Aldo Maccione, figure emblématique de la comédie européenne, a marqué le paysage cinématographique par son personnage de séducteur maladroit et sa démarche chaloupée caractéristique. Né le 27 novembre 1935 à Turin, cet acteur et chanteur italien a su conquérir le public grâce à son humour physique et son charisme burlesque.

Des Débuts Musicaux aux Cabarets Parisiens

Aldo Maccione fait ses premiers pas dans le monde du spectacle en tant que chanteur, remportant un radio-crochet qui lui ouvre les portes des cabarets. Il se fait remarquer sur les planches grâce à ses imitations de vedettes de cinéma. Dans les années 1950, le jeune aspirant comédien commence à faire du théâtre en amateur dans son école avant de se frotter aux cabarets de la capitale piémontaise, où il exerce modestement comme fantaisiste.

Son talent le conduit à Paris, où il rejoint le groupe comique Les Brutos. À l'instigation de leur manager, Aldo Zanfrognini, les cinq compères forment bientôt une troupe de music-hall : les Brutos. Les cinq compères, à l'instigation de leur manager, forment bientôt une troupe de music-hall : les Brutos. Le principe des numéros brutesques est simple : un gentil blondinet tente d'interpréter des chansons romantiques, tandis que quatre comparses, autour de lui, multiplient les grimaces insanes. Le groupe assure les entractes à l'Olympia, où Aldo affine son personnage et sa célèbre démarche, surnommée "Aldo la classe", qui deviendra sa signature. Grâce à Bruno Coquatrix, les Brutos s'exportent hors d'Italie, animant les entractes à l'Olympia, puis passant régulièrement à la télévision française où ils sont des habitués de l'émission La Piste aux étoiles, ancêtre du Plus grand cabaret du monde.

Jean Sarrus, nostalgique, confesse : « Au Canada, on avait rencontré un groupe italien avec lequel nous avions sympathisé, les Brutos. L'idée de la scène est née de les voir en action. Devant, il y avait un chanteur sérieux, Jacques, blond et plutôt play-boy, mais derrière c'était la Cour des Miracles. Un petit vieux, un autre qui louchait, un troisième avec une dent de travers, et, surtout l'idiot du village incarné par Aldo Maccione. Il faisait toutes sortes de grimaces, et on trouvait ça vraiment irrésistible. Au début, on les a vachement copiés. On faisait comme eux… » Sans les Brutos, la culture française n'aurait peut-être jamais engendré les Charlots.

L'Ascension Cinématographique : De Lelouch à la Septième Compagnie

Repéré par Claude Lelouch, Aldo Maccione fait ses débuts au cinéma dans Le Voyou en 1970. Deux ans plus tard, il retrouve le réalisateur pour L'aventure c'est l'aventure, aux côtés de Lino Ventura et Jacques Brel. C'est dans ce film qu'il improvise sa célèbre marche cambrée, "Aldo la classe", qui devient sa signature mondiale. C'est la première fois qu'il exhibe à l'écran sa célèbre démarche chaloupée de séducteur de pacotille, qui contribuera à son succès.

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En 1973, il incarne le soldat Tassin dans Mais où est donc passée la septième compagnie ? de Robert Lamoureux, un rôle qui le propulse au rang de star. Il fait partie de La Septième compagnie le temps d'un film dans le rôle de "Tassin". Cependant, des désaccords financiers l'empêchent de reprendre son rôle dans les suites de la série. Fort du succès du premier opus - qui avait attiré près de 4 millions de spectateurs - Aldo Maccione souhaitait renégocier son cachet pour le deuxième volet. Il espérait une revalorisation à la hauteur de la popularité grandissante de son personnage.Malheureusement, ses exigences financières n’ont pas trouvé d’écho favorable du côté de la production. Les discussions s’enlisent, et plutôt que de céder, les producteurs prennent une décision radicale : le personnage de Tassin sera conservé, mais confié à un nouvel acteur.

Henri Guybet entre en scène. C’est donc Henri Guybet, encore peu connu du grand public à l’époque mais remarqué dans Les Aventures de Rabbi Jacob, qui hérite du rôle.Il évoquera d’ailleurs la mésentente salariale qui a scellé son destin : “Aldo Maccione ne voulait pas faire le deuxième film car il trouvait que la solde n’était pas assez élevée pour se réengager dans l’armée si vous voyez ce que je veux dire…”, nous a raconté Guybert lors du 1er Festival CineComédie de Lille, en 2018. “Et comme je tournais beaucoup à la Gaumont à l’époque, ils m’ont dit que j’allais remplacer Aldo Maccione. Issu de la troupe du Café de la Gare, Guybet a donc accepté le défi malgré des appréhensions compréhensibles : il craignait d’être comparé à son prédécesseur ou d’être rejeté par les spectateurs.Finalement, le public adhère, et On a retrouvé la 7e compagnie rencontre un succès presque équivalent au premier volet, avec plus de 3,74 millions d’entrées.

L'Ère des Comédies Populaires et la Collaboration avec Philippe Clair

Les années 1970 et 1980 marquent l'apogée de la carrière d'Aldo Maccione. Il s'installe durablement dans le paysage du cinéma populaire français, devenant une tête d'affiche incontournable de la comédie. Spécialiste des rôles de "latin lover" parodique, il triomphe dans des films comme Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard. En effet, s'il reste confiné aux rôles secondaires au delà des Alpes - où il est tout de même un visage relativement connu de la sexy-comédie, le bel Aldo trouve chez nous un excellent filon, en interprétant une caricature grotesque du dragueur italien, tel que l'imaginent les spectateurs français, et devient une vedette à part entière.

C'est surtout sa collaboration avec Philippe Clair qui marque sa carrière et le porte au pinacle. Après Tais-toi quand tu parles, c'est le gigantesque triomphe de Plus beau que moi tu meurs, où notre homme use et abuse de son image de séducteur bouffon, qui vient clairement assurer à Aldo "la Classe" ses galons d'acteur nanar. Malgré une collaboration parfois houleuse, Aldo est désormais une sorte d'interprète-fétiche pour le roi de l'humour franco-judéo-portnawak.

Durant la décennie 1980, Aldo aura croisé les plus grands du cinéma comique : Edwige Fenech, Michel Galabru, Darry Cowl, Francis Perrin, Jean-Marc Thibault, Marthe Villalonga, et a marqué de son empreinte de géant et de sa démarche de félin l'humour franco-italien.

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Le Déclin et la Retraite : Un Héritage Comique Inoubliable

À la fin des années 1980, Aldo Maccione décide d'abandonner son personnage d'Aldo la classe. Mais même les meilleures choses ont une fin et l'étoile d'Aldo finit par pâlir au box-office. En 1987, Philippe Clair et lui ont la fausse bonne idée de tourner une suite à Plus beau que moi tu meurs, intitulée Si tu vas à Rio… tu meurs. Mais en cinq ans à peine, les goûts du public ont évolué et le film connaît un net échec. Deux ans plus tard, les compères remettent le couvert avec L'Aventure peu ordinaire d'un papa peu ordinaire, tentative de passer à un comique plus subtil : l'insuccès est encore plus patent signe que le règne sur le box-office français d'un Aldo Maccione lui-même lassé de son personnage de « la classe » est bel et bien terminé.

En 2005, il obtient le rôle de Salvatore dans le film Travaux, on sait quand ça commence… réalisé par Brigitte Roüan. En 2010, il participe à l'émission de téléréalité La Ferme Célébrités, avant de se retirer définitivement de la vie publique pour raison de santé. En ce début d'année 2026, à 90 ans, Aldo Maccione vit une retraite paisible à Saint-Paul-de-Vence, restant dans le cœur des cinéphiles comme l'incarnation d'une époque de comédie insouciante et solaire.

Anecdotes et Vie Privée

La célèbre marche "Aldo la classe" n'était pas prévue au scénario de Lelouch ; Aldo Maccione l'a inventée sur le plateau pour amuser ses partenaires Lino Ventura et Charles Denner pendant une pause technique. Malgré son image de séducteur sûr de lui, l'acteur a souvent confié être un grand timide dans la vie réelle, utilisant l'humour et l'exagération physique comme un bouclier pour masquer son manque d'assurance.

Aldo Maccione réside depuis de nombreuses années à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes. Ville d'artistes par excellence, c'est ici qu'il apprécie la douceur du climat provençal. On peut occasionnellement l'apercevoir sur la célèbre place de la Courtine ou à la Fondation Maeght lors de visites privées.

Filmographie Sélective

  • Le Voyou (1970)
  • L'aventure c'est l'aventure (1972)
  • Mais où est donc passée la septième compagnie ? (1973)
  • Je suis timide mais je me soigne (1978)
  • Plus beau que moi, tu meurs (1982)
  • Travaux, on sait quand ça commence… (2005)

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