L'allaitement maternel est une aventure unique, mais il peut parfois être parsemé d'embûches. Les freins restrictifs buccaux, les crevasses et les difficultés de lactation sont autant de défis que les mères peuvent rencontrer. Cet article explore en profondeur ces problèmes, leurs causes, leurs solutions et leur impact sur l'allaitement et au-delà.

Freins Restrictifs Bucco-Dentaires : Plus Qu'un Simple Problème d'Allaitement

Les freins restrictifs buccaux sont des particularités anatomiques présentes dans la bouche, plus précisément des fascias, de fines membranes riches en collagène qui ne peuvent ni s’assouplir ni s’étirer. Bien que de plus en plus connus et détectés, surtout dans le cadre de l’allaitement maternel, ils ne sont pas spécifiques à l’allaitement au sein et peuvent exister quel que soit le mode d’alimentation du bébé. Ces freins sont des éléments anatomiques normaux, mais lorsqu’ils sont limitatifs, ils peuvent poser problème.

Identification et Symptômes

Des symptômes peuvent apparaître au cours des tétées au sein, isolés ou associés. Ils sont des indicateurs, mais ne peuvent pas constituer un diagnostic. Parmi ces symptômes, on retrouve :

  • Candidoses mammaires à répétition (mycose) : La langue, en se frottant au palais, a une fonction autonettoyante.
  • Bébé qui s’endort rapidement au sein : L’effort nécessaire pour la succion est trop important, donc il se met en économie d’énergie en somnolant.
  • Bébé qui ne semble jamais satisfait : Cette nécessité de téter en permanence peut être liée à un manque de lait, car la succion n’est pas efficace, ou au fait qu’il ne parvient pas à plaquer sa langue contre son palais.
  • Posture en C ou en virgule qui résiste aux séances d’ostéopathie ou de chiropractie.

Il est important de souligner que ces manifestations ne signifient pas que l’allaitement est en cause ou qu’il doit être interrompu.

Impact au-delà de l'Allaitement

On évoque souvent les freins restrictifs buccaux au sujet de l’allaitement ou de l’alimentation du tout petit, mais ces particularités anatomiques peuvent avoir un impact beaucoup plus global et tout au long de la vie.

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  • Au niveau de l’alimentation : Des complications peuvent apparaître au moment de la diversification. En effet, le réflexe nauséeux peut rendre les morceaux, certaines textures ou températures impossibles à manger. Il s’agit d’un trouble de sensorialité qui peut persister à l’âge adulte.
  • Difficultés d’orthodontie : Le palais non stimulé reste étroit et creux.

Diagnostic et Solutions

En premier lieu, il est important de recourir à un professionnel compétent qui saura détecter la présence de freins restrictifs et vous accompagner. Vous pouvez vous adresser à une consultante en lactation IBCLC, un ostéopathe, un orthophoniste, une sage-femme. S’il est formé aux freins, ce dernier vous posera de multiples questions pour avoir une vue d’ensemble de tous les aspects de la vie de votre petit. Il regardera s’il y a des tensions et observera la mobilité de la langue et des lèvres. Pour cela, il devra mettre les doigts dans la bouche de bébé.

Un geste chirurgical est possible : la freinotomie, qui consiste à sectionner le ou les freins restrictifs. Ce sont les parents qui décident de faire ou non l’intervention. La freinotomie peut être pratiquée à n’importe quel âge. Un frein restrictif ne signe pas la fin de l’allaitement.

Témoignages et Expériences

De nombreux témoignages mettent en lumière l'impact des freins restrictifs sur la vie des enfants et de leurs parents. Des difficultés d'allaitement aux problèmes de diversification alimentaire, en passant par les troubles de l'élocution et les tensions cervicales, les freins restrictifs peuvent avoir des conséquences variées et parfois insoupçonnées.

Une mère témoigne de l'histoire de son fils, né avec un frein de langue et de lèvre non diagnostiqué pendant des années. Les conséquences se sont manifestées par des reflux, des allergies, une hypertonie, des blocages cervicaux et des problèmes de concentration et de comportement à l'école. Après le diagnostic tardif, des séances de chiropractie ont permis d'améliorer son état général.

Un autre témoignage souligne l'importance d'un diagnostic précoce et d'une prise en charge pluridisciplinaire, incluant frénotomie, ostéopathie et suivi par une consultante en lactation.

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Ressources et Lectures Complémentaires

Pour approfondir vos connaissances sur les freins restrictifs buccaux, voici quelques ressources utiles :

  • Dr Johan Nouwen : "la beauté se respire par le nez" (TEDx Nouméa)
  • Dr Richard Baxer : Frein de langue
  • James Nestor : Respirer
  • Dr Martin Kaplan : Tongue and lip tie color ATLAS (format PDF gratuit)
  • Dr Alison Hazelbaker : Tongue tie

Gérer les Difficultés d'Allaitement

Pendant l’allaitement, il est malheureusement possible de rencontrer des difficultés plus ou moins compliquées à surmonter. Les jeunes mamans se posent donc souvent beaucoup de questions à ce sujet.

Montée de Lait Tardive

Si la plupart des femmes ont leur montée de lait environ trois jours après l’accouchement, cette dernière peut se faire attendre. Parfois, certains facteurs la retardent comme un accouchement par césarienne. Tenter la contre pression aréolaire, ce qui va assouplir l’aréole et soulager le sein.

Douleurs et Engorgements

Parfois, hors le cas de la montée de lait que nous venons de voir, les seins peuvent être douloureux pendant l’allaitement (seins tendus, qui brûlent, tétons douloureux…). Il peut s’agir d’un engorgement, d’une crevasse etc. et plusieurs causes sont possibles.

  • Une mauvaise position au sein du bébé : Une mauvaise position peut amener le bébé à ne pas bien ouvrir la bouche et par exemple mener à l’apparition de douleurs, voire d’une crevasse. Pour éviter les crevasses, on peut s’hydrater le sein avec une goutte de son lait qu’on laisse sécher avant de se rhabiller. De façon générale, il est conseillé de surveiller que sa bouche est bien grande ouverte, la langue en bas, le menton collé au sein.
  • Une mycose
  • Un canal lactifère bouché : Les massages et vibrations sont très utiles en première étape : on peut utiliser la brosse à dent électrique (ou autre objet qui vibre !).

En cas de difficulté, il faut donc déterminer la nature du problème, ainsi que sa cause.

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Rythme de Tétée et Régurgitations

Parfois, il est difficile de savoir si le bébé tète efficacement au sein. Pas d’inquiétude, les régurgitations dès la fin des tétées sont physiologiques. Le sphincter entre l’œsophage et l’estomac du bébé est encore immature, le lait remonte donc plus facilement. Les pauses pendant la tétée pour le faire roter vont permettre de diminuer les régurgitations. Si ce n’est pas le cas, un peu de patience, ça passera dans la plupart des cas en grandissant. Chaque bébé trouve un rythme qui lui est propre pour téter à son aise.

Réflexe d'Éjection Fort (REF)

Prenons l’exemple du réflexe d’éjection fort (REF) qui provoque un débit de lait que le bébé peut avoir du mal à gérer tant il est intense. Il peut être favorisé par les aliments galactogènes, les excitants, les produits laitiers consommés en grande quantité ou encore le chocolat. Pour éviter que le bébé ne s’étouffe, il est possible de le retirer du sein et de laisser couler le lait pendant une ou deux minutes, puis de repositionner le bébé dans la meilleure position possible dans cette situation, c’est-à-dire au-dessus de soi. Ainsi il tètera de façon plus efficace grâce à la gravité qui l’aidera.

Allaiter avec un Aîné ou des Jumeaux

Si vous avez déjà un aîné, il est possible qu’il réclame de l’attention alors que le plus petit tète. La participation à l’allaitement va aussi lui plaire car il sera dans la relation avec vous et son frère ou sa sœur. Allaiter avec des jumeaux n’est pas impossible : le corps s’adapte. Ce qui est difficile, c’est potentiellement le manque d’accompagnement. Ils n’ont pas toujours les mêmes envies au même moment et quand c’est le cas, il peut être difficile de gérer les deux à la fois. Avec le temps, ils vont apprendre à être ensemble et à patienter. Ils peuvent être à deux au sein ou l’un après l’autre. Au bout d’un mois / un mois et demi, une femme enceinte de jumeaux va produire 2 litres de lait par jour, il est donc important de boire de l’eau.

Sevrage et Reprise du Travail

Par exemple, certaines mères sont dérangées par le fait que leur bébé n’arrive à s’endormir que grâce au sein. Si cette habitude vous dérange pour une quelconque raison, il faut alors trouver une solution qui vous convient (mettre fin à l’allaitement n’est qu’une des solutions possibles, il en existe d’autres à explorer si par ailleurs vous souhaitez continuer à allaiter !). Si votre choix est d’arrêter l’allaitement, alors place à l’introduction du biberon sans aucune culpabilité ! Beaucoup de parents profitent de la mise en place du mode de garde pour introduire le biberon. Apprendre au bébé à boire au biberon à la maison, dans un environnement familier avec les mêmes conditions que d’habitude.

Pour maintenir l’allaitement alors que vous reprenez le travail, différentes options s’offrent à vous en fonction de chaque situation (et conditions de travail). Sinon, le tire-lait manuel ou électrique à double pompage est une très bonne option pour continuer à allaiter avec votre lait maternel. Les quantités de lait dans le biberon varient en fonction de l’âge et du poids du bébé. La durée idéale au biberon se situe entre 15 et 20 minutes et il est donc conseillé de faire des pauses régulières pendant le biberon. Pendant un allaitement mixte, l’enfant aura plutôt tendance à diminuer les quantités au sein.

Crevasses : Prévention et Traitement

L’allaitement est différent pour chaque femme mais pour toutes, il s’agit d’une sacrée aventure. Les crevasses douloureuses font souffrir les mamans allaitantes. Mettre bébé au sein devient parfois un vrai calvaire. Avec ou sans saignement, la crevasse peut être profonde ou superficielle. Cette fissure du mamelon est généralement le résultat d’une mauvaise prise en bouche du sein par le bébé.

Comprendre les Crevasses

Les premiers jours d’allaitement, pour les premières mises au sein, l’inconfort existe. Le colostrum est un liquide épais et la succion du bébé est puissante. Sans être réellement une douleur, la maman peut ressentir une gêne. Ces désagréments ne doivent pas durer. En effet, lors de la montée de lait, l’allaitement doit être bien installé sans souffrance ni douleur quelconque. Dire que l’allaitement maternel fait mal est faux. Il ne faut pas véhiculer de telles croyances auprès des mères. Peut-être votre nourrisson ne positionne-t-il pas bien sa langue ? Saviez-vous qu’une mauvaise position est bien souvent la cause des douleurs. N’attendez pas sans rien faire, en espérant que la situation se rétablisse seule. Cela ne sera pas le cas. En effet, le sein risque de s’engorger. Une crevasse est une plaie, porte ouverte aux microbes.

Premièrement, distinguez la gerçure d’une crevasse. Quand la première pousse le sein à se transformer en petite framboise rouge, avec de sillons visibles, la crevasse est une plaie bien marquée. Telle une coupure, la crevasse fait mal. Avant de faire un diagnostic physiologique (frein de langue, palais creux, etc.), ne tentez pas de mettre en place un bout de sein en silicone pour faciliter la mise au sein. En effet, ça ne peut pas aider avant de savoir pourquoi ça ne va pas. Certaines mamans passent au tire-lait le temps de soulager la crevasse.

Prévention

Pour éviter les crevasses, évitez le milieu humide. La macération provoquée par l’humidité donne une sensation d’inconfort, pouvant être confondue avec une mycose. Seules quelques gouttes de colostrum après les tétées sont autorisées, car le colostrum agit comme une crème. De plus, saviez-vous qu’une peau trop humide devenait friable ? Concernant les compresses de lait maternel, très recommandées, elles peuvent être testées pour une période maximale de 24 h. Si les mamelons sont crevassés, le nettoyage complet empêchera une macération, source de germes. Lavez-vous bien les mains avant. Uniquement à l’eau et au savon. Évitez les gels Hydro alcooliques, ils dessèchent la peau. Si vous êtes absente de chez vous, préférez passer le mamelon au sérum physiologique, car il a la même concentration moléculaire que le plasma sanguin.

Traitement et Soins

Certaines crèmes sont spécialement conçues pour protéger et apaiser les mamelons. Ces crèmes anti-crevasse protègent les terminaisons nerveuses. Tout comme les compresses multi-mam, les compresses d'allaitement hydrogels accélèrent la cicatrisation tout en laissant respirer la plaie. Confortables, elles créent un petit coussinet doux et réparateur des mamelons. Les compresses Multi-Mam apporte un soulagement immédiat de la douleur, ce qui rend la mise au sein beaucoup plus confortable, elles empêchent les bactéries de s'installer et elles accélèrent la cicatrisation. Les compresses Ameda peuvent s’utiliser 6 jours d’affilés sans changement. Parallèlement, les coquilles en argent Silvercap (en argent pur à 99 pour mille sans alliage) sont intéressantes pour leur vertu anti-inflammatoire. L’argent empêche la prolifération des bactéries et préserve la flore bactérienne naturelle, indispensable au maintien de la santé cutanée. Grâce à leur forme plate, elles ne sont pas des réservoirs à lait.

Premièrement, trouvez la cause du problème. N’hésitez pas à consulter une professionnelle, consultante en allaitement expérimentée. Sans cause, aucune solution ne peut être proposée sainement. Dans de tels cas, une petite douleur peut s’aggraver pour devenir une mastite, un engorgement, un abcès, ou même une infection.

Refus du Biberon

  1. Certains bébés allaités exclusivement refuseront de prendre un biberon vers 2 ou 3 mois. La plupart de ceux qui n'auront pas pris de biberon, voire même certains parmi ceux qui auront accepté un biberon pendant leurs premières semaines de vie, refuseront de le prendre vers 4-5 mois. Ce n'est pas une tragédie, et il n'y a aucune raison de donner tôt le biberon pour apprendre au bébé à l'utiliser. Si votre bébé refuse de prendre le biberon, n'essayez pas de le forcer; vous et lui pourrez en être très frustrés, et il n'est pas nécessaire de passer par là. Si votre bébé est âgé d’au moins 6 mois quand vous recommencez à travailler à l'extérieur, le bébé n'a tout simplement pas besoin de prendre le biberon. Même s’il n’a que 4 mois, il n’a pas besoin de prendre le biberon. Il peut recevoir des liquides ou des solides à la cuillère, tout comme n'importe quel bébé de six mois, et par le temps qu’il aura atteint 6 mois il peut en prendre suffisamment pour ne pas avoir faim durant la journée. De plus, il peut commencer à apprendre à boire au gobelet, même à 5 ou 6 mois. Le gobelet peut être sans couvercle et n'a pas besoin d'avoir un bec. Commencer avec de l'eau, car votre bébé risque d'en renverser beaucoup au début. Cependant, s'il ne semble pas s’adonner à boire au gobelet quand vous devez le laisser, ne vous inquiétez pas, car il peut prendre les liquides avec une cuillère, ou les solides peuvent être mélangés avec plus de liquide (lait exprimé, jus, eau). Évidemment, si le bébé doit consommer une bonne quantité d'aliments variés à 6 mois, il peut avoir besoin de commencer les solides vers 5 mois. Cependant, certains bébés préfèrent attendre leur mère pour boire quoi que ce soit.
  2. Certains bébés se débrouilleront bien avec les deux. Un biberon occasionnel, quand l'allaitement va bien, ne posera pas de problème.

Idées Reçues sur l'Allaitement

Des idées reçues sur l’allaitement maternel, il en existe malheureusement des dizaines. C’est l’une des idées reçues que l’on entend le plus fréquemment. Mais très honnêtement, quand on y pense, plutôt que de se réfugier derrière l’idée que c’est l’allaitement qui serait responsable de la bonne ou mauvaise forme de la jeune maman, ne serait-ce pas plutôt le fait de devenir maman tout court ? Nouvelle vie, nouveau rythme, nouvelle organisation et accessoirement un besoin de récupérer après une grossesse (plus ou moins facile) et surtout un accouchement (lui aussi plus ou moins long et facile), pas mal de changements physiologiques, hormonaux et émotionnels à encaisser, de nouvelles responsabilités… bref, la maternité n’est pas de tout repos pour une jeune maman ! Notre meilleur conseil : avant tout, lâcher prise et accepter que cette nouvelle vie ne va pas se mettre en place d’elle-même en quelques heures.

Encore une fois, la reprise et la logistique à mettre en place seront plus ou moins faciles selon votre travail et votre entreprise. Alors, au moindre doute, ne laissez pas un petit problème en devenir un gros. N’attendez pas et consultez tout de suite un professionnel de l’allaitement. Rare exception : les femmes qui présentent une hypoplasie de la glande mammaire (à savoir une insuffisance de tissu glandulaire). Certes, allaiter est un acte naturel mais il n’est pas forcément inné. Il demande de la préparation et surtout de l’apprentissage, pour vous comme pour votre bébé. Traditionnellement, c’est en observant les femmes qui allaitent que les jeunes filles pourront apprendre à reproduire les mêmes gestes. Mais, si vous n’avez pas eu la chance d’assister à des tétées, ne vous inquiétez pas ! Et pour être certaine de recevoir de bons conseils, vous pouvez vous rapprocher d’un professionnel de santé formé en allaitement maternel.

Durant la grossesse, que l’on souhaite allaiter ou pas son bébé, il y a une accumulation de graisse, qui fond naturellement après la naissance, ce qui réduit inévitablement la taille de la poitrine. Sans parler des variations rapides de volume dues par exemple à la montée de lait, là aussi qu’on le veuille ou non. En revanche, un allaitement qui se déroule avec plusieurs péripéties mal prises en charge : engorgements, mastites, abcès, mamelons sévèrement blessés, peut avoir quelques conséquences esthétiques sur la poitrine d’une maman. On ne le dit pas assez mais le rôle du second parent est essentiel, que sa compagne allaite ou pas ! Une femme qui a un régime alimentaire déséquilibré sera plus sujette à des excès de fatigue et à un surpoids ou des carences. Si la mère a des carences, son organisme fournira ce qui manque grâce aux réserves constituées pendant la grossesse ou antérieurement… mais au détriment de la maman. En revanche, l’alcool et le café fort sont plutôt déconseillés quand on allaite (notamment quand les tétées sont encore très fréquentes). Ils peuvent être autorisés mais dans des seuils raisonnables. Cependant, comme pour tout, il est possible d’améliorer sa qualité grâce à une alimentation riche et variée. Pour cela, vous pouvez miser sur des aliments riches en fer, en calcium, en acides gras essentiels ou encore en vitamines. Peut-être que vous êtes dans un de ces fameux pics de croissance ou jours de pointe. La meilleure des solutions dans la plupart des cas et de « stimuler la demande » (et donc votre lactation) en mettant bébé le plus souvent au sein. En effet, la plupart ne passe pas dans le lait maternel ou s’y retrouve en quantités trop faibles pour avoir une incidence sur le bébé.

Formation des Crevasses et Prévention

Alors comment se forment les crevasses d’allaitement ? Comment prévenir leur apparition ? Lésion cutanée très sensible, la crevasse apparait sur le mamelon ou l’aréole. Elle prend la forme d’une gerçure ou d’une fissure, plus ou moins profonde et douloureuse. La crevasse peut apparaître comme une simple érosion de la peau : de fines lignes rouges ou de légères fissures apparaissent sur le mamelon. Les crevasses sont en général provoquées par un mauvais positionnement du bébé pendant l’allaitement. La plupart du temps, les crevasses se forment au début de l’allaitement (au cours des premiers jours qui suivent l’accouchement). Le sein n’est pas bien positionné dans la bouche du bébé : le mamelon est étiré et pincé entre ses gencives, ou frotte contre l’os de son palais. La succion du bébé peut également être en cause (frein de langue serré, palais creux…). Des mamelons rétractés ou plats peuvent enfin rendre la prise du mamelon difficile pour le bébé. Une blessure - la crevasse - se forme alors au fur et à mesure des tétées. En plus d’être particulièrement douloureuses, les crevasses peuvent rendre l’allaitement difficile et provoquer une certaine anxiété chez la mère. La lactation peut devenir moins efficace et provoquer un engorgement des seins, ce qui aggrave les douleurs et l’état du mamelon. Mais une crevasse non traitée peut surtout s’infecter (infection bactérienne à staphylocoque doré, infection fongique à candidose). Le mamelon blessé devient en effet la porte d’entrée idéale pour plusieurs types d’agents pathogènes. Ces infections provoquent alors des douleurs constantes au niveau des mamelons, même en dehors des tétées.

Traitements

Plusieurs traitements peuvent aider à guérir les crevasses d'allaitement, et à soulager les vives douleurs qu’elles provoquent. Si les seins sont très douloureux ou présentent un écoulement, il est recommandé de consulter un médecin. En cas d’infection bactérienne, ce dernier prescrit un traitement antibiotique (application locale ou par voie orale). Si elle évolue, l’infection peut en effet provoquer une mastite (une inflammation du sein très douloureuse). En cas d’infection fongique (candidose), la mère et l’enfant doivent suivre un traitement antifongique (pour éviter de se recontaminer mutuellement). Ces traitements sont compatibles avec la poursuite de l’allaitement. En plus de traiter l’éventuelle infection du mamelon, il faut surtout l’aider à cicatriser en cas de crevasse. On recommande aujourd’hui une cicatrisation en milieu humide : cela permet de limiter les douleurs et les lésions cutanées, et de mieux réparer les tissus abimés.

  • le lait maternel : riche en anti-inflammatoires et contenant des agents anti-infectieux, le lait maternel aide à la cicatrisation en cas de crevasse. Il suffit d’en appliquer quelques gouttes sur le mamelon, après chaque tétée. Il est aussi possible de réaliser des pansements naturels à base de lait maternel : entre chaque tétée, la mère applique une compresse de gaz stérile imbibée de lait sur ses seins (comme un cataplasme, maintenu en place par du film alimentaire).
  • la lanoline : substance naturelle qui protège la laine des moutons, la lanoline purifiée est connue pour ses propriétés apaisantes, émollientes et hydratantes. Elle se présente sous forme de crème, de pommade ou d’onguent (100 % lanoline). Il suffit d’en appliquer une pointe sur les mamelons blessés avant et après chaque tétée. Elle ne présente aucun danger pour l’enfant (il n’est pas nécessaire de retirer la pommade avant la mise au sein).
  • les compresses hydrogels : en vente libre dans le commerce et en pharmacie, ces compresses spéciales aident à soulager les brûlures et à calmer les douleurs provoquées par les crevasses.
  • les autres remèdes naturels : pour apaiser les mamelons irrités et favoriser le processus de cicatrisation, il est également possible d’appliquer de l’huile de coco extra vierge et bio (hydratante, antibactérienne et antifongique). Cicatrisant, anti-inflammatoire et antibactérien, le miel peut aussi être utilisé sous forme de cataplasme.

Il est recommandé de ne pas arrêter d’allaiter en cas de crevasses. Pour continuer à donner le sein malgré la présence de crevasses, il est recommandé d’essayer d’autres positions d’allaitement. Si les douleurs sont trop vives au moment de la mise au sein, il est possible de mettre l’allaitement en pause, le temps de la cicatrisation.

Positions d'Allaitement

Les crevasses sont en général dues à une mauvaise position du bébé pendant l’allaitement. Pour bien positionner le bébé pendant l’allaitement, il faut toujours placer son ventre contre le ventre de sa mère. Le menton du bébé doit d’abord être appuyé contre le sein de la mère, pour déclencher l’ouverture de sa bouche. Sa lèvre du bas doit se placer à l’extérieur de l’aréole. Lorsque l’enfant ouvre grand la bouche, sa mère rabat doucement sa tête vers le sein. Le mamelon doit être placé assez loin dans la bouche du bébé. Dès que le mamelon touche son palais, cela déclenche le réflexe de succion. Au début de la tétée, les succions sont assez courtes et rapides. Les mouvements de la mâchoire du bébé deviennent ensuite plus lents et plus profonds (le lait coule régulièrement, pour la phase d’alimentation active). Si l’allaitement est inconfortable ou les mamelons douloureux, il est recommandé de retirer doucement le bébé du sein, pour lui faire adopter une meilleure position. Pour que l’allaitement reste un moment agréable et serein, la mère doit également être confortablement installée.

  • la position de la madone (ou position du berceau) : l’enfant est à l’horizontale, dans le creux du bras de sa mère (sa main soutient ses fesses). Même s’il s’agit de la position la plus classique, elle est parfois difficile à adopter (manque de soutien pour le nourrisson).
  • la position Biological Nurturing (BN) : la mère est en position semi-allongée et place son bébé sur elle, ventre contre ventre. Elle le laisse ensuite ramper vers elle, pour un allaitement instinctif et naturel.
  • la position du ballon de rugby : cette position est idéale après une césarienne ou pour l’allaitement de jumeaux.
  • la position allongée sur le côté : particulièrement pratique pour allaiter la nuit, elle est aussi très confortable pour les mères qui viennent d’accoucher par césarienne.
  • la position koala (ou à califourchon) : elle est réservée aux enfants plus âgés, qui peuvent se tenir assis.
  • la position de la louve : plus rarement adoptée, cette position peut aider à allaiter en cas de mastite.

Pour éviter les frottements répétés et limiter la formation de crevasses, il est recommandé de varier les positions d’allaitement.

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