L'allaitement maternel est une période spéciale, mais elle peut parfois s'accompagner de douleurs et d'inconforts nécessitant la prise de médicaments. L'ibuprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) couramment utilisé, suscite souvent des interrogations quant à sa sécurité pendant l'allaitement. Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur l'utilisation de l'ibuprofène pendant l'allaitement, en s'appuyant sur les recommandations médicales et les données scientifiques disponibles.

Qu'est-ce que l'ibuprofène ?

L'ibuprofène est un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) largement utilisé pour soulager la douleur, réduire l'inflammation et faire baisser la fièvre. Il est disponible sous différents noms commerciaux tels que Advil, Nurofen et Spifen, et peut être obtenu avec ou sans ordonnance, selon le dosage.

Indications de l'ibuprofène chez la femme qui allaite

Les gynécologues prescrivent fréquemment l'ibuprofène aux femmes qui allaitent pour diverses raisons, notamment :

  • Douleurs post-partum : Après l'accouchement, l'ibuprofène peut soulager les douleurs liées à l'épisiotomie ou à une déchirure périnéale. Il agit sur l'œdème et l'inflammation, contribuant ainsi à réduire l'inconfort.
  • Mastite : L'ibuprofène est indiqué en cas de mastite, un engorgement du sein causé par le lait, entraînant douleur et inflammation.
  • Autres douleurs : L'ibuprofène peut également être utilisé pour traiter d'autres types de douleurs, telles que les maux de tête, les douleurs dentaires ou les douleurs musculaires.

L'ibuprofène est-il sûr pendant l'allaitement ?

Selon le Pr Deruelle, « L’ibuprofène, comme le paracétamol, est une molécule ancienne que l’on connaît bien et que l’on donne assez facilement aux femmes qui allaitent ».

La quantité d'ibuprofène qui passe dans le lait maternel est très faible, environ 1 % de la dose prise par la mère. Par conséquent, le risque pour l'enfant allaité est considéré comme minime.

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Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT) indique que « la quantité d’ibuprofène ingérée par le lait est très faible : l’enfant reçoit moins de 1% de la dose pédiatrique usuelle (20 à 30 mg/kg/j). Au vu des données disponibles sur l’ibuprofène et l’allaitement, son utilisation est possible en cours d’allaitement, quelle que soit la voie d’administration. En cas d’utilisation sur les seins, on nettoiera la peau avant chaque tétée. »

Comment prendre l'ibuprofène pendant l'allaitement ?

Il est préférable de consulter un médecin avant de prendre de l'ibuprofène pendant l'allaitement, afin qu'il puisse évaluer la situation et prescrire le dosage approprié. La posologie classique est de 400 mg, à prendre toutes les 6 à 8 heures si nécessaire, sans dépasser 3 comprimés par jour et 5 jours de traitement. Les comprimés doivent être avalés avec un grand verre d'eau, de préférence pendant les repas pour limiter les troubles digestifs. Toutefois, en cas de douleurs aiguës, la prise à jeun assure un effet plus rapide.

Précautions et contre-indications

Bien que l'ibuprofène soit généralement considéré comme sûr pendant l'allaitement, certaines précautions doivent être prises :

  • Allergie : Ne pas utiliser en cas d'antécédents d'allergie à l'ibuprofène ou à d'autres AINS, y compris l'aspirine.
  • Problèmes gastro-intestinaux : L'ibuprofène peut provoquer des troubles digestifs tels que des brûlures d'estomac, des nausées, des vomissements ou des diarrhées. Il est déconseillé en cas d'antécédents de saignement digestif ou d'ulcère.
  • Maladies rénales, hépatiques ou cardiaques : L'ibuprofène est contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque grave.
  • Interactions médicamenteuses : L'ibuprofène peut interagir avec d'autres médicaments, notamment les anticoagulants, les antiagrégants plaquettaires, le lithium et le méthotrexate. Informez votre médecin ou votre pharmacien de tous les médicaments que vous prenez.
  • Hypertension artérielle : Une surveillance clinique est nécessaire, dès le début de traitement en cas d'HTA.

Ibuprofène et grossesse : une contre-indication formelle

Il est crucial de noter que l'ibuprofène est strictement contre-indiqué pendant la grossesse, en particulier à partir du 6e mois. La prise d'AINS pendant la grossesse expose l'enfant à naître à des effets néfastes (malformations cardiaques et pulmonaires, mauvais fonctionnement des reins…) qui peuvent avoir des conséquences graves, voire fatales. L'ibuprofène peut provoquer une fermeture prématurée du canal artériel, entraînant une insuffisance cardiaque chez le fœtus et même la mort in utero.

Alternatives à l'ibuprofène

Si l'ibuprofène est contre-indiqué ou mal toléré, le paracétamol est une alternative possible pour soulager la douleur et la fièvre pendant l'allaitement. Le CRAT considère que l'utilisation du paracétamol est possible en cours d'allaitement. D'autres méthodes non médicamenteuses, telles que la méditation, l'étirement ou la relaxation, peuvent également aider à soulager la douleur.

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Informations complémentaires

Il est important de lire attentivement la notice du médicament et de respecter les doses recommandées. En cas de doute ou d'effets indésirables, consultez un médecin ou un pharmacien.

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