La césarienne, ou accouchement par voie haute, est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le bébé en incisant l'abdomen et l'utérus de la mère. Elle s'oppose à l'accouchement naturel ou physiologique, appelé accouchement par voie basse. Bien que fréquente, la césarienne comporte des risques et des idées reçues qu'il est important de démystifier.
Définition et généralités
La césarienne est une intervention chirurgicale pratiquée au bloc opératoire, généralement sous anesthésie loco-régionale (rachianesthésie ou péridurale), mais parfois sous anesthésie générale. Elle peut être planifiée à l'avance ou réalisée en urgence si l'accouchement par voie basse ne se déroule pas comme prévu.
En France, le taux de césariennes oscille autour de 20 %, ce qui est supérieur aux 10 % recommandés par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Césarienne itérative
Une césarienne est dite itérative lorsqu'elle est pratiquée chez une femme ayant déjà accouché par césarienne lors d'une grossesse précédente. Autrefois, une première césarienne entraînait systématiquement une césarienne itérative pour les grossesses suivantes, en raison des difficultés potentielles liées à l'accouchement avec un utérus cicatriciel.
Aujourd'hui, l'accouchement par voie basse après une césarienne est souvent envisagé, car la césarienne reste une opération chirurgicale avec des risques et des complications. La Haute Autorité de Santé (HAS) précise que "l'utérus cicatriciel n'est pas en lui-même une indication de césarienne programmée". Les antécédents obstétricaux et les comptes rendus des interventions antérieures sont pris en compte pour déterminer le mode d'accouchement le plus approprié.
Lire aussi: Accouchement Prématuré à 28 Semaines : Ce Qu'il Faut Savoir
Une césarienne itérative programmée se déroule de manière similaire à une césarienne classique. Cependant, la présence d'une cicatrice peut rendre l'intervention plus longue ou complexe. Dans certains cas, le chirurgien peut être amené à couper l'ouverture aux ciseaux plutôt qu'avec les doigts, ce qui peut entraîner une plus grande perte de sang et des douleurs plus importantes. Des complications plus rares, telles que des lésions de la vessie ou des blessures du bébé, peuvent également survenir, surtout en cas d'urgence. C'est pourquoi une césarienne itérative est souvent programmée afin d'éviter les risques liés à une césarienne réalisée en urgence après l'échec d'une tentative d'accouchement par voie basse.
Mythes et idées reçues sur la césarienne
De nombreuses idées fausses circulent au sujet de la césarienne. Il est important de les déconstruire pour mieux comprendre cette intervention et rassurer les femmes qui y sont confrontées :
- L'accouchement par césarienne n'est pas un vrai accouchement : FAUX ! L'accouchement est l'ensemble des phénomènes mécaniques et physiologiques aboutissant à l'expulsion du fœtus et de ses annexes hors de l'utérus. La césarienne est une modalité d'accouchement au même titre que la voie basse.
- On ne peut pas faire de peau à peau après une césarienne : VRAI ET FAUX ! La situation évolue et le peau à peau est de plus en plus encouragé après une césarienne. Si la mère ne peut pas le faire immédiatement en raison de son état, il peut être proposé au co-parent.
- La récupération post-partum est plus difficile après une césarienne : VRAI ET FAUX ! Chaque femme est différente. Cependant, il est vrai que le séjour à la maternité est généralement plus long après une césarienne (4 à 7 jours contre 3 jours pour un accouchement par voie basse). Des saignements vaginaux plus longs, des tiraillements au niveau de la cicatrice et une fatigue accrue peuvent également être ressentis.
- On ne peut plus accoucher par voie basse après une césarienne : FAUX ! Cela dépend de la raison de la première césarienne et de l'état de l'utérus. Après trois césariennes, une tentative d'accouchement par voie vaginale est généralement déconseillée.
- La rééducation du périnée est inutile après une césarienne : FAUX ! La grossesse affaiblit le périnée, même en cas de césarienne. La rééducation périnéale est donc essentielle.
Raisons et avantages de la césarienne
La césarienne est envisagée lorsque l'accouchement par voie basse est jugé dangereux ou impossible. Elle peut être programmée ou réalisée en urgence.
Raisons d'une césarienne programmée :
- Présentation du bébé par le siège ou en position transverse.
- Bassin de la mère trop étroit par rapport à la taille du bébé.
- Grossesse multiple avec complications prévisibles.
- Antécédents de plusieurs césariennes.
- Macrosomie fœtale (poids du bébé supérieur à la moyenne).
- Diabète insulinodépendant mal équilibré ou affection virale transmissible au bébé par voie vaginale (sida, herpès).
- Placenta prævia (placenta mal placé).
Avantages d'une césarienne planifiée :
- Connaissance de la date de l'accouchement.
- Meilleure organisation, notamment pour la garde des aînés.
- Possibilité de se renseigner et de se préparer à l'intervention.
Raisons d'une césarienne non programmée :
- Travail qui ne progresse pas ou plus du tout.
- Ralentissement dangereux du rythme cardiaque fœtal.
- Décollement du placenta.
- Position dangereuse du bébé.
- État de santé préoccupant de la mère.
Risques de la césarienne
Comme toute intervention chirurgicale, la césarienne comporte des risques, notamment pour la mère :
- Lésions accidentelles d'organes voisins de l'utérus.
- Hémorragie (pouvant nécessiter une transfusion).
- Infection.
- Embolie pulmonaire.
- Détresse respiratoire.
- Hypothermie.
- Déséquilibre du microbiote intestinal.
Déroulement d'une césarienne programmée
Avant l'intervention, une préparation est nécessaire :
Lire aussi: Solutions pour le ventre après la grossesse
- Être à jeun.
- Pas de maquillage ni de vernis à ongles.
- Pas de bijoux.
- Rasage du pubis.
- Douche avec savon antiseptique.
Pendant l'opération :
- Installation sur la table d'opération, les bras en croix et les pieds attachés.
- Pose du champ opératoire.
- Intervention de l'anesthésiste, puis du gynécologue.
- Incision au-dessus des poils du pubis.
- Extraction du bébé (parfois avec une pression sur le ventre).
- Présentation du bébé, si la situation le permet.
- Soins au bébé dans une autre salle, avec le co-parent.
- Retrait du placenta et sutures.
- Surveillance de la mère et du nouveau-né en salle de réveil pendant 2 heures.
- Administration d'un traitement anti-douleur et d'un anticoagulant.
La durée d'une césarienne est d'environ une heure, la suture étant l'étape la plus longue.
Préparation psychologique et "to do list"
Il est important de se préparer psychologiquement à une césarienne, même si elle n'était pas prévue. Les cours de préparation à la naissance restent utiles, car ils abordent de nombreux sujets liés à la naissance et à la parentalité. Il est également essentiel de discuter avec l'équipe médicale et de poser toutes les questions nécessaires.
Voici une "to do list" pour bien vivre sa césarienne :
- S'informer sur le sujet.
- Écouter des témoignages rassurants.
- S'assurer d'avoir un dossier médical complet.
- Choisir des cours de préparation à la naissance axés sur la relaxation.
- Prévoir des lingettes intimes, du shampoing sec et du savon pH doux.
- Acheter des culottes taille haute.
- Prévoir des vêtements amples et confortables.
- Privilégier les chemises de nuit aux pyjamas.
- Acheter des bas de contention.
- Exprimer ses besoins et ses ressentis.
- Se ménager.
FAQ sur la césarienne
- Peut-on choisir d'accoucher par césarienne ? Oui, mais cela nécessite une discussion approfondie avec le professionnel de santé, qui n'est pas obligé d'accepter.
- Le co-parent peut-il assister à l'accouchement par césarienne ? La plupart du temps, oui.
- Quelle anesthésie est utilisée pour réaliser une césarienne ? L'anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie) est la plus fréquente.
- Peut-on allaiter après une césarienne ? Oui, même si la montée de lait peut prendre un peu plus de temps.
Lire aussi: Grossesse et constipation : un signe d'accouchement ?
tags: #accouchement #par #voie #haute #définition
