Cette article explore une série d'événements criminels survenus à la fin des années 1860 et au début des années 1870, révélant un aperçu sombre de la société française de cette époque. Des infanticides aux meurtres motivés par le vol, en passant par les agressions brutales et les incendies criminels, ces récits mettent en lumière les divers facteurs qui ont conduit à ces actes de violence.
Infanticides et Accouchements Clandestins
L'un des aspects les plus troublants de cette période est la pratique de l'infanticide, souvent liée à des accouchements clandestins. Dans le village de Berny-Rivière, des rumeurs circulaient selon lesquelles Eugénie Duchemin, une jeune femme de 27 ans en 1870, était tombée enceinte à quatre reprises entre 1863 et 1868. Selon ces ragots, son propre père se serait chargé de l'accoucher et aurait ensuite tué les bébés en les piétinant. Ces allégations macabres soulignent la vulnérabilité des femmes et des enfants dans une société où les grossesses hors mariage étaient fortement stigmatisées.
Crimes Passionnels et Vengeances Personnelles
Les crimes passionnels et les vengeances personnelles étaient également monnaie courante. Un vigneron de 35 ans assassina sa mère, Louise Guyard, née Sonnette, qu'il détestait, le 7 avril 1871, à coups de bâton ferré. De même, un cultivateur à Reyrieux tua sa femme dans l'espoir de récupérer l'intégralité des biens obtenus par le mariage. Ces actes témoignent de la violence domestique et des conflits familiaux qui pouvaient dégénérer en tragédies.
Meurtres Motivés par le Vol
Le vol était un motif fréquent dans de nombreux crimes de cette époque. Ali Aguado, un marin de 26 ans à Pommerie-le-Vicomte, fut condamné à perpétuité le 12 juin 1869 pour avoir étranglé sa mère, Marie-Rosalie Charpentier, veuve Duchemin, âgée de 80 ans, le 7 novembre 1868 à Berny-Rivière. Son mobile était qu'elle ne servait plus à rien dans la ferme. Son fils Louis-Joseph, dit Victor, âgé de 18 ans, fut également condamné à quinze ans de prison.
Un autre exemple est celui d'un homme de 20 ans qui tua le 16 janvier 1870 à Kemplich M. Jean Hombourger, propriétaire terrien, à coups de bâton et de serpe pour lui voler 28 francs. De même, le 13 avril 1870, à Labussière, un individu tua sa mère adoptive, la veuve Bavard, âgée de 75 ans, à coups de gourdin afin de voler ses économies, qu'il estimait à environ 100 francs. Ces crimes illustrent la pauvreté et le désespoir qui pouvaient pousser les gens à commettre des actes violents pour un gain financier minime.
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Violence Collective et Erreurs Judiciaires
La violence collective et les erreurs judiciaires étaient également présentes dans la société de cette époque. Le 16 août 1870, en état d'ébriété avancée, les paysans ultra-bonapartistes du village d'Hautefaye agressèrent le châtelain Alain de Moneys, âgé de 34 ans, en l'accusant à tort d'être un agent des Prussiens. Cet incident met en évidence la tension politique et la suspicion qui pouvaient conduire à des actes de violence collective.
Dans un autre cas, des gardes nationaux en 1870, dans la nuit du 19 au 20 septembre 1870, à La Vieuville, commune d'Alluye, étranglèrent et étouffèrent les vieux et riches époux Chesneau et volèrent 4500 francs en billets et en pièces d'or. Ils cherchèrent à mettre la responsabilité du crime sur le dos des Prussiens, mais furent arrêtés et bénéficièrent d'un non-lieu en décembre. Cet exemple illustre la tentative de manipulation de l'opinion publique et la complexité du système judiciaire de l'époque.
Crimes Commis par des Individus en Marge de la Société
De nombreux crimes ont été commis par des individus en marge de la société, tels que des marins, des ouvriers et des sans-abri. Un marin, condamné plusieurs fois pour vols par les tribunaux maritimes, ainsi qu'à trois ans de prison pour attentat à la pudeur, et cinq ans de travaux forcés à Cayenne pour vols qualifiés, revint du bagne fin 1870 et commit entre janvier et février 1871 plusieurs attentats à la pudeur sur des enfants. Cet exemple souligne la difficulté de réintégrer les anciens détenus dans la société et le risque de récidive.
Un couple de sans profession et sans domicile conçut le plan de tuer M. Leroi, messager de Reims à Rethel, pour le voler. Ils s'embusquèrent dans la soirée du 23 septembre 1871 au carrefour d'Isles-sur-Suippe et, quand Leroy arriva dans sa voiture, Loth lui sauta dessus, le frappa à coups de couteau et traîna le mourant vers le fossé. Sur le conseil de sa femme, il lui scie le cou avec son couteau. Ce crime atroce témoigne de la brutalité et du désespoir qui pouvaient animer les personnes vivant dans la pauvreté et l'exclusion sociale.
Incendies Criminels et Destruction de Propriété
Les incendies criminels étaient une autre forme de criminalité courante à cette époque. Un agriculteur de 48 ans, avec ses cinq fils, se fit une spécialité de voler les maisons avant d'y mettre le feu. Ils incendièrent le 1er septembre 1870 à Boussac la grange de M. Riom. Le 18 septembre, toujours à Boussac, ils mirent le feu à la maison de la ferme Courboulès. Le 16 octobre, ils mirent le feu à la maison de la veuve Bachellerie. Le 18 mars 1871, ils firent flamber la maison et la grange de la Veuve Simon, à Tronchy. Le 21 mai 1871, en mettant le feu à la ferme de la Veuve Lacombe, ils incendièrent également les maisons Borne et Valeix-Lafarge. Ondet, au passage, étrangla la veuve Lacombe. La femme Ondet fut condamnée à perpétuité, leurs fils Louis et François à sept ans, et Jacques à six ans. Ces actes de destruction gratuite témoignent d'un mépris total pour la propriété et la vie d'autrui.
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