La circoncision, une des interventions chirurgicales les plus anciennes, est couramment pratiquée pour des raisons médicales ou religieuses. Cet article vise à répondre aux questions les plus répandues sur le sujet, en abordant sa définition, ses motifs, l'âge idéal pour sa réalisation et les risques potentiels.

Qu'est-ce que la circoncision ?

La circoncision, également nommée posthectomie, est un acte chirurgical durant lequel on enlève totalement ou en partie le prépuce, c'est-à-dire la peau qui recouvre le gland du pénis. Cette intervention est réalisée sous anesthésie et ne dure normalement que quelques minutes. Elle n’est pas systématique. D’après les chiffres de l’OMS en 2009, plus de 30% de la population masculine adulte mondiale aurait pratiqué une circoncision.

Pourquoi avoir recours à la circoncision ?

La circoncision a souvent une connotation religieuse. Pourtant, ce n’est pas la seule raison qui pousse à la pratiquer.

  • Motifs médicaux : La circoncision peut être réalisée pour motif médical, notamment en cas d’infections récurrentes du pénis que les mesures d’hygiène ne parviennent pas à régler, de douleurs ou maladie de peau au niveau du prépuce, ou lors d’un phimosis, c'est-à-dire lorsque l’ouverture du prépuce est trop étroite pour laisser passer le gland, rendant le décalottage impossible. Dans le cadre médical, la circoncision présente plusieurs indications : un phimosis (incapacité à rétracter le prépuce sur le gland, ce qui peut entraîner des douleurs ou des infections), un paraphimosis (le prépuce rétracté reste coincé derrière le gland, provoquant des douleurs et une pression excessive), des infections urinaires récurrentes (la circoncision peut réduire le risque d’infections urinaires chez les nourrissons et les jeunes garçons), des balanites répétées (inflammations du prépuce ou du gland, souvent causées par des infections bactériennes ou fongiques).
  • Hygiène et convenance personnelle : La circoncision peut aussi être pratiquée pour des raisons d’hygiène et de convenance personnelle, bien que cette situation soit plus répandue dans les pays anglo-saxons plutôt qu’en France.
  • Raisons religieuses : Enfin, la circoncision est souvent réalisée dans le cadre des religions juives et musulmanes. Alors qu’elle est pratiquée normalement dès le 8ème jour de vie dans la communauté juive, elle peut se dérouler jusqu’à l’adolescence chez les musulmans. Dans le judaïsme, la circoncision est communément appelée « brit milah ». Ces deux mots signifient « alliance » et « coupure ». Le geste réfère à une alliance à Dieu, comme celle d’Abraham dans l’Ancien Testament : Dieu lui demande de se faire circoncire lorsqu’il est âgé de 99 ans. Il fera également circoncire ses fils, Ismaël, alors adolescent, et Isaac, peu après sa naissance. Sauf avis médical contraire, la circoncision doit être effectuée huit jours après la naissance. La maman venant d’accoucher, c’est au père d’organiser la cérémonie. L’incision est le plus souvent effectuée par un Mohel expérimenté (circonciseur) ou un pédiatre. La position du bébé est aussi importante. Durant l’opération, la coutume veut que l’enfant repose sur les genoux du Sandaq, un « sage ». Généralement, il s’agit du grand-père paternel. Dans le judaïsme, la circoncision est un rite sanglant, lié au serment. C’est aussi l’expression de la fertilité du garçon et une manière de le faire entrer dans la société. Très répandue dans le monde musulman, la circoncision, appelée « khitan », n’est pas une obligation dans l’Islam, contrairement à la croyance populaire. « Ce n’est pas un commandement, mais plutôt une incitation traditionnelle. Il s’agit de l’adhésion des textes judéo-chrétiens », souligne Patrick Banon. Ce rituel a presque toujours été pratiqué dans le monde arabe. C’était un rite de passage à l’adolescence, qu’on effectuait en même temps que les fiançailles ou le mariage d’une sœur. On peut ainsi considérer que la circoncision actuelle dans le monde arabo-musulman est un mariage entre cette tradition ancienne et l’héritage d’Abraham, l’un des plus importants prophètes pour les musulmans. Dans la culture musulmane, les enfants sont en général circoncis entre 4 et 13 ans, avant la puberté.

Quel est l’âge idéal pour une circoncision ?

Il n’existe pas d’âge idéal pour la circoncision qui justifie d’une raison médicale. Elle peut être pratiquée tout au long de la vie. Néanmoins, elle est rarement justifiée chez les plus jeunes. Le phimosis est considéré comme normal chez les moins de 5 ans et la situation se résout souvent spontanément. Il n’est pas conseillé d’opter pour la circoncision avant l’âge de 6 ou 7 ans, sauf si des complications surviennent, telles que des infections, douleurs ou si le prépuce empêche d’uriner correctement. Certains parents sont réticents à une circoncision précoce, ils craignent que l’opération soient source de douleurs et de complications, néanmoins, l’expérience montre sans ambiguïté que l’âge idéal de la circoncision est de 7 à 21 jours. En effet plus votre bébé sera proche de sa naissance, c’est a dire durant les premières semaines de vie, et plus il sera très réceptif à tous les moyens mis à disposition pour pallier à ladouleur. Sauf nécessité médicale, pour pratiquer la circoncision il vaut mieux attendre que l’enfant ait atteint l’âge de 1 an, moment où il sera plus mature sur le plan physiologique. En attendant, s’il fait des infections urinaires ou des balanites (infections du gland) pour cause de phimosis, le pédiatre pourra le mettre sous traitement antibiotiques ou corticoïdes.

Un adulte peut-il se faire circoncire ?

Comme il n’y a pas d’âge limite à la circoncision, un adulte peut se faire circoncire. Généralement, cela est justifié par un motif médical comme un phimosis, ou des infections récurrentes qui rendent difficilement possible le décalottage du gland sans douleur.

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Quels sont les avantages de la circoncision ?

Plusieurs enquêtes réalisées auraient montré que la circoncision pourrait diminuer les probabilités de transmettre le VIH de la femme à l’homme, notamment car la face interne de la muqueuse, particulièrement perméable, est diminuée de surface. Ces conclusions ont été jugées convaincantes par l’OMS. Des résultats positifs auraient été également relevés pour les infections à papillomavirus, à chlamydia ainsi que pour l’herpès. Néanmoins, la circoncision seule n’est pas suffisante pour se protéger des infections sexuellement transmissibles et ne remplace en aucun cas l’usage du préservatif. L’opération s’inscrit dans un ensemble de mesures de prévention contre le VIH. Enfin, la circoncision préviendrait les risques d’infections urinaires chez le bébé. La posthectomie contribuerait à la réduction du risque de transmission de certaines IST, y compris le papillomavirus et le VIH.

Existe-t-il des risques liés à la circoncision ?

Cette opération couramment réalisée est souvent banalisée, mais il existe tout de même quelques risques de complications, bien qu’ils soient extrêmement rares. Les complications sont d’autant plus exceptionnelles quand l’intervention est pratiquée sur les nouveaux-nés. Parmi les risques, on peut observer :

  • un saignement de la plaie après l’opération ;
  • une infection ;
  • une ablation d’une trop grande surface de la peau ;
  • une perte de sensibilité lors des rapports sexuels si un nerf a été touché ;
  • des effets secondaires liés aux mesures médicales et médicaments pris pour soulager la douleur.

Si vous constatez ces effets secondaires après votre opération, ou que la douleur est importante et dure dans le temps, il est nécessaire de contacter votre professionnel de santé dès que possible. Bien que la circoncision offre de nombreux avantages, elle comporte également certains inconvénients et risques de complications pour l'homme circoncis : des douleurs (des douleurs légères à modérées peuvent être ressenties au cours des premiers jours suivant l’intervention, mais elles seront efficacement soulagées par l’administration de médicaments analgésiques), des risques de complications pendant ou suite à l'opération (s’ils restent rares, des risques de complications existent, comme des infections, un processus de cicatrisation compliqué, un hématome postopératoire…), un impact sur la vie sexuelle (certains patients rapportent une perte de sensibilité lors des rapports sexuels, même si ces témoignages restent peu nombreux).

Comment se passe l’opération ?

L’opération chirurgicale est généralement réalisée en ambulatoire, c'est-à-dire que la personne opérée ne passe pas sa nuit à l’hôpital, elle est opérée le jour de son arrivée et repart chez elle dans la journée. Après un examen médical avec présence de l’urologue et de l’anesthésiste, plusieurs options d’anesthésie sont envisageables :

  • anesthésie générale ;
  • anesthésie loco-régionale (possibilité d’anesthésie dans la région rachidienne)
  • anesthésie locale, peu réalisée chez l’adulte, par injection directement sur le pénis.

L’opération dure environ 30 minutes. Elle consiste à retirer l’intégralité du prépuce du gland (posthectomie), ou à réaliser une incision sur l’extrémité du prépuce à l’endroit le plus serré (plastie préputiale).

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Combien de temps pour se remettre d’une circoncision ?

La cicatrisation après circoncision demande entre deux semaines et un mois, et les points de suture réalisés se résorbent d’eux-mêmes. La cicatrisation après une la pratique de la circoncision est plus rapide chez les bébés et les enfants pour lesquels il faudra compter entre 7 à 10 jours pour un complet achèvement du processus, sans traitement particulier de la zone génitale. Chez les adultes, la guérison prend généralement entre 2 et 4 semaines. Pour assurer une bonne cicatrisation et éviter les infections, il est essentiel de suivre les conseils des professionnels de santé, et de programmer des rendez-vous avec urologues ou chirurgiens. La douleur postopératoire varie en fonction de l’âge et du type de procédure employée pour l'ablation du prépuce. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, la douleur est généralement faible et se résorbe en quelques jours. A l'âge adulte, la douleur peut durer de 3 à 7 jours, et des douleurs résiduelles pourront persister pendant quelques semaines. En cela, le suivi médical est essentiel pour contrôler le bon déroulement du processus de cicatrisation. Après une circoncision, on laisse la compresse en place (enduite de lubrifiant) pendant 24 heures. Il est possible qu’un hématome apparaisse, mais il faut être très vigilant vis-à-vis d’une potentielle infection au niveau de la cicatrice. Si l’enfant a de la fièvre, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou pédiatre. La cicatrisation requiert donc des soins locaux pendant quelques jours, puis il faut patienter 2 à 4 semaines afin de ne plus ressentir de gêne. Les fils de suture tombent normalement d’eux-mêmes en quelques semaines. Si les douches sont possibles, les bains sont déconseillés avant la cicatrisation complète.

Les soins du penis non-circoncis

Pour les enfants n’ayant pas le pénis circoncis, il est conseillé d’attendre plusieurs années pour que le prépuce puisse se rétracter de lui-même. C’est un processus qui peut prendre du temps, et il ne faut en aucun cas le forcer. Lorsqu’il est bébé, il faut prendre le temps de laver la zone génitale sans forcer le coulissement du prépuce, puis de lui apprendre à reproduire les gestes. Avec le temps, il peut y avoir l’apparition de smegma. Ne retirez que le smegma qui apparaît au bout du prépuce, sans tenter d’enlever celui se situant sous le prépuce (quand il n’est pas encore en mesure d’être décalotté). Lorsque le prépuce peut se rétracter, vous pouvez apprendre à votre enfant à nettoyer son gland sous le prépuce tous les jours.

Les soins du penis circoncis

Après l’opération, la cicatrisation nécessite jusqu’à un mois. Durant cette période, des douleurs peuvent être ressenties et votre urologue peut vous prescrire des antalgiques pour la soulager. Durant toute la période de cicatrisation, il convient d’éviter les sports à impact ou de contact, les douches trop chaudes, les longs bains, ainsi que les rapports sexuels. De même, pendant les premiers jours, il est recommandé de porter des vêtements amples pour éviter les frictions et risques d’irritation. Contactez votre professionnel de santé si une complication apparaît.

Circoncision rituelle vs. Circoncision médicale

Il est important de distinguer les chirurgies de réparation d’une anomalie constatée et pérenne des chirurgies dites rituelles qui, en l’absence d’anomalie du prépuce, ne pourront être prises en charge par la sécurité sociale. La circoncision rituelle est pratiquée pour des raisons coutumières ou d’appartenance ethnique ou religieuse.

Circoncision et Infections Sexuellement Transmissibles (IST)

La circoncision contribuerait à la réduction du risque de transmission de certaines IST, y compris le papillomavirus et le VIH. Le sujet et ses conclusions divisent toutefois la communauté médicale. L’ONUSIDA a ainsi mis en place une campagne de sensibilisation, particulièrement dans des pays d’Afrique subsaharienne, à la suite d’études révélant que la circoncision réduit de 60 à 70 % les risques de transmissions du Sida.

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Prix d'une circoncision

Lorsqu’elle est pratiquée pour motifs médicaux, la circoncision coûte environ 120 € (hors dépassement d’honoraire si secteur 2). Pour que ce tarif soit applicable, l’intervention doit être préconisée par un chirurgien urologue. Dans ce cadre, le patient concerné pourra bénéficier d’une prise en charge de l’Assurance maladie à hauteur de 80 % du tarif conventionné de base, pour l'opération. En revanche, le coût d’une circoncision dite de confort ou esthétique devra être assumé en totalité par le patient. Les prix pratiqués dans ce cas précis varieront en fonction de l’établissement, du praticien et du type d’intervention.

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