Introduction
La pandémie de COVID-19 a engendré une crise économique mondiale, touchant de nombreux secteurs, dont l'agriculture. La filière viande bovine, issue des troupeaux allaitants, a particulièrement souffert des perturbations des marchés et des baisses de prix. Face à cette situation, le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a mis en place un dispositif de compensation financière pour soutenir les éleveurs de bovins allaitants. Cet article se propose d'analyser en profondeur l'impact de la crise, les mesures de soutien mises en œuvre, et les perspectives d'avenir pour ce secteur crucial de l'économie agricole française, notamment en Bourgogne-Franche-Comté.
Impact de la Crise Sanitaire sur la Filière Bovine
La crise économique engendrée par la crise sanitaire du Covid-19 a impacté les débouchés de la filière viande bovine issue de troupeaux allaitants. Les cotations de la viande de jeunes bovins et des mâles maigres en vif (broutards) ont connu une baisse importante sur la période d’avril 2020 à mars 2021 du fait de l’encombrement des marchés. Ces fortes baisses des prix de vente des broutards et jeunes bovins ont pesé sur les revenus de l’ensemble des systèmes d’exploitation bovin allaitant (naisseurs spécialisés, naisseurs engraisseurs et engraisseurs spécialisés).
Baisse des Prix et Encombrement des Marchés
Les prix des bovins, maigres comme gras, sont actuellement sujets à des variations sans précédent. En effet, jusqu’en 2020, les cotations sont relativement stables, avec des variations annuelles régulières. A partir de 2021, une importante augmentation des cours se produit sur toutes les catégories (en maigre comme en gras) jusqu’à juillet 2022, où les cours retrouvent une certaine stabilité. Au cours de cette courte période, les prix des animaux ont augmenté de plus de 30 % pour presque toutes les catégories, voire de 40 % à 55 % pour les vaches de réforme en raison de l’augmentation de la demande en viande hachée liée à la COVID et aux confinements successifs. Enfin, depuis mai 2024, les cotations ont de nouveau bondit pour les bovins maigres, surtout mâles.
Difficultés Spécifiques Rencontrées par les Éleveurs
Les éleveurs de bovins allaitants ont subi de plein fouet la crise, notamment ceux qui vendaient des broutards et des jeunes bovins. La baisse des prix a réduit leurs marges et mis en péril la viabilité économique de leurs exploitations.
Mise en Place d'un Dispositif de Compensation Financière
Aussi, le Ministère en charge de l’Agriculture et de l’Alimentation a décidé de mettre en place, pour les élevages de bovins allaitants, un dispositif de compensation des préjudices financiers induits par les effets de la pandémie de Covid19. Ce dispositif est piloté par FranceAgriMer et doté d’une enveloppe nationale de 60 millions d’euros. L’aide consiste en la prise en charge d’une partie de la perte économique, sur la base d’un forfait par animal vendu au cours de la période d’avril 2020 à mars 2021.
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Modalités et Critères d'Éligibilité
L’aide forfaitaire est estimée respectivement à 41 € et à 52 € par broutard et par jeune bovin éligible.Pour être éligibles, les exploitations doivent répondre à plusieurs critères :
- Être constituées en tant qu’exploitant agricole, GAEC, EARL, ou autre personne morale ayant pour objet l'exploitation agricole.
- Être immatriculées au répertoire SIREN de l’INSEE par un numéro SIRET actif au moment du dépôt de la demande d’aide et au jour du paiement.
- Présenter au moins 10 animaux éligibles (bovins mâles de race allaitante, mixte ou croisés âgés de 7 à 24 mois vendus entre le 01/04/20 et le 31/03/21).
- Être le dernier propriétaire pendant plus de 120 jours des animaux vendus pour lesquels l’aide est demandée.
- Être éligibles à l’aide couplée aux bovins allaitants au titre de la campagne 2020 ou pouvant démontrer un chiffre d’affaires issu de l’atelier bovin viande d’au moins 60 % du chiffre d’affaires total du dernier exercice clos.
- Justifier un revenu disponible par unité de travail non salarié inférieur à 11 000 € au titre du dernier exercice clos après le 01/04/2020.
Documents Requis pour la Demande d'Aide
Pour constituer un dossier de demande d'aide, les éleveurs doivent fournir les documents suivants :
- Un relevé d’identité bancaire (RIB) au nom du demandeur. En cas de procédure collective, le dossier doit comporter une note du mandataire précisant à qui doit être fait le paiement, le cas échéant le RIB du mandataire devra être fourni.
- Une attestation comptable (établie par un centre de gestion agréé, un expert-comptable ou un commissaire aux comptes identifié, pour le compte du demandeur en utilisant le modèle-type en annexe) faisant état du revenu disponible pour l’année 2020 (dernier exercice clos après le 01/04/2020). Pour les demandeurs non éligibles à l’aide aux bovins allaitants, l’attestation comptable devra aussi comporter le chiffre d’affaires issu de l’atelier bovin viande et le chiffre d’affaires total pour l’année 2020.
- Une attestation comptable du nombre d’UTANS par exploitation (chefs d’exploitation).
- Une attestation sur l’honneur devra être fournie par l’exploitant pour déclarer le nombre d’UTANS relatif aux aides familiales ou conjoint collaborateur.
Pour les récents installés pour lesquels l’année 2020 est incomplète, le revenu disponible par UTANS sur un an sera extrapolé sur la base des pièces comptables justificatives disponibles. Le cas échéant, le plan d’entreprise (PE) devra être joint à la demande. Le prix prévisionnel de vente des animaux prévu dans le PE pourra être comparé au prix réel payé et permettra l’extrapolation du revenu disponible pour 2020. Pour les exploitants ne disposant pas de comptabilité (nouveaux installés sans PE ou micro-BA sans comptabilité), le bénéfice imposable sera utilisé pour évaluer le revenu disponible 2020.
Procédure de Dépôt et Date Limite
Les dossiers doivent être déposés et validés au plus tard le 15 septembre 2021 à 12 heures. Une Foire Aux Questions sera disponible sur le site de FranceAgriMer - le service économie et politique agricole de la DDT reste disponible pour tout renseignement.
Le Secteur Bovin Allaitant en Bourgogne-Franche-Comté
L’élevage bovin allaitant domine largement l’ouest de la Bourgogne-Franche-Comté. En 2024, le nombre de bovins allaitants toutes catégories confondues s’élève à 1 263 000 têtes en Bourgogne-Franche-Comté, soit environ 71 % du cheptel bovin régional (allaitant et laitier). Ainsi, la majeure partie du cheptel régional est concentrée sur la Saône-et-Loire (42 %), la Nièvre (24 %) et la Côte-d’Or (15 %).
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Répartition Géographique et Évolution des Effectifs
Sur le plan de l’évolution des effectifs globaux, malgré une diminution régulière du nombre d’exploitations agricoles élevant au moins 10 bovins allaitants, les effectifs totaux d’animaux restent relativement stables entre 2010 et 2017. La Bourgogne-Franche-Comté compte ainsi en moyenne sur cette période 520 000 vaches allaitantes pour 1,39 millions de têtes au 1er janvier. Cela a été permis grâce à une augmentation du nombre d’animaux par exploitation, passant de 50 à 59 Vaches (de 133 à 156 têtes) sur cette période, pour les exploitations avec plus de 10 animaux. Cependant, la croissance du cheptel par exploitation ralentit entre 2018 et 2025, voire se stabilise autour de 59 vaches reproductrices (pour 159 têtes) tandis que le nombre d’exploitations continue à décroître régulièrement. Les départements pour lesquels la diminution du cheptel total est la plus importante sont la Nièvre (- 14,3 %) et la Saône-et-Loire (- 11,8 %), soit les départements où le cheptel total ainsi que le cheptel par exploitation est le plus important. Au 31 décembre 2023, 7 035 exploitations de la région détiennent au moins une vache allaitante, ce qui correspond à une diminution de 8 % par rapport à 2020. En ne prenant en compte que les exploitations comptant 10 vaches ou plus, les cheptels allaitants des exploitations de la région comptent en moyenne 75 vaches allaitantes au 1er janvier 2025, pour un total de 164 têtes, toutes catégories confondues. En France, à titre de comparaison, ces valeurs sont respectivement de 52 vaches et 103 têtes. Les départements dont les exploitations possèdent en moyenne les cheptels les plus importants sont la Nièvre (90 vaches pour 212 têtes au total) et la Saône-et-Loire (83 vaches pour 197 têtes), tous deux très spécialisés dans la production de bovins viande.
Diversité des Modèles Agricoles
Concernant la répartition de la taille des cheptels, il y a là encore une importante différence de modèle agricole entre les deux anciennes régions. D’une part, 76 % des exploitations comptant 10 bovins allaitants ou plus se trouvent sur les départements bourguignons, regroupant ainsi 79 % des animaux de la région. D’autre part, la répartition des tailles des cheptels de ces exploitations sont radicalement différentes. En effet, du côté franc-comtois, plus de la moitié des exploitations (54 %) comptent moins de 50 bovins viande, soit 40 % des animaux de l’ancienne région. De même, les exploitations avec entre 50 et 100 bovins viande représentent 20 % des exploitations. Par comparaison, les exploitations avec un cheptel allaitant de plus de 300 têtes ne représentent que 4 % des élevages de bovins viandes franc-comtois. Du côté bourguignon, la tendance est inversée. Si la taille des cheptels est distribuée de manière plus homogène (environ autant d’exploitations avec 10 à 50 bêtes qu’avec 200 à 300 bêtes, et qu’avec plus de 300 bêtes), cela conduit à un cheptel global majoritairement détenu par les grosses exploitations.
Taux de Chargement et Utilisation des Surfaces Fourragères
En termes de chargement des surfaces fourragères, les petites régions agricoles (PRA) de Bourgogne-Franche-Comté subissent une pression très hétérogène. Toute production confondue, les taux de chargement bovins les plus élevés (plus de 1,4 Unité Gros Bétail par hectare de surface fourragère - UGB/ha) se retrouvent essentiellement au Nord et à l’Ouest de la région, et en-dehors des principaux bassins d’élevage, laitiers comme allaitants. A contrario, des chargements faibles sont plutôt observés dans les PRA d’élevage laitier au Sud-Est de la région, correspondant au massif du Jura (départements du Doubs et du Jura), dont le taux de chargement passe sous 1,1 UGB/ha.
Le taux de chargement est le rapport entre la somme des UGB (Unité Gros Bétail) et la surface fourragère d’un même territoire. L’ensemble des animaux de l’espèce bovine sont ainsi convertis en UGB, une UGB étant l’équivalent pâturage d’une vache laitière produisant 3000 kg de lait par an sans complément alimentaire concentré.
Abattage et Commercialisation
En 2024, la Bourgogne-Franche-Comté compte 13 abattoirs traitant les bovins, dont 2 abattant exclusivement cette espèce, situés à Venarey-les-Laumes (21) et à Cuiseaux (71). Toutefois, l’abattoir de Migennes (89) a cessé l’abattage d’ovins en 2025 et est à présent lui aussi mono spécifique bovin. Au total, les abattoirs de la région ont traité 104 000 tonnes équivalent carcasse (TEC) de bovins, soit 8 % de l’ensemble des abattages bovins français. 71 % des animaux abattus sont issus de races allaitantes ou croisées (79 % en tonnage). La moitié (52 % du tonnage) des animaux gras sortant des exploitations de Bourgogne-Franche-Comté est abattue dans un établissement se trouvant également dans la région.
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La mise en marché des bovins produits en Bourgogne-Franche-Comté est assurée par divers opérateurs reconnus, coopératifs ou privés. Quatre organisations de producteurs commerciales (OPC) interviennent sur le territoire régional : FEDER et sa filiale Feder-Eleveurs Bio, Sicarev Coop, Franche-Comté Elevage. Trois marchés aux cadrans ou de gré à gré viennent compléter l’offre de mise en marché régionale. En 2024 la région a exporté près de 163 000 bovins de 6 à 18 mois, destinés à l’engraissement, dont 70 % de mâles, majoritairement vers l’Italie. Dans l’ensemble les effectifs exportés sur l’année 2024 ont subi une baisse de 5,8 % au regard de 2023. L’érosion observée depuis quelques années sur les exports de mâles comme de femelles est à mettre en relation avec le phénomène de décapitalisation du cheptel allaitant.
Flux de Sortie des Animaux
Pour les bovins femelles, toute catégorie d’âge confondue, la majorité des sorties d’exploitation est à destination des abattoirs (38 % de l’ensemble des sorties). Sont surtout concernées les génisses de 3 à 6 mois (56 % des animaux de cette tranche d’âge) et les vaches de plus de 2 ans, et à plus forte raison celles de plus de 3 ans (respectivement 52 % et 60 % de la tranche d’âge). Les sorties à destination d’un autre élevage (engraissement, renouvellement, prêt, pension…) représentent quant à elles 30 % de l’ensemble des sorties, et sont une part significative des mouvements à tous les âges, notamment pour les jeunes femelles de moins de 3 mois (47 % des sorties, contre 19 à 38 % pour les bêtes plus âgées). La troisième cause de sortie des élevages pour les femelles est l’export hors du territoire national, comptant pour 20 % de toutes les sorties.
Pour les mâles, les importances des sorties sont inversées. La première destination des animaux mâles est l’export, représentant 40 % des sorties totales. Là encore, ce sont les bovins de 10 à 14 mois qui sont le plus concernés (66 % des sorties de la tranche d’âge). Les mouvements à destination d’un autre élevage comptent pour 30 % des sorties totales. Ce sont surtout les animaux très jeunes (moins de 3 mois) et entre 6 et 10 mois qui font l’objet de ces mouvements (respectivement 47 % et 46 %). Les autres tranches d’âges sont moins concernées par les mouvements inter-élevages que les femelles (entre 15 % et 30 % des sorties par tranche d’âge). Enfin, les abattages représentent 20 % des sorties totales pour les mâles. Comme pour les femelles, les animaux de 3 à 6 mois sont relativement nombreux à partir à l’abattoir (61 %).
Situation Économique des Éleveurs
En Bourgogne-Franche-Comté, le résultat courant médian des éleveurs spécialisés en bovins viande (OTEX 4600) s’élève à 27 113 € en 2023. La moitié des exploitations se trouvent entre 10 642 et 82 923 € de résultat courant. A titre de comparaison, entre 2005 et 2022, le résultat médian s’élève en moyenne à 26 321 €, oscillant entre 18 000 et 40 000 € à la valeur de 2023, avec toutefois une tendance à la baisse. Cependant, les années 2022 et 2023 ont affiché les plus importants écarts interquartiles, avec respectivement 45 000 et 40 000 €, contre environ 30 000 € en moyenne.
Signes de Qualité et Agriculture Biologique
- L’AOC Bœuf de Charolles est reconnue en 2010 par le Ministère de l’Agriculture puis l’AOP en 2014 par l’Union Européenne. Elle concerne 155 communes couvrant la moitié du département de Saône-et-Loire, une partie du département de la Loire, la partie sud-est du département de la Nièvre ainsi qu’une commune du département du Rhône.
- L’IGP Charolais de Bourgogne reconnue en 2017 par l’UE concerne 617 élevages en 2024, pour 493 animaux et 227 tonnes de viande sous cette démarche.
- L’association pour la défense de l’élevage Traditionnel en Bourbonnais des animaux de boucherie (ADET) gère le label rouge Bœuf Charolais du Bourbonnais. En 2023, 1580 producteurs sont habilités sur la région à produire sous deux signes de qualité Label Rouge « Viande bovine de race Charolaise ».
En 2024, le nombre d’exploitations élevant des vaches allaitantes en Agriculture Biologique s’élève à 480 unités en Bourgogne-Franche-Comté pour un total de 22 579 vaches nourrices (dont 3 061 en conversion). En 14 ans, ce nombre d’exploitations a plus que doublé et le nombre de vaches a été multiplié par presque 2,5. Cette évolution n’est pas linéaire sur la période. Ainsi un pic de conversion a été atteint en 2016, en raison de la crise agricole et l’attractivité des aides à la conversion. Ensuite le mouvement se ralentit et alterne avec de bonnes et de mauvaises années. Terr.
La ferme spécialisée « type bovins viande AB » diffère légèrement suivant les départements : les cheptels (en effectif moyen de vaches allaitantes) les plus importants se trouvent en Bourgogne et en Haute-Saône, en premier la Saône-et-Loire avec 65 têtes ; en surface, les exploitations les plus grandes sont en Côte-d’Or, mais avec une part dédiée aux prairies permanentes réduite. La Haute-Saône se démarque par une part d’exploitations bio supérieure à la moyenne régionale. Entre 2023 et 2024, à l’instar de la dynamique régionale, le nombre de fermes AB peine à se maintenir dans l’Yonne et la Saône-Loire et diminue pour les autres départements ; quant au cheptel, seules la Saône-et-Loire et la Haute-Saône progressent. Si l’élevage allaitant AB résiste, notamment dans les fermes pour lesquelles c’est la production principale, la plus faible dynamique de conversion remarquée ces dernières années ne permet plus de compenser les arrêts. La première cause de ces arrêts est la dé-certification (60 %). En effet, le différentiel de prix (payé aux producteurs) de la viande bovine bio avec la conventionnelle est faible (+ 14 cts/kg en vache allaitante AB). En outre, les cours AB peinent à suivre la hausse des cours du conventionnel, ce qui décourage de nombreux éleveurs. En outre, les GMS ont fortement réduit leur offre bio, avec impact fort sur la consommation de viande Bio (- 10 % au regard de 2023).
Impact de la Maladie Nodulaire Contagieuse (DNC)
Terr. La DNC a été détectée en France, pour la première fois, le 29 juin 2025 en Savoie. Cette maladie virale fortement préjudiciable à la santé des bovins conduit à des pertes de production importantes du cheptel infecté. Les zones réglementées ne peuvent être levées que 45 jours après le dépeuplement du dernier foyer dans la zone. Elles passent alors en « zone vaccinale ». La stratégie sanitaire de lutte contre la DNC a porté ses fruits en région AURA, où il n’y a plus aucun foyer épidémique depuis le début du mois de septembre, ainsi qu’en région Bourgogne Franche-Comté (dernier foyer confirmé le 28 novembre 2025 dans le Doubs). Cette situation favorable a permis le passage en zone vaccinale de tous les départements de la région AURA, facilitant les mouvements vers la zone indemne. La situation reste évolutive en région Occitanie, avec deux foyers confirmés en Ariège les 31 décembre et 02 janvier.
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