La maternité est une période de changements et d'adaptations, tant pour la mère que pour le nouveau-né. Parmi les défis possibles, on retrouve la gestion du diabète gestationnel chez la mère et le soulagement de la douleur chez le bébé lors de certains soins médicaux. Cet article explore ces deux aspects cruciaux, en s'appuyant sur des informations factuelles et des protocoles établis.
Diabète Gestationnel : Dépistage, Gestion et Implications
Qu'est-ce que le Diabète Gestationnel ?
Le diabète gestationnel est défini par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Chez une femme enceinte non diabétique, le pancréas s'adapte et la sécrétion d'insuline augmente au fur et à mesure de la grossesse. En France, la prévalence du diabète gestationnel était de 16,4% en 2021.
Dépistage et Diagnostic
Le dépistage du diabète gestationnel est essentiel. Au premier trimestre de la grossesse, il se fait par la mesure d'une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8 heures. Au deuxième trimestre, entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée, on réalise une HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Une prise de sang est effectuée à jeun, puis une et deux heures après l'absorption de 75 g de sucre.
Gestion du Diabète Gestationnel
La gestion du diabète gestationnel repose sur plusieurs piliers :
- Surveillance de l'alimentation : Il est crucial de contrôler l'apport en sucre et en gras. Une diététicienne peut aider à adopter une alimentation équilibrée, souvent autour de 1700 calories par jour. Il est essentiel de ne pas s'affamer et de répartir les féculents dans la journée, en privilégiant les légumes et les protéines pour une meilleure satiété.
- Autosurveillance glycémique : Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l'aide d'un lecteur de glycémie. Il faut se piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que l'on dépose sur une bandelette introduite dans l'appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés, qui permettent un suivi en continu du taux de glucose grâce à des capteurs placés sous la peau. Les mesures se font généralement le matin à jeun et 2 heures après chaque repas ou collation.
- Traitement par insuline : Si les glycémies restent supérieures aux objectifs (glycémie inférieure ou égale à 0,95 g/L à jeun et inférieure ou égale à 1,20 g/L deux heures après le repas) malgré un bon suivi des règles hygiéno-diététiques, l'insuline peut être nécessaire. L'insuline s'administre par injections sous-cutanées.
Risques et Complications
Le diabète gestationnel est asymptomatique dans la très grande majorité des cas. Le risque le plus fréquent est la macrosomie fœtale (15 %), c'est-à-dire un bébé avec un poids de naissance supérieur à 4 kg (ou d'un bébé dont le poids de naissance est supérieur au 90e percentile pour l'âge gestationnel). Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies dans les quelques heures qui suivent la naissance, surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie fœtale.
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Il est important de noter que certaines patientes avec un diabète gestationnel sont en fait diabétiques et ne le savaient pas. Si les glycémies sont élevées sur le test de dépistage (>1,26 g/L à jeun) ou lors de la surveillance malgré un régime bien conduit, le médecin peut suspecter un diabète préexistant et demander un dosage de l'hémoglobine glyquée (Hba1c).
Après l'Accouchement
Dans la majorité des cas, le diabète disparaîtra après l'accouchement, sauf si la patiente était diabétique avant la grossesse sans le savoir. L'allaitement peut aider à réguler la glycémie après l'accouchement. Il est également important de prendre certaines habitudes alimentaires et de surveiller sa glycémie à long terme, car les femmes ayant eu un diabète gestationnel sont plus à risque de développer un diabète de type 2 dans les années suivantes.
Protocole d'Utilisation du Saccharose pour Soulager la Douleur du Nouveau-Né
Objectif et Indications
Le protocole d'utilisation du saccharose à 30% vise à diminuer, voire supprimer, la douleur provoquée par les soins chez l'enfant de moins de 3 mois. Il est indiqué lors d'effractions cutanées (ponction veineuse, injection IM, injection SC, ponction lombaire, prélèvement capillaire), de pose d'une SNG, d'aspiration rhino-pharyngée et d'ablation d'un adhésif.
Contre-Indications
Les contre-indications incluent la suspicion d'entérocolite, l'atrésie de l'œsophage, la fistule œso-trachéale (à discuter avec le médecin) et l'intolérance connue au fructose.
Matériel et Déroulement du Soin
Le matériel nécessaire comprend une seringue de 2 ou 1 ml, une tétine et la préparation de saccharose à 30%. Le jeûne n'est pas une contre-indication. Il faut préparer le matériel nécessaire au soin, installer l'enfant, déposer la solution sur la langue à l'aide d'une seringue ou d'une tétine, faire téter une tétine au bébé lors de l'administration de la solution et réaliser le soin 2 minutes après l'administration. Si besoin, renouveler l'administration après 5 minutes, car l'effet disparaît après ce délai.
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Posologie
La posologie varie en fonction du poids du nouveau-né :
- Nouveau-né < 1,5 kg : 0,20 ml
- Nouveau-né de 1,5 kg à 2 kg : 0,30 ml
- Nouveau-né de 2 kg à 2,5 kg : 0,50 ml
- Nouveau-né de 2,5 kg à 3 kg : 1 ml
- Nouveau-né de 3 mois ou > 3 kg : 2 ml
La répétition sur 24 heures est de 6 à 8 fois chez le nouveau-né à terme, et de 4 fois chez le prématuré.
Remarques Importantes
En l'absence de solution de saccharose à 30%, il est possible d'utiliser du glucose à 30%. Les études prouvent qu'il existe une synergie d'action entre l'administration de saccharose et la succion tétine. L'efficacité de cette association est supérieure à l'utilisation d'une tétine seule ou du saccharose seul. Il est important de noter que ce n'est pas uniquement le sucre qui agit sur la douleur, mais le processus de succion qui influence la libération d'endorphines.
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