La décision d'avoir un enfant est l'une des plus importantes de la vie. Le nombre de femmes de 35 ans et plus qui sont enceintes ou prévoient de le devenir n’a jamais été aussi élevé. Médicalement parlant, on parle de grossesse tardive à partir de 38 ans. Mais dès 35 ans, tout comme votre corps, les réserves d’ovocytes sont soumises à un processus de vieillissement. Aussi, votre grossesse peut être soumise à des contrôles supplémentaires, et sera surveillée de près. Bien que les grossesses tardives présentent des défis uniques, il est important de comprendre les risques et les avantages potentiels, ainsi que les mesures à prendre pour assurer une grossesse et un accouchement en toute sécurité. Cet article explore les risques associés à l'accouchement vaginal après 40 ans, les facteurs à prendre en compte et les options disponibles pour les femmes enceintes à cet âge.
Fertilité et Grossesse Tardive
Les années de fécondité maximale de la femme
A partir de l’âge de 35 ans, le mûrissement des ovocytes ne fonctionne pas aussi bien qu’à 25. Tout comme vous, votre corps prend de l’âge ! Aussi, les cycles sans ovulation sont plus fréquents et les ovules moins nombreux. A la naissance, les femmes possèdent 400 000 ovules, mais plus que 35 000 à l’âge de 35 ans. C’est à 24 ans qu’une femme a le plus de chance de tomber enceinte. A 35 ans, la probabilité d'une grossesse se réduit à environ 10 % par cycle. Mais d‘un individu à un autre ce chiffre peut varier, la fécondité d’une femme dépend également de son état de santé et des facteurs psychiques. Les ovocytes qui restent dans les ovaires sont également de moins bonne qualité.
Grossesse tardive : une tendance en hausse
Les grossesses chez les femmes de plus de 40 ans sont de plus en plus fréquentes. En France, en 2019, 42 800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus, représentant 5,7% des naissances. La fécondité tardive est 3,4 fois plus élevée qu’en 1980, reflétant une tendance générale à l’augmentation de l’âge moyen à l’accouchement.
Impact de l'âge sur la fertilité
Avec l'âge, la fertilité féminine diminue. Dès 35 ans, les réserves d'ovocytes commencent à s'épuiser et leur qualité diminue. Après 40 ans, cette baisse est encore plus marquée, rendant la conception plus difficile. La probabilité de tomber enceinte se réduit à environ 10 % par cycle à 35 ans.
Risques accrus avec l'âge maternel
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu’un âge maternel moyen supérieur à 35 ans constitue un facteur de risque. En Espagne, l’Institut national de la statistique (INE) fixe l’âge du premier enfant à 32,2 ans en 2019. Les femmes espagnoles sont ainsi, aux côtés des femmes italiennes, les dernières parmi les européennes à devenir mères.
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Dépistage et Suivi Médical
Surveillance accrue pendant la grossesse
Une grossesse à partir de 35 ans sera suivie de près : lors du dépistage, certaines complications pourront être décelées, comme une toxémie gravidique, diagnostiquée autour de la 20ème et jusqu’à la 22ème semaine. Les femmes de plus de 35 ans souffrent également assez souvent de diabète et de myomes (20 % des femmes de plus de 35 ans) : ce sont des tumeurs bénignes de l’utérus qui augmentent rapidement durant la grossesse, empêchant le bébé d’être nourri de substances nutritives et le forçant à adopter une position dangereuse pour la naissance. Les anomalies chromosomiques, telles que la trisomie 21 sont plus fréquentes lorsque la future maman est âgée de plus de 37 ans : à 20 ans, le risque de trisomie 21 est d’une grossesse sur 1450, à 40 ans, une grossesse sur 109. La première échographie permet de dépister 90% des anomalies chromosomiques chez le fœtus.
Importance du dépistage prénatal
Une surveillance attentive et un suivi régulier de la grossesse sont impératifs à partir de 40 ans. Le dépistage comprend une échographie précoce à la 12e SA suivie à 22 SA, d’une échographie à la recherche d’anomalies morphologiques, de la recherche des marqueurs sanguins de la trisomie entre 15 et 17 SA et d’une amniocentèse selon les cas. Le dépistage du diabète et de l’hypertension artérielle est indispensable.
Tests de diagnostic prénatal
Pendant cette période, la femme enceinte peut choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations. Nous disposons du test d’ADN fœtal dans le sang maternel pour détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes qui peuvent être identifiées grâce à l’échantillon de sang de la mère. L’amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine.
Grâce à la biopsie choriale ou chorionique, on obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine. La cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.
Surveillance des facteurs de risque
Un bilan médical complet doit être entrepris en début de grossesse afin d’identifier les possibles facteurs de risque, notamment les troubles cardiaques, les troubles circulatoires et le diabète, en vue de les prendre en charge de façon optimale le cas échéant. Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel et l’hypertension artérielle gravidique. En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation.
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Risques Potentiels de l'Accouchement par Voie Basse à 40 Ans
Complications médicales pendant la grossesse
Il est évident qu’après l’âge de 35 ans, certains risques médicaux sont davantage susceptibles de se manifester dont l’hypertension, le diabète, un décollement du placenta ou des fibromes utérins. Une hypertension est à l'origine d'un faible poids de naissance du bébé. Le diabète gestationnel se caractérise par un excès de sucre dans le sang, et sa fréquence augmente après 40 ans. Il peut entraîner une augmentation trop importante du poids du bébé. Un autre écueil de ces grossesses tardives reste le taux élevé de fausses couches. La raison ? L'utérus a une moins bonne capacité à supporter la grossesse et se fragilise. Les fausses couches sont de l’ordre de 25% entre 38 et 40 ans, de près de 40 % à partir de 42 ans, contre 16% entre 30 et 35 ans. Après 35 ans, le taux d’accouchement prématuré est également plus important, entre 5 et 10%.
Augmentation du taux de césariennes
Après 40 ans, l’accouchement par césarienne est plus fréquent. À cet âge, outre les éventuels antécédents médicaux de la mère (comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme, l’obésité, les fibromes utérins), les bébés se présentent plus souvent par le siège (les fesses en avant) et sont souvent trop volumineux pour un accouchement par les voies naturelles (en cas de diabète gestationnel notamment). Ainsi, question accouchement, après 35 ans, on considère que le nombre de césariennes est deux fois plus élevé chez les primipares de plus de 38 ans.
Autres complications possibles
Les accouchements par le siège comme le risque d'hémorragie de la délivrance sont également plus fréquents lors d'accouchements après 35 ans.
Avantages de la Maternité Tardive
Maturité et stabilité
À ce stade, la femme a une plus grande maturité et un plus grand degré de responsabilité. La grossesse est souhaitée, la dépression post-partum est moins fréquente et la mère dispose de nombreuses informations qui ont une répercussion sur ses soins personnels et ceux de sa future famille. En outre, elle bénéficie généralement d’une meilleure situation économique et professionnelle qui lui donne une plus grande stabilité pour éduquer son enfant.
Expérience et sérénité
Chez les femmes qui ont déjà eu des enfants, l'expérience de la maternité tardive est souvent vécue de manière plus détendue. Elles sont déjà passées par là et connaissent l'état de grossesse, ainsi elles ont souvent moins d'appréhensions que pour leurs premières grossesses et disent en profiter davantage. Elles s'autorisent plus, elles s'arrêtent souvent plus tôt, sont plus posées.
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Conseils pour une Grossesse et un Accouchement Sûrs
Préparation et planification
La planification de la grossesse devrait commencer par une consultation avant la conception. Une recommandation qui devient plus nécessaire encore lorsqu’on envisage la maternité à un âge avancé.
Adopter un mode de vie sain
Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :
- Arrêter de fumer ;
- Réduire sa consommation d’alcool ;
- Faire du sport et manger équilibré ;
- Réduire la caféine : l’excès de caféine diminue les chances de tomber enceinte et peut augmenter le risque de fausse-couche, il est donc préférable de réduire votre consommation.
Il est conseillé de suivre une alimentation variée, riche en fruits et légumes et en aliments contenant de l’acide folique comme les légumineuses, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs ou les céréales. À l’Instituto Bernabeu, nous disposons d’une unité spécifique pour l’endocrinologie et la nutrition pendant la grossesse. Deuxièmement, il est important de faire de l’exercice, de maintenir un poids adéquat et de garder un esprit alerte. Enfin, vous devez éviter les substances nocives telles que l’alcool, le tabac et les excitants comme le café.
Importance de l'exercice physique
L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet :
- Diminution de la prise de poids ;
- Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis ;
- Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi durant la grossesse mais également dans ses suites ;
- Diminution du stress et de l'anxiété pendant et après la grossesse ;
- Diminution des dits « petits maux » de la grossesse : nausées, crampes nocturnes au niveau des jambes, gonflements des jambes, constipation ;
- Amélioration des troubles du sommeil liés à la grossesse ;
- Diminution du risque de diabète gestationnel.
En résumé, l’activité physique améliore le bien être physique et psychique de la femme enceinte. Les vertus traversent même la barrière placentaire en favorisant la croissance foetale et en facilitant le travail lors de l’accouchement.
Suivi médical rigoureux
Les futures mamans de plus de 40 ans devront faire suivre leur grossesse de manière particulièrement rigoureuse. Par exemple, les échographies peuvent être plus fréquentes. Pour éviter au maximum ces risques de complications, les grossesses après 35 ans sont très suivies : dépistages, examens, caryotypes, accompagnement obstétrical permettent d'anticiper tout problème.
Préparation à l'accouchement
L'accouchement chez une femme de 40 ans ou plus peut se révéler plus délicat, surtout s'il s'agit d'un premier bébé, car la dilatation du col peut s'avérer plus difficile. Le risque d'hémorragie de la délivrance est également un peu peu élevé après 40 ans, surtout lors du premier accouchement. On observe plus souvent des accidents, par exemple des hémorragies après la naissance. Mais l'accouchement se passe le plus souvent bien, par les voies naturelles.
Alternatives et Options
Fécondation in vitro (FIV) et don d'ovocytes
Bien qu’il soit possible d’obtenir une gestation naturelle, à partir de 40 ans, le taux de grossesse avec ses propres ovules est réduit à 5 %, selon la Société espagnole de fertilité (SEF). Si une mère « âgée » souhaite avoir un enfant, il est conseillé de ne pas perdre de temps. En fonction de votre réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation pharmacologique, de vos marqueurs génétiques et même de votre indice de masse corporelle, différentes marches à suivre sont établies pour optimiser le résultat. La majorité des naissances après 45 ans sont issues d'une fécondation in vitro avec un don d'ovocytes prélevés chez une femme jeune, même si cela n'est quasiment jamais dit officiellement.
Diagnostic préimplantatoire (DPI)
de gamètes pour obtenir une grossesse. C’est pourquoi il est conseillé d’effectuer le diagnostic ou test génétique préimplantatoire (DPI, également appelé PGT). Le DPI est effectué sur l’embryon avant que celui-ci ne soit transféré dans l’utérus de la mère. Il consiste en son analyse à partir d’une petite biopsie. Son objectif est de détecter les anomalies génétiques et/ou chromosomiques.
Accouchement par césarienne
Dans certains cas, en raison de complications médicales ou de la position du bébé, une césarienne peut être la méthode d'accouchement la plus sûre.
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