Introduction
L'École d'Auxiliaire de Puériculture de Bron, située dans la banlieue lyonnaise, a joué un rôle crucial dans la professionnalisation des métiers de la petite enfance. Cet article explore les témoignages et les parcours d'anciennes élèves, en particulier celles de la promotion 1951-1952, afin de comprendre les enjeux de cette formation et les normes de genre qui y étaient véhiculées. En s'appuyant sur des archives exceptionnellement conservées, nous allons reconstituer le parcours de formation des premières élèves et analyser comment elles s'appropriaient les savoirs institutionnels.
L'École de Bron: Un Centre de Formation Pionnier
L'École de Bron a ouvert ses portes en 1948, un an après le décret du 13 août 1947 qui a établi les diplômes de puéricultrice et d'auxiliaire de puériculture. Créée au sein du foyer départemental de l’enfance du Rhône, elle accueillait des enfants de la naissance à l’adolescence. L'école formait environ une centaine d’auxiliaires de puériculture par an, dont la plupart étaient logées à l’internat. Pendant la décennie étudiée, l’École était dirigée par une femme, Madame Fabry, infirmière et éducatrice spécialisée. La formation durait un an, dont dix mois étaient consacrés aux stages pratiques, effectués auprès des enfants du foyer pour la majorité, de jour comme de nuit. Les cours théoriques portaient sur l’anatomie d’un nourrisson, l’accompagnement des mères à l’allaitement, les soins d’hygiène, la nutrition des jeunes enfants, l’éveil, et les soins à administrer aux enfants malades.
Profil Sociologique des Premières Élèves
Afin de comprendre l'archétype du public visé et intéressé par la formation, il est essentiel d'examiner le profil sociologique des premières élèves de l'École de Bron. La promotion 1951-1952 était exclusivement féminine, bien que la profession ne soit pas explicitement féminine dans ses statuts. Tous les documents administratifs portaient la mention « Mlle » et s’adressaient à une « candidate », la question du genre féminin étant posée comme une évidence.
L'École précisait sa volonté de recruter des femmes « jeunes », et la revue d’orientation professionnelle Avenirs indiquait en 1953 que l’admission aux écoles d’auxiliaires de puériculture était réservée aux femmes âgées de 18 à 35 ans. À Bron, le règlement ne mentionnait pas d’âge limite, contrairement à d’autres écoles, mais l’élève la plus âgée ayant 34 ans, on peut supposer que le recrutement adoptait l’âge maximal de 35 ans. Un tiers des élèves avaient moins de 20 ans, près de la moitié avaient entre 20 et 25 ans et 7 plus de 25 ans. Dans le contexte particulier de l’après-guerre, marqué par le phénomène du baby-boom, on observe une baisse de l’activité salariée des femmes à partir de 25 ans, âge d’une première maternité pour la majorité et de l’arrêt d’une activité.
Les professions du père et de la mère des élèves étaient également révélatrices. Pour la promotion 1951-1952, sur 43 cases renseignées, huit pères travaillaient dans le milieu agricole, huit étaient ouvriers, sept employés et six artisans ou commerçants. Du côté des mères, sur les 42 cases renseignées, on comptait neuf cultivatrices, quatre employées, trois ouvrières et deux ménagères. Environ un cinquième des élèves étaient issues de familles monoparentales, ou avaient deux parents décédés ou absents, signe d’une situation modeste. Les élèves des années 1950 étaient donc issues des classes populaires ouvrières et agricoles ou des petites classes moyennes, pour celles dont les parents occupaient des emplois de bureau.
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Parcours Scolaires et Expériences Professionnelles
En 1950, l’école primaire était obligatoire jusqu’à 14 ans. 26 élèves sur 59 avaient obtenu le Certificat d’études primaires (CEP) en 1950, ce qui correspondait à la moyenne observée. Dix élèves avaient suivi des cours en centre ménager ou centre d’apprentissage et sept des cours complémentaires, deux avaient fréquenté un collège technique et deux un lycée. 14 élèves sur 59 étaient en possession d’un autre diplôme que le CEP, cinq d’entre elles avaient le BEPC et quatre un CAP. Les parcours scolaires des élèves s’effectuaient presque exclusivement dans l’enseignement primaire et les diplômes obtenus attestaient la réussite de formations professionnelles réalisées dans les écoles nationales professionnelles, en centres d’apprentissage, ou dans des instituts ménagers. Néanmoins, pour la majorité d’entre elles, l’entrée à l’École de Bron constituait la première prolongation après le cycle primaire. Compte tenu de l’âge des entrantes, on constate une interruption des scolarités, durant laquelle les jeunes femmes travaillaient.
Sur les vingt-quatre élèves qui indiquaient leurs anciennes activités, seize avaient déjà travaillé auprès d’enfants ou comme aide à domicile, quatre étaient employées (secrétaire et employée de banque ou de magasin), deux ouvrières, et deux autres travaillaient dans le milieu agricole. Parmi elles, cinq occupaient le même emploi qu’un de leurs parents.
Apprentissage des Normes Affectives et Émotionnelles
La formation d’auxiliaire de puériculture invitait les élèves à définir leur rôle de professionnelles de la petite enfance en devenir. Le dévouement apparaissait comme une qualité centrale des actrices de la petite enfance. Dévouées, mais aussi « aimantes », « tendres », exerçant leur métier par « vocation », les élèves adoptaient les postures et les qualités que traduisent les discours sur leur futur métier.
L'École rappelait en 1991 sa volonté de figurer comme une « aide à la qualification et à l’emploi des jeunes femmes d’un niveau scolaire faible issues en partie d’un milieu rural qui constituent une catégorie vulnérable au regard de l’emploi ».
Témoignages d'Anciennes Élèves et Leur Parcours Post-Formation
De nombreux témoignages d'anciennes élèves du CNFDI (Centre National de Formation à Distance) illustrent l'impact positif de ces formations sur leur carrière et leur développement personnel. Ces témoignages mettent en lumière la diversité des parcours et des aspirations des élèves, ainsi que la manière dont la formation les a aidées à atteindre leurs objectifs.
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- Angélique D. a trouvé un emploi dans la filière de la petite enfance grâce au programme du CAP petite enfance.
- Leslie C. a obtenu son diplôme et remercie le CNFDI pour ses tomes complets et très précis, ainsi que pour avoir toujours su répondre à ses questions.
- Dominique D. a également obtenu son diplôme pour le CAP petite enfance et remercie tous les professeurs et le personnel du centre pour leur accueil.
- Elodie B. souligne la pédagogie pratique et l'enseignement sérieux du CNFDI. Elle a revalorisé son CV grâce à la formation et trouvé un stage grâce à sa nouvelle qualification.
- Céline G. a réussi le concours d'entrée dans les écoles d'auxiliaires de puériculture et a trouvé sa formation très intéressante.
- Christel B. a également réussi son concours d'entrée dans les écoles d'auxiliaires de puériculture, à l'école Rockefeller à Lyon.
- Josiane D. apprécie les cours très bien expliqués et l'aide du devoir de synthèse.
- Noémie R. a suivi les cours du CNFDI afin de passer le CAP petite enfance qu'elle a obtenu en juin.
- Marie Karine G. souligne la précision et l'écoute des conseillères, ainsi que la clarté des cours de négociation commerciale et la précision des corrections.
- Céline D. apprécie les cours très bien faits, faciles à lire et à comprendre, ainsi que l'accueil et la correction des devoirs.
- Sylvie H. et Laetitia L. ont obtenu leur CAP en Juillet.
Ces témoignages mettent en évidence l'importance de la formation dans l'acquisition de compétences professionnelles et la réussite des concours d'entrée dans les écoles spécialisées. Ils soulignent également la qualité de l'enseignement et l'accompagnement personnalisé offert par les centres de formation.
D'autres témoignages d'anciens élèves de l'Année lumière mettent en avant les bénéfices de cette expérience sur leur orientation et leur développement personnel:
- Une élève est actuellement en Bachelor 1 de psycho à Genève et souhaite devenir chercheur en psychologie.
- Une diplômée d'un DN-Made en design graphique est aujourd'hui artiste auteur.
- Un élève est en école de commerce à l'ESSCA et effectue un stage chez Cegid.
- Un élève est à 3iS Lyon en première année d'ingénieur son.
- Un élève est en école de commerce à Eductive EDBS dans le campus Sciences-U à Sans-Soucis.
- Un élève s'épanouit dans la charcuterie et commencera un apprentissage en septembre.
- Un élève a effectué un BTS Tourisme en alternance et est aujourd'hui en Nouvelle Zélande en « permis vacances travail ».
- Un élève est en formation BPJEPS Animation Social en apprentissage à Lyon.
- Une élève est désormais en étude à Paris au Cours Florent.
- Un élève a quitté son école d'ingénieurs pour rejoindre l'iaelyon et se former à l'analyse des chiffres. Il a ensuite été embauché en CDI chez Renault Trucks à Lyon comme Data Analyst.
- Un élève va faire un CAP pâtissier en 1 an à Paris et fera son alternance dans le restaurant de Pierre Sang.
- Un élève est aujourd'hui directeur artistique indépendant, spécialisé dans les expériences interactives pour le web.
- Une élève est actuellement étudiante en 3è année de médecine à la Faculté de médecine de Lyon Est.
- Une élève est actuellement en 1ère année à l'université Lumière Lyon 2 à Bron.
Ces témoignages illustrent la diversité des parcours possibles après une formation et l'importance de l'orientation et de l'accompagnement personnalisé pour aider les élèves à trouver leur voie.
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