Introduction
L'accouchement par voie basse peut parfois nécessiter une assistance instrumentale pour accélérer le processus. Les spatules obstétricales, les forceps et la ventouse sont des instruments utilisés dans ce but. Cet article se concentre sur l'utilisation des spatules, en particulier les spatules de Thierry, et examine les études portant sur la morbidité materno-fœtale et la douleur associées à leur utilisation.
Utilisation des spatules : indications et alternatives
Lorsque l'accouchement doit être accéléré, en moyenne en une demi-heure, l'utilisation de forceps, de spatules ou de ventouses peut être nécessaire. Cela peut se produire lorsque la mère a des contractions depuis longtemps, que la tête du bébé ne descend pas, ou qu'elle se fatigue progressivement. Les forceps permettent de guider le bébé lorsqu'il n'est pas engagé. Les spatules, quant à elles, permettent d'orienter la tête du bébé jusqu'à sa sortie. La ventouse accompagne les mouvements d'expulsion de la maman, exerçant une traction supplémentaire lors des contractions.
Si l'accouchement par voie basse n'est pas possible, une césarienne peut être envisagée. Elle peut être programmée si le bébé est en siège ou pratiquée en cours de travail si l'équipe médicale l'estime préférable pour la santé de la mère et/ou du bébé. Certaines césariennes sont réalisées en urgence lorsque l'accouchement met en danger la vie de la mère et de l'enfant.
Étude sur la morbidité materno-fœtale des spatules de Thierry
Une étude prospective observationnelle a été menée au CHU de Toulouse pour évaluer la morbidité materno-fœtale immédiate des spatules de Thierry lors du premier accouchement par voie basse. L'étude a inclus des primipares ayant accouché par voie basse d'un singleton en présentation céphalique après 36 semaines d'aménorrhée entre décembre 2005 et juin 2006. Toutes les extractions instrumentales ont été réalisées à l'aide des petites spatules de Thierry.
Les critères d'évaluation étaient les complications périnéales (épisiotomie, déchirures et lésions associées, rétention d'urine, douleur à 48 heures) et la morbidité néonatale (atteintes cutanées, transfert en néonatologie, pH au cordon, score d'Apgar). Les extractions ont été comparées aux accouchements spontanés.
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Résultats de l'étude
Sur 608 primipares incluses, 195 ont eu une extraction par spatules (32 %) et 413 ont eu un accouchement par voie basse spontanée (VBS) (68 %). Il n'y a pas eu d'échec d'extraction par spatules.
Les différences significatives entre les deux groupes étaient :
- La longueur du travail.
- Le taux de variétés postérieures (12,8 % des spatules vs 1,7 % des VBS ; p<0,0001).
- Le taux d'épisiotomie (97,9 % vs 51,3 % ; p<0,0001).
- L'incidence des déchirures périnéales sévères (3,6 % vs 0,2 % ; p=0,0007).
- Les autres troubles périnéaux (douleur, hématome, rétention d'urine).
Il n'a pas été constaté de complications néonatales précoces sévères en relation avec les spatules.
Discussion et conclusions de l'étude
Les complications périnéales (déchirures sévères) observées après l'utilisation de spatules sont plus fréquentes qu'après un accouchement spontané, mais comparables à celles associées aux forceps. L'inconvénient principal est la fréquence élevée des épisiotomies, qui ne doivent cependant pas être systématiques. La morbidité néonatale est limitée. L'étude conclut que des études comparatives (spatules vs autres instruments) sont nécessaires pour confirmer ces données, mais que les spatules restent un instrument polyvalent qui doit continuer à être enseigné.
Douleur et complications potentielles
L'utilisation de forceps peut parfois provoquer de petits hématomes ou des rougeurs sur la joue ou la tempe du nouveau-né. La ventouse peut créer une bosse séro-sanguine, indolore, sur le crâne du bébé, qui disparaît généralement en quelques jours.
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En cas de césarienne, les sécrétions hormonales maternelles favorisant l'adaptation du nouveau-né à la vie extra-utérine sont interrompues. L'enfant n'a pas autant de temps pour adapter son métabolisme, en particulier son système respiratoire ou digestif. De plus, contrairement à l'accouchement par voie basse, où les poumons se vident en partie grâce à la compression du thorax lors du passage dans le vagin, l'enfant né par césarienne peut avoir des difficultés à résorber le liquide contenu dans ses poumons.
La péridurale, une technique d'anesthésie locorégionale, permet de ne pas ressentir les douleurs des contractions et peut, dans certains cas, réduire la durée de l'accouchement.
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