Introduction
Le présent article s'intéresse à l'accouchement et aux troubles mentaux chez les femmes enceintes, les nouvelles accouchées et les nourrices, en s'appuyant sur le "Traité de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices" du Dr L.-V. Marcé. Il explore l'influence de l'utérus sur le développement de la folie puerpérale, en s'appuyant sur des observations cliniques et des considérations médico-légales.
Folie puerpérale : définition et limites
La folie puerpérale se distingue des formes ordinaires de folie par les conditions organiques spécifiques dans lesquelles elle se développe. Certains médecins limitent l'état puerpéral aux trente premiers jours suivant l'accouchement, voire aux quinze premiers jours. D'autres l'étendent à l'ensemble des fonctions liées à la conception, débutant presque au moment de la conception et se terminant trente à quarante jours après l'accouchement. D'autres encore incluent tous les faits liés à la reproduction de l'espèce : menstruation, grossesse et parturition.
L'article propose une définition spécifique de la folie puerpérale, englobant la folie qui survient chez les femmes enceintes, les nouvelles accouchées et les nourrices. La folie liée aux troubles menstruels est exclue en raison de ses caractéristiques distinctes. La femme qui allaite est considérée comme étant dans un état puerpéral prolongé, en raison de sa nervosité accrue et de sa sensibilité aux impressions.
Points communs et différences entre les trois variétés de folie puerpérale
Les trois variétés de folie puerpérale (femmes enceintes, nouvelles accouchées, nourrices) partagent des points communs, notamment leur développement sous l'influence d'un état particulier des fonctions génitales et des causes similaires, qu'elles soient prédisposantes ou occasionnelles. Cependant, elles présentent des différences en termes de pronostic, de mode de développement et de prédominance de certaines formes.
Influence sympathique de l'utérus sur le développement de la folie puerpérale
La folie puerpérale se caractérise par la coexistence d'une modification organique et fonctionnelle de l'utérus et de ses annexes. La question se pose de savoir s'il existe des connexions entre l'état utérin et les troubles de l'intelligence, et si ces derniers se développent consécutivement aux modifications de l'appareil génital. L'article nuance l'idée d'une folie purement "sympathique", reconnaissant l'influence de la grossesse, de l'accouchement et de l'allaitement sur la production des troubles intellectuels, sans pour autant réduire la folie à une simple conséquence de ces états.
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Sympathie : définitions et distinctions
L'article critique l'utilisation du terme "sympathie" dans un sens trop large, englobant des phénomènes divers tels que les réactions générales à une lésion locale, la propagation d'une maladie par contiguïté, les métastases ou les complications. Il distingue la sympathie physiologique, caractérisée par une synergie constante d'actions simultanées et successives pour l'accomplissement d'une même fonction, de la sympathie morbide.
Grossesse et potentiel de procréation
L'article mentionne des figurines en terre cuite représentant des femmes enceintes, notamment celles provenant de Thasos, de Calydon et de Smyrne. La figurine de Smyrne se distingue par sa représentation du volume du ventre, du nombril, des vergetures et des plis du vêtement, suggérant à la fois la grossesse et les contractions de l'accouchement. L'artisan semble avoir voulu suggérer l'invisible (l'embryon) et l'anatomie du corps de la femme par des analogies formelles, des métaphores et des métonymies renvoyant à la sexualité et à la maternité.
Des associations sont faites entre le ventre (koiliê, nêdus), l'estomac (gastêr), le vagin (aidoion), les parties génitales (aidoia), le pubis (kteis) et la matrice (husterai, mêtrai). La bouche et l'orifice utérin sont désignés par le même terme stoma. Une figurine de Délos permet de visualiser l'association mentale entre le nombril et le sexe féminin, mis sous la protection des divinités.
Le nombril, trace de la racine du ventre dans le corps maternel, est perçu comme un point d'entrée du corps, désignant le cordon ombilical et une source de fécondité. Les similitudes entre les lignes convergeant vers le centre du ventre sur la figurine smyrniote et l'image du placenta côté fœtal sont soulignées, ainsi que les incisions dans la figue en terre cuite du Thesmophorion de Thasos et les sillons sur le gâteau accompagnant une fille morte de Thasos.
L'article suggère que la figue thasienne représente les vertus du fruit et, indirectement, le placenta et le cordon ombilical, tandis que le gâteau représente une figue, un placenta ou le gâteau plakous. L'artisan de la figurine de Smyrne aurait voulu jouer sur la polyvalence du motif et sur tous les niveaux précités : gâster, matrice, stoma, omphalos, placenta et plakous.
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L'article évoque également le γάγγαμον/filet, l'entrelacement des fibres qui entourent le creux du mesogastrion, l'omphalos, et la région qui l'entoure, le mesomphalion. L'idée du γάγγαμον/filet, dont le premier sens est celui de la pêche de poissons, est associée à une métaphore du gastêr-utérus comme milieu aquatique dans lequel le fœtus se trouve comme un poisson dans l'eau. Artémis, patronne de la chasse et de la pêche, est aussi celle qui protège la mise au monde de tous les êtres vivants, y compris les poissons.
L'article souligne que l'anatomie du corps humain, et plus précisément de la femme, ne sera connue qu'à partir du IIIe siècle av. n. è., après les dissections pratiquées par Hérophile à Alexandrie. Avant cela, toucher à l'intérieur du corps, surtout en ce qui concerne l'accouchement, est considéré comme une souillure.
Accouchement
L'article mentionne des figurines chypriotes et crétoises représentant des scènes d'accouchement. Les figurines crétoises, provenant du sanctuaire d'Eileithyie à Inatos, représentent une femme assise en posture de parturiente à l'intérieur d'un vase plastique, assistée par un autre personnage féminin. Des incisions régulières en forme de découpages circulaires et semi-circulaires attirent le regard vers le ventre, tandis qu'un détail naturaliste exceptionnel est le rendu du pubis sur une figurine de femme.
Matériel des nécropoles et sépultures de jeunes filles
L'article souligne la difficulté d'interpréter le mobilier accompagnant les défunts dans les nécropoles, notamment pour déterminer si les sépultures contenant deux individus correspondent à une mère et à son enfant. Seules les femmes mortes en état de grossesse peuvent être considérées comme mères avec certitude.
L'article s'intéresse aux jeunes filles ou jeunes femmes primipares, en se demandant comment les repérer parmi les mortes des nécropoles. Le critère de l'âge est utilisé, en se fondant sur les sources anciennes qui indiquent que la plupart des filles étaient mariées entre 12-13 et 16 ans. L'article développe l'exemple d'une sépulture thasienne contenant deux individus et appartenant à une élite de la cité thasienne des IVe-IIIe siècles av. n. è.
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