Introduction

La rétention placentaire, définie comme la non-expulsion des membranes fœtales (amnios, chorion) dans un délai normal après la mise bas, est un problème courant en médecine vétérinaire. Cet article explore les causes, les conséquences et les traitements de la rétention placentaire chez diverses espèces animales, notamment les vaches, les juments, les brebis, les chèvres, les truies, les chiennes et les chattes.

Physiologie de l'expulsion placentaire

Lors d’une mise bas normale, le petit est expulsé puis, un certain temps après, le placenta et les membranes fœtales (amnios, chorion). La maturation et l’expulsion du placenta débutent en fin de gestation. On observe une altération du collagène placentaire, puis les contractions utérines au moment de la mise bas aplatissent le placenta et induisent des changements de pression qui diminuent l’afflux sanguin.

Rétention placentaire chez la vache

Définition et diagnostic

La rétention placentaire est déclarée si les enveloppes ne sont toujours pas expulsées après 24 heures. Le diagnostic est posé quand on observe des membranes dégénérées de couleur anormale ou fétides à la sortie de la vulve après le temps donné (24 heures). Dans la plupart des cas, il n’y a aucun symptôme.

Conséquences

Ce n’est pas une maladie grave en absence de complications, elle est même le plus souvent inoffensive pour la vache et ne fait que déranger les soigneurs. Mais on observe une augmentation de la fréquence des métrites, des cétoses, des mammites ou des avortements lors des gestations ultérieures.

Traitement

L’extraction du placenta manuellement est déconseillée car potentiellement dangereuse. On peut parer (découper) éventuellement les tissus gênants à la sortie de la vulve pour éviter l’infection des voies génitales. L’administration intra-utérine d’antibiotiques peut être nuisible.

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Rétention placentaire chez la jument

Délai d'expulsion et facteurs prédisposants

Le placenta de la jument est normalement expulsé au bout de 3 heures après le poulinage (ce délai passé, on appelle souvent le vétérinaire pour effectuer un premier traitement). Cette expulsion peut être retardée de 8 à 12 heures sans signes généraux.

Les facteurs prédisposant sont :

  • Une infection
  • Un avortement
  • Une gestation courte ou prolongée
  • Une atonie utérine

Rétention placentaire partielle

Chez la jument, on peut avoir une rétention partielle du placenta, le diagnostic est alors plus difficile à poser. Il faut donc vérifier qu’il ne manque rien au placenta expulsé, si une partie manque il faudra appeler le vétérinaire. Il doit peser environ 4 kg et doit avoir la forme du placenta.

Complications

La rétention placentaire peut s’accompagner d’une métrite ou d’une péritonite. La boiterie est une complication potentielle.

Rétention placentaire chez les brebis, les chèvres et les truies

Brebis et chèvres

Chez la brebis et la chèvre, on recommande une traction légère sur le placenta et un traitement systémique.

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Truies

Chez la truie, le placenta n’est pas visible à l’extérieur en cas de rétention. On peut aussi avoir une non-expulsion de certains fœtus. On a alors une décomposition intra-utérine du fœtus et du placenta. Symptômes généraux et écoulement vaginal purulent. La rétention peut avoir des conséquences graves voire fatales mais le plus souvent le pronostic est bon.

Rétention placentaire chez les chiennes et les chattes

Signes cliniques

La rétention placentaire provoque habituellement une métrite. Les signes sont une contraction continue, la présence d’une masse fusiforme associée à l’utérus, un écoulement anormal de la vulve (de part sa couleur ou son odeur), de la fièvre et/ou une léthargie.

Traitement

Traitement ou chirurgie doivent être envisagés. Chez la chatte, des écoulements appelés lochies sont normaux après parturition et durent 2 à 6 semaines. Ils sont de couleur rouge-brun et ne présentent pas d'odeur particulièrement désagréable.

Autres espèces

Il existe un manque d'informations concernant la rétention placentaire chez d'autres espèces comme le hamster.

Recherches sur le développement fœtal et le freemartinisme

Certaines recherches se sont concentrées sur le développement fœtal, notamment en ce qui concerne le freemartinisme chez les bovins. Le freemartinisme est une forme d'intersexualité qui se produit chez les femelles bovines nées jumelles d'un mâle. Ces femelles sont souvent stériles en raison du développement anormal de leurs organes reproducteurs.

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Des études menées par B. Vigier, A. Jost et d'autres chercheurs ont permis de mieux comprendre les mécanismes hormonaux impliqués dans le développement sexuel des fœtus bovins et les causes du freemartinisme. Ces recherches ont montré que le freemartinisme est lié à un chimérisme chromosomique XX/XY, où les cellules de la femelle contiennent à la fois des chromosomes XX (féminins) et des chromosomes XY (masculins). Ce chimérisme est dû à des échanges de cellules entre les deux fœtus jumeaux via les anastomoses vasculaires placentaires.

Les travaux de B. Vigier et de son équipe ont également mis en évidence le rôle des hormones, notamment l'hormone antimüllérienne (AMH), dans le développement sexuel des fœtus bovins. L'AMH, produite par les testicules du fœtus mâle, inhibe le développement des organes reproducteurs féminins chez la femelle jumelle, entraînant ainsi le freemartinisme.

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