L'allaitement maternel, une aventure naturelle et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant, suscite souvent de nombreuses interrogations quant à l'alimentation de la mère. On lit souvent des informations contradictoires sur ce qu’il est permis ou non de consommer pendant l’allaitement, ce qui peut engendrer stress et frustration. Cet article vise à démystifier les idées reçues et à fournir des informations claires et précises pour une alimentation sereine et éclairée pendant l'allaitement.
Idées reçues et réalités de l'alimentation pendant l'allaitement
À l’exception de l’alcool qui est à proscrire, il n’existe pas de restrictions médicales actuelles ou d’aliments interdits pendant l’allaitement. Pendant des siècles, l'allaitement maternel a été le seul moyen de nourrir les enfants. Que ce soit la mère biologique ou une nourrice, le bébé tétait le sein d’une femme afin d’assouvir ce besoin naturel. Depuis une quarantaine d’années, le biberon a remplacé l’allaitement maternel. L'Organisation Mondiale de la santé conseille pourtant l'allaitement exclusif au sein durant les six premiers mois de la vie.
Le goût et les propriétés (laxatives, diurétiques, excitantes etc.) de certains aliments consommés par la mère se diffusent dans le lait maternel. Pour cette raison, des professionnels de santé indiquent toujours des restrictions bien qu’elles soient sans fondement scientifiques. Elles ont été élaborées au fil des siècles de façon arbitraire. Heureusement, de moins en moins de mamans allaitantes suivent ces restrictions diététiques et tout se passe bien.
Café, thé et allaitement : compatibles avec modération
La caféine contenue dans le café excite le bébé car elle passe dans le lait. Néanmoins, cela n’en fait pas un aliment interdit pendant l’allaitement. Le secret est de ne pas en abuser dans la journée. Vous pouvez également boire du thé le matin lorsque vous allaitez : la théine passe dans le lait maternel mais consommée en petite quantité, elle ne pose aucun problème pour votre bébé. Consommé en petite quantité le matin, le yerba maté ne posera pas de problème non plus.
Légumes réputés "à risque" : l'expérience de mamans décomplexées
Certaines recommandations traditionnelles suggèrent d'éviter certains légumes comme l'ail, le poireau, l'asperge, les choux, le brocoli ou les pois-chiches, craignant qu'ils ne provoquent des coliques ou des troubles digestifs chez le nourrisson. « Je suis quelqu’un d’assez cool. Enceinte, je savais que j’allaiterai. Pas juste parce que ça me semblait bien pour l’enfant mais aussi parce que ça m’avait l’air pratique. Or, pendant la séance de préparation à l’accouchement consacrée à l’allaitement, je découvre qu’il faudrait éviter de consommer tous les choux, les asperges, les oignons, les poireaux, l’ail. J’ai fait la sourde oreille et j’en ai consommé pendant toute la durée de mes deux allaitements. Je pense même que si mes filles aiment aujourd’hui découvrir de nouveaux goûts, c’est grâce à ça. La plupart des médecins indiquent aujourd’hui que ces restrictions ne sont pas fondées scientifiquement ! » souligne Samia.
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Fruits d'été et allaitement : une source de vitamines à savourer sans culpabilité
De même, la consommation de fruits d'été comme la pêche, la pastèque, la tomate, l'abricot ou le melon est parfois remise en question, par crainte de diarrhées chez le bébé. La jeune maman explique :« j’apprends aussi ce jour là que nous devrions limiter notre consommation de fruits d’été lorsque l’on allaite pour éviter de donner des diarrhées au nourrisson. On était en mars, je devais accoucher en juin, hors de question de me priver tout l’été de pêches, de pastèque, melon et autres tomates ! Après la séance, je me suis dit que je ferais à ma sauce le moment venu. Une fois ma fille née, nous avons toutes les deux profité des vitamines des beaux fruits de l’été sans restriction. Elle n’a jamais été malade. J’ai donc fait pareil trois ans plus tard pour allaiter la deuxième. Je ne me suis privée de rien et elle n’a eu aucun problème. » précise Samia, maman de Malia 5 ans et June 2 ans.Ces témoignages rassurants soulignent l'importance d'écouter son corps et les réactions de son bébé, plutôt que de suivre aveuglément des règles strictes et potentiellement inutiles.
Soja et allaitement : prudence par précaution
Aurélie, nous explique comment les femmes de sa famille lui ont permis de bien mener son post-partum et son allaitement :« Ma famille est d’origine coréenne. Ma mère et ma grand-mère m’ont prise en charge après mon accouchement. Je m’entends très bien avec elle et elles ont beaucoup cuisiné pour moi. Des plats de viande et de poissons riches en épices et même avec un peu de piment, du curry… Tout ça était assez éloigné de ce que j’avais pu lire sur l’allaitement à l’occidentale. En somme j’ai évité l’alcool et, par précaution, le soja (puisqu’il contient des phyto-œstrogènes que certains biologistes considèrent comme des perturbateurs endocriniens qui passent dans le lait) mais pour le reste, je me suis fait plaisir et mon bébé n’a jamais eu de coliques ou d’autres problèmes intestinaux pendant ses sept mois d’allaitement. »
Produits industriels : à consommer avec modération
L’allaitement, comme la grossesse, sont des périodes propices à la mise en place de meilleures habitudes alimentaires. Trop salés et trop sucrés, les plats préparés et ultra transformés de l’industrie agroalimentaire ne sont pas des aliments interdits pendant l’allaitement. Mais, ils sont à éviter de manière générale et plus encore pendant la durée de l’allaitement. Mieux vaut éviter d’absorber des additifs en tout genre dont certains peuvent être des perturbateurs endocriniens pour votre bébé.
Sushis et allaitement : une option gourmande autorisée
Oui ! Le poisson cru bien préparé dans le respect de la chaîne du froid et des règles d’hygiène n’est pas du tout proscrit pendant l’allaitement (même s’il l’était pendant la grossesse à cause des risques de listériose et de parasitose (via la présence d’œufs d’anisakis). Après l’accouchement, vous pourrez manger à nouveau des sushis au poisson cru même en allaitant votre enfant.🍣 😍
Intoxication alimentaire et allaitement : des précautions à prendre
La plupart des maladies de la mère ne sont pas une contre-indication à l’allaitement selon la Leche League. Si la fatigue ne vous en empêche pas, vous pouvez allaiter votre enfant alors que vous avez une intoxication alimentaire dans la zone tempérée européenne. Pensez à bien vous hydrater pour maintenir la production de lait maternel pendant cet épisode d’intoxication. En cas d’intoxication alimentaire, le Dr Rosenfeld indique qu’il ne faut pas s’inquiéter pour le bébé, mais plutôt pour la jeune maman. En effet, il y a un risque de déshydratation.
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Si vous avez mangé un aliment pas frais, périmé ou mal préparé, tels qu’une huître douteuse, vous pouvez faire un syndrome d’intoxication alimentaire. Parmi les bactéries responsables les plus populaires, on retrouve la staphylocoque doré et les salmonelles. Vous vous demandez quoi faire en cas d’intoxication alimentaire ? Tous ces médicaments sont vendus en pharmacie sans ordonnance, mais nous vous conseillons de consulter préalablement un médecin. Il pourra vous indiquer quel traitement vous convient. Ne vous déplacez pas, des médecins généralistes sont disponibles en téléconsultation de 6h à 23h chaque jour. En revanche, le traitement n’est pas toujours uniquement symptomatique. C’est pour cela qu’il est souvent conseillé de consulter car un médecin peut vous prescrire un traitement antibiotique pour soigner votre intoxication alimentaire si celle-ci dure trop longtemps par exemple. Il faudra probablement réaliser une analyse (coproculture) pour trouver la bactérie responsable et adapter le traitement. Prenez RDV avec un médecin généraliste en quelques minutes et consultez dans la journée ! Recevez une ordonnance si nécessaire. Faire une intoxication alimentaire ou une gastro ce n’est pas la même chose. Dans le deuxième cas, un traitement naturel peut suffire, ce qui n’est pas toujours vrai pour une intoxication alimentaire. Le seul autre « remède de grand-mère » que nous pouvons vous conseiller dans le traitement de l’intoxication alimentaire, c’est de boire beaucoup. Il faut vous hydrater régulièrement en buvant par petites gorgées. Bon à savoir : tous les autres traitements miracles de l’intoxication alimentaire, comme les huiles essentielles, n’ont aucune efficacité prouvée. Ils sont même parfois déconseillés. Enfin, le traitement homéopathique d’une intoxication alimentaire est loin d’être suffisant. Il faut bien souvent un traitement antibiotique, et vous devez vous le faire prescrire par un médecin. Si vous avez des symptômes de l’intoxication alimentaire, il est préférable de consulter un médecin pour recevoir un diagnostic et un traitement adapté. Si vous êtes une femme enceinte ou une personne fragile en raison de votre état de santé, il est d’autant plus important de consulter en cas d’intoxication alimentaire. Il n’est pas toujours facile de faire la différence entre une gastro et une toxi-infection, mais c’est important de le savoir car le traitement de la gastro ou d’une intoxication alimentaire n’est pas du tout le même. Les selles glaireuses et sanglantes sont souvent un signe que vous êtes infecté par une bactérie et qu’il s’agit d’une intoxication. Consultez rapidement un médecin depuis chez vous, décrivez vos symptômes et recevez un traitement sur ordonnance si nécessaire. L’intoxication alimentaire est causée par une bactérie et non par un virus. Néanmoins, même si elle n’est à proprement parler contagieuse, vous devez veiller à rester chez vous pour vous reposer et recevoir le traitement adéquat.
Aliments réputés pour ralentir la production de lait : mythe ou réalité ?
Le persil, la sauge, la menthe, l’artichaut et l’oseille sont réputés pour freiner la production de lait maternel. Mais consommés en quantité modéré, ces aliments n’auront pas d’effet particulièrement anti-galactogène. Ils risquent de freiner votre production de lait que si vous les consommez au quotidien, sur une longue période et en grande quantité. Ce type de mélange peut-être intéressant à consommer en tisane à la période du sevrage pour aider la production de lait maternel à se tarir.
Miel et allaitement : une douceur permise
Vous pouvez consommer du miel pendant l’allaitement (sans excès toujours, comme vous le feriez en temps normal) qu’il soit stérilisé ou non. Ce n’est pas un aliment interdit pendant l’allaitement car les spores de clostridium botulinum (qui causent le botulisme) ne passent pas dans le lait maternel.
Plaisirs sucrés et allaitement : s'accorder des petits bonheurs sans culpabiliser
Consommés avec modération, une pâtisserie ou quelques biscuits de temps à autre font partie des petits plaisirs que l’on peut tout à fait s’accorder lorsque l’on allaite. Il ne faut pas en abuser mais c’est bien permis. 😊🍰 Vous pouvez également craquer sur quelques carreaux de chocolat de temps à autre. Il faut savoir rester souple. Si vous avez une alimentation variée et équilibrée, l’allaitement ne vous prive pas d’une gourmandise de temps en temps.
Eau gazeuse et allaitement : une question de tolérance individuelle
Le gaz qui compose les bulles de l’eau pétillante ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être la raison de coliques du nourrisson. En revanche une eau très fortement minéralisée peut indisposer certains bébés, comme elles indisposeront le système digestif de certains adultes. Si vous en consommez régulièrement et que votre enfant semble gêné, buvez exclusivement de l’eau de source ou du robinet sur une semaine pour voir s’il y a une différence sensible.
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Alimentation périmée : distinguer DDM et DLC
L'emballage des produits alimentaires vous renseigne sur la durée possible de leur consommation. On a parfois envie de limiter le gaspillage alimentaire en dépassant de quelques jours la date limite de consommation de nos aliments… Avec quel type de produits peut-on le faire ? Peut-on se le permettre avec les aliments pour bébé ?
DDM, c'est la date de durabilité minimale d'un aliment. Autrement dit, celle-ci est assortie d'une mention de type "à consommer de préférence avant". Lorsque vos emballages comportent une DDM, cela indique donc que si vous consommez l'aliment au-delà de la date préconisée, celui-ci ne présentera pas de danger grave pour votre santé. Il peut simplement avoir perdu ses qualités nutritionnelles, son goût ou changé de texture. Tout dépend par ailleurs des conditions de conservation : si le produit a été stocké à l'abri de l'humidité, par exemple, comme recommandé sur l'emballage ou encore, s'il a voyagé.
La DLC, ou date limite de consommation, indique quant à elle, la durée de vie maximum de vos aliments. Cela signifie que si vous les consommer au-delà de la DLC, ces aliments plus sensibles peuvent comporter des risques pour votre santé. À vos risques et périls, donc, si vous consommez : plats cuisinés non stérilisés, viandes, poissons, certains produits laitiers et la majorité des produits frais que l'on conserve au réfrigérateur et qui sont très sensibles après la date fixée par la DLC. Pour éviter toute intoxication alimentaire, nous vous conseillons donc de respecter la date limite de consommation des aliments. Attention : le dépassement de la DLC pour certains aliments peut s'avérer dangereux pour la santé.
De manière générale, DLC ou pas, vous devez aussi vous fier à l'odeur, à la couleur et à la consistance des aliments que vous consommez. Ces indicateurs sensoriels doivent vous alerter ! Au moindre doute, il est bien sûr préférable de ne pas les consommer. Petite astuce concernant les œufs pour être sûrs qu'ils sont encore bons : les plonger dans un bol d'eau froide !
Lait UHT
Lorsque la bouteille de lait UHT stérilisé comporte une date de durabilité minimale (DDM), cela signifie qu'on peut le consommer encore plusieurs jours après la date indiquée.
Chocolat
Le chocolat fait partie des aliments qui se conservent le mieux ! Même au-delà de la date indiquée. Attention, il aura tendance à blanchir un peu et à devenir plus friable et probablement à donner moins de goût à vos gâteaux. Mais le chocolat, même périmé, ne comporte pas de risque pour votre santé, à condition, bien sûr, de ne pas trop en abuser !
Saumon fumé
Le saumon fumé se consomme généralement sous vide, dans son emballage, pendant 2 à 4 semaines selon la DLC, ou date limite de consommation indiquée. En revanche, sachez qu'un saumon périmé sur l'emballage mais qui a été conservé sous vide au congélateur dans le respect des règles de la chaîne du froid peut se consommer même si sa date ne vous y "autorise" pas.
Yaourts
Selon des tests réalisés sur une soixantaine de produits par le magazine 60 Millions de consommateurs, les yaourts ne présenteraient pas de risque à être consommés 3 semaines après la date indiquée sur leur emballage, qu'il s'agisse de yaourts nature, aux fruits ou aromatisés, et d'origine industrielle… Une donnée à prendre avec des pincettes néanmoins, même si le yaourt n'est périmé que depuis quelques semaines, et à ne pas appliquer chez les tout-petits !
Préparations infantiles
Dans le cas des préparations infantiles (appelée aussi “lait infantile en poudre”), il est fortement déconseillé d’en consommer une fois la date limite dépassée. En effet, le lait infantile périmé risque de perdre de ses vitamines et nutriments et de ne plus répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des bébés.
Les règles de conservation
Certains aliments peuvent comporter des indications de conservation sur leur emballage.-"Conserver au congélateur" indique que l'aliment doit être stocké à -18°C-"Conserver au réfrigérateur" signifie que la température doit varier entre 2 et 5°C-"Conserver au frais" : pas plus de 15°C hors du frigo !
Maman malade, continuez d’allaiter !
Le Dr Freda Rosenfeld, conseillère new-yorkaise spécialisée dans la lactation, a répondu à cette question. Selon elle, quand une maman qui allaite est malade, il n’y a aucune raison pour qu’elle arrête de donner le sein à son bébé. « Avec un rhume ou avec une grippe, vous devriez continuer à allaiter parce qu'habituellement, vous tombez malade quelques jours après avoir été exposée aux microbes, alors vous avez déjà commencé à développer des anticorps. En revanche, quand la maladie oblige à prendre antibiotiques, il faut évidemment consulter un médecin avant de continuer à allaiter. Notamment car le professionnel de santé prescrira des médicaments qui sont compatibles avec l’allaitement maternel. Quoiqu’il en soit, environ un centième d’une dose de médicament seulement pénètre le lait de la mère. Par conséquent il y a très peu de chances que le bébé boive un « lait médicamenteux ».
L’alimentation de la mère allaitante en bref
Le lait maternel est l’aliment le mieux adapté aux bébés et est recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé en allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois des bébés. Mais si la maman ne souhaite pas ou ne peut pas allaiter, il existe des formules infantiles, dont la composition est strictement réglementée (ingrédients rigoureusement sélectionnés et contrôlés) et répondant aux besoins nutritionnels des nourrissons.
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