L'amniocentèse est un examen prénatal qui suscite souvent des interrogations chez les futurs parents. Cet article vise à fournir une information complète et précise sur l'amniocentèse, en abordant ses objectifs, son déroulement, les risques potentiels et les alternatives possibles.
Introduction à l'Amniocentèse
L'amniocentèse est un examen médical réalisé pendant la grossesse. Il consiste à prélever un échantillon de liquide amniotique, le fluide qui entoure et protège le fœtus dans l'utérus. L'analyse de ce liquide permet de détecter d'éventuelles anomalies chromosomiques, infections ou malformations fœtales. Bien que cet examen puisse susciter de l'anxiété, il est important de comprendre qu'il est généralement pratiqué pour s'assurer que tout se déroule normalement.
À Quoi Sert une Amniocentèse ?
L'amniocentèse est un examen prénatal qui peut être prescrit aux futures mamans lors de leur 4ᵉ mois de grossesse, entre 15 et 17 semaines d’aménorrhée (SA). Le médecin effectue un prélèvement de liquide amniotique dans l’abdomen de la future mère. L’analyse des cellules fœtales contenues dans le liquide amniotique permet une analyse poussée sur la santé du bébé ainsi que le diagnostic d’éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques.
L’amniocentèse permet de :
- Connaître avec certitude le sexe de bébé.
- Dépister une anomalie chromosomique, dont la plus fréquente est la trisomie 21.
- Dépister certaines maladies génétiques comme la mucoviscidose.
- Déceler un risque d’anémie chez le fœtus.
- Détecter un risque de malformation.
- Vérifier le bon développement des poumons du bébé.
- Détecter une infection si le fœtus est considéré « à risques ».
- Repérer des rhésus incompatibles entre la mère et le bébé.
- Effectuer un test ADN prénatal, par exemple en cas de réalisation d’un test de paternité.
Dans Quels Cas Peut-on Proposer une Amniocentèse ?
Une amniocentèse vous sera proposée à la fin de votre premier trimestre de grossesse si :
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- Vous avez plus de 38 ans.
- Il y a des antécédents de maladies héréditaires dans la famille (certaines myopathies, mucoviscidose, etc.) ou de fausses couches spontanées.
- Vous et / ou le co-parent êtes atteint(s) d’une maladie génétique ou d’une anomalie chromosomique.
- Lors d’une précédente grossesse, votre bébé présentait une anomalie des chromosomes ou une pathologie génétique.
- Votre partenaire est parent d’un enfant ayant une anomalie chromosomique ou une maladie génétique.
- Vous avez été en contact avec une maladie infantile durant votre début de grossesse.
- Le résultat de votre tri-test vous place dans un groupe « à risques ».
- Votre gynécologue suspecte une infection chez le fœtus, la clarté nucale (l'épaisseur de la nuque du fœtus) ou tout autre élément (malformations ou un retard de croissance) fait suspecter une anomalie à votre médecin.
- Votre test de dépistage prénatal ou votre échographie présente des résultats anormaux.
À savoir : chez la femme enceinte ayant un rhésus négatif, une injection intraveineuse de gammaglobulines anti-D est prescrite dans un délai d'une demi-heure jusqu’à deux heures après l'examen.
Comment se Déroule une Amniocentèse ?
Concernant le déroulement de l'amniocentèse, après avoir localisé le fœtus au moyen d’une échographie, le gynécologue obstétricien désinfectera la peau du ventre de la maman. Toujours sous contrôle échographique afin de ne pas toucher le bébé, il piquera dans l’abdomen de la mère une aiguille très fine, mais un peu plus longue que pour une prise de sang (environ 15 cm). Une quantité de 20 ml de liquide amniotique sera prélevée puis envoyée au laboratoire pour analyse.
À partir des cellules du fœtus présentes dans le liquide amniotique, on établit le caryotype fœtal qui permettra de déterminer si le nombre et la structure des chromosomes du fœtus sont normaux : 22 paires de 2 chromosomes, plus la paire XX ou XY qui détermine le sexe du bébé. Les résultats sont obtenus en une quinzaine de jours.
Pratiquée entre 10 et 14 semaines d’aménorrhée, celle-ci permet d’obtenir un diagnostic plus tôt, ce qui est préférable si l’on doit procéder à une interruption thérapeutique de grossesse. Cette pratique ne nécessite pas d'anesthésie locale. Elle n’est pas plus douloureuse qu’une prise de sang sauf éventuellement au moment du prélèvement du liquide amniotique. À ce moment précis.
Quelles sont les Précautions à Prendre Après l'Examen ?
Immédiatement après le prélèvement, la femme enceinte doit rester allongée quelques heures. Pour les jours suivants, il est conseillé d’éviter :
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- Les efforts physiques.
- De porter des charges lourdes.
- Les longues distances en voiture.
Un repos est nécessaire pendant les 24 heures qui suivront l'amniocentèse.
L’Amniocentèse Est-elle Fiable ?
Les résultats de l’amniocentèse sont fiables à plus de 99 %. Néanmoins, un risque d’erreur dans l’analyse des chromosomes ou de l’ADN reste possible, même si celui-ci est infime.
Amniocentèse : Quels Risques ?
Une amniocentèse peut être contre-indiquée si la position du fœtus empêche le prélèvement de liquide amniotique.
Si les cas de complications graves suite à une amniocentèse sont rares, cet examen peut comporter quelques risques :
- Une fausse-couche. Moins de 0,5 % des femmes enceintes ayant subi une amniocentèse font, par la suite, une fausse-couche.
- Un accouchement prématuré.
- Une légère perte de liquide amniotique.
- Une infection intra-amniotique.
- Une infection pouvant être transmise de la mère au fœtus, dans le cas où celle-ci en serait porteuse (exemple : VIH, hépatite B ou C, toxoplasmose, etc).
- Une blessure sur le corps du bébé causé par l’aiguille.
Votre médecin se doit de vous informer des risques encourus. N’hésitez pas à lui poser toutes vos questions lors de votre consultation.
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Quel Est le Prix d’une Amniocentèse ?
Une amniocentèse coûte environ 500 €, mais peut être prise en charge à 100 % dans les cas suivants :
- La clarté nucale du fœtus mesure plus de 3 mm à l'échographie.
- Le dépistage du tri-test présente un taux supérieur à 1/250.
- La future maman a 38 ans ou plus.
Existe-t-il une Alternative à l’Amniocentèse ?
Moins connue que l’amniocentèse, la biopsie du trophoblaste permet de prélever des cellules du futur placenta pour les analyser. Ce prélèvement peut avoir lieu entre 9 et 15 semaines d’aménorrhée. Son avantage ? La rapidité des résultats : entre 48 et 72 heures.
Témoignages et Expériences
« Pour la première amniocentèse, je n’étais pas du tout préparée. Je n’avais que 24 ans et je ne pensais vraiment pas avoir de problèmes de ce genre. Mais, après la prise de sang effectuée à la fin du premier trimestre, les risques que j’ai un enfant trisomique ont été évalués à 242/250. Mon gynécologue m’a donc appelée afin de pratiquer une amniocentèse en urgence (au cas où il faudrait interrompre la grossesse). Ça m’a fait un choc, parce que je m’étais déjà beaucoup attachée à mon bébé. Tout d’un coup, je risquais de ne pas pouvoir le garder. Je l’ai vraiment très mal pris ; j’ai beaucoup pleuré. L’amniocentèse a été pratiquée par mon gynécologue, dans son cabinet. Pendant le prélèvement du liquide amniotique, il a demandé à mon mari de sortir (pour éviter qu’il ne se sente mal). Je ne me souviens pas avoir eu mal, mais j’aurais vraiment préféré que mon mari soit là. C’est vraiment dur. Pendant cette période difficile, j’ai mis ma grossesse entre parenthèses, comme si je n’étais plus enceinte. J’essayais de me détacher de cet enfant au cas où je devrais avorter. J’ai souffert, à ce moment-là, de n’avoir aucun soutien d’autres parents ayant vécu la même chose ou bien de médecins.
Quand je suis tombée enceinte pour la deuxième fois, je me doutais qu’il faudrait que je passe une amniocentèse. J’étais donc mieux préparée. Jusqu’à l’examen, je ne me suis efforcée de ne pas m’attacher à mon fœtus. Là encore, les résultats n’ont montré aucune anomalie et ma grossesse s'est très bien passée. Aujourd’hui, mon mari et mois avons l’intention de faire un troisième enfant. Et, j’espère que je pourrais bénéficier à nouveau de cet examen.
Cas Clinique : Suivi de Grossesse et Décision de Déclenchement
Vous recevez en consultation d’obstétrique Mme K., âgée de 34 ans. Non indiqué en première intention. Vous revoyez Mme K. Mme K. Mme K. Mme K. consulte aux urgences obstétricales de votre maternité de niveau IIa à 29 SA. Elle a des douleurs lombaires bilatérales et sus-pubiennes depuis deux heures qui sont intenses, sans pertes liquidiennes ni métrorragies. La patiente est apyrétique. Le bilan sanguin retrouve : Hb = 10,2 g/dL ; leucocytes = 8 G/L ; protéine C réactive = 3 mg/L. La mesure du col utérin est retrouvée à 15 mm.
Mme K est transférée en niveau III où elle passe un court séjour. Une cystite avait été retrouvée, la tocolyse s’avère efficace et elle rentre à domicile. Vous la revoyez en consultation à 35 SA. Elle vous signale être plus fatiguée depuis quelques jours. Vous constatez des œdèmes des pieds et des mains. Il n’est pas indiqué de réaliser de seconde cure de corticothérapie au cours d’une même grossesse. Mme K. est stable durant son hospitalisation et les tensions retrouvent des valeurs acceptables. Rien n’est à signaler sur le plan fœtal par ailleurs.
Vous décidez en staff un déclenchement du travail à 38 SA. Un déclenchement par Syntocinon après pose d’anesthésie péridurale est décidé. Mme K. accouche trois heures plus tard d’un enfant de 3 900 g, score d’Apgar à 10-10-10. Dix minutes plus tard, les pertes sanguines sont comptabilisées à près de 600 cc.
Puis-je Refuser une Amniocentèse ?
L’amniocentèse peut être conseillée par le médecin, mais pas imposée. L’amniocentèse n’est pas un examen obligatoire et les parents sont libres de la refuser. Une fois informés par le médecin, les parents peuvent choisir de réaliser cet examen ou non.
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