L'accouchement est un événement unique et personnel dans la vie d'une femme. Bien que la péridurale reste la norme en France, avec plus de 80 % des accouchements qui y recourent, une approche plus physiologique et naturelle gagne en popularité. Cet article explore en profondeur l'accouchement physiologique, en mettant en lumière l'accompagnement personnalisé, les préparations possibles et les expériences vécues par les femmes.

L'Essor de l'Accouchement Physiologique

Un accouchement physiologique, ou naturel, se définit par une limitation des interventions médicales et l'absence d'analgésie péridurale, respectant ainsi le rythme naturel de la femme, à condition qu'elle présente un faible risque obstétrical. Depuis 2023, certaines maternités en France, comme celle de l’hôpital Lyon Sud, proposent cette approche grâce à des équipes de sages-femmes engagées. L'intérêt pour cette approche est en croissance, avec une augmentation significative du nombre de femmes optant pour cette option.

L'expérience à Lyon Sud : Un Modèle d'Accompagnement Personnalisé

À la maternité de l’hôpital Lyon Sud, une équipe de sages-femmes accompagne les femmes qui souhaitent un accouchement moins médicalisé. Depuis avril 2023, la maternité propose cette approche portée par une équipe de sages-femmes engagées. La première année, 130 femmes ont fait ce choix. Un an plus tard, elles étaient 443. « Plus qu’une intervention, c’est un véritable accompagnement que nous proposons », explique Justine Golonka, sage-femme à Lyon Sud depuis 2010.

Le parcours physiologique Phylia privilégie l’écoute des patientes lors de consultations souvent longues, durant lesquelles sont abordés les changements du corps, la parentalité, la place du couple. Des ateliers (yoga, hypnose, lactation, Pilates, spinning babies, méthode Bonapace…) complètent la préparation à la naissance axée sur le projet de naissance. « Nous invitons les femmes à se détacher des injonctions, à écouter leur corps et à faire confiance au processus naturel de l’enfantement. » Sexualité, périnéologie, conjugalité sont également abordées, toujours dans un esprit bienveillant.

Préparation à l'Accouchement : Un Investissement pour l'Avenir

Une femme enceinte se voit proposer, par la sage-femme qui la suit, de suivre des cours de préparation à l’accouchement. Avec une moyenne de huit cours à suivre, l’objectif est de préparer physiquement et psychologiquement la future maman. La préparation à l’accouchement est particulièrement recommandée pour une première grossesse. De nombreuses méthodes existent actuellement : classique, haptonomie, sophrologie, chant prénatal, acupuncture, yoga… Vous pouvez les suivre en cours collectif ou seul, à l’hôpital ou avec une sage femme libérale… Il n’y a que l’embarras du choix !

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L’objectif est d’informer et pratiquer pour mieux combattre les appréhensions et les questions liées à l’accouchement. Participer à des cours de préparation à l’accouchement permet de bénéficier d’un moment d’échange privilégié avec une sage femme et d’apporter des réponses à toutes les questions que l’on se pose, sans tabou.

Les Différentes Méthodes de Préparation

Dans le cadre d’une préparation à l’accouchement traditionnelle (qui est la plus courante), les séances se passent en règle générale à la maternité choisie ou sont données par une sage-femme libérale (demandez à votre médecin ou votre sage-femme de vous recommander des cours). Elles sont destinées aux futures mamans, mais aussi à leurs accompagnants. La partie théorique intègre tout ce qui concerne votre grossesse, accouchement et post-accouchement. Vous abordez les questions en rapport avec l’anatomie de votre corps : comment est-il constitué ? Comment fonctionne-t-il ? Qu’est-ce que le périnée et à quoi sert-il ? (le périnée est l’ensemble des muscles qui s’étendent de l’anus aux parties génitales)… Vous abordez les étapes de la grossesse et de l’accouchement, la découverte du lieu et votre séjour à la maternité.

La partie pratique est dédiée à l’apprentissage des gestes. Vous vous exercez à effectuer des exercices de relaxation. Vous apprenez aussi les techniques de respiration pour la poussée et la récupération entre les contractions et la gestion de la douleur. Dans ces cours, la sage-femme vous explique tout le déroulement de ce qui vous attend et comment cela va se passer. Si vous avez choisi des cours collectifs, d’autres futurs parents vous entourent et c’est une occasion de plus pour échanger sur vos problématiques.

Méthodes Alternatives

  • Haptonomie: L’haptonomie prend la forme de séances individuelles en présence de la mère et du père, s’il peut être présent, dès quatre mois de grossesse (moment où le bébé commence à capter des sons, des caresses…). L’exercice consiste à utiliser ses mains pour effectuer de légères pressions sur le ventre de la mère. Cela permet d’entrer en contact avec le futur enfant et de vivre son développement. D’un côté, si le père est présent, il apprend des gestes pour soulager la mère.
  • Acupuncture: L’acupuncture vient de la médecine chinoise et consiste à trouver l’équilibre entre les forces vitales de votre corps (le yin et le yang). En séance individuelle, l’acupuncteur détecte les déséquilibres de mouvements d’énergies et les corrige à l’aide de minuscules aiguilles. Pendant la grossesse, cette médecine douce permet de soulager des maux sans recours aux médicaments.
  • Chant Prénatal: Si vous aimez chanter, vous pouvez utiliser votre organe pour des séances de préparation à l’accouchement axées sur les sons : la musique prénatale. Il s’agit de jouer entre les fréquences, les aigus et les graves. Les vibrations ainsi créées permettent d’interagir avec le fœtus. Parallèlement, les techniques vocales font travailler la respiration et les sons graves permettent de détendre certaines parties du corps (notamment le bassin lors de l’accouchement).
  • Sophrologie: La sophrologie est un moyen de prendre conscience de son corps en le visualisant, par des exercices de relaxation et de respiration. Pour une femme enceinte, l’objectif est d’arriver à visualiser le bébé dans son ventre et le trajet qu’il va effectuer lors de l’accouchement. Elle va alors accompagner la naissance et maîtriser ses douleurs par des méthodes de relaxation et des techniques de respiration intervenant au bon moment.

Il est essentiel d'opter pour une préparation à l’accouchement qui est en adéquation avec vous-même. Elle doit vous permettre de vivre votre grossesse, votre accouchement et vos premiers mois avec votre enfant dans les meilleures conditions possibles.

Le Rôle Essentiel de l'Équipe Médicale

Quelle que soit la maternité dans laquelle vous allez accoucher, il y aura toujours du personnel disponible pour vous accueillir et vous accompagner pendant le travail et l’accouchement. Même si les effectifs sont restreints les jours fériés, une sage-femme est forcément présente 24 heures sur 24. Rassurez-vous ! Et s’il s’agit d’une grande maternité, plusieurs sages-femmes sont de garde. De même, au-delà de 1 500 accouchements par an, un obstétricien et un anesthésiste doivent être dans les locaux 24 heures sur 24. En revanche, sachez que s’il s’agit d’une petite maternité, l’obstétricien et l’anesthésiste sont de garde, mais chez eux. Comme tous les autres jours de l’année, ni plus ni moins. Ils se déplacent à la demande de la sage-femme. Et si une césarienne en urgence devient indispensable, l’équipe du bloc opératoire au complet est présente elle aussi.

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Sécurité et Accouchement Physiologique

« L’approche physiologique n’est pas incompatible avec la sécurité, au contraire », précise la Dr Mona Massoud, obstétricienne. « L’équipe médicale est présente et prête à intervenir à tout moment, si l’état de la mère ou de l’enfant le nécessite. » Certaines grossesses, en revanche, ne permettent pas ce type d’accouchement : les femmes souffrant de diabète gestationnel, de pathologies maternelles ou d’antécédents obstétricaux, sont autant de contre-indications ne permettant pas l’entrée dans la filière physiologique.

En salle d’accouchement, l’intervention médicale reste minimale tant que tout se déroule normalement. Les auxiliaires de puériculture, toujours présentes, veillent sur le nouveau-né. « Si la respiration est saccadée, le visage pâle ou que le bébé ne pleure pas, nous alertons immédiatement », expliquent Victoria et Lucie, auxiliaires puéricultrices. En cas de complications, l’enfant est immédiatement transféré en salle de réanimation où intervient un pédiatre.

L'Expérience Personnelle : Un Voyage Unique

Ici, rien n’est imposé. L’accompagnement suit le rythme de chaque femme et s’adapte à chaque projet de naissance. Avec Phylia, la maternité devient une expérience consciente qui permet de mettre des mots sur ce que l’on vit, de comprendre les bouleversements du corps et de l’esprit. « Ce sont les femmes qui accouchent qui font la plus grande partie du travail. Nous, nous sommes là pour assister », insiste à son tour Justine Golonka.

Le Témoignage de Manon

Manon est arrivée à la maternité un dimanche soir, vers 23 heures, la poche des eaux fissurée. Les contractions n’ont débuté que le lendemain à 6 heures. « Je les ai gérées dans ma chambre jusqu’à treize heures, quand la poche s’est rompue complètement. À ce moment-là, tout s’est intensifié. » Elle est alors transférée en salle de naissance à 14 heures, où elle retrouve Justine, sa sage-femme référente. « J’étais heureuse et émue de la voir. J’avais rencontré plusieurs sages-femmes de la filière Phylia. J’aurais été en confiance dans tous les cas », confie Manon.

La douleur est soulagée dans un bain chaud, puis, quand arrive le moment, elle choisit d’accoucher sur le côté, « une jambe posée sur la barre de protection, jamais sur le dos ». « J’étais dans une bulle. J’ai senti chaque étape : les contractions, la poussée, le “cercle de feu” quand la tête sort. Des douleurs intenses, jamais éprouvées avant, mais dès qu’Augustin est né, tout a disparu. » Un mois plus tard, elle retient surtout la puissance du moment : « Justine est intervenue à la fin. Entre elle, mon mari et moi, il y a eu une vraie osmose. Je garde un souvenir très fort, incroyable. J’ai eu l’impression de renaître.

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Selon elle, cet accouchement et, plus largement, l’accompagnement, ont un impact sur son présent de jeune maman : « J’allaite, tout se passe bien. Je n’ai pas eu de baby blues.

Au-Delà de l'Accouchement : Le Post-Partum

S’informer dès la grossesse sur l’accouchement et la période qui suit, le post-partum, permet d’être mieux préparé à vivre ces moments. L’accouchement ne se passe pas toujours comme on l’a souhaité, et il est bon de savoir que les suites de couche nécessitent un temps d’adaptation. L’accouchement et la période du post-partum sont, pour la plupart d’entre nous, des moments plein d’imprévus. Souvent, on recherche un équilibre entre les besoins du bébé et les nôtres, et ce n’est pas toujours évident. Et prendre soin du parent qu’on devient, ça commence dès la grossesse. S’informer sur ce qui peut arriver à l’accouchement et au retour à la maison, c’est un premier pas pour prendre soin de soi.

Parce qu’alors, on met toutes les chances de notre côté pour être bien préparé, et donc vivre au mieux ces moments, même si tout ne se passe pas comme on l’avait prévu. C’est valable pour la mère mais aussi pour le partenaire. C’est bien, pour les deux parents, de savoir que la période du post-partum est une période d’adaptation, de recherche de nouveaux équilibres. En fait ce qui se passe réellement lors de l’accouchement, notamment dans nos têtes, est imprévisible. C’est bien de savoir que, contrairement aux idées reçues, l’accouchement n’est pas forcément le plus beau jour de notre vie.

Préparation et Réalités du Post-Partum

On a absolument le droit de dire à la sage-femme ou au médecin comment on imagine notre accouchement. Ce qu’on anticipe comme sentiments, mais aussi ce qu’on souhaite ou que l’on attend d’eux pour nous accompagner dans ce moment. En parler avant n’empêche pas que la réalité peut être différente de ce qu’on aurait voulu. L’accouchement se passera peut-être comme on l’a souhaité, mais sans doute pas complètement, et parfois pas du tout. La période du post-partum, c’est souvent un ou plusieurs symptômes physiques pour la maman (comme des saignements, des douleurs, de la fatigue…), qui peuvent impacter les deux parents. De la même façon, il se passe souvent des choses côté tête, pour les deux parents.

On discute, si on le peut, avec des jeunes parents, par exemple en allant dans des lieux d’accueil parents-enfants ou en participant à des groupes de parole, par exemple en centre de PMI ou dans le relais petite enfance de la ville. On se renseigne sur ces lieux ressources pour les parents, qui peuvent nous être d’un grand soutien quand on en a besoin.

Conseils à la Future Maman

  • Priorité à Soi et à sa Famille: Cesse donc de te préoccuper de tout pour te focaliser essentiellement sur toi et ta petite cellule familiale. Du moins, pour quelque temps. Sois égoïste, n’essaye pas de plaire aux autres et ne te soucie pas de ce que les autres pensent de tes choix. Accepte le fait que ton approche de l’accouchement et de la maternité est unique, et fais avec.
  • Droit à l'Erreur: Ne sois pas une martyre, donne-toi le droit à l’erreur, de ne pas être parfaite, d’apprendre sur le tas.
  • Accepter l'Imprévisible : L’accouchement ne se passe pas toujours comme on l’a souhaité. Il est important d'être flexible et de s'adapter aux circonstances.
  • Rechercher du Soutien : N'hésitez pas à discuter avec d'autres jeunes parents, à participer à des groupes de parole, ou à vous renseigner sur les lieux ressources pour les parents.

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