L'histoire de la maternité de Mantes-la-Jolie est intimement liée à l'évolution de l'Hôpital Général de la ville, un établissement qui a traversé les siècles en s'adaptant aux besoins changeants de la population. De ses origines modestes en tant qu'hospice pour les pauvres à son rôle crucial dans la prise en charge des mères et des nouveau-nés, cette maternité a marqué l'histoire de la santé à Mantes. Cet article explore les différentes étapes de cette évolution, en s'appuyant sur les archives et les témoignages qui permettent de reconstituer ce pan important du patrimoine local.
Les Origines : L'Hôpital Général et la Léproserie Saint-Lazare
L'histoire de l'établissement hospitalier de Mantes remonte au Moyen Âge, avec la léproserie Saint-Lazare. En 1450, l'administration de Saint-Lazare appartenait à la ville, marquant ainsi l'implication de la communauté dans la gestion de cet établissement.
L'Hôpital Général de Mantes fut officiellement créé en exécution de la déclaration de Louis XVI en juin 1662. Cette déclaration visait à doter les villes et les gros bourgs du royaume d'un établissement destiné à loger, enfermer et nourrir les pauvres, les mendiants et les miséreux. Toutefois, ce n'est qu'en 1668 que des lettres patentes furent publiées par Colbert, confirmant le rôle d'enfermement des miséreux et officialisant le nom de "Hôpital Général de Mantes". Selon la vision de Louis XIV, cet hôpital avait pour fonction de "nourrir et entretenir les pauvres invalides, les retirer de leur oisiveté en les appliquant aux métiers dont ils seront capables". Les "pauvres" malades, quant à eux, devaient être envoyés à l'Hôtel Dieu pour y être soignés et nourris le temps de leur maladie.
En 1742, la construction d'un nouveau bâtiment débuta, conçu par Varin, un maître maçon et entrepreneur parisien. Ce bâtiment fut érigé sur l'emplacement de l'ancienne léproserie Saint-Lazare. En 1790, il reçut la dénomination d'hospice des vieillards et des enfants.
La Révolution et l'Époque Moderne : Vers une Spécialisation des Soins
À la Révolution, l'Hôtel Dieu et l'Hôpital Général furent réunis, marquant une étape importante dans l'organisation des soins à Mantes. Alphonse Durand modifia l'établissement à partir de 1853 pour accueillir les nouveaux pensionnaires de l'Hôtel Dieu, qui fut désaffecté en 1854. La réunion de ces deux institutions permit d'améliorer les conditions et la technique médicale.
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En 1876, la première maternité fut installée dans un local laissé vacant, témoignant de la volonté de spécialiser les soins et de répondre aux besoins spécifiques des femmes enceintes et des nouveau-nés.
Cet hôpital fut détruit à partir de 1959 et remplacé par l'hôpital François Quesnay jusqu'en 1997.
Le Couvent des Bénédictines : Un Chapitre Marquant de l'Histoire Hospitalière
L'histoire du centre hospitalier est partiellement liée à celle du Couvent des Bénédictines à partir des années 1976. En 1814, les Bénédictines s'installèrent dans l'hôtel du Duc de Mornay, un lieu prestigieux qui avait autrefois accueilli Anne d'Autriche. Cependant, cet hôtel devint rapidement trop exigu, et les religieuses se tournèrent vers le quartier Saint-Lazare.
En 1859, les Bénédictines firent l'acquisition d'un terrain de 3 hectares occupé par quelques constructions et une ferme appelée "La Belle Etoile". La première pierre de l'imposant couvent fut posée en 1867, mais ce n'est qu'en 1871 que les religieuses purent commencer à s'y installer, bien que la construction ne fût pas achevée. Les chapelles ne furent terminées qu'en 1879. Le couvent, de taille considérable, ne fut jamais occupé en totalité durant les années 1871 à janvier 1905.
Le 8 août 1905, puis le 9 mars 1906 et enfin le 2 mai 1906, un arrêt du Président du Tribunal de Mantes demanda la liquidation judiciaire du couvent. Le 18 janvier 1919, la ville de Mantes racheta toutes les constructions édifiées sur ces 13 000 m² de terrain. En 1976, l'ancien Couvent des Bénédictines hébergea une partie du personnel hospitalier.
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L'Hôpital François Quesnay et les Défis Contemporains
L'hôpital François Quesnay a pris la relève de l'ancien hôpital à partir de 1959, jusqu'en 1997. Cependant, comme de nombreux établissements de santé, il a dû faire face à des défis importants, tels que l'évolution des besoins de santé, les contraintes budgétaires et la nécessité de s'adapter aux nouvelles technologies médicales.
La fermeture définitive de la maternité de la clinique Saint-Germain, située à Saint-Germain-en-Laye, est un exemple de ces défis. Cette fermeture, intervenue le 24 décembre 2024, a suscité une vive émotion dans la commune, qui avait toujours disposé de ce type de service. La clinique a justifié sa décision par une "double tension sur les ressources humaines et la baisse de la natalité".
La Démolition et l'Avenir du Site
Le grand bâtiment de l'ancien hôpital de Mantes-la-Jolie, situé le long du boulevard Duhamel, a été rasé au mois de septembre, après les jeux mondiaux des pompiers. Bien que les terrains demeurent la propriété du centre hospitalier François-Quesnay, ils resteront nus pendant plusieurs années.
La mairie a le projet de lancer, dans un délai de cinq à dix ans, un aménagement mixte de logements en accession à la propriété, de commerces et de bureaux. Le maire souhaite également attirer de nouveaux promoteurs afin de diversifier l'offre commerciale. Il veut également profiter de cette opportunité pour améliorer l'entrée de la ville et de la gare de Mantes-Station.
Il est important de rappeler que les autres bâtiments de l'hôpital, maternité, chirurgie et dispensaire, plus anciens et qui étaient érigés le long du boulevard Calmette, ont été démolis fin 1998. Les terrains ont été échangés avec la Communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines contre des terrains du nouvel hôpital, boulevard Sully.
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