L'accouchement est un moment à la fois attendu et redouté par de nombreuses futures mamans. Bien qu'il s'agisse d'un acte naturel, il peut être source d'appréhension. Comprendre les différentes étapes et les complications potentielles peut aider à aborder cet événement avec plus de sérénité.
Qu'est-ce que l'accouchement ?
L’accouchement est l’évènement qui marque la fin de la grossesse. C’est le moment où le bébé vient au monde et où les parents rencontrent pour la première fois leur progéniture. L'accouchement correspond au moment où les contractions de l’utérus sont suffisamment régulières et proches pour déclencher la perte des eaux. Cela correspond surtout à l’action d’accoucher, qui désigne tout le moment où la future mère doit mettre toutes ses forces pour faire sortir son enfant, par voie basse, ou par césarienne.
Calcul de la date d'accouchement
Pour calculer sa date d'accouchement, il existe une méthode simple, la méthode de Naegele. Exemple : si vos dernières règles ont commencé le 1er janvier, vous ajoutez 7 jours, ce qui donne le 8 janvier. Il faut ensuite ajouter 9 mois à cette date, ce qui donne une date d'accouchement prévue autour du 8 octobre. Notez que la méthode de Naegele est uniquement une estimation et que la plupart des bébés ne naissent pas exactement à la date prévue. Un accouchement peut se produire entre 37 et 42 semaines de grossesse. Cependant, la plupart des femmes accouchent entre la 38e et la 41e semaine de grossesse. Comme précisé plus haut, nous tenons à rappeler que la durée exacte de la grossesse peut varier pour chaque femme et que les bébés peuvent naître à tout moment entre 37 et 42 semaines sans que cela constitue une pathologie. En général, un accouchement est considéré comme un accouchement prématuré avant 37 semaines de grossesse.
Les étapes de l'accouchement par voie basse
La plupart du temps, le début du travail par voie basse est spontané. Il est marqué par des contractions régulières puis par la rupture de la poche des eaux. Cette dernière se rompt, ce qui provoque la perte du liquide amniotique dans lequel baigne le bébé depuis des mois. Les étapes de l’accouchement par voie basse sont les suivantes :
La dilatation du col de l'utérus
La première étape de l’accouchement par voie basse est la dilatation du col. Cette phase peut durer jusqu’à 8 heures. Elle peut durer moins longtemps chez une femme qui a déjà eu un enfant. La dilatation de l’utérus provoque les contractions qui sont brèves, mais espacées, puis elles deviennent régulières, intenses, douloureuses et surtout, rapprochées. Le col s’ouvre alors progressivement. Ces contractions sont le signe qu’il faut aller à la maternité. Si le travail est avancé, la future maman peut être installée en salle de travail, en vue d’accoucher. Durant cette phase, les battements du cœur du bébé sont surveillés par monitoring. Il permet de détecter les potentiels symptômes de souffrance du bébé durant les contractions. La phase active du travail se caractérise par des contractions régulières et douloureuses et par la dilatation du col de l'utérus. La phase de transition est le moment où le col de l'utérus se dilate de 8 à 10 cm.
Lire aussi: Accouchement Prématuré à 28 Semaines : Ce Qu'il Faut Savoir
La péridurale
C’est également le moment où l’on peut soulager les douleurs des contractions grâce à la péridurale : Le chirurgien introduit une aiguille entre deux vertèbres lombaires afin de placer un cathéter. Ce dernier permet d’administrer l’analgésique. Ensuite, un antidouleur est proposé en auto-admission. Il passe également par le cathéter. Cela permet de gérer la douleur soi-même. La péridurale permet de supprimer la douleur des contractions utérines, mais elle permet surtout de vivre l’accouchement sereinement, sans perte de conscience.
L'expulsion du bébé
La phase qui suit la dilatation du col est la phase d’expulsion. Il s’agit ni plus ni moins de la naissance du bébé. Cette dernière est courte puisqu’elle dure en moyenne 30 minutes. Une fois que le col de l’utérus est totalement ouvert, c’est-à-dire qu’il atteint les 10 cm, la tête du bébé est bien engagée dans le bassin. L’obstétricien ou la sage-femme va alors vous demander de pousser, ce qui va permettre d’expulser le bébé par voie basse. L’étape la plus dure est le passage de la tête. Une fois qu’elle est sortie, le bébé va glisser vers l’extérieur sans gêne. La sage-femme peut alors couper le cordon ombilical, vérifier que le bébé est en bonne santé afin de le poser contre la maman.
Les aides médicales en cas d'accouchement difficile
Plusieurs aides médicales peuvent être nécessaires pour favoriser le déroulement d’un accouchement par voie naturelle :
- Si le fœtus ne descend pas suffisamment dans le bassin, malgré la dilatation totale, il est possible d’administrer de l’ocytocine pour déclencher les contractions et permettre l’accouchement par voie basse.
- L’épisiotomie : une incision entre l’anus et l’entrée du vagin est réalisée pour éviter les déchirures du périnée provoquées par l’accouchement. Il s’agit d’agrandir l’orifice vulvaire. Cependant, cette méthode est de moins en moins pratiquée, parce qu’elle peut provoquer des complications. L'épisiotomie est une incision chirurgicale effectuée dans le périnée (zone de tissu située entre le vagin et l'anus).
- L’accouchement assisté : certains accouchements nécessitent l’intervention d’instruments tels que les forceps, les ventouses ou les spatules pour aider le bébé à sortir et favoriser l’expulsion. Utilisés dans plus de 10% des accouchements, le forceps et la ventouse sont posés par le médecin accoucheur (uniquement) lorsque les efforts de poussée de la maman ne suffisent pas ou que le rythme cardiaque de l’enfant nécessite une naissance rapide. L’utilisation de forceps ou de la ventouse est sans risque pour le nouveau-né à condition que le geste soit réalisé correctement. Seul le gynécologue-obstétricien est habilité à utiliser ces instruments. Le forceps (qui signifie « pince » en anglais) est un instrument de traction et de propulsion sous forme de deux grandes cuillères. Entre deux contractions les branches sont positionnées de chaque côté du crâne du bébé, au niveau des oreilles. Le forceps est généralement sans danger et indolore (anesthésie) pour la mère et son enfant. Une ventouse obstétrique est un outil qui peut être utilisé lors d'un accouchement pour aider à délivrer le bébé. La ventouse est un dispositif en caoutchouc qui est placé sur la tête du bébé à l'intérieur de l'utérus. Elle crée un vide qui permet de tirer sur la tête du bébé pour l'aider à sortir du canal de naissance. Elle peut être utilisée seule ou en combinaison avec d'autres instruments, tels que des forceps, toujours dans l’optique d’aider à délivrer le bébé. La ventouse est souvent utilisée lorsque le bébé ne peut pas être délivré de manière naturelle ou lorsque le travail s'arrête brusquement et que le bébé est en danger. Outil de soutien pour assister un accouchement, la ventouse n’est donc pas utilisée systématiquement.
La délivrance
L’accouchement n’est pas tout à fait terminé une fois que le bébé a été expulsé. On parle de délivrance lorsque la maman expulse le placenta. Une hémorragie peut survenir si le placenta ne s’est pas bien décollé ou si la délivrance est trop tardive. Pour éviter cela, de l’ocytocine est administrée après la naissance du bébé. En cas d’hémorragie ou de délivrance tardive, il est possible de réaliser une délivrance artificielle. Il s’agit d’une extraction manuelle du placenta en dehors de l’utérus. La dernière phase de l’accouchement dite de « délivrance » survient environ 20 minutes après la naissance de l’enfant. Lors de cette ultime étape, l’utérus se contracte de nouveau pour permettre l’expulsion du placenta. En cas d’accouchement par césarienne, lorsque le placenta ne se décolle pas, il faut le retirer en réalisant sa délivrance artificielle. Lorsque le placenta est expulsé, la sage-femme ou le médecin doit impérativement vérifier son intégralité. La péridurale permet de rendre ce geste totalement indolore.
Les étapes de l'accouchement par césarienne
La césarienne est un acte chirurgical qui a lieu au bloc opératoire. Il est réalisé par un obstétricien sous anesthésie locorégionale, péridurale ou générale, en fonction de la situation. Bien souvent, la césarienne est programmée à l’avance dans 4 cas précis :
Lire aussi: Solutions pour le ventre après la grossesse
- Le bébé ne se présente pas dans le sens normal.
- La mère possède un bassin trop étroit.
- Le bébé est trop gros par rapport à l’anatomie de la mère.
- En cas de grossesse à risque.
Il existe cependant des cas où la césarienne est réalisée en urgence, quand l’accouchement par voie naturelle s’avère impossible ou qu’il y a des signes de souffrance fœtale.
La préparation
La première étape d’une césarienne, lorsque celle-ci est prévue à l’avance, est la préparation au bloc opératoire. La future mère est installée sur la table d’opération, partiellement dénudée, position allongée. L’équipe médicale met en place l’anesthésie et prépare le champ opératoire. Ensuite, la maman est anesthésiée sous anesthésie loco-régionale, c’est-à-dire par péridurale ou par rachianesthésie. La patiente ne sent alors plus le bas de son corps mais reste consciente. Dans certains cas rares, l’anesthésie générale peut être mise en place.
L'acte chirurgical
Une fois que l’anesthésie est en place, le chirurgien vient réaliser une incision horizontale. Dans des cas exceptionnels, l’incision est verticale. Dans tous les cas, elle a lieu juste au-dessus du pubis. Le chirurgien ouvre la peau, puis la graisse, les muscles, le péritoine, pour accéder jusqu’à l’utérus. C’est la partie inférieure de l’utérus qui est ouverte. Ensuite, une pression est exercée sur le haut du ventre pour faire sortir le bébé. Tout comme pour la voie naturelle, il se peut que le chirurgien utilise des instruments tels que les forceps ou la ventouse pour faciliter l’extraction du bébé. Césarienne : le bébé est extrait de façon chirurgicale par une incision dans l'abdomen et dans l'utérus de la mère.
Après l'expulsion du bébé
Une fois que le bébé est sorti, il est confié au pédiatre ou à la sage-femme. Ce sont eux qui vous confieront ensuite votre enfant dans les bras, si ce dernier est en bonne santé. Le placenta est également retiré par l’équipe chirurgicale. Ensuite, les différentes épaisseurs de chair coupée sont suturées une à une. Cela peut durer entre 30 minutes et 1 heure. La peau est ensuite refermée par des points de suture ou des agrafes.
Les différents types d'accouchement
Il existe deux principaux types d'accouchement : l'accouchement par voie basse (voie vaginale) et l'accouchement par césarienne.
Lire aussi: Grossesse et constipation : un signe d'accouchement ?
L'accouchement par voie basse
Bien qu’on utilise souvent la péridurale, l’accouchement par voie basse est une technique naturelle qui ne nécessite pas d’intervention chirurgicale. Il n’y a donc pas d’incisions ni de sutures à faire, sauf en cas d’épisiotomie. Le fait que ce soit une technique naturelle est un argument qui permet à certaines femmes d’opter pour l’accouchement par voie basse. La mère peut avoir son enfant dans les bras, dès que ce dernier a été expulsé. La rencontre avec le bébé est immédiate et le père peut lui aussi assister à cette première rencontre. Le premier inconvénient de l'accouchement par voie basse est le fait que ce soit douloureux et parfois très long.
L'accouchement par césarienne
Lorsqu’un accouchement par voie basse n’est pas envisageable, la césarienne est une intervention chirurgicale qui permet d’extraire le bébé. La césarienne se déroule au sein d’un bloc obstétrical dans une salle spécifique, généralement sous anesthésie locale. Les produits anesthésiques et analgésiques sont plus puissants que ceux présents dans la péridurale. Cela permet une insensibilisation totale des parties inférieures de la maman. La présence du conjoint lors de l’accouchement par césarienne est largement favorisée par l’équipe médicale.
Déclenchement de l'accouchement
Le déclenchement d'accouchement est une intervention médicale effectuée pour accélérer le début du travail d'accouchement. Il peut être effectué de différentes manières, telles que l'administration d'ocytocine ou l'insertion d'un instrument dans le col de l'utérus pour l'ouvrir et déclencher les contractions utérines. Il peut être effectué pour diverses raisons, telles que la prolongation de la grossesse, la survenue de complications médicales ou la surveillance de la santé fœtale. Un déclenchement est généralement indiqué pour réduire les risques de complications pour le bébé et la mère, ainsi que pour avoir un accouchement plus prévisible.
Complications possibles lors de l'accouchement
Plusieurs complications peuvent survenir pendant l'accouchement.
Hémorragie de la délivrance
Elle survient généralement dans les deux heures après l’accouchement (et jusqu’à quelques jours après l’accouchement). Cette complication est une urgence vitale. En cas d’hémorragie de la délivrance, la première étape sera la révision utérine afin de vérifier que la cavité utérine est vide. Si l’hémorragie persiste, le médecin devra établir un traitement médicamenteux ou chirurgical adapté dans les plus brefs délais. La quantité de sang perdue durant l'accouchement peut varier considérablement d'une femme à l'autre et d'un accouchement à l'autre. En général, la plupart des femmes perdent entre 500 ml et 1000 ml de sang durant un accouchement vaginal, bien que certaines puissent perdre beaucoup plus ou beaucoup moins. En cas de césarienne, la perte de sang peut être plus importante en raison de l'incision chirurgicale. La quantité de sang perdue dépend alors de plusieurs facteurs, tels que la durée de la césarienne, la gravité de toute complication et l'état de santé général de la mère. Il est important de surveiller la quantité de sang perdue pendant l'accouchement et de signaler immédiatement tout signe de perte excessive de sang ou de saignement abondant à un médecin ou à une infirmière.
Déchirure périnéale
Le périnée est la zone de tissu située entre le vagin et l'anus. Déchirure périnéale : le périnée est la zone de tissu située entre le vagin et l'anus.
Préparation à l'accouchement
Pour bien se préparer à l’accouchement, on peut mettre en place un certain nombre de dispositifs pour se sentir plus sereine le jour J. On peut :
- Participer aux cours de préparation à l’accouchement dès le milieu de la grossesse, dispensés par une sage-femme. En premier lieu, il s’agira de réaliser un entretien pour parler de la grossesse et de sa vie, mais aussi de ses craintes et de ses attentes vis-à-vis de la préparation à l’accouchement. Les cours commencent ensuite à partir du 7ᵉ mois de grossesse.
- Se préparer psychologiquement en dialoguant. On peut parler à un professionnel de la santé mentale en cas d’anxiété, à ses proches ou à son conjoint. On peut également échanger avec d’autres femmes enceintes ou des proches qui ont déjà accouché.
- Utiliser des techniques de relaxation comme la sophrologie, le yoga, etc.
- Visiter la maternité pour mieux appréhender les lieux.
- Penser à l'après naissance : allaitement, chambre de bébé, nom du bébé, etc. etc.
Les cours de préparation à l’accouchement sont pris en charge à 100 % par la sécurité sociale.
Premiers signes de l'accouchement
Quand l’accouchement est imminent, les mouvements de bébé diminuent, les contractions commencent et on commence à perdre les eaux. Mais alors, quels sont les premiers signes permettant de savoir qu’il est nécessaire d’aller à la maternité ?
- La rupture de la poche des eaux La perte du liquide amniotique est le premier signe permettant de savoir que vous êtes sur le point d’accoucher. Dès que vous percevez une perte d’un liquide transparent, blanc ou rosé, il faut se diriger à la maternité. Pertes des eaux, comment le savoir ? Quels sont les bons réflexes ? L’aspect, la quantité et la couleur du liquide sont les signes que l’accouchement est pour bientôt. Si vous avez la sensation d’aller tout le temps aux toilettes, de ne pas pouvoir vous retenir et que du liquide qui ne ressemble pas à de l’urine sort malgré vous, c’est que vous allez accoucher bientôt.
- Les contractions régulières Un autre signe que vous accouchez est le fait que vous ressentez des contractions régulières. Durant la grossesse, vous avez pu les éprouver. Cependant, elles sont différentes quand vous arrivez au terme de votre grossesse. Comment reconnaît-on les contractions de la grossesse ? Les contractions de grossesse sont nombreuses, régulières et de plus en plus rythmées. Elles ont lieu toutes les 10 minutes puis toutes les cinq, durant plus d’une demi-heure. Si c’est le cas, c’est le signe qu’il faut vous diriger à la maternité.
tags: #accouchement #étapes #et #complications
