Le Havre, ville portuaire riche d'une histoire marquée par le commerce et les reconstructions, a vu évoluer ses structures de soins de manière significative au fil des siècles. Des hôtels-Dieu du XVIe siècle aux maternités modernes, l'offre de soins n'a cessé de s'adapter aux besoins de sa population. Cet article explore l'histoire des maternités havraises, en mettant en lumière les établissements emblématiques et leur transformation au cours du temps.
Les premiers pas : Hôtels-Dieu et Hôpital Général
L'histoire des soins de santé au Havre remonte à la fondation de la ville par François 1er en 1517. Le premier établissement de soins, l'Hôtel-Dieu, fut érigé et fonctionna de 1556 à 1591. Un second hôpital fut ensuite créé en 1591 près du bassin du roi, destiné à accueillir les indigents et les personnes atteintes de maladies contagieuses. Sous le règne de Louis XIV, l'Hôpital général de la Charité de Saint Jean Baptiste du Havre fut fondé en 1669, sur le site de l'actuel hôpital Flaubert. En 1700, cet hôpital accueillait environ 200 pauvres et malades.
L'hôpital Flaubert, vers 1880, disposait de 1000 lits pour une population de 75 000 habitants. En 1879, un nouveau terrain fut acquis rue de Tourneville pour la construction de l'hôpital Pasteur, un établissement pavillonnaire considéré comme un modèle. Vers 1884, une propriété située entre les hôpitaux Flaubert et Pasteur fut rachetée et nommée Pierre Janet.
Le XXe siècle fut marqué par les deux guerres mondiales, qui sollicitèrent fortement les structures hospitalières havraises. L'hôpital Flaubert fut gravement endommagé par les bombardements. Il resta cependant l'hôpital principal jusqu'à la construction de l'hôpital Jacques Monod en 1987.
L'essor des maternités : répondre aux besoins croissants
En 1884, une propriété située rue Frédéric Risson, à mi-chemin entre les hôpitaux Flaubert et Pasteur, fut acquise pour y installer une maternité. Cette acquisition permit de regrouper les hôpitaux du service public dans un même secteur. Cette maternité resta en activité jusqu'en 1993. Aujourd'hui, ses bâtiments ont disparu, remplacés par le centre gériatrique Desaint Jean.
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Au début du XXe siècle, une "Maison de Santé" fut ouverte en 1905 rue des Ormeaux par les docteurs Guillot, De Boissière et Ternet. Initialement dotée de seulement 15 lits, elle s'agrandit rapidement grâce à l'acquisition de propriétés voisines. Au cours des années, la clinique connut de nombreux remaniements, avec des démolitions, des constructions, des agrandissements et des surélévations. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie de la clinique fut transférée au château d'Auberville-La-Renault. Après la guerre, la clinique continua de s'agrandir, avec notamment la surélévation du 18 rue Louis Delamare. Dans les années 1970, un nouveau bâtiment fut construit à l'angle des rues Guillaume le Conquérant et Louis Delamare.
La clinique des Ormeaux, devenue trop étroite, fit l'objet d'un projet de délocalisation au début des années 2000. La nouvelle clinique ouvrit ses portes dans le secteur Vauban, offrant un espace plus vaste et un meilleur confort aux patients. Les anciens bâtiments de la clinique des Ormeaux furent démolis.
"Les Tourelles" : une maternité emblématique
La clinique "Les Tourelles" était située rue Pierre Faure, au coin de la rue Jules Janin. Dans le guide de la famille de 1975-1976, elle était mentionnée au 2 rue Jules-Janin, avec les horaires de visite et le nom de la sage-femme, Mme DEGOUIS. La clinique était reconnaissable à ses tourelles et abritait la Recette des HLM (Alcéane).
L'Hôpital Privé de l'Estuaire et l'avenir des soins
Ouvert en août 2010, l'Hôpital Privé de l'Estuaire (HPE) propose une offre de soins complète et pluridisciplinaire de 400 lits et places. En 2014, l'offre fut complétée par l'ouverture d'un institut du sein et de places de réadaptation cardiaque sur le site de l'HPE, ainsi que de lits et places de soins de suite et de réadaptation sur le site du Petit-Colmoulins.
Les cliniques François-1er et du Petit-Colmoulins, construites dans les années 50-60, étaient vétustes. En 2005, il fut décidé de construire un nouvel établissement sur les hauteurs du Havre, réunissant toutes les activités et équipé des dernières technologies. La Générale de Santé décida de transformer une partie de l'ancienne clinique du Petit-Colmoulins pour y installer un centre de soins de suite et rééducation (SSR).
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Un tiers seulement des anciens bâtiments fut conservé, et les autres furent démolis, notamment le château, surnom de l'ancienne maternité. Les travaux de réhabilitation, dirigés par le cabinet d'architecte Jean Amoyal, durèrent un an. Le futur établissement compta 110 lits et places, répartis entre neurologie, soins de suite polyvalents, addictologie et EVC-EPR. Une piscine permit la balnéothérapie. Environ 70 emplois furent créés.
Le projet fut validé par l'Agence Régionale de Santé afin de répondre aux besoins sur le territoire. Le secteur des soins de suite connaît un développement continu, compte tenu des besoins de soins liés aux maladies chroniques, aux évènements de santé invalidants et au vieillissement de la population. Le futur SSR garda le nom de Petit-Colmoulins.
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