La grossesse et la naissance d'un enfant sont généralement perçues comme des événements heureux, mais elles représentent également des défis physiques et psychiques pour les femmes. Parmi les complications possibles, le dépassement du terme de grossesse, bien que relativement fréquent, peut susciter des inquiétudes. Cet article explore les causes psychologiques potentielles de l'accouchement après terme, les risques associés, et les approches de prise en charge.

Qu'est-ce que le Dépassement du Terme ?

Le terme de grossesse est généralement défini entre 37 et 41 semaines d'aménorrhée (SA). On parle de dépassement de terme lorsque la grossesse se prolonge au-delà de 41 SA. En France, environ 15 à 20 % des femmes accouchent entre 41 SA et 41 SA + 6 jours, et environ 1 % au-delà de 42 SA.

Causes Psychologiques Possibles du Dépassement du Terme

Bien que les causes exactes du dépassement du terme soient souvent multifactorielles et pas toujours clairement identifiées, certains facteurs psychologiques peuvent jouer un rôle. Il est important de noter que ces facteurs ne sont pas des causes directes, mais plutôt des éléments qui peuvent influencer le processus.

  • Difficulté à conscientiser la grossesse : Certaines femmes peuvent mettre du temps à accepter pleinement leur grossesse, ce qui peut potentiellement influencer le moment de l'accouchement.
  • Crainte de la période post-natale : Alors que certaines femmes peuvent ne pas avoir peur de la grossesse elle-même, elles peuvent craindre la période post-natale et les responsabilités liées à la maternité. Elles peuvent se demander si elles seront à la hauteur en tant que mères, capables de comprendre et de répondre aux besoins de leur enfant.
  • Peur de l'accouchement : L'accouchement est un événement symbolique fort, mais aussi une source d'inquiétude pour de nombreuses femmes. Les préoccupations concernant les violences obstétricales, la douleur, ou la séparation de l'enfant peuvent susciter des appréhensions.
  • Pression sociale et idées reçues : La maternité est souvent idéalisée, et les femmes peuvent ressentir une forte pression sociale pour se conformer à certaines attentes. Les idées reçues sur ce que signifie être une "bonne mère" peuvent peser lourdement sur leurs épaules.
  • Réactivation de l'histoire personnelle et familiale : La naissance d'un enfant peut réactiver des éléments de l'histoire personnelle et familiale de la mère, ainsi que des dynamiques au sein du couple. Ces éléments peuvent inconsciemment influencer le déroulement de la grossesse et de l'accouchement.

Risques Associés au Dépassement du Terme

Le dépassement du terme peut présenter des risques pour le bébé, notamment :

  • Calcification placentaire : Au-delà de 41 SA + 5 jours, le placenta peut se calcifier, réduisant ainsi les échanges avec le bébé et augmentant le risque de souffrance fœtale.
  • Souffrance fœtale : Une diminution des échanges placentaires peut entraîner un manque d'oxygène pour le bébé, ce qui peut provoquer une souffrance fœtale.

Prise en Charge du Dépassement du Terme

En cas de dépassement du terme, une surveillance fœtale régulière est mise en place. À partir de 41 semaines d'aménorrhée, la future maman et son bébé sont surveillés tous les deux jours par échographie et monitoring.

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  • Déclenchement de l'accouchement : Si la surveillance révèle des anomalies, telles qu'un rythme cardiaque fœtal anormal, un déclenchement de l'accouchement peut être envisagé. En l'absence d'anomalies, il n'y a pas d'indication formelle à déclencher le travail avant 6 jours de dépassement de terme.
  • Soutien psychologique : Il est essentiel de prendre en compte les aspects psychologiques liés à la grossesse et à l'accouchement. Un soutien psychologique peut aider les femmes à gérer leurs angoisses, leurs peurs et leurs préoccupations.

Troubles Psychiques Associés à la Grossesse et au Post-Partum

La grossesse est une période de vulnérabilité particulière où des traumatismes et des deuils passés peuvent resurgir. Il existe un continuum entre les manifestations psychiques normales liées aux mutations psychiques et les manifestations pathologiques. La prévalence des troubles psychiatriques durant cette période de la vie s’élève de 15 à 29 %.

Troubles pendant la grossesse (anténatal)

  • Nausées et vomissements : Bien que principalement attribués à des facteurs hormonaux, des facteurs psychologiques peuvent exacerber ces symptômes.
  • Craintes liées à la grossesse : Les femmes peuvent éprouver des craintes concernant les changements corporels, une malformation fœtale, l'accouchement ou leur aptitude à s'occuper de l'enfant.
  • Dépression anténatale : Elle touche environ 10 à 20 % des femmes enceintes et peut être à l'origine d'une dépression post-natale.
  • Troubles psychotiques chroniques : La survenue d'une grossesse chez une femme avec un trouble psychotique chronique impose une surveillance stricte.
  • Déni de grossesse : Il se définit comme la non-conscience involontaire de son propre état de grossesse.
  • Troubles liés à l'usage de substances : La survenue d'une grossesse chez une personne avec un trouble lié à l'usage de l'alcool ou de substances est à haut risque.

Troubles après l'accouchement (post-partum)

  • Blues du post-partum : Jusqu'à 80 % des accouchées présentent un blues du post-partum, caractérisé par une labilité émotionnelle, une hyperesthésie affective et des pleurs. Il est spontanément résolutif en quelques jours.
  • Troubles anxieux : Les symptômes anxieux peuvent être isolés ou associés à d'autres entités cliniques du post-partum.
  • Phobies d'impulsion : Ce sont des angoisses de passage à l'acte à l'égard du nourrisson qui peuvent aller jusqu'à la phobie d'infanticide.
  • État de stress post-traumatique : Le vécu de vulnérabilité, de perte de contrôle ou la perception par la femme de complications obstétricales peuvent induire des symptômes de trouble de stress aigu, voire des troubles de stress post-traumatique.
  • Troubles de l'humeur (dépression du post-partum) : Ils touchent 15 % des mères dans la période du post-partum. La dépression du post-partum est marquée par une humeur triste, une irritabilité, une asthénie importante, une anxiété s’exprimant parfois sous la forme de phobies d’impulsion.
  • Psychose puerpérale : C’est un trouble psychiatrique grave qui survient généralement dans la semaine suivant l’accouchement. Il est crucial d'obtenir une prise en charge spécialisée dès les premiers signes psychotiques.

Importance du Dépistage et de l'Intervention Précoce

Il est essentiel de dépister et de traiter les troubles psychiques pendant la grossesse et le post-partum. Lors des consultations de suivi de grossesse, il est nécessaire de prendre le temps d’informer mais aussi d’écouter attentivement la femme enceinte, le couple, afin d’appréhender leur situation dans sa globalité.

Approches Thérapeutiques

  • Psychothérapie : L'abord psychothérapeutique tant préventif que curatif est d’une particulière efficacité pendant les périodes de la grossesse et du post-partum.
  • Chimiothérapie : La prescription de psychotropes pendant la grossesse implique de mettre en balance les bénéfices par rapport aux risques.

Soutien et Réseau

L’abord de la situation dans sa globalité implique des professionnels multiples dont la concertation et la coordination sont fondamentales. Il s’agit de soins organisés en réseau. Les référentes Maman-Blues sont également là pour vous orienter et présentes partout sur le territoire !

Le Traumatisme de la Naissance

Bien qu’une femme sur trois décrive l’accouchement comme un traumatisme, les médecins définissent généralement les problèmes liés à l’accouchement par des blessures physiques plutôt que psychologiques. Le traumatisme de la naissance englobe les expériences qui peuvent se produire à n’importe quelle phase de la procréation, y compris les périodes pré et postnatales, lorsque les individus interagissent avec les services d’obstétrique et de procréation.

Facteurs de Risque

Les facteurs de risque associés au traumatisme de la naissance comprennent des facteurs préexistants dans les antécédents d’une personne (par exemple, antécédents psychiatriques et traumatiques), des facteurs obstétriques (par exemple, complications et interventions obstétriques, douleur et complications infantiles) et des expériences subjectives liées à l’accouchement (par exemple, perception d’un manque de soins, de soutien et de contrôle, peur et mauvaise communication).

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Conséquences

La relation parent-nourrisson peut être perturbée par des difficultés d’allaitement et d’attachement. À long terme, cela peut également avoir un impact sur la prise de décision d’un couple concernant la planification familiale future.

Comment Faire Face

  • Thérapie : Trouver un thérapeute spécialement formé au soutien de la santé mentale et des traumatismes des nouveaux parents. Des thérapies telles que l’Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) ou la thérapie d’exposition se sont révélées efficaces dans le traitement des symptômes de traumatisme.
  • Suivi médical : Il est important pour le bien-être général des nouveaux parents de recevoir des soins, en particulier si l’accouchement traumatique a entraîné des complications physiques.
  • Comprendre l'accouchement : Demander un compte rendu d’accouchement pour mieux comprendre le travail et l’accouchement.
  • Remettre en question les pensées dichotomiques : Laisser de la place à tous les aspects de l’expérience de la naissance.

Impact du Mode d'Accouchement sur le Comportement de l'Enfant

Une récente étude suggère que le mode d’accouchement (césarienne ou voie basse) influence le développement cérébral et le comportement de l’enfant. L’accouchement par voie basse provoque une forte libération d’hormones du stress, ce qui pourrait avoir des conséquences durables sur le développement cérébral et le comportement de l’enfant.

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