L'accouchement par voie basse, également désigné sous le nom d'accouchement naturel ou physiologique, est la méthode d'accouchement la plus courante, car elle correspond au processus naturel de la naissance. Cet article explore en détail le déroulement de l'accouchement par voie basse, ses différentes étapes, les conditions pour qu'il soit possible, et les alternatives comme la césarienne.

Qu'est-ce que l'accouchement par voie basse ?

L'accouchement par voie basse se définit par la naissance du bébé à travers les voies naturelles, c'est-à-dire le vagin. Il se déroule généralement entre la 37ème et la 41ème semaine d'aménorrhée.

Déroulement typique d'un accouchement par voie basse

Le travail et l'accouchement par voie basse se déroulent en plusieurs étapes distinctes :

1. Le pré-travail et la phase de latence

Plusieurs signes peuvent indiquer que l'accouchement approche. Une fois ces signes présents, il est conseillé de consulter une sage-femme ou un médecin à la maternité pour un examen clinique déterminant si le travail a commencé. Le faux travail correspond à des contractions utérines sans modification du col utérin, qui s'arrêtent spontanément.

Le travail débute par une phase de pré-travail, caractérisée par des contractions irrégulières et parfois peu douloureuses. Durant cette phase, les contractions sont plus ou moins régulières et douloureuses, mais le col se modifie peu et sa dilatation reste inférieure à 3 cm. Il peut être proposé soit un retour à domicile, soit une période de déambulation aux abords de la maternité afin d’accélérer le travail, soit une hospitalisation dans une chambre de pré-travail, le temps que le travail se mette en place. La phase de latence correspond à la période où la dilatation est généralement lente, jusqu’à 6 cm. La durée de cette phase varie d’une patiente à l’autre.

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2. La dilatation

Cette première étape démarre lorsque les contractions utérines se font régulières et rapprochées et durent entre 30 secondes et 1 minute. Ces contractions doivent être associées à une modification du col de l’utérus observée par la sage-femme grâce au toucher vaginal. Dans les faits, le col se raccourcit et s’ouvre progressivement : c’est la dilatation du col. C'est le moment des premières contractions douloureuses, qui ont pour effet dans un premier temps de raccourcir le col de l’utérus qui est habituellement long d’environ 3 cm, puis de l’ouvrir petit à petit (phase de latence) jusqu’à atteindre un diamètre de 10 cm (phase de transition). Pour un premier bébé, le col de l'utérus passe de 0 à 10 cm de dilatation avec en moyenne une ouverture d’un cm par heure. Cela peut être plus rapide pour un 2ème ou 3ème bébé.

3. L'expulsion

Une fois le col de l’utérus dilaté, il faut expulser le bébé en poussant et en s’aidant des contractions. C’est le moment de pousser sur les contractions, de façon à aider le futur bébé à traverser le vagin. Elle est d’une durée de 40 minutes maximum. L'intervention du gynécologue-obstétricien est parfois nécessaire pour faciliter la naissance du bébé. Enfin sorti de son milieu aquatique, le bébé respire. Le contact peau-à-peau est un moment privilégié entre le nouveau-né et son parent (mère ou père). Au moment où la tête et les bras de bébé sont passés, la maman sort son bébé elle-même, si elle est en état.

4. La délivrance

La dernière étape dite de « délivrance » correspond à l’expulsion du placenta. Dans les 30 minutes qui suivent la naissance du bébé, l’utérus se contracte de nouveau, le placenta se décolle et sort. Généralement, la délivrance se fait de manière tout à fait naturelle et spontanée. La sage-femme effectue l’accouchement, la délivrance du placenta et la suture périnéale si elle est nécessaire. Elle est généralement secondée par une infirmière qui aide à la surveillance des constantes maternelles (pression artérielle, fréquence cardiaque, température) et administre les médicaments prescrits par la sage-femme.

La gestion de la douleur

Il existe certainement autant de douleurs que de femmes qui accouchent. Certaines femmes préfèrent accoucher le plus naturellement possible. Dans ce cas, plusieurs techniques de préparation à l’accouchement sans douleur existent. L’entourage : être soutenue par les personnes présentes en salle d’accouchement est une source de réconfort pour la maman.

La péridurale peut être demandée par la patiente à tout moment pendant le travail. En pratique, la péridurale est une anesthésie locorégionale qui consiste à introduire un cathéter au niveau de la colonne vertébrale, dans l’espace épidural (à hauteur des vertèbres lombaires 4 et 5). Pour cela, la patiente assise ou couchée sur le coté est d’abord anesthésiée localement avant d’introduire l’aiguille entre les deux vertèbres. La péridurale peut avoir quelques effets secondaires bénins pour la maman : sensation de jambes lourdes, mal de tête, efficacité faible ou insuffisante.

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L’acupuncture et l’homéopathie peuvent être des moyens pour accélérer et faciliter le travail.

Accouchement par le siège

L’accouchement par le siège suscite beaucoup de questions chez les mamans. Est-ce dangereux ? Plus douloureux ? Existe-il des méthodes pour faire bouger bébé ? Le mode des fesses ou siège décomplété (2/3) : le bébé est plié en deux. L’accouchement par les voies naturelles d’une présentation du siège est tout à fait possible. Toutefois, cela peut dépendre de la maternité dans laquelle vous voulez accoucher. En effet, certaines programment systématiquement une césarienne surtout pour un premier bébé. Cela se discute en fonction des mesures du bassin, de la taille du bébé, de l’équipe présente et du nombre d’enfants que vous avez déjà eu. C’est une décision qui se fait au cas par cas. Certaines maternités ne font pas d’accouchement par voie basse avec un bébé en siège.

Il est possible de tourner un bébé qui arrive par le siège. Par l’acupuncture ou par moxibustion. Cette technique consiste, à appliquer des aiguilles sur les points d’energie et/ou, à faire brûler un bâton d’armoise proche de ces points (au niveau du petit orteil). Cette méthode peut aider bébé à se retourner. Par une Version par Manœuvre Externe (VME). Cette méthode se pratique aux alentours de la 37 SA. Elle consiste à aider bébé à se retourner de façon manuelle par des pressions sur l’abdomen. En cas d’échec de version, il peut vous être proposé de faire une radiopelvimétrie ou pelvi-scanner afin de mesure du bassin. Si le bébé se présente par le siège, vous ne pouvez pas accoucher chez vous ou en maison de naissance. L’expulsion du bébé en présentation du siège est généralement plus courte. Ce n’est pas pour autant plus ou moins douloureux.

Si votre bébé se présente par le siège, on pourra vous donner le choix entre une césarienne d’emblée ou essayer de retourner le bébé. Pour un accouchement en siège, la pose d’une analgésie péridurale est très fortement recommandée car elle permet d’optimiser la coopération avec l’équipe médicale. L’accouchement se déroule en présence de l’équipe médicale complète (anesthésistes, obstétriciens, sages-femmes et pédiatres). L’obstétricien pourra dans certains cas entreprendre des manœuvres pour faciliter l’accouchement.

Accouchement gémellaire

En cas de grossesse gémellaire, un accouchement par les voies naturelles est tout à fait possible et la césarienne n’est pas systématique. Votre gynécologue-obstétricien évaluera avec vous si l’accouchement par les voies naturelles est possible. En général, un déclenchement est effectué entre 37 et 39 SA si l’accouchement n’a pas eu lieu avant. L’accouchement du premier jumeau est semblable à un accouchement standard. Pour le deuxième jumeau, l’accouchement peut avoir lieu comme un accouchement normal s’il se présente tête en bas et qu’il descend facilement dans votre bassin. Si l’accouchement a lieu après 36 SA, le plus souvent vos bébés pourront rester auprès de vous après la naissance.

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Utérus cicatriciel

Vous présentez une cicatrice sur votre utérus d’origine gynécologique (par exemple ablation de fibromes) ou obstétricale (antécédent de césarienne). On parle alors d’utérus cicatriciel. Cela entraine un certain nombre de conséquences pour les grossesses et les accouchements à venir. Pour autant, la présence d’une cicatrice sur votre utérus ne constitue pas à elle seule une indication de césarienne (sauf cas particulier de cicatrice fragile). L’accouchement par les voies naturelles est possible, si certaines conditions sont réunies. Le choix du mode d’accouchement sera déterminé conjointement par vous, le médecin ou l’équipe qui vous prend en charge en fonction de différents éléments. Pendant la grossesse, vous devrez ainsi nous apporter toutes les copies de vos comptes-rendus opératoires. Ces informations sont primordiales pour décider de la voie d’accouchement (type de cicatrice sur votre utérus, complications éventuelles dans les suites opératoires). Nous nous assurerons également qu’il n’y a pas d’anomalie de la localisation placentaire (placenta recouvrant, placenta accreta). En fin de grossesse, nous vérifierons les mensurations de votre bassin par scanno-pelvimétrie (36-37 SA) et estimerons le poids de votre bébé par échographie fœtale, afin de juger des possibilités d’accouchement par voies naturelles. Si toutes les conditions sont remplies, nous vous autoriserons à accoucher par les voies naturelles.

Plus de 3 fois sur 4, la tentative d’accouchement par voie basse après césarienne est couronnée de succès. Cela évite la constitution d’une seconde cicatrice, source de problèmes ultérieurs. Les suites de l’accouchement sont plus simples, la durée du séjour plus courte. Le travail sera surveillé attentivement. Une analgésie péridurale est tout à fait possible, et même recommandée. La dilatation du col devra être régulière et harmonieuse. Le déclenchement d’une patiente ayant un utérus cicatriciel est tout à fait possible. Néanmoins, on ne déclenche une patiente avec un utérus cicatriciel que sur indication médicale (dépassement de terme par exemple) et si les conditions cervicales sont favorables, c’est-à-dire un col suffisamment mature. En cas de deux cicatrices sur l’utérus suite à 2 césariennes (utérus bi-cicatriciel) une tentative d’accouchement par voie basse peut être réalisée sous certaines conditions. L’accord dépend entre autres de l’indication des deux premières césariennes. Il vous sera donc demandé, comme précédemment cité, vos comptes-rendus opératoires.

La césarienne : une alternative

La césarienne est une technique chirurgicale qui consiste à ouvrir le ventre de la maman, ouvrir l’utérus et à sortir le bébé. Aujourd’hui, les mamans n’ont quasiment plus de cicatrice. L’accouchement par césarienne se déroule dans un bloc opératoire. Ce dernier est très rapide. Néanmoins, il faut savoir que la césarienne fatigue plus qu’un accouchement normal.

Une consultation pré-anesthésique doit être réalisée systématiquement au moins 48h avant toute intervention programmée. Vous serez hospitalisée le matin même de l’intervention, ou la veille dans certains cas particuliers (diabète antérieur à la grossesse notamment). L’intervention est réalisée dans un bloc opératoire avec des mesures d’asepsie chirurgicale. Sauf circonstances particulières, une personne peut vous accompagner lors de la césarienne. L’anesthésie est dans la grande majorité des cas de type loco-régionale (rachianesthésie). Dans certaines circonstances, une anesthésie générale est parfois nécessaire. Une incision horizontale d’environ 12cm est habituellement réalisée quelques centimètres au-dessus du pubis. Parfois, une incision verticale est requise du fait des antécédents ou de circonstances particulières. L’ouverture de l’utérus permet d’extraire l’enfant qui est confié à la sage-femme ou au pédiatre.

Les suites d’une césarienne et la durée d’hospitalisation sont un peu plus longues que celles d’un accouchement par les voies naturelles. La durée habituelle du séjour à la maternité est de 4 nuits. La douleur abdominale est habituelle, surtout les deux premiers jours. Un traitement antalgique compatible avec l’allaitement est systématiquement prescrit pour limiter ces douleurs post-opératoires. Il comporte des comprimés à avaler et des ampoules à boire. Il ne faut pas attendre la douleur pour les prendre.

La césarienne est une intervention courante dont le déroulement est simple dans la majorité des cas. Cependant, le risque d’hémorragie est augmenté en cas de césarienne par rapport à un accouchement par les voies naturelles. Dans les rares cas d’hémorragie sévère, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être nécessaire. Les lésions d’organes de voisinage de l’utérus (blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins) demeurent très rares, et nécessitent une prise en charge chirurgicale spécifique. Parfois, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peuvent survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Comme toute chirurgie, la césarienne peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de graves séquelles. Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l’opération.

Accouchement naturel ou physiologique

L’accouchement naturel ou physiologique est un accouchement réalisé dans un environnement non-médicalisé, sans intervention médicamenteuse et sous la surveillance de sages-femmes, dans le but de donner naissance de façon la plus saine et la moins artificielle possible. De plus en plus de femmes se tournent vers cette méthode d’accouchement car elle est perçue comme une expérience plus positive de l’accouchement. Vous voulez un accouchement naturel à la maison ou en maison de naissance ? D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’accouchement naturel permet d’améliorer les conditions dans lesquelles les mères donnent naissance. De plus, les mères ne vivent pas toujours très bien l’accouchement en milieu médicalisé.

L’accouchement naturel est un accouchement par voie basse durant lequel il n’y a pas d’intervention médicale. Si vous choisissez cette méthode, vous pourrez avoir un accompagnant, et une ou plusieurs sages-femmes seront là pour vous aider. L’accouchement naturel concerne les grossesses dites « physiologiques ». Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas que les femmes qui ont déjà donné naissance qui peuvent accoucher naturellement. Les sages-femmes font partie des professions médicales et sont aptes à suivre votre grossesse et à la délivrer. S’il y a des difficultés durant l’accouchement naturel, la sage-femme sera en mesure de vous aider. Durant les mois qui précèdent l’accouchement naturel, vous et l’autre parent, apprendrez différentes techniques pour gérer la douleur. Les sages-femmes vous accompagneront dans ce processus. Si vous souhaitez des retours d’expérience et des conseils, vous trouverez notamment des livres sous forme de guides de l’accouchement naturel. Par ailleurs, vous vous demandez peut-être s’il est utile de regarder des vidéos ou des photos d’accouchement naturel par voie basse, ou même des accouchements naturels en direct pour vous préparer. Cela reste à votre appréciation car cela peut être très impressionnant et ne reflète pas forcément comment chaque femme le vit. Bon à savoir : pendant l’accouchement, le cerveau sécrète des endorphines qui aident à endormir la douleur ou du moins à la rendre moins vive. Si vous êtes le partenaire, votre soutien moral sera très important au moment de l’accouchement. Si vous souhaitez avoir un accouchement naturel sur Paris ou dans d’autres régions, vous pouvez consulter la liste des maisons de naissance sur cette page. Vous pouvez également contacter les différentes maternités de votre région pour savoir si elles disposent d’une salle d’accouchement physiologique.

Risques et complications possibles

Beaucoup de médecins et de scientifiques déplorent un manque d’information sur les risques d’accouchement par voie basse. D’autres, au contraire, pensent que la pratique d’une césarienne est plus risquée pour la maman et le bébé.Comment vous y retrouver ? Un accouchement par forceps ou ventouse est possible si le bébé a du mal à sortir.Une complication de l’accouchement vaginal pour le bébé est le risque de blessure des nerfs qui envoient des signaux de la moelle épinière à l’épaule, au bras et à la main.Après la naissance, il y a un risque de douleur du périnée.Il existe aussi un risque augmenté de fuites urinaires au cours des deux années qui suivent. Une rééducation du périnée est nécessaire pour éviter ses fuites.

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