L'amniocentèse est une procédure médicale qui suscite souvent des interrogations chez les femmes enceintes. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur l'amniocentèse, son déroulement, ses indications, ses risques et les alternatives possibles.
Qu'est-ce que l'amniocentèse ?
L'amniocentèse est un prélèvement de liquide amniotique réalisé dans l'utérus, à travers la paroi abdominale de la femme enceinte. Ce liquide, dans lequel baigne le bébé tout au long de la grossesse, contient des cellules fœtales qui peuvent être analysées en laboratoire. L'amniocentèse permet d’établir un diagnostic sur l’état de santé du bébé, si le médecin a un doute à ce sujet.
Quand et pourquoi réaliser une amniocentèse ?
L'amniocentèse peut être pratiquée à partir de 15 semaines de grossesse, et ce jusqu'au terme. Elle est généralement proposée dans les situations suivantes :
- Dépistage de certaines anomalies chromosomiques : Trisomie 21 (syndrome de Down), trisomie 18 (syndrome d'Edwards), trisomie 13 (syndrome de Patau), etc. Pour une recherche d’anomalie chromosomique, de trisomie 21, 18 et 13, les résultats sont disponibles en 3 jours. Il faut compter trois semaines pour une analyse complète du caryotype.
- Antécédents familiaux ou personnels : Si vous avez des antécédents familiaux ou personnels d'anomalies génétiques, une amniocentèse peut être envisagée.
- Résultats anormaux lors des tests de dépistage non invasifs : Si les tests de dépistage non invasifs (DPNI, bilan sanguin) ou les échographies révèlent des anomalies, une amniocentèse peut être proposée pour confirmer ou infirmer le diagnostic. Avant d’en arriver là, seront réalisés des dépistages non invasifs (DPNI, bilan sanguin) ainsi que des échographies. Si ces derniers sont normaux, en dehors d’antécédents familiaux ou personnels, vous n’aurez pas besoin de pratiquer une amniocentèse.
- Recherche d'infections fœtales : Dans certains cas, l'amniocentèse peut être utilisée pour détecter une infection fœtale.
- Recherches génétiques, biochimiques ou virales : Pour les recherches génétiques, biochimiques ou virales, les délais seront donnés plus précisément par le médecin.
Si celle-ci est évoquée, votre dossier sera d’abord étudié en comité médical de diagnostic prénatal, qui réunit des médecins obstétriciens et des pédiatres.
Comment se déroule l'amniocentèse ?
Avant l'examen, une consultation avec le médecin est essentielle pour discuter des raisons de l'amniocentèse, poser des questions et informer le médecin de tout détail important concernant votre état de santé. L’entretien se termine par votre accord pour réaliser l’amniocentèse. Il prend la forme d’une fiche de consentement complétée et signée par vos soins. La date pour réaliser l’examen peut alors être fixée. Attention : si vous subissez un épisode de fièvre, des pertes de sang ou des contractions utérines, il est essentiel de le signaler à votre médecin afin de reporter l’examen.
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Le jour de l'examen :
- Vous serez examinée par votre médecin avant qu’il réalise le geste. L’examen en tant que tel dure une dizaine de minutes. Il se déroule dans une salle spécifique, avec des règles d’hygiène strictes.
- Vous êtes allongée sur le dos et soulevez vos vêtements, de façon à bien dégager votre abdomen.
- Le médecin commence par réaliser une échographie, afin de visualiser la position du fœtus et du placenta et ainsi, de définir l’endroit idéal pour prélever du liquide amniotique sans risquer de blesser votre bébé. Cette ponction est guidée par échographie, ce qui permet de choisir l’endroit le plus favorable au prélèvement.
- Vous devez ensuite rester immobile, pendant que le médecin place la longue et fine aiguille dans le liquide amniotique, guidé par l’échographie. Il est réalisé sans anesthésie, après désinfection de la peau et mise en place d’un drap stérile. Il dure moins de 3 minutes.
- Dans la seringue, il extrait 15 ml de liquide environ (l’équivalent de 3 cuillères à soupe). À ce moment-là, il est possible que vous ressentiez de l’inconfort, voire des crampes abdominales.
- Vous restez 1 à 2 heures sous surveillance médicale, avant de pouvoir rentrer chez vous. Il est recommandé de vous reposer pendant au moins toute une journée après l’examen, sans pour autant rester alitée. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Après le prélèvement, il est proposé classiquement de rester au repos pendant 2 heures dans l’établissement. Si nécessaire, des antalgiques pourront être dispensés. Il est préférable de se reposer le jour du prélèvement. Un arrêt de travail vous sera fait si nécessaire.
Quels sont les risques de l'amniocentèse ?
L’amniocentèse comporte des risques considérés comme minimes pour l’évolution de la grossesse, car ils surviennent très rarement. Il est important d'être consciente de ces risques, bien qu'ils soient faibles :
- Fausse couche : Dans moins de 0,5% des cas, il existe en effet une possibilité de fausse couche, en particulier dans les 8 à 10 jours qui suivent l’examen. Le risque principal est celui d’une fausse couche, pouvant survenir dans les deux semaines qui suivent le prélèvement.
- Infection du liquide amniotique : Une infection du liquide amniotique peut survenir, bien que cela reste très rare, puisque l’amniocentèse se déroule dans des conditions de sécurité maximales, avec l’emploi de matériel stérile.
- Lésion du fœtus : Un dernier risque, rarissime, est que le fœtus soit touché par l’aiguille.
- Rupture prématurée de la poche des eaux : Le risque principal est une rupture prématurée de la poche des eaux, pouvant se compliquer d’une fausse couche (jusqu’à 24 SA), ou d’un accouchement prématuré (après 24-25 SA). Cette complication rare (risque théorique inférieur à 0.5%) peut survenir dans les deux semaines qui suivent le prélèvement.
- Difficultés techniques : Il peut arriver, par ailleurs, qu’on ne puisse pas faire le prélèvement du fait de difficultés techniques (notamment position du placenta). Il peut arriver, dans de rares cas, qu’on ne puisse pas obtenir de résultat, par difficulté technique liée au laboratoire ou en raison d’une trop faible quantité de cellules disponibles.
Amniocentèse vs Choriocentèse
Alors que l’amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique, la choriocentèse consiste à prélever des micro-fragments du placenta (ou villosités choriales). C’est un micro prélèvement de placenta à l’aiguille fine, à travers la paroi abdominale maternelle, réalisable de 11 SA et 14 SA. Également réalisé sous contrôle échographique, cet examen est pratiqué entre 11 et 14 semaines de grossesse, tandis que l’amniocentèse est le plus souvent effectuée à partir de 15 semaines de grossesse et réalisable jusqu’au terme. Le geste est réalisé après désinfection de la peau et mise en place d’un drap stérile, et sous anesthésie locale.
Après l'amniocentèse
Pendant quelques heures après l’amniocentèse, vous pouvez ressentir un tiraillement ou une douleur à l’endroit où l’aiguille se trouvait. Il est important d’être soutenue par l’entourage, l’attente pouvant être psychologiquement difficile puisqu’elle peut confirmer une pathologie pouvant déboucher sur une interruption de la grossesse.
Les premiers résultats « rapides » (FISH) sur les chromosomes 13, 18, 21 et les chromosomes sexuels, sont généralement disponibles en 48 à 72 heures (parfois un peu plus en cas de difficultés techniques du laboratoire). Ces examens sont fiables à plus de 99%.
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