La douleur de l'accouchement est un sujet complexe, influencé par des facteurs biologiques, environnementaux et culturels. Bien que souvent perçue comme une expérience universelle, elle varie considérablement entre les espèces animales, y compris les humains. Cet article explore les aspects évolutifs et culturels de la douleur de l'accouchement, en mettant en lumière les défis uniques auxquels sont confrontées différentes espèces, ainsi que les perceptions et les pratiques entourant la naissance chez les humains.
L'Accouchement chez les Primates : Simplicité et Complexité
Au sein des primates, il existe deux types d'accouchements : celui des primates non humains, simple et rapide, et celui des humains modernes, plus long et complexe. Chez les chimpanzés, les efforts expulsifs ne durent que quelques secondes, tandis qu'ils peuvent durer jusqu'à trente minutes chez les humains modernes. Le fœtus des singes suit une trajectoire rectiligne, et les femelles n'ont pas besoin de l'assistance d'un tiers.
Le Dilemme Obstétrical : Bipédie, Encéphalisation et Douleur
L'accouchement humain est devenu plus complexe au fil de l'évolution, en raison de la bipédie et de l'augmentation du volume du cerveau. Selon l'hypothèse du dilemme obstétrical, la bipédie a modifié l'architecture pelvienne, réduisant l'espace entre les hanches et le sacrum. Par ailleurs, l'encéphalisation a contribué à augmenter la taille du cerveau des nouveau-nés.
Les australopithèques, un groupe fossile présentant des caractéristiques liées à la bipédie sur le bassin, mais dont le volume du cerveau est seulement légèrement supérieur à celui des chimpanzés, illustrent cette transition. Seuls les crânes néonatals de 110 grammes pouvaient franchir les bassins d'australopithèques sans encombre. Il est possible qu'ils aient partagé notre façon de prendre en charge le nourrisson puis l'enfant, selon des modalités de coopération entre les membres du groupe.
Un axe de recherche intéressant est maintenant de s'interroger sur le rôle du périnée au cours de l'accouchement de l'australopithèque. Il pourrait avoir un rôle crucial dans la rotation qui est faite par le fœtus en toute fin d'accouchement, et participer à orienter son crâne comme chez les humains. Dans ce cas, la présence d'une sage-femme, comme chez les humains modernes, aurait pu être obligatoire aussi chez les australopithèques.
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La Perception Culturelle de la Douleur de l'Accouchement chez l'Humain
La perception de la douleur de l'accouchement est fortement influencée par la culture. En France, par exemple, le recours massif à la péridurale pourrait, selon les dires des professionnels de santé et les observations de chercheurs en sociologie, ne pas servir « seulement à soulager la douleur des femmes, mais à organiser et réguler le flux des patientes dans les structures hospitalières ». La péridurale est entrée dans les mœurs, mais elle reste un acte médical qui, comme tous les actes médicaux, n’est pas anodin et peut avoir des effets secondaires. Vouloir neutraliser la douleur peut avoir un prix et souvent la question sur d’éventuelles conséquences sur le bébé et la mère est éludée assez rapidement. La péridurale augmente le besoin d’intervention obstétricale en perturbant le processus physiologique. En raison des probables diminutions des contractions dues à l’atteinte du bloc moteur, la péridurale est 9 fois sur 10 associée à une injection d’ocytocine synthétique. Elle-même ayant de nombreux effets négatifs possibles comme les bradycardies fœtales (ralentissement du rythme cardiaque), qui interprétées comme souffrance fœtale, peuvent amener à pratiquer une césarienne en urgence ou le rallongement de l’expulsion avec recours plus fréquents aux extractions instrumentales (1). La péridurale a aussi des effets directs sur le bébé puisqu’il reçoit lui aussi ce mélange de produits morphiniques et anesthésiques locaux.
La péridurale et l’injection d’ocytocine pourraient perturber le lien d’attachement mère-bébé. En effet, les modifications de taux d’ocytocine en début de vie chez certains animaux ont des conséquences négatives à long terme sur leur comportement social et sur la gestion d’ expériences stressantes chez des bébés. Des études menées sur des brebis et des vaches (accouchement avec péridurale vs sans péridurale) ont montré des liens d’attachement très fortement perturbés dans le 1er cas.
Malheureusement, d’exceptionnelle, elle est devenue la norme, seule alternative proposée, souvent solution de facilité. Une étude du CIANE indique que » 56% de celles qui ont eu recours à la péridurale alors qu’elles ne le souhaitaient pas au départ sont insatisfaites. Elles mettent en cause le défaut d’accompagnement et le fait qu’on ne leur ait pas laissé le choix ».
Il existe un système de protection physiologique contre la douleur. La douleur va entraîner la libération de substances de la famille de la morphine (endorphine en particulier), ce qui va permettre de réduire cette douleur. Les endorphines ont un second avantage : elles stimulent la sécrétion de prolactine, hormone du maternage et élément clé de la lactation. Pourrait on faire un lien entre le fort taux de péridurale et un allaitement en France peu développé ?
L’état émotionnel de la mère, les circonstances extérieures, et l’attitude du père, peuvent influencer la douleur ressentie. Le néocortex, c’est une partie de votre cerveau qu’on pourrait comparer à un super ordinateur qui prend le dessus sur les autres parties, en particulier sur le cerveau archaïque, qui régule les réflexes. Or, l’accouchement est un réflexe. Les contractions du muscle utérin ne se contrôlent pas et si la physiologie est au rendez vous, la femme passe par un « réflexe d’éjection », sensation irrépressible que le bébé sort tout seul. C’est le « ça pousse ! » d’affolement quand la femme comprend que ce n’est pas elle qui décide de la poussée ! Occulter la douleur pourrait ressembler à faire l’impasse sur l’affrontement de ses peurs, de ses expériences passées engrammées dans son corps et dans son esprit. La douleur est aussi un message, un guide. Un guide physique pour vous dire de bouger. Un guide psychique pour vous montrer vos résistances. « Votre douleur est à la hauteur de vos résistances » I. Cette douleur impose à la femme de vivre pleinement ce moment, sans penser ou faire autre chose en même temps. 100% ici et maintenant. Pas question de penser à l’organisation des prochaines vacances avec bébé ou au sms qu’on doit envoyer à Mamie pour la prévenir que bébé sera bientôt là. Le temps change de valeur. La douleur met en place un rythme, scandé de contractions et de temps de détente, qui doit permettre à la femme de trouver le chemin en elle pour devenir mère. Cette douleur devient guide pour que la femme s’adapte, qu’elle s’ouvre, qu’elle lâche (le contrôle, la femme qu’elle était avant, ses peurs…).
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Les Défis de la Maternité dans le Monde Animal
Être mère est un défi dans le règne animal, avec des réalités parfois surprenantes. C'est le cas de la hyène tachetée où la maternité peut être mortelle. Les orques et les orangs-outans, quant à eux, ont une relation mère-enfant qui dure presque toute leur vie. Même la parthénogenèse, où certaines espèces se reproduisent seules, ne rend pas les choses plus faciles.
La reproduction animale est un processus biologique qui permet la perpétuation d'une espèce. Elle peut être de deux types : sexuée et asexuée. La reproduction sexuée implique l'union de deux individus de sexes opposés, mâle et femelle. Leurs cellules sexuelles ou gamètes se fusionnent pour former un nouvel individu avec un mélange des gènes des deux parents. En revanche, la reproduction asexuée ne nécessite qu'un seul parent et produit des descendants génétiquement identiques à ce dernier. La reproduction animale peut aussi s’observer sous différentes formes comme l’oviparité, viviparité ou encore l’ovoviviparité en fonction de la nature et du développement de l’embryon.
Le kakapo, ou perroquet-hibou, est l'un des exemples les plus marquants. Sa reproduction est conditionnée à l’abondance de nourriture : il ne s'accouple qu'en présence d'une certaine quantité de nourriture. De même, les mulets et les mules, qui sont des animaux hybrides, sont en grande majorité stériles. Parmi les animaux à sang froid, plusieurs espèces de poissons, insectes, mollusques et amphibiens pratiquent la parthénogenèse, un mode de reproduction qui permet à un individu femelle de donner naissance à une génération d’individus sans matériel génétique provenant d’un père.
L'Hyène Tachetée : Un Accouchement Mortel
Dans l'univers animal, l'hyène tachetée se distingue par sa difficulté à donner naissance. En raison de l'anatomie du sexe de la femelle, du processus d'accouchement et des risques de complications pour la mère. À cet effet, on estime que lors du premier accouchement, les chances de survie de la mère hyène tachetée sont extrêmement restreintes.
L'anatomie du sexe de la mère hyène tachetée est assez unique dans le règne animal. En effet, chez cette espèce, la femelle possède un clitoris très développé qui ressemble à un pénis de mâle et mesure entre 13 et un peu plus de 17 cm. Il est si grand qu'il dépasse même la taille du pénis du mâle. De plus, contrairement à la majorité des mammifères, la femelle hyène tachetée n'a pas d'orifice vaginal en région caudale (sous la queue) mais plutôt en position ventrale. Ce pseudo-pénis sert non seulement à l'accouplement, mais aussi à la mise bas, ce qui rend le processus particulièrement difficile et dangereux pour la mère.
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Le mâle doit introduire son pénis dans le pseudo-pénis de la femelle, ce qui nécessite une coopération de la part des deux partenaires. Cette particularité anatomique rend l'accouplement plus difficile et plus long que chez la plupart des autres mammifères. De plus, lors de l'accouplement, la femelle doit se mettre dans une position spécifique, souvent décrite comme une "révérence", pour permettre au mâle d'atteindre son pseudo-pénis. Cette position peut être maintenue pendant plusieurs heures, ce qui peut être épuisant pour la femelle. Les rapports sexuels sont généralement initiés par la femelle.
Après une gestation de 100 à 110 jours, la femelle donne naissance généralement à 2 petits. L'accouchement se fait à travers le pseudo-pénis, un organe qui ressemble à un pénis mâle. Ce passage étroit rend le processus difficile et peut provoquer des blessures graves chez la mère. De plus, le premier-né a souvent tendance à tuer son frère jumeau. Et à côté de cela, la survie des petits et de la mère lors de ce processus est loin d'être garantie. Car, en raison de l'étroitesse du pseudo-pénis, le bébé hyène à du mal à sortir. Rendant ainsi l'accouchement risqué pour la mère allant très souvent à la mort de celle-ci et du bébé à cause de l'extrême douleur qui dure pendant des heures. Après la naissance, la mère se débarrasse avec force de ce pseudo-pénis. Ce qui lui permet de se reproduire plus facilement ultérieurement. À tout ceci, s'ajoute le fait que la mère élève seule ses petits pendant quelques mois avant qu'ils ne rejoignent un terrier commun.
Les Défis de Maternité Chez les Autres Espèces
La maternité peut s'avérer un défi de taille pour de nombreuses espèces animales, pas uniquement pour l'hyène tachetée. Que ce soit dû à une longue période de gestation, comme chez les éléphants, ou à une mortalité élevée chez les nouveau-nés, comme chez certains poissons, la reproduction n'est pas toujours un processus facile.
Les éléphants ont une des gestations les plus longues du règne animal, durant près de 22 mois. De plus, la femelle s'occupe seule du petit qui reste fortement dépendant pendant plusieurs années.
Les orangs-outans ont aussi une longue période de gestation et leurs petits sont extrêmement dépendants, nécessitant des soins continus pendant plusieurs années.
Chez certains amphibiens et poissons, la survie des petits est un véritable défi, en raison de la prédation et des conditions environnementales.
Ces exemples illustrent combien la maternité peut être un défi chez différentes espèces, et comment chaque espèce a développé des stratégies uniques pour maximiser la survie de leur progéniture.
Top 10 des Animaux Dont la Reproduction Est Assez Difficile
La reproduction chez certaines espèces animales peut s'avérer être un véritable casse-tête. Voici le top 10 des animaux pour lesquels la reproduction est un défi :
- Les orques : Les femelles vivent presque toute leur vie avec leur groupe et ne quittent jamais, rendant la reproduction un processus complexe.
- Les rats-taupes nus : La reine supprime les comportements de reproduction dans la colonie, un phénomène extrêmement rare chez les mammifères.
- Les animaux se reproduisant par parthénogenèse : Ils produisent des descendants génétiquement identiques sans l'intervention d'un mâle.
- Les vipères : Elles pratiquent l'ovoviviparité, un type de reproduction où les œufs éclosent dans le ventre de la mère.
- Le Wallabia bicolore : C'est le seul animal qui se reproduit un ou deux jours avant de mettre bas, restant constamment en période de gestation.
- Les koalas : La déforestation et l'urbanisation rendent difficile la rencontre entre mâles et femelles pour se reproduire.
- Les condors de Californie : Des femelles se sont reproduites sans mâles, un phénomène rare chez les oiseaux.
- Les girafes : Cette espèce est vulnérable avec une population qui a chuté de 40% entre 1985 et 2015.
- Les rhinocéros de Sumatra : Cette espèce est en danger critique d'extinction, en partie à cause de difficultés de reproduction.
- Certains mollusques : certaines de ces espèces (Scaphopodes et les Céphalopodes) sont gonochoriques, c'est-à-dire qu'ils ont des sexes séparés. Cela nécessite une synchronisation pour la fécondation, particulièrement pour les espèces aquatiques qui relâchent leurs gamètes dans l'eau.
L'Évolution et la Douleur de l'Accouchement Chez l'Humain
Selon une récente étude américaine menée par Wenda Trevathan, une anthropologue biologiste, l'accouchement humain serait le plus douloureux de l'ensemble du règne animal. En cause : deux changements anatomiques majeurs de notre espèce.
Tout d'abord, en devenant bipède, (il y a 3.5 millions d'années), le bassin de l'être humain a basculé vers l'avant, réduisant ainsi le passage de naissance pour le fœtus. Enfin, l'augmentation du volume de notre cerveau, qui a doublé entre 200 millions d'années - passant de 600cm3 à 1500 cm3 - rend difficile le passage de l'enfant dans un canal déjà fortement réduit au fil du temps.
Une explication non biologique viendrait corroborer le fait que la douleur serait plus intense lors de l'accouchement chez les êtres humains. Wenda Trevathan met en avant une explication d'ordre psychologique : « ce sont des émotions probablement plus fréquentes chez les humains modernes". En effet, l'anxiété des femmes vis-à-vis de la maternité est ressenti plus fortement aujourd'hui que chez nos ancêtres.
Pendant la vie in utero, la grossesse semble également plus risquée chez l’humain que chez d’autres espèces de primates. Des études récentes montrent par exemple que la vascularisation de l’utérus est très profonde chez la femme. Cela permettrait à l’embryon de capter plus facilement les nutriments nécessaires à la croissance du cerveau. En revanche, cela rendrait la grossesse plus risquée et entrainerait un risque d’hémorragie plus important.
Enfin l’accouchement est aussi plus difficile pour l’espèce humaine. La taille du canal pelvien par lequel passe le bébé est réduit par rapport la taille du crâne d’un nouveau-né, ce qui rend l’accouchement plus compliqué, douloureux et dangereux dans notre espèce.
Malgré toutes ces difficultés, les femmes humaines restent d’excellentes reproductrices et sont capables de mettre au monde un grand nombre d’enfants en peu de temps ! Une femme est physiologiquement capable d’avoir un enfant tous les deux ans, alors que l’intervalle entre deux naissances est plutôt de quatre ans chez les chimpanzés. Il est fréquent, en absence de contraception moderne, de voir des femmes mettre au monde plus de dix enfants au cours de leur vie.
L'Importance de l'Intimité et des Hormones Dans l'Accouchement
100 ans déjà avant DARWIN, Jean-Jacques ROUSSEAU osait classer l’être humain dans le monde animal. En effet, tous les mammifères se cachent, s’isolent, s’éloignent du groupe, lorsqu’ils mettent au monde leur bébé, car ils ont, comme tous les êtres humains, besoin à ce moment précis d’intimité.
Le processus d’accouchement est un processus extrêmement complexe durant lequel tous les mammifères doivent sécréter un certain nombre d’hormones spécifiques. Ces hormones sont libérées sous l’action de structures anciennes, archaïques, primitives, mammaliennes du cerveau que nous partageons depuis l’origine avec de nombreux animaux.
De la même manière si vous observez une femme sur le point d’accoucher vous constaterez qu’instinctivement, si on la laisse faire bien sûr, elle se sentira mieux dans une petite pièce, un petit coin isolé, dans la pénombre. tout simplement parce que durant l’accouchement la femme sollicite la partie primitive de son cerveau, en inhibant l’activité de son néocortex, sa partie rationnelle. Le noir, l’absence de lumière l’aide ainsi à se couper du monde, lui permettant de modifier son état de conscience, une opération nécessaire à l’équilibre hormonal. A l’inverse, la lumière est un puissant stimulant du néocortex, car le sens de la vue est, ne l’oublions pas, le plus « intellectuel » de nos 5 sens. Ce néocortex, très précieux pour l’évolution de notre espèce et qui demeure, hélas, trop souvent sollicité durant les accouchements, perturbe le processus de la naissance en inhibant les comportements qui sont socialement inacceptables (crier, souffler bruyamment, pleurer, ouvrir les sphincters etc.) et en érigeant des barrières mentales telles que le contrôle, la peur et le jugement.
La première hormone impliquée dans l’accouchement, n’est autre que l’hormone de l’amour, l’ocytocine, qui induit les contractions utérines. C’est aussi pour cette raison que l’on retrouve cette hormone dans les préludes de l’acte sexuel et dans l’orgasme : les contractions utérines provoquées par la libération de l’ocytocine au moment de l’orgasme féminin, facilitent l’aspiration du sperme et donc la fameuse rencontre entre spermatozoïde et ovule. Durant l’accouchement, sa production est graduellement augmentée, ce qui allonge la durée des contractions et réduit l’intervalle entre chacune, rendant le travail de plus en plus efficace. Parallèlement à cette augmentation graduelle de la douleur, des endorphines (une morphine naturelle) sont libérées afin de maintenir la souffrance ressentie à un niveau supportable. Simultanément, cette molécule de la famille des opiacés provoque au niveau du cerveau une certaine confusion, permettant la mise « hors circuit » de notre néocortex, l’occasion pour notre cerveau primitif, celui qui sait instinctivement comment s’accoupler et accoucher, de reprendre le contrôle des opérations. (Rappelons que les opiacés sont aussi connus pour créer un état de dépendance, rien d’étonnant alors que la mère et l’enfant sécrètent à chaque échange affectif des endorphines !).
Lorsque la dilatation est complète, la femme entre dans la phase la plus caractéristique de l’accouchement selon « la méthode mammifère » : le réflexe d’éjection du fœtus (cette expression fut utilisée pour la première fois par la scientifique américaine Niles NEWTON, à propos des mammifères non humains). Ainsi, si la femme se trouve dans un environnement intime, qu’elle demeure libre de ses mouvements, elle libère au moment propice, une quantité importante d’adrénaline, l’hormone du froid et de la peur mais aussi celle impliquée dans la lutte et la fuite. Cette décharge d’adrénaline, sort la femme de son état de confusion, elle est à nouveau alerte et active ce qui permet le déclenchement du réflexe d’éjection du fœtus et la naissance de l’enfant. Quant à l’enfant à naître, il bénéficie lui aussi de cette hormone : une décharge de noradrénaline lui permet de s’adapter à la privation physiologique d’oxygène qui caractérise la phase finale de l’accouchement. L’effet le plus visible de cet état hormonal est que lorsque l’accouchement n’est pas perturbé, le bébé naît avec de grands yeux et les pupilles très dilatées. Puis, instinctivement, guidé lui aussi par son instinct animal, le bébé, cherche naturellement le mamelon de sa mère. Dans l’heure qui suit la naissance, lorsque la mère et l’enfant se retrouve bien au chaud, en contact peau à peau, dans la plus grande intimité, l’enfant cherche et trouve dans l’heure qui suit sa naissance (certains sont plus réactifs que d’autres) le sein de sa mère, guidé par la différence de température avec la peau alentour et l’odeur particulière du sein nourricier (phénomène la aussi observable chez l’ensemble des mammifères non humains).
Réduire la Douleur : Avancées Médicales et Compréhension du Processus
Longtemps délaissé par les recherches médicales, l’accouchement a connu une véritable révolution dans les années 70 avec la démocratisation de la péridurale. Cette forme d’anesthésie occupe une place prépondérante dans les salles d’accouchements françaises. Selon les enquêtes Naître en France de 1981 à 2010, seulement 3,9% des femmes en 1981 avaient recours à la péridurale durant leur accouchement contre 70% en 2010. Depuis 1994, l’accès à la péridurale est pris en charge à 100% par l’assurance maladie.
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