L’accouchement est un moment unique et intense, oscillant entre douleur et joie, où la future maman doit mobiliser toutes ses ressources pour donner naissance à l'enfant qu'elle a porté pendant neuf mois. Cet article propose un aperçu complet de l'accouchement, abordant les aspects physiologiques, les différentes options disponibles, la gestion de la douleur et le soutien émotionnel.
Les différentes phases de l'accouchement
L'accouchement se déroule généralement en trois phases principales :
- Le travail : Cette phase est marquée par des contractions utérines régulières qui provoquent la dilatation du col de l'utérus. Le travail est divisé en trois sous-phases :
- Phase de latence : Contractions irrégulières et peu intenses, dilatation du col jusqu'à 3-4 cm.
- Phase active : Contractions plus fortes et régulières, dilatation du col de 4 à 7 cm.
- Phase de transition : Contractions très intenses et rapprochées, dilatation du col de 7 à 10 cm (dilatation complète).
- L'expulsion : Cette phase commence lorsque le col est complètement dilaté et se termine avec la naissance du bébé. La mère ressent le besoin de pousser pour aider le bébé à descendre dans le bassin et à sortir.
- La délivrance : Cette phase correspond à l'expulsion du placenta et des membranes.
Les différentes options d'accouchement
Aujourd'hui, les femmes ont le choix entre plusieurs options pour leur accouchement, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.
Accouchement vaginal
L'accouchement vaginal est le mode d'accouchement le plus courant. Il se déroule par les voies naturelles et peut être réalisé avec ou sans péridurale.
Césarienne
La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le bébé en pratiquant une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère. Elle est généralement pratiquée en cas de complications médicales, telles qu'une présentation par le siège, un travail qui ne progresse pas ou une souffrance fœtale. Certaines femmes peuvent également choisir une césarienne programmée pour des raisons personnelles.
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Accouchement naturel ou physiologique
Le souhait d’un accouchement moins médicalisé a aujourd’hui le vent en poupe. De nombreuses mamans souhaitent accoucher dans un environnement de naissance plus propice à la physiologie. L'accouchement naturel ou physiologique vise à respecter le processus naturel de la naissance en limitant les interventions médicales. Il peut se dérouler à la maison, en maison de naissance, en plateau technique ou en salle nature à l'hôpital.
- Maisons de naissance: En France, les maisons de naissance sont apparues en 2016. Destinées aux projets d’accouchements physiologiques, les maisons de naissance n’administrent pas de péridurale. Elles sont aménagées pour favoriser un environnement intime et naturel, avec des équipements tels que baignoires, lianes de suspension, bouillottes, balles de Pilates, créant une atmosphère propice à l’accouchement naturel. Si accoucher en maison de naissance vous séduit, ne tardez pas à vous inscrire car malheureusement, il n’existe que huit maisons de naissance en France en 2024. Les places sont chères (à tout point de vue).
- Plateau technique: Le plateau technique offre une autre alternative intéressante en cas de projet de naissance naturel. Il désigne une salle d’accouchement située dans une structure hospitalière et mise à disposition des sages-femmes libérales. Pour y accéder, vous devez donc être suivie par une sage-femme qui louera la salle pour votre accouchement. Malgré son nom peu chaleureux, le plateau technique offre une atmosphère douce et intime, semblable à une pièce de maison. Le coût d’un accouchement en plateau technique varie entre 500 et 900 euros, couvrant l’astreinte de la sage-femme et la location de la salle.
- Salles nature: Face à la demande croissante des femmes pour des accouchements plus « naturels », de nombreuses maternités ont créé des chambres plus physiologiques appelées « salles nature ». Les salles nature sont aménagées avec du mobilier non médicalisé, comme des sofas, de grands lits, des ballons, des coussins ou encore des lianes pour se suspendre. Certaines disposent même de grandes baignoires pour se relaxer. Un des grands avantages de la salle nature est qu’elle est intégrée aux maternités. Cela permet de profiter d’un environnement plus propice à une naissance physiologique tout en ayant la possibilité de changer d’avis et de demander une péridurale. Le seul bémol des salles natures est qu’elles sont encore trop rares et que la demande surpasse l’offre. Rien ne garantit donc qu’elle soit disponible à votre arrivée. Cependant, il est parfois possible d’aménager une salle de naissance « classique » pour la rendre plus physiologique : ballon, tapis, stores baissés, lumière tamisée, etc.
- Accouchement à domicile (AAD): Enfin, la dernière option pour un accouchement moins médicalisé est l’accouchement à domicile. En France, c’est pratique est autorisée mais non encadrée par une législation spécifique. Trouver une sage-femme libérale pratiquant l’AAD. La grossesse doit être à bas risque, sans pathologies influençant l’accouchement. Prévoir un transfert en maternité en cas de complications, avec des moyens de transport disponibles. Bien entendu, avoir le projet d’accoucher à domicile n’exempte pas de suivi médical. Généralement, la sage-femme présente lors de l’accouchement assure le suivi tout au long de la grossesse. Les mères qui choisissent l’accouchement à domicile vantent les bénéfices d’accoucher dans un environnement familier et rassurant, propice au lâcher-prise nécessaire lors de l’accouchement.
La gestion de la douleur
L'accouchement est souvent associé à la douleur, mais il existe différentes méthodes pour la gérer.
Méthodes non pharmacologiques
Ces méthodes comprennent :
- La relaxation : Techniques de respiration, visualisation, méditation.
- Le massage : Soulage les tensions musculaires et favorise la relaxation.
- L'hydrothérapie : Bains chauds, douches, immersion dans l'eau pour soulager la douleur.
- L'acupuncture et l'acupression : Stimulent des points spécifiques du corps pour réduire la douleur.
- Le mouvement et le changement de position : Aident à soulager la pression et à favoriser la progression du travail. Marie-Hélène Lahaye, l’autrice de “Accouchement: les femmes méritent mieux”, se bat depuis plusieurs années pour que les mères puissent reprendre le contrôle de ce moment clé de leur vie qu’est l’accouchement. Parmi ses combats, elle rappelle que la position dite “gynécologique” n’est pas la plus efficace ni la moins douloureuse. Cette position “est aberrante au niveau physiologique, écrit-elle sur son blog, puisqu’elle ne fait pas profiter au fœtus des effets de la gravité. Elle ralentit l’accouchement et augmente le risque de complications. Elle est surtout très douloureuse et inconfortable pour la femme qui accouche. Pourtant, cette position est devenue la norme en Occident. Elle a été imposée aux femmes par et pour des hommes. En 1663, Louis XIV a convaincu son médecin Mauriceau d’imposer cette position à sa maîtresse Louise de la Vallière pour qu’il puisse observer la naissance de son enfant en se tenant caché derrière un rideau. L’œuvre de Mauriceau a par la suite été traduite en anglais par Chamberlen qui répandit cette position dans le monde anglo-saxon. Avec la généralisation des accouchements à l’hôpital, cette position à plat dos a continué de présenter un avantage indéniable en terme de confort… pour l’obstétricien. Aujourd’hui, les femmes continuent d’être maintenues couchées sur le dos sous l’effet de la péridurale.” La Haute Autorité de la Santé, dans ses recommandations de bonnes pratiques visant à un “accouchement normal” publiées en 2017 rappelle qu’au Royaume-Uni, selon le NICE (l’Institut National pour la Santé), “il existe un haut degré de preuve quant au fait que la position allongée sur le dos lors du second stade du travail augmente le risque d’extraction instrumentale, augmente la douleur et pourrait augmenter le taux d’anomalies du rythme cardiaque fœtal. Il n’y a pas de différence concernant le taux de périnée intacte. Il existe également un haut niveau de preuve indiquant que la posture du ‘quatre pattes’, lors du second stade du travail, diminue la douleur rapportée par les patientes sans effet délétère sur le devenir maternel ou néonatal”. Selon l’OMS, toutes les femmes devraient avoir la possibilité de choisir la position dans laquelle elles veulent accoucher.
Méthodes pharmacologiques
- La péridurale : Anesthésie locale qui bloque la douleur dans la partie inférieure du corps.
- Les analgésiques : Médicaments qui soulagent la douleur, mais peuvent avoir des effets secondaires.
Le soutien émotionnel
L'accouchement est un événement émotionnellement intense. Il est important d'avoir un soutien émotionnel adéquat pendant le travail et après la naissance.
Le rôle du partenaire
Le partenaire joue un rôle essentiel en offrant un soutien émotionnel, physique et pratique à la mère. Il peut l'encourager, la masser, l'aider à se détendre et à prendre les bonnes décisions.
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Le rôle de la doula
Une doula est une accompagnante à la naissance qui offre un soutien émotionnel, physique et informationnel à la mère et à son partenaire avant, pendant et après l'accouchement. Elle ne pratique aucun acte médical, mais elle peut aider la mère à se sentir plus en confiance et à mieux gérer la douleur.
Le soutien des professionnels de santé
Les sages-femmes, les obstétriciens et les autres professionnels de santé sont là pour assurer la sécurité de la mère et du bébé. Ils peuvent également offrir un soutien émotionnel et répondre aux questions de la mère.
Les complications possibles
Bien que la plupart des accouchements se déroulent sans problème, des complications peuvent survenir.
Complications pour la mère
- Hémorragie post-partum : Saignement excessif après la naissance.
- Infection : Infection de l'utérus, de la plaie de césarienne ou du périnée.
- Déchirure périnéale : Déchirure des tissus entre le vagin et l'anus.
- Dépression post-partum : Trouble de l'humeur qui survient après la naissance.
- Traumatismes liés à l'accouchement: Des complications médicales, une césarienne en urgence ou un mauvais ressenti durant l’accouchement… Donner naissance à un bébé peut parfois se transformer en un événement particulièrement choquant pour la mère. Actuellement en France, peu de prises en charge spécifiques aux traumatismes déclenchés suite à l’accouchement sont disponibles. Face à cette réalité, Anne Denis, maître de conférences en psychopathologie au Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie - Personnalité, Cognition, Changement Social (LIP-PC2S) de l’Université Savoie Mont Blanc et psychologue à l’Unité Troubles Émotionnels et Développementaux rattachée au Laboratoire de Psychologie et Neurocognition (LPNC), épaulée par Issam-Eddine Zrelli, ingénieur d’études au sein de ces deux laboratoires, conçoit un outil thérapeutique de réalité virtuelle. « Ce qui provoque l’anxiété chez une patiente, ce n’est pas la réalité mais son interprétation de la réalité » explique Anne Denis. « Face à une situation qu’elle juge angoissante, elle aura tendance à fuir. S’appuyant sur les principes de thérapie comportementale et cognitive, nous lui proposons de s’y confronter pour que, petit à petit, elle s’y habitue tout en réfutant les fausses croyances qu’elle a développées spontanément suite au traumatisme. Équipée de lunettes 3D et de manettes, la patiente est plongée en totale immersion dans l’univers qu’elle redoute, la salle d’accouchement. La patiente interagit en temps réel avec des environnements créés par ordinateur. « La patiente se retrouve immergée non pas en tant que spectatrice mais pleinement immergée dans le corps d’une femme enceinte. Une fois qu’elle porte les lunettes, elle voit ses mains virtuelles qui bougent et lorsqu’elle baisse la tête, elle découvre son ventre arrondi, celui d’une femme enceinte et se trouve dans une salle d’accouchement. Destiné, en premier lieu, aux professionnels de santé prenant en charge des femmes traumatisées par l’accouchement - psychologues, psychiatres, gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, psychothérapeutes - , ce dispositif leur permettra, à l’aide d’écrans d’ordinateur, de suivre l’immersion de leur patiente afin de maitriser et graduer cette exposition. « Issam s’est très rapidement passionné pour le projet, pour lequel il a développé la première salle d’accouchement virtuelle. Ensemble, nous l’avons créé de toutes pièces : l’environnement, l’avatar de la femme enceinte, etc. À la recherche de compétences et de financements pour développer ses outils, Anne s’est rapprochée de la cellule valorisation de la recherche de l’USMB. Encouragée par cette dernière, elle a participé au Challenge Out of Labs, organisé par la Société d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) Linksium. Lauréate du concours, elle bénéficie de l’expertise d’une chargée d’affaires thématique de la SATT Linksium, Gisela Schach, et du service de valorisation de l’USMB pour travailler sur le projet sur les plans technologique, propriété intellectuelle, marché, stratégie de valorisation, etc. « Dans les sciences humaines et sociales, les chercheurs peuvent penser que les services proposés par la SATT ne nous concernent pas. En tant que chercheur en sciences humaines qui mène des recherches pour le grand public, on se demande parfois si c’est convenable d’entrer dans une démarche de commercialisation. Les résultats des études de marché et des prises de contacts dans les hôpitaux et maternités ont révélé qu’une réelle demande existe de la part du corps médical. Présenté devant le Comité d’investissement de la SATT en novembre dernier, le projet a reçu un soutien financier dédié à la maturation des produits pendant 19 mois avec l’idée de créer à terme une start-up innovante. Le financement servira, entre autres, à embaucher un concepteur 3D, un ingénieur web pour améliorer l’interface virtuelle et l’application mobile.
Complications pour le bébé
- Souffrance fœtale : Manque d'oxygène pour le bébé pendant le travail.
- Présentation anormale : Bébé qui se présente par le siège ou par l'épaule.
- Prématurité : Naissance avant 37 semaines de gestation.
- Macrosomie : Bébé de poids élevé (plus de 4 kg).
Le post-partum
Le post-partum est la période qui suit la naissance du bébé. Elle dure environ six semaines et est marquée par des changements physiques et émotionnels importants pour la mère.
Changements physiques
- Contractions utérines : L'utérus se contracte pour retrouver sa taille normale.
- Lochies : Pertes de sang et de tissus qui diminuent progressivement.
- Montée de lait : Production de lait maternel quelques jours après la naissance.
- Fatigue : La fatigue est fréquente après l'accouchement.
Changements émotionnels
- Baby blues : Sentiment de tristesse et de vulnérabilité qui survient quelques jours après la naissance.
- Dépression post-partum : Trouble de l'humeur plus grave qui nécessite une prise en charge médicale.
- Joie et bonheur : L'arrivée d'un bébé est une source de joie et de bonheur immense pour la plupart des parents.
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