Les premières règles, également appelées ménarche, sont un événement important dans la vie d'une adolescente. Elles marquent le début de la puberté et de la capacité biologique du corps à accueillir un enfant. C'est un moment qui peut être difficile pour les jeunes filles, tant sur le plan physique que psychique, en raison des tabous qui entourent les règles et des bouleversements qu'elles induisent.

Qu'est-ce que les règles ?

Les règles, ou menstruations, sont un phénomène naturel qui se produit chez les jeunes filles à la puberté, dès que leur corps devient capable de procréer, et qui se répète jusqu'à la ménopause. Chaque mois, l'utérus se prépare à une éventuelle grossesse en fabriquant davantage de muqueuse utérine (l'endomètre). Si aucune grossesse ne survient, cette muqueuse est éliminée, ce qui provoque un écoulement de sang vaginal.

Cet écoulement de sang vaginal est le principal symptôme des règles. Le sang peut être rouge vif, brun foncé ou rosâtre, et le flux peut être léger, moyen ou abondant. Les premiers jours, il est possible de ressentir des douleurs abdominales, des tiraillements et des crampes. Ces maux, habituellement dus aux contractions de l'utérus pendant les règles, peuvent être ressentis dans le dos ou dans le bas du ventre. Les maux de tête, la fatigue, les douleurs au niveau des seins, les ballonnements et les sautes d'humeur font aussi partie des symptômes qui peuvent se manifester.

À quel âge surviennent les premières règles ?

Chez les jeunes filles, les menstruations surviennent pour la première fois entre 8 et 16 ans. Aujourd'hui, l'âge moyen est de 12 ans et demi. Cependant, l'âge peut varier d'une adolescente à une autre. En effet, l'apparition de la ménarche dépend de plusieurs facteurs, tels que la génétique, la santé, le poids, l'alimentation et autres.

Plusieurs signes pubertaires peuvent indiquer que les premières règles sont proches. La croissance des seins ainsi que l'apparition de bourgeons mammaires font partie des premiers signes annonciateurs de la ménarche, qui apparaît généralement deux ans après. Quelques mois avant les premières règles, il est possible que des pertes blanches ou jaunâtres, dont l'une des fonctions principales est de nettoyer le vagin, apparaissent.

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Il est important de noter que l’âge moyen des premières règles a diminué au cours des deux derniers siècles. Sans doute proche de 16 ans vers 1750, il est descendu à près de 15 ans vers 1850 puis 13 ans en 1950. En 1994, les premières règles arrivent, en moyenne, à l’âge de 12,6 ans. Cette tendance est attribuée notamment à l'amélioration de l'alimentation. Cependant, à la fin du XXe siècle, l’âge moyen aux premières règles s’est stabilisé entre 12,5 et 13,5 ans dans plusieurs pays, comme les Etats-Unis ou le Japon.

Il est également intéressant de noter que les jeunes filles vivant dans les régions françaises les plus ensoleillées ont leurs premières règles trois ou quatre mois plus tôt que celles qui résident dans le nord. L’exposition aux UV pourrait donc modifier les taux de certaines hormones impliquées dans la survenue des règles.

Toutefois, lorsque les premières menstrues ne sont pas apparues à l’âge de 16 ans, il est conseillé de consulter un ou une gynécologue.

Comment gérer les premières règles ?

Les premières menstruations peuvent être une source d’angoisse pour les jeunes filles, surtout si elles n’ont pas les bonnes informations ou si elles n’ont pas les réponses aux questions qu’elles se posent. Il est important d’avoir à portée de mains des protections hygiéniques (sac d’école, sac de sport, etc.) afin de ne pas être prise au dépourvu.

Pendant les menstrues, il faut veiller à changer de protection hygiénique aussi régulièrement que le demande le type de protection utilisée (6 à 12h en fonction des culottes menstruelles, 4 à 6h pour les serviettes hygiéniques jetables, etc.). Il est également important d’avoir une bonne hygiène, notamment au niveau des mains (surtout si l’on opte pour des tampons, des cups…) et intime.

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Dans certaines familles, les menstruations sont un sujet tabou. Il est recommandé de parler des règles et de la puberté avec les filles avant l’âge de 8 ans. Il n’est pas forcément nécessaire de faire un cours magistral à son enfant sur les menstrues.

Les premières menstruations peuvent être abondantes, mais ce n’est en général pas le cas. Au contraire, elles sont très souvent légères et ne ressemblent pas à du sang à cause de leur aspect marron. Il arrive souvent que les premières règles ne soient pas douloureuses, ce qui peut d’ailleurs changer par la suite. Il arrive même qu’aucun symptôme n’annonce l’arrivée des règles. Pour autant, cela n’est pas toujours le cas et certaines ados ont des douleurs (bas ventre, maux de tête, etc.).

Les premières menstrues sont souvent peu abondantes et de couleur marron foncé. Cela peut être déroutant, car elles ne ressemblent parfois pas à l’idée que l’on se fait des règles. C’est pour cela qu’il est important d’être bien informée afin de ne pas être étonnée ou stressée.

Quelles protections hygiéniques choisir ?

Il existe sur le marché plusieurs types de protections hygiéniques adaptées aux jeunes :

  • La culotte menstruelle : Excellente alternative aux protections hygiéniques jetables, la culotte menstruelle est un sous-vêtement absorbant, confortable et réutilisable. Elle est conçue pour contenir le flux menstruel. Les culottes menstruelles ont plusieurs niveaux d’absorption. Fines, douces et faciles à porter, elles épousent très bien les formes et sont invisibles sous les vêtements. Cette protection est réputée pour réduire les risques d’irritations et d’allergies. Par ailleurs, la culotte menstruelle est écologique et économique. En effet, elle peut être lavée et utilisée à nouveau pendant plusieurs années.
  • Le maillot de bain menstruel : Inventé dans la lignée des culottes menstruelles, il permet, contrairement aux culottes, de se baigner sereinement tout au long de son cycle. Absorbante et facile à utiliser, cette protection possède un adhésif qui se colle au niveau de la culotte, afin de bien rester en place.
  • La serviette hygiénique jetable : La serviette hygiénique jetable est disponible en différentes tailles et offre divers degrés d’absorption.
  • La serviette hygiénique lavable : Ces serviettes hygiéniques sont lavables et réutilisables : elles sont donc une option écologique et économique, en plus d’être saines pour la santé.
  • Le protège-slip : Ils sont semblables à des serviettes hygiéniques, la seule différence étant qu’ils sont ultra-fins. Ils s’utilisent les jours où le flux menstruel est très léger ou pour absorber des pertes vaginales.
  • Le tampon : Ce sont des petits bouchons cylindriques jetables conçus avec un matériau absorbant. Cette protection est dite interne car elle s’insère dans le vagin pour absorber le flux menstruel. Elle comporte un cordon qui permet de la retirer facilement. Le tampon est disponible en plusieurs formats (il existe notamment des formats “mini” pour les premières utilisations) et degrés d’absorption. Certains modèles sont dotés d’un applicateur, qui permet une insertion plus facile, et d’autres non. Le tampon doit être changé toutes les 4 à 6 heures (parfois moins), pour les mêmes raisons que les serviettes hygiéniques jetables. Les tampons, comme les serviettes jetables, ont parfois des composants toxiques, il faut donc veiller à opter pour des protections saines. Ce type de protection, comme pour toutes les options internes, fait courir un risque de choc toxique (SCT), qui est rare mais peut être dangereux.
  • La coupe menstruelle : Aussi appelée « cup », la coupe menstruelle est un petit réceptacle souple en forme de cloche, qui existe en différentes tailles. Cette protection faite de silicone ou de caoutchouc s'insère dans le vagin pour recueillir les saignements menstruels. Elle est souvent équipée d’une petite tige qui permet de la retirer facilement. C’est une option écologique et économique, mais qui est interne et nécessite un soin particulier pour l’entretien. Cette protection périodique n’est généralement pas choisie lors des premières règles.

Le kit premières règles

Il existe des kits premières règles qui contiennent tout le nécessaire pour accompagner les jeunes filles à l’arrivée des premières règles. Conçu pour être pédagogique, préventif et ludique, le kit premières règles permet aux parents d’aborder le sujet des règles auprès de leur fille plus facilement, notamment dans le cas où leur louloute serait gênée d’en parler ! Fabriqué en France, il comprend un guide qui explique tout (rédigé en collaboration avec des professionnels de santé), un calendrier menstruel pour suivre son cycle et des protections hygiéniques 100 % bio et adaptées pour les jeunes filles. Le tout, dans une jolie trousse que votre louloute pourra mettre dans son sac pour être prête le jour J !

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Comment parler des règles à votre enfant ?

Le bon âge auquel en parler, c’est tout simplement l’âge auquel les questions surviennent. De la même manière que pour les questions qui touchent à la sexualité, les enfants n’ont pas toujours la maturité pour appréhender concrètement ce que cela implique. Ils pourraient mal interpréter ou être choqués. On peut donc expliquer des choses sur les règles, à cet âge, seulement s’il y a une question et sans entrer dans les détails si l’enfant ne le demande pas.

On peut dire par exemple : « Les règles, c’est du sang qui coule et c’est quelque chose de naturel qui arrive quand on est grande et qui signifie qu’on peut avoir des bébés. C’est important de préciser que les enfants ne peuvent pas avoir de bébé.

On peut demander à notre enfant si elle en a déjà entendu parler, si ça l’intéresse, si ça l’inquiète. Il est important aussi de s’assurer que l’enfant a envie d’en parler. Cela peut être très intrusif d’en parler spontanément car le sujet n’est pas évident et reste encore tabou. Mais c’est important que vos enfants sachent que vous êtes disponible pour en parler dès que c’est nécessaire. Vous pouvez lui dire tout simplement : « Si tu veux qu’on en parle, je suis là pour toi.

Pour les adultes, l’important est de créer un contexte où soi-même, on n’est pas gêné de parler de ce sujet et où on est assez informé pour l’aborder. En effet, on se rend compte, en tant qu’adulte, à quel point on peut être ignorant sur cette question ! Je dirais par exemple que lorsque l’on est une personne adulte, avec des organes à l’intérieur de notre corps qui permettent de porter et de mettre au monde un enfant : un utérus, des ovaires, un vagin, une vulve (qui est la partie visible des organes génitaux), on a aussi quelque chose qui s’appelle les règles. Dans les ovaires, il existe des petites cellules, les ovocytes. Et quand on devient grand, un ovocyte va se préparer chaque mois pour être prête à la fécondation. Alors la cellule femelle (l’ovocyte), se prépare, grandit et voyage dans l’utérus. Contextualiser : quand il est difficile pour certaines personnes d’avoir des enfants, il arrive que cette rencontre ait lieu à l’extérieur du corps, c’est alors une procréation médicalement assistée : on provoque la rencontre en laboratoire puis on remet les cellules dans l’utérus. Mais comme pour les filles, on s’assure d’abord du consentement des enfants : « Est-ce que tu es d’accord pour qu’on en parle ? Quand on donne les équivalents chez les filles et les garçons, on lutte contre la stigmatisation des règles. On comprend simplement qu’on est des êtres sexués et qu’un certain nombre de choses participent à la reproduction.

L'impact des règles à l'école

L'association Règles Élémentaires a mené une enquête auprès de 1 000 jeunes filles qui ont entre 11 et 18 ans et a constaté que l’âge moyen des premières règles avait pas mal baissé, à 12 ans et 2 mois en moyenne. En moyenne, les jeunes filles ont leurs règles pour la première fois à 12 ans et deux mois, soit cinq mois plus tôt qu'il y a 30 ans. Aujourd'hui, 80% des filles ont leurs règles avant 13 ans, c'est-à-dire avant la classe de 5e, et 20% dès l'école primaire.

L'association dénonce notamment l'inadaptation des établissements scolaires sur un sujet relevant pourtant "de la question de l’égalité". Plus de la moitié (53%) des adolescentes de plus de 15 ans ont déjà manqué l'école à cause de leurs règles. Un quart des jeunes filles déclarent même que les règles ont freiné leur progression scolaire.

L'association organise des ateliers de sensibilisation "en mixité car on estime que les garçons ont aussi leur rôle à jouer. On va déconstruire toutes les idées reçues sur les règles. On a beaucoup d’élèves qui nous disent 'mais les règles c’est sale, ça pue'. On leur apporte de l’information, sur les protections périodiques et on leur dit aussi que ce n’est pas normal d'avoir mal quand on a ses règles, que parfois ça peut être l’objet de pathologie. On leur dit qu’il faut en parler.

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