partir de là, plus rien ne se passe comme prévu. "Elle avait envie de pousser. Je lui ai dit d’attendre, puis je suis descendu voir.

Un dénouement heureux

Quelques instants plus tard, dans une chorégraphie improvisée mais efficace, le bébé impatient pousse son premier cri. "Il sortait tout seul, moi je l’ai juste attrapé", raconte Réhéma, humble. Tout ça dans la voiture, au beau milieu des bouchons de la ville, sous les yeux de passants médusés. Autour de la scène, certains veulent aider, d’autres n’osent pas. Mais Réhéma, elle, gère malgré la panique. "J’ai eu des bons réflexes, mais j’avais peur que le bébé tombe, confie-t-elle. On a eu de la chance que le bébé pleure directement". Rapidement, elle couvre le nouveau-né pour le protéger, le place sur sa mère. La maman, elle, n’a presque rien vu de ce moment éclair. "C’était trop rapide. Elle n’arrive pas à s’en souvenir, c’est le trou noir", raconte encore son amie. Mais peu importe : la petite Louna est née, et tout le monde se porte bien. Laetitia, habitante de Mayotte et installée récemment en métropole, peut compter sur l’appui de ses proches. Et pour Réhéma, l’expérience restera unique : "C’est la première fois que j’assiste à ça.

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Rose Delpla : Une sage-femme ariégeoise à la fin du XIXe siècle

Rose Delpla, une sage-femme de l'Ariège à la fin du XIXe siècle, incarne l'évolution de cette profession et les défis auxquels les femmes étaient confrontées à cette époque.

Parcours et formation

Rose Delpla provient d’une commune rurale limitrophe de Pamiers qui, après avoir connu un essor démographique jusqu’au milieu du XIXe siècle, subit un déclin qui persiste jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. D’un peu plus de 1500 habitants à sa naissance en 1851, Verniolle n’en compte qu’un peu plus de 900 à son décès en 1924. Sa grande voisine, Pamiers, est marquée par l’essor industriel, incarné tout particulièrement par la Société métallurgique de l’Ariège. Quoique à proximité des montagnes pyrénéennes, Rose Delpla habite dans la plaine d’Ariège, zone de piémont bien desservie par les routes et le chemin de fer. Élève boursière, elle appartient à un milieu social modeste, comme en attestent les métiers de ses proches et sa propre activité de couturière. Son instruction est suffisante pour écrire sans commettre guère de fautes d’orthographe, sinon aux mots relevant du vocabulaire obstétrical ou anatomique : ainsi écrit-elle « muscles spoai » à la place de « psoas ». S’il s’agit de la même main, elle a aussi pris des cours de mathématique, comme en attestent les tout premiers feuillets du cahier qu’elle réemploie pour noter son cours de maïeutique.

Contexte de l'enseignement

L’importance accordée à l’instruction des sages-femmes se manifeste alors par un arrêté ministériel publié le 1er août 1879 qui instaure « un examen préparatoire pour les aspirantes au titre d’élèves sages-femmes de première classe qui prévoit les épreuves suivantes : lecture, orthographe, problèmes d’arithmétique et notions sur le système métrique. » Enfin, le nombre de médecins sis à Verniolle tend à laisser penser que Rose Delpla bénéficie, dans l’exercice de sa profession, d’un degré d’autonomie avancé. En 1887, deux médecins sont signalés à Verniolle, le docteur Roumingas, diplômé en 1870, et le vieux docteur Mirandol-Jean Sans, dont le titre de la thèse, soutenue à Montpellier en 1832, Essai sur les progrès, le perfectionnement et les avantages de l’art obstétrique et des motifs de préférer un accoucheur instruit à une sage-femme, n’est pas sans laisser imaginer des rapports difficiles avec la jeune sage-femme. De 1890 à 1891, ne reste que le docteur Roumingas, que rejoint en 1892 le docteur Pujol fraîchement diplômé ; ce dernier exerce seul à Verniolle de 1895 à 1899.

La maternité de Pamiers

À la différence de la majorité des écoles, implantées dans les villes de préfecture, c’est bien à Pamiers et non pas à Foix qu’ont été mis en place des cours d’accouchements. Pour Rose Delpla, le choix de suivre des cours à la maternité de Pamiers est le choix de la proximité. Dans cette classification, l’Ariège appartient, avec 23 autres départements, au groupe de départements qui forment exclusivement leurs sages-femmes à l’intérieur de leurs frontières. Ils se distinguent par l’attribution de bourses soulignant « la permanence de l’importance accordée à la formation des sages-femmes » ainsi que par un « certain isolement géographique et linguistique ». Si des cours ont existé sous l’Ancien Régime, qui ne se sont pas poursuivis durant la Révolution, il faut attendre 1809 pour qu’une maternité soit instituée à l’hospice de Pamiers. En 1878, l’année même où Rose Delpla suit sa formation, est institué un cours hospitalier à l’hospice de Pamiers, avec un internat.

Conditions d'étude

« M. le professeur Allaux et le Conseil d’arrondissement de Pamiers vous prient d’accueillir favorablement une demande qui vous est adressée par l’administration de l’hospice de Pamiers, en vue d’obtenir un secours départemental de 1,500 fr. destiné à l’achat de 15 lits pour les élèves sages-femmes. Ce but est trop moral pour ne pas conquérir les sympathies de la Commission dont je suis le rapporteur. Elle vous- propose également le vote au budget du crédit ordinaire de 2,000 fr. - Adopté. » « Après avoir remercié le Conseil général de l’allocation de 1,500 francs votée en principe, au mois d’avril, pour acquisition de lits destinés au dortoir de la maternité, M. Allaux exprime le désir que les élèves sages-femmes soient non-seulement couchées, mais nourries à l’hospice. Il serait possible, ajoute-t-il, d’arriver à ce résultat au moyen de l’indemnité que le département fournit aux élèves et qui, de 0 fr. 75 par jour, pourrait être portée à 0 fr. 90. » « 18 élèves sages-femmes ont été reçues en 1878-1879. Le premier cours de 1879 a été fréquenté par 14 élèves dont 3 seulement à leurs frais. » « Des réparations urgentes s’imposent à la maternité de Pamiers. Matériel insuffisant. Pas de bibliothèque. »

Enseignement et pratiques

L’enseignement des sages-femmes s’appuyait sauf exception sur un manuel imprimé de référence, qui pouvait être acheté par l’élève sage-femme ou qui lui était prêté le temps de sa formation. La première partie est consacrée à l’enseignement de l’anatomie, de la grossesse et de l’accouchement. La deuxième est, elle, consacrée aux anomalies : bassins viciés, grosses extra-utérine, hémorragie, éclampsie, etc. Si la sage-femme doit faire appel au médecin dans les cas très graves, tel le cancer du col : « La sage-femme n’assistera pas seule une femme affectée du cancer du col. » « On pratique l’insufflation de bouche à bouche ou avec un tube laryngien mais l’insufflation de bouche à bouche est préférable. On s’y prend de la manière suivante on renversera la tête de l’enfant sur un oreiller ou sur une table, on aura soin de lui pincer le nez d’une main et l’autre main on lui placera sur la poitrine. Puis on souffle légèrement dans la bouche de l’enfant on retire la main du nez et l’on serre légèrement la poitrine pour faire sortir l’air qui a déjà pénétré. On pourra souffler tant qu’on sentira las pulsations du cœur. »

Absence d'antiseptiques et usage du seigle ergoté

On ne trouve logiquement pas, dans le cours de Rose Delpla, de référence aux mesures antiseptiques, qui ne s’imposent qu’à compter des années 1880-1890. « Le seigle ergoté est du seigle atteint par une maladie qu’on nomme l’ergot, c’est surtout dans les années pluvieuses qu’on en observe beaucoup il est allongé, brun noirâtre, recourbé sur lui-même sa couleur est quelque fois violacée. Le violacé est le meilleur. Il faut que le col de la matrice soit bien | dilaté, les membranes rompues ; qu’il y ait bonne présentation que le bassin soit bien conformé, que les parties molles ne soient pas rigides ; et que la tête ne reste pas plus qu’une heure à franchir la vulve. » Le droit au recours au seigle ergoté est ici implicite, et ne fait pas état de l’autorisation délivrée par le décret du 23 juin 1873, qui s’inspire des préconisations de l’Académie de médecine dans sa séance du 17 décembre 1872 et clôt un long débat amorcé vers 1845.

Instrumentation et autonomie

Ce qui peut apparaître comme un autre point d’achoppement relatif à la professionnalisation et au degré d’autonomie des sages-femmes est leur capacité à recourir, seules, à l’instrumentation. La manipulation du forceps fait ainsi l’objet d’une description minutieuse sur cinq pages. « Un lit élevé, résistant doit être préparé, il faut vider la vessie et le rectum, il faut trois aides, deux pour soutenir les cuisses fléchies et une autre au-dessus de la tête. La sage-femme aura fait chauffer de l’eau pour échauffer l’instrument et pour rendre son introduction plus facile, elle mettra de l’huile sur les cuillerées. Faire placer la femme sur le bord du lit, faire bien attention que le coccyx porte faux. Premier temps. Application des cuillerées du forceps. L’accoucheur prend la branche gauche de la main gauche, puis il introduit la main droite dans le vagin entre la tête et le côté gauche de la femme gagne enfin la face palmaire, le côté correspondant de la tête du fœtus qu’il doit sentir à nu c’est dans la face palmaire de cette main droite que doit glisser la branche gauche de la main gauche tenue comme une plume à écrire le manche porté vers la main droite, la concavité de la cuillerée regardant la vulve, puis il la porte dans le vagin. À mesure que la branche s’enfonce dans l’excavation, la main qui la pousse s’abaisse, la dirige de droite à gauche sur la ligne médiane, enfin l’incline au-dessus du niveau de l’anus, quand l’application est terminée, la sage-femme est chargée de tenir cette branche, le long de la cuisse droite est parfaitement immobile dans la position indiquée. Il s’agit ensuite d’appliquer la branche droite l’introduire à droite au-dessus de la précédente, en se dirigeant sur la main gauche portée dans le vagin. Cette partie de l’opération est terminée quand les deux branches sont aussi enfoncées l’une que l’autre. » La suite est consacrée au « Deuxième temps. Articulation des branches du forceps » puis au « Troisième temps.

L'organisation hospitalière en Ariège

L'organisation hospitalière en Ariège a connu des évolutions significatives au fil du temps, avec des fusions et des spécialisations des différents établissements.

Évolution récente

Ouvert en 2000, le centre hospitalier du val d‘Ariège est issu de la fusion des hôpitaux de Foix et Pamiers, cités ariégeoises possédant une tradition hospitalière très ancienne. Depuis le 1er Janvier 2018, le centre hospitalier du val d‘Ariège et le centre hospitalier du Pays d'Olmes ont fusionné pour donner naissance au centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège.

Hôpitaux de Foix et Pamiers

L'hôpital de la Garide, dont l'hôpital Saint-Vincent fut le continuateur appartenait en 1304 à la confrérie du même nom. Des guerres de religions à la Révolution, il va connaître des fortunes diverses jusqu'en 1755 où Louis XV autorise sa reconstruction. Les sœurs de Saint-Vincent de Paul y sont appelées pour donner les soins aux malades, jusqu’au vingtième siècle qui verra la laïcisation du personnel. L'origine de l'hôpital Saint-Jacques remonte à 1804. Il accueillait, en dehors des militaires de la garnison, les pauvres et les malades indigents de la ville. L'administration en avait été confiée aux sœurs de Nevers jusqu'à la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905.

Création du syndicat inter-hospitalier

En 1972, commence une grande mutation : pour construire une blanchisserie commune, les deux hôpitaux décident de créer un syndicat inter hospitalier. En 1983, les budgets de fonctionnement sont mis en commun, en 1991 il en est de même pour les budgets d’investissement. Le 1er janvier 1992, l'hôpital Saint-Vincent de Paul de Pamiers et l'hôpital Saint-Jacques de Foix deviennent une seule entité juridique, un seul patrimoine : le syndicat inter hospitalier du val d'Ariège.

Hôpital de Lavelanet

La création de l’hôpital de Lavelanet est plus que centenaire. Elle remonte exactement au 12 septembre 1836, lorsque Jean-Bastide GOFFRES, lègue à la commune un terrain et 25 000 francs pour créer un hospice. La construction de l’hôpital est achevée en 1869. Lavelanet possède alors un hospice de 25 lits et un service de médecine de 5 lits. En 1935, l’incendie des combles amène à repenser la structure qui est agrandie. Cette extension permet l’organisation d’un service de médecine et de gériatrie au rez-de-chaussée, d’une maternité au premier étage et d’un service de chirurgie au second. Tour à tour, viennent s’ajouter une sage-femme qui assiste le praticien de la ville en ce qui concerne la maternité, puis un chirurgien qui s’installe à Lavelanet. Néanmoins, l’exiguïté des locaux et l’inadaptation des équipements conduisent bientôt le chirurgien à envisager d’implanter une clinique privée.

Clinique La Soulano

En novembre 1953, la clinique la SOULANO est inaugurée. Elle ouvre des activités de médecine, chirurgie et obstétrique. L’activité de chirurgie et d'obstétrique de l’hôpital est mise en sommeil. Dès lors le plateau technique du Pays d’Olmes est détenu par la clinique La Soulano tandis que le centre hospitalier recentre ses activités sur la prise en charge des personnes âgées. Placée en liquidation judiciaire, la clinique La Soulano cesse son activité.

Regroupement et spécialisation

En 2011, une direction commune CHIVA-CHPO est décidée par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Suite au travail mené entre la direction et l'ARS, la chirurgie complète est fermée au profit d'une orientation de prise en charge du patient gériatrique. La chirurgie ambulatoire est néanmoins conservée ainsi que les activités d'urgences, de médecine et de soins de suite. Par ailleurs, les consultations en partenariat avec le CHIVA viennent renforcées celles des praticiens privés qui continuent à exercer au sein de l'hôpital. En 2012 le regroupement des activités du CHPO sur un site unique, celui de La Soulano est réalisé. Le site de Cassin est depuis fermé.

Germaine de Foix : Une figure politique méconnue

Germaine de Foix (1488-1536) est une figure historique complexe, souvent éclipsée par les hommes de son temps, mais dont le rôle politique fut significatif.

Un destin royal

Germaine de Foix naquit à Mazères, patrie des comtes de Foix, en 1488. Son père, Jean de Grailly Foix et Aragon, comte d’Étampes et vicomte de Narbonne était l’un des prétendants légitimes au royaume de Navarre. Il était le troisième fils de Gaston IV de Foix, roi consort de Navarre en vertu de son mariage avec Léonore d’Aragon, fille du roi Jean II d’Aragon et, partant, demi-sœur de Ferdinand le catholique. La mort sans descendance, à l’âge de 14 ans, du fils aîné de Gaston IV, François Phébus Ier, fit échoir la couronne de Navarre à sa sœur Catherine et à son époux Jean d’Albret, gentilhomme au service des intérêts du royaume de France dans la guerre civile qui secouait alors la Navarre, ce que conteste Jean de Grailly Foix et Aragon. Sa mère, Marie d’Orléans, était fille du roi de France Charles VIII. Germaine de Foix était donc la nièce de Louis XII qui succéda à Charles VIII sur le trône de France en 1499. Peu après la mort de Marie d’Orléans (1492) et de la destruction du château de Mazères (1493) où ils résidaient avec leur père, les deux enfants furent placés sous la protection de leur oncle Louis d’Orléans et de sa première épouse Jeanne de France. Une fois roi, Louis XII fit annuler son union avec Jeanne pour épouser sa belle-mère, Anne de Bretagne, qui était cousine germaine de Jean Grailly Foix et Aragon.

Éducation et mariages

Leur éducation à la cour est assez peu documentée. Mais comme l’indique Rosa Ríos Lloret, tout porte à croire qu’ils furent l’un comme l’autre formés pour jouer un rôle sur l’échiquier politique et ce, dans l’environnement culturel de la cour humaniste et flamboyante d’Anne de Bretagne et de Louis XII. Les mariages envisagés pour Germaine étaient à la hauteur de son statut : le fils aîné du roi de Naples Frédéric Ier, le duc de Calabre, celui-là même qui deviendrait son troisième époux, mais il fut fait prisonnier et emmené en Espagne par Ferdinand le Catholique en 1502 ; le comte de Montpensier, vainqueur des campagnes d’Italie, à qui Louis XII envisageait de confier le gouvernement de Naples, mais celui-ci mourut en 1510.

Mariage avec Ferdinand le Catholique

Cette union avec Ferdinand le Catholique alors âgé de 53 ans est un mariage politique, conforme aux pratiques du temps, qui fut négocié dans le cadre du Traité de Blois par Louis XII et le roi d’Aragon. Ce traité sanctionnait un renversement de stratégie de la part des deux monarques jusque-là en conflit ouvert pour la possession des royaumes de Naples et de Navarre. Le premier souhaitait se désengager du royaume italien et était inquiet du pouvoir grandissant des Habsbourg en Europe. Le second était en quête d’une nouvelle alliance visant à contrer son gendre Philippe le Beau qui, depuis les Pays-Bas, manœuvrait pour l’écarter du pouvoir en Castille. Pour ce mariage, Louis XII cédait à Germaine de Foix les droits qu’il revendiquait sur Naples au nom de la dynastie des Anjou. En l’absence de descendance, ces droits reviendraient à la couronne de France. Cette décision faisait donc de Germaine de Foix le vecteur du règlement de ce long conflit pour la possession du royaume de Naples. En contrepartie de la renonciation de Louis XII, Ferdinand s’engageait à le dédommager en lui versant la somme d’un million de ducats.

Critiques et légende noire

Cette union suscita d’acerbes critiques en Castille principalement centrées sur deux motifs qui constituent la première brique de ce qu’il convient d’appeler la légende noire de Germaine de Foix. D’une part, le remariage du roi Ferdinand, qui plus est célébré en Castille, à Dueñas où trente ans plus tôt s’était tenu celui des Rois Catholiques, était un affront fait à la mémoire d’Isabelle, à laquelle Germaine de Foix était comparée pour souligner sa frivolité et son goût des plaisirs. On soulignera que cette critique, à l’endroit d’une princesse « française », habituée à une vie de cour moins austère que l’espagnole, est un motif assez classique que l’on retrouve plus d’un siècle plus tard au sujet de Marie-Louise d’Orléans, épouse de Charles II.

Célébration du mariage

C’est dans ce climat que le mariage royal fut célébré par procuration à Blois le 19 octobre 1505 et ratifié par Ferdinand le 21 décembre à Salamanque.

Rôle politique

Sur le chemin qui le conduisit de Salamanque à Dueñas, Ferdinand rencontra les émissaires et les partisans de Philippe le Beau afin de tenter de régler la question du gouvernement de la Castille. La concorde de Salamanque qui s’ensuivit, établissait un gouvernement partagé entre Philippe le Beau et Jeanne, roi et reine de Castille, et Ferdinand qui en serait le gouverneur perpétuel, mais lorsque quelques mois plus tard, en avril 1506, Ferdinand rencontra son gendre à Burgos, il dut prendre la mesure de l’hostilité non seulement de Philippe le Beau mais aussi d’une bonne partie de l’aristocratie castillane qui avait fait le choix d’en appuyer les prétentions et d’écarter Ferdinand du pouvoir en Castille. Échaudé, celui-ci décida de se retirer dans ses États aragonais avant de se rendre à Naples afin d’asseoir sa possession du royaume italien, que son mariage venait de conforter. Après un séjour à Saragosse, puis à Barcelone, où Germaine de Foix fut présentée comme reine d’Aragon, le couple…

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