La grossesse est une période de transformation intense pour une femme, tant sur le plan physique qu'émotionnel. L'accouchement, point culminant de cette période, suscite de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne la douleur. Cet article vise à explorer les différentes facettes de la douleur liée à l'accouchement, en s'appuyant sur des témoignages, des conseils et des informations médicales, afin de mieux informer et préparer les futures mamans.
Comprendre les Tranchées Post-Accouchement
Dans les jours suivant la naissance, le corps de la femme subit des changements importants, parmi lesquels les tranchées post-accouchement, également appelées tranchées post-partum. Il s’agit de contractions douloureuses qui apparaissent plus couramment après le deuxième accouchement. Après l’accouchement de mon fils aîné, les suites de couches se déroulaient comme on me les avait expliquées en cours de préparation à la naissance. Mon épisiotomie était un peu douloureuse, toutefois j’avais prévu une bouée pour m’asseoir. La mise au sein s’était parfaitement passée, mon bébé tétait goulûment. Quatre ans plus tard, ma fille venait au monde. L’accouchement avait été très douloureux, car la péridurale n’avait pas fonctionné correctement. Mais, ouf, c’était fini ! Or, le lendemain, en la mettant au sein pour la première fois, je ressentis des contractions atroces, comme si j’accouchais de nouveau. J’en fis part à la soignante présente dans la chambre à ce moment-là. Elle me répondit d’un ton décontracté : « Ah, ce sont les tranchées ! Je compris tout de suite pourquoi ces contractions post-partum étaient appelées ainsi, comparant mon ventre aux atrocités qu’avaient pu subir les Poilus lors de la Première Guerre mondiale ! Mais pourquoi cela était-il si douloureux ? Et, surtout, pourquoi personne ne m’en avait jamais parlé avant ? Au moment de l’accouchement, l’utérus a la taille d’une pastèque. Or, d’ordinaire, c’est plutôt celle d’un abricot. Lors d’une première grossesse, l’utérus est encore souple. Mais dès la deuxième, ce muscle s’épaissit. Les tranchées étant déclenchées par l’ocytocine, elles surviennent au moment de la montée de lait. L’utérus reprend sa taille initiale en 2 à 3 semaines. Toutefois, les tranchées durent entre 10 et 15 jours, et leur intensité diminue au fur et à mesure. Passée cette étape un peu compliquée, l’allaitement deviendra un vrai moment de complicité avec votre bébé, et l’occasion pour vous de vous reposer. Si les tranchées durent au-delà de 2 ou 3 semaines, qu’elles s’accompagnent de pertes odorantes ou de fièvre, consultez tout de suite votre médecin traitant, sage-femme ou gynécologue.
La Perception Subjective de la Douleur
La douleur de l'accouchement est une expérience éminemment personnelle et subjective. Un accouchement ne ressemble pas à un autre et chaque femme possède un seuil de tolérance à la douleur qui lui est propre. De nombreux facteurs extérieurs peuvent influencer la douleur ressentie, tels que le stress, l'état psychologique, le degré de préparation, l'accompagnement, l'histoire personnelle, le souvenir d'un accouchement précédent et la présence ou non d'un conjoint soutenant. La perception de la douleur est une chose éminemment personnelle. En effet, un accouchement ne ressemble pas à un autre et chaque femme a un seuil de tolérance à la douleur qui lui est propre. À noter que de nombreux facteurs extérieurs peuvent avoir un impact sur la douleur ressentie : le stress et l'état psychologique, le degré de préparation, l'accompagnement, l'histoire personnelle, le souvenir d'un accouchement précédent, la présence ou non d'un conjoint soutenant.
Certaines femmes décrivent la douleur comme "supportable", tandis que d'autres la qualifient d'"insupportable". Les sensations varient également, allant de "crampes menstruelles" à "une envie d'aller à la selle", en passant par "le bassin compressé dans un étau" ou "de fortes douleurs lombaires". Certaines femmes renoncent à la péridurale pour vivre pleinement leur accouchement. C’est le cas de Jeanne, notre jeune maman évoquée ci-avant : « J’ai eu la chance (ou la folie je ne sais pas) pour mon fils d’accoucher sans péridurale. Je me suis dit que des millions de femmes l’avaient fait avant moi, donc je pouvais le faire aussi ». Selon le gynécologue Philippe Deruelle, « poser des questions, parler à la sage-femme qui vous suit, c’est essentiel. En ayant eu des réponses, la moitié du travail est fait ».
Témoignages de Mamans sur la Douleur de l'Accouchement
De nombreux témoignages de mamans permettent de mieux appréhender la diversité des expériences liées à la douleur de l'accouchement.
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Expérience positive: "J'ai eu très mal, mais c'était supportable. Concernant l'expulsion, ça va tellement vite ! C'est évidemment très douloureux et en même temps ça soulage, donc c'est ambivalent." "Étonnamment, je n'ai pas le souvenir d'avoir énormément souffert. J'appréhendais pourtant vraiment l'accouchement, mais ma sage-femme m'avait dit qu'elle avait souvent vu des femmes qui semblaient ne pas souffrir tant que ça ! Peut-être que ça a joué un rôle, mais en tout cas, j'étais hyper concentrée, complètement dans ma bulle."
Expérience douloureuse: "J'ai trouvé la douleur des contractions vraiment insupportable ! J'ai perdu mes moyens et oublié tout ce que j'avais appris sur la respiration lors des séances de préparation à l'accouchement. Je me souviens que je me mettais debout à chaque contraction en me tortillant sur moi-même et en suppliant mon conjoint de m'aider ! Quant à l'expulsion, la péridurale n'a pas fonctionné, et j'ai ressenti comme une immense brûlure, un déchirement. Et malgré tout ça…" "J'ai trouvé que ça faisait vraiment très mal. Mais je pense que j'aurais mieux encaissé la douleur si je n'avais pas eu des contractions pendant 48h avant d'accoucher."
Douleur et durée: "J'ai eu une césarienne, donc ce qui a été le plus douloureux lors de l'accouchement, ce sont les contractions qui m'ont totalement coupée la respiration. Néanmoins, je parvenais à me dire que ça ne durerait pas et j'attendais le moment de répit pour retrouver mon souffle. Ce que j'ai trouvé le plus dur, c'est la répétition et la durée (plus de 30 heures de contractions)."
Douleur irradiante: Aurélie décrit son expérience ainsi : « La douleur de l'accouchement, elle irradie et ne survient pas d'un coup. Je me souviens avoir ressenti une réelle impression de vagues de douleur partant du bas du dos vers les côtes. La douleur arrivait progressivement, atteignait son summum, et hop redescendait.
Douleur intense et temporaire: Jeanne nous dévoile comment elle a vécu la douleur de l'accouchement pour son deuxième enfant alors qu'elle avait fait le choix d'accoucher sans péridurale (contrairement à la première naissance): « Je décrirai la douleur comme déchirante, brûlante, aiguë et temporaire. J’ai ressenti comme des douleurs de règles fois 3 milliards, et j’ai eu l’impression que mon corps s’ouvrait, et se déchirait, pour laisser passer le bébé. Lorsque la contraction atteignait son sommet, ma respiration était coupée et mon corps tétanisé.
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Douleur et fatigue: Claire a elle aussi retenu la puissance et l'extrême fatigue liée à la douleur de l'accouchement. « Une douleur de l'accouchement, c'est une douleur ans le ventre qui irradie très fort et de manière très intense. Supportable au début, puis tellement épuisante qu’entre chaque contraction, au lieu de souffler et profiter, j’appréhendais juste la suivante. Je ne suis pas douillette mais là, je peux dire que c’était douloureux. Presque à en tomber dans les pommes ! Heureusement, la péridurale existe !
Ces témoignages soulignent l'importance de la préparation à l'accouchement et de la prise en compte de la subjectivité de la douleur.
Préparation à la Naissance et Gestion de la Douleur
Pour appréhender au mieux son accouchement, la préparation à la naissance est très importante. La future maman bénéficie de plusieurs séances organisées par un médecin ou une sage-femme, avec des activités et des temps de parole lui permettant de se préparer à l’accouchement et à la parentalité. En effet, il existe diverses méthodes comme : la préparation en piscine, la fasciathérapie, la méthode Bonapace…. La préparation à la naissance c’est aussi le moment pour poser toutes les questions qui tracassent (douleur de l'accouchement comprise !) et de demander si oui ou non on voudra la péridurale.
La préparation à la naissance joue un rôle essentiel dans la gestion de la douleur. Elle permet à la future maman de se familiariser avec le processus de l'accouchement, de comprendre les différentes étapes et de se préparer mentalement et physiquement. Il existe diverses méthodes de préparation à la naissance, telles que la préparation en piscine, la fasciathérapie et la méthode Bonapace.
La méthode Bonapace, mise au point au Québec par Julie Bonapace, repose sur la compréhension du rôle de la douleur et de ses mécanismes de transmission. Elle associe trois techniques : la digitopression, les massages et la relaxation qui permettent de mieux appréhender l’intensité des contractions. Lorsque la future mère ressent des douleurs au cours de l’accouchement, elle peut demander à son partenaire de presser certains points précis du corps (appelés zones gâchettes ou trigger points) pour créer un deuxième point douloureux à distance et faire diversion.
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En plus de la préparation à la naissance, différentes techniques peuvent aider les femmes à mieux supporter la douleur pendant le travail :
Respiration: Appliquer à la lettre la respiration apprise lors des cours de préparation à l’accouchement. La respiration, les étirements sur un ballon, la sophrologie, l’auto-hypnose ou encore le chant. « Le son grave a beaucoup de vertu, confirme Charline Gayault. Quand on a mal, on a tendance à se crisper. Or, émettre une vibration sonore à chaque contraction permet de se détendre et d’exprimer sa douleur.
Positionnement: Allaitez votre bébé allongée ou dans une position la plus confortable pour vous. Être assise n’est pas forcément la meilleure position et peut accentuer la sensation de douleur. Changer fréquemment de position, marcher - tant que les contractions le permettent ! - s’accroupir, se mettre à quatre pattes ou encore se suspendre à des lianes dans une salle de naissance, peut aider à mieux les supporter.
Massages: N’hésitez pas à solliciter votre partenaire et à lui demander de vous masser le dos ou de stimuler des points d’acupression en appuyant fortement au niveau du sacrum.
Acupuncture: L’acupuncture est aussi souveraine pour diminuer les pics douloureux ressentis dans le dos pendant les contractions. Très utile dans la gestion de la douleur, la pratique de l’acupuncture participe aussi à la dynamique des contractions utérines et la dilatation du col de l’utérus.
Homéopathie, sophrologie et hypnose: Homéopathie, acupuncture, massages, sophrologie, hypnose : les pratiques complémentaires ont toute leur place pour faciliter l’accouchement et mieux appréhender les contractions. L’hypnose, par exemple, va aider les futures mères à diminuer leur perception de la douleur tandis que la sophrologie, basée sur des exercices de respiration, contribue à prendre conscience de son corps et à se détendre.
Médicaments: Avec l’accord de votre médecin, vous pouvez prendre des antalgiques, comme du paracétamol ou de l’ibuprofène.
La Péridurale: Un Choix Personnel
La péridurale est une méthode d'analgésie couramment utilisée pendant l'accouchement. Elle consiste à injecter un anesthésique local dans l'espace péridural, au niveau du bas du dos, afin de bloquer les sensations douloureuses. La péridurale n’est pas toujours une alliée, rappelle Charline Gayault. Elle peut ralentir le travail, bloquer en partie les mouvements et majorer le recours aux instruments (ventouses et forceps). Mais elle a aussi ses avantages ! ».
Le choix d'opter ou non pour la péridurale est une décision personnelle qui doit être prise en concertation avec l'équipe médicale. Il est important de peser les avantages et les inconvénients de cette méthode, en tenant compte de ses propres préférences et de son seuil de tolérance à la douleur.
De nombreuses femmes qui avaient initialement prévu d'accoucher sans péridurale changent d'avis au moment de l'accouchement. Les raisons de ce changement sont diverses, allant de l'intensité de la douleur à la stagnation du travail.
Aurélia témoigne : "La douleur m’a faite vriller." Ornella explique : "Pour mon premier accouchement je ne voulais pas de péridurale mais j’ai vite changé d’avis à l’hôpital quand les contractions se sont intensifiées. Pour mon deuxième enfant, je m’étais dit « on verra, si je gère bien je ne la demanderai pas, si je souffre trop je prends » : dans la voiture je savais déjà que j’allais la demander. Les contractions étaient beaucoup plus douloureuses que pour ma première et beaucoup plus rapprochées dès le début du travail." Alizé raconte son expérience: "Je ne la voulais pas… Je m’étais préparée dans ce sens et vraiment renseignée, je suis venue à la maternité pour un simple contrôle et au final je suis restée. Pas de contractions douloureuse jusqu’à ce que je sois dilatée à 5, puis je gérais bien sur le ballon, puis mon col a stagné, avec des contractions très rapprochées pendant 2 heures où je m’épuisais pour « rien ». La sage femme m’a proposé d’appeler l’anesthésiste pour poser la péridurale afin de m’aider à me détendre un peu. Pose de la péridurale, 30 minutes après, 1 heure de « repos » et j’étais à dilatation complète ! 3 minutes de poussé et bébé était là. Mon angoisse de la péridurale était que ça retarde le travail et de ne pas sentir la poussée, et au final ça a été tout l’inverse ! J’étais un peu triste après coup de ne pas avoir tenu mon projet initial et en même temps sur le coup zéro regret j’étais en accord avec ma décision."
D'autres femmes, comme Emmanuelle, avaient initialement prévu d'avoir recours à la péridurale, mais ont finalement opté pour un accouchement sans péridurale : "Moi je voulais absolument la péridurale pour mon premier accouchement étant du métier je ne voyais que les possibles complications et c’était hors de question de faire sans. Et puis je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant, je ne travaillais plus, j’étais certaine que ça serait ma dernière grossesse en plus. J’ai voulu tenter sans… Bon bah quand je suis arrivée à la maternité avec des contractions toutes les 2 minutes depuis 2 heures avec des douleurs entre chaque contraction et que j’étais à 3 centimètres j’ai craqué et j’ai demandé la péridurale."
Il est important de noter que plus de 50% des femmes qui désiraient accoucher naturellement changent d’avis et décident d’avoir recours à la péridurale lors de l’accouchement. Que ce soit pour des raisons médicales, physiques ou psychologiques, il peut toujours y avoir des imprévus quand on donne la vie à son bébé. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous conseillons toujours aux futures mamans de ne pas s’enfermer dans un schéma d’accouchement idéal : on ne sait jamais comment cela va se passer. Avoir des désirs, un projet de naissance, oui c’est top, mais se dire que ça va se passer d’une manière et pas d’une autre, surtout quand on n’a jamais accouché, peut-être dangereux.
L'Importance de l'Accompagnement
L'accompagnement joue un rôle crucial dans la gestion de la douleur pendant l'accouchement. La présence d'un partenaire, d'une sage-femme ou d'un doula peut apporter un soutien émotionnel et physique précieux.
Le rôle du partenaire est essentiel. Il peut prodiguer des massages, encourager la future maman, l'aider à se positionner et à respirer. La sage-femme est également une source de soutien importante. Elle peut conseiller la future maman sur les différentes techniques de gestion de la douleur et l'aider à prendre les meilleures décisions pour elle et son bébé.
Mythes et Réalités sur la Douleur de l'Accouchement
Il est important de déconstruire certains mythes et idées reçues concernant la douleur de l'accouchement. L’accouchement est un processus douloureux. Et toi, ma chère Moi-Future-Maman, tu y as cru, n’est-ce pas ? L’appât du gain, la commercialisation de la grossesse, de la maternité et de la naissance, tous ces incontournables qu’il te fallait absolument… Alors que tu n’en avais pas besoin. Il est si facile de devenir complètement gaga et pourquoi pas, si votre portefeuille vous le permet, mais si vous n’avez pas beaucoup d’argent, sachez que votre enfant n’a besoin que de deux choses: être aimé et nourri.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la douleur de l'accouchement n'est pas une fatalité. Elle peut être gérée et atténuée grâce à différentes techniques et méthodes. De plus, la douleur est subjective et varie d'une femme à l'autre.
Il est également important de ne pas idéaliser l'accouchement. La réalité de l'accouchement peut être douloureuse, sanglante et chaotique. Il est essentiel de se préparer à cette réalité et de ne pas se laisser influencer par des images idéalisées. Oh mon Dieu, ce qui me tracasse vraiment maintenant que j’y repense, c’est combien la réalité de l’accouchement, la douloureuse, sanglante et chaotique réalité de l’accouchement a été embellie et adoucie. Fallait-il vraiment faire preuve d’autant de condescendance ? Qui croyait sérieusement que conseiller à une future mère de s’imaginer en train d’expulser un flot de rubans roses à chaque contraction pouvait faire l’affaire ? Parce qu’à l’arrivée des contractions, vous n’avez jamais ressenti une douleur aussi cruelle et profonde, et le seul moyen dont vous disposez pour y faire face, ce sont les médicaments… L’accouchement est un processus douloureux.
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