L'accouchement à domicile (AAD) est une option qui gagne en popularité pour les femmes souhaitant une expérience de naissance plus personnalisée et moins médicalisée. Bien que l'AAD ne fasse l'objet d'aucune législation spécifique en Suisse, il est important de comprendre les conditions et les aspects essentiels liés à ce choix.

Définition et Préparation à l'Accouchement à Domicile (AAD)

Un accouchement accompagné à domicile (#AAD) est un accouchement physiologique qui respecte le rythme de la mère et de l’enfant, se déroulant à domicile et accompagné par une sage-femme. Cet accompagnement est global : il suit la mère et l’enfant de A à Z, des premiers jours de grossesse à l’accouchement et aux suites de couches.

L’#AAD est centré sur les besoins particuliers de la femme enceinte : la femme bénéficie d’un accompagnement global à la naissance, ce qui signifie qu’un seul praticien (ou binôme de praticiens le cas échéant) assure la surveillance médicale de la grossesse lors des consultations prénatales, la préparation à la naissance, la surveillance et la responsabilité de l’accouchement, les soins postnataux de la mère et de l’enfant. À tout moment lors de ce suivi, la sage-femme peut orienter la future maman vers un médecin spécialisé, si elle le juge nécessaire.

Mûrir son choix

Il est essentiel de bien réfléchir et de s'informer avant de choisir l'AAD. Cela implique de comprendre les avantages, les inconvénients, les conditions de sécurité, et les aspects légaux et financiers.

Se préparer

La préparation à l'AAD comprend plusieurs étapes :

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  • Recherche et sélection d'une sage-femme AAD : Il est crucial de trouver une sage-femme expérimentée et qualifiée pour l'AAD.
  • Suivi prénatal : Un suivi régulier avec la sage-femme est essentiel pour évaluer la santé de la mère et du bébé et s'assurer que la grossesse se déroule normalement.
  • Préparation à la naissance : Des cours de préparation à la naissance peuvent aider la mère et son partenaire à se préparer physiquement et émotionnellement à l'accouchement.
  • Plan de naissance : Élaborer un plan de naissance détaillé avec la sage-femme permet de définir les préférences de la mère pour l'accouchement.
  • Préparation du domicile : Aménager un espace confortable et sécurisé pour l'accouchement à domicile.

Conditions et Législation en Suisse

En Suisse, les sages-femmes libérales sont autorisées à pratiquer l’accouchement à domicile. L'accouchement à domicile ne fait l’objet d’aucune législation spécifique. De ce fait, on peut considérer que selon l’article L. Cependant, l’article L. 1142-2 du Code de la santé publique prescrit l’obligation à tous les professionnels de santé de souscrire à une assurance responsabilité civile afin de couvrir leur pratique professionnelle.

Prise en Charge Financière

L'AAD est pris en charge par le régime de Sécurité Sociale de base et peut être couvert par certaines mutuelles. Il est recommandé de vérifier auprès de sa caisse d'assurance maladie les modalités de remboursement.

Trouver une Praticienne

Il est possible de trouver une sage-femme pratiquant l'AAD sur le site de la Fédération suisse des sages-femmes, où l’accouchement à domicile fait partie des critères de recherche.

Sécurité de l'AAD

La Fédération Suisse des Sages-femmes déclare : « Un accouchement à domicile, sélectionné et accompagné selon l’état actuel de l’obstétrique, ne comprend pas plus de risques pour la mère et l’enfant qu’un accouchement à l’hôpital. Les accouchements à domicile diminuent les frais dans le domaine de la santé parce que les sages-femmes considèrent l’accouchement comme un événement physiologique qui ne nécessite que peu d’interventions. De plus, il est prouvé que les accouchements dans un environnement familier donnent lieu à moins de complications.

Études sur la Sécurité de l'AAD

Des études sur la sécurité de l'AAD - accouchement accompagné à domicile - paraissent régulièrement à l'international puisque cette pratique est courante dans certains pays comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, etc. Et ces études sont positives. La dernière en date - une méta-analyse sur environ 1 000 000 de naissances (500 000 AAD versus 500 000 à l'hôpital) dans huit pays - ne fait pas exception et confirme une fois de plus la sécurité de ce mode d'enfantement.

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Facteurs de Risque et Contre-Indications

Théoriquement, les femmes sont libres de choisir où et avec qui elles souhaitent accoucher. Cette théorie se heurte cependant à la réalité : les sages-femmes ne sont habilitées à suivre et accompagner que les grossesses et naissances physiologiques. Ce qui signifie qu’une femme qui présente un risque ou une pathologie nécessite un avis auprès d’un médecin. Selon cet avis, il est possible que la sage-femme ne puisse plus suivre la grossesse et qu’un transfert vers une structure hospitalière s’opère.

Les principales contre-indications sont : présentation par le siège, grossesse gémellaire ou multiples, prématurité, terme dépassé, pathologies sévères de grossesse (hypertension, diabète sous insuline, pré-éclampsie…). La Haute Autorité de Santé présente des recommandations de bonnes pratiques selon les profils et les pathologies rencontrées. Consulter la page “Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées”.

Les sages-femmes #AAD analysent ainsi le profil des femmes au regard des recommandations de la HAS et des connaissances internationales en la matière.

Transfert à l'Hôpital

Il est recommandé et souvent demandé par les sages-femmes AAD aux futurs parents de constituer un dossier médical dans un établissement de santé au cas où un transfert deviendrait nécessaire au cours du travail. Au moment de l’inscription, rien ne vous contraint à détailler les modalités de naissance que vous souhaitez pour vous et votre enfant.

Si, lors de l’accouchement, le travail nécessite un transfert d‘urgence vers une maternité, celle-ci doit vous accueillir même si elle n’a pas souhaité prendre en charge votre dossier.

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Défis et Difficultés Rencontrés

Difficulté à trouver une sage-femme AAD

L’impossibilité de s’assurer dissuade a priori de nombreuses sages-femmes d’accompagner les parents dans leur AAD. Si vous rencontrez des difficultés à trouver une sage-femme AAD, vous pouvez contacter le CDAAD, l’APAAD ou les associations de périnatalité autour de chez vous.

Pressions du corps médical sur les futurs parents

De nombreux parents rapportent la difficulté de mener un dialogue avec les professionnels médicaux lorsqu’ils évoquent leur projet d’AAD. Si vous vous trouvez face à un professionnel hostile à votre projet au cours du suivi de votre grossesse, nous vous encourageons à en changer. Vous pouvez consulter la carte de l’Apaad, le site Gyn&Co qui répertorie les professionnel.le.s de santé non jugeant.e.s.

Relations avec les maternités

La situation est variable suivant les établissements de santé. Certaines maternités acceptent très bien les projets d’AAD. S’il est important pour vous que votre projet d’AAD soit connu de l’équipe, vous pouvez faire face à des réactions plus ou moins désapprobatrices. Selon la loi, un médecin peut refuser ses soins à un patient pour des raisons personnelles ou professionnelles (voir l’article R4127-47 du Code la santé publique). Toutefois, le médecin a le devoir d’en informer le patient et de transmettre les informations médicales le concernant à un confrère afin d’assurer la continuité des soins.

Alternatives à l'AAD : Les Maisons de Naissance

Ce n’est plus tout à fait l’hôpital, sans être un accouchement à domicile : les maisons de naissance proposent une réponse autre aux futurs parents en quête d’une naissance plus naturelle. Apparues en 1975 aux Etats-Unis, puis en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Québec, elles ont été évoquées pour la première fois en France en 1999. Mais ce n’est que depuis la fin de l’année 2015 que neuf structures ont obtenu l’autorisation d’exercer à titre expérimental, pour cinq ans. Les premières naissances sont prévues au printemps dans les deux maisons de naissance aujourd’hui opérationnelles.

Qu’est-ce qu’une maison de naissance ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une maison, c’est-à-dire un lieu de vie, avec un salon, une cuisine, une salle de bain, des toilettes et des chambres, dans lequel vont naître les bébés, loin de l’ambiance hospitalière, même si la maternité ne se trouve jamais loin : la Haute Autorité de santé (HAS) impose en effet qu’elle soit directement accessible, dans le même bâtiment ou dans un lieu attenant.

Ces structures juridiquement indépendantes des hôpitaux sont dirigées par des sages-femmes libérales. Elles s’occupent des futures mamans tout au long de leur grossesse (suivi médical, préparation), pendant l’accouchement et après la naissance du bébé, selon le principe de l’« accompagnement global à la naissance ». Une différence fondamentale avec les suivis classiques à l’hôpital, où les futures mères rencontrent souvent, pour la première fois, leur sage-femme le jour de l’accouchement.

Autre particularité, les naissances s’y déroulent de manière « physiologique », sans recours à des interventions médicales ou à des injections de produits pour minimiser la douleur. Et si tout s’est bien passé, les parents repartent à leur domicile avec le nouveau-né quelques heures après l’accouchement.

A qui sont destinées les maisons de naissance ?

Elles répondent au désir de choisir sa manière d’accoucher. Une enquête réalisée auprès de plus de cinq mille femmes par le Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane) montre qu’un nombre croissant de femmes (57 % en 2011 contre 36 % en 2005) émet les souhaits particuliers de bénéficier d’une liberté de mouvement pendant le travail, de gérer elles-mêmes leur douleur et ne pas se voir infliger des gestes médicaux invasifs… Or seules 63 % d’entre elles ont vu ces demandes satisfaites.

Par ailleurs, les futures mères se disent rassurées d’être suivies du début à la fin par la même sage-femme, ce qui n’est pas réalisable, pour des questions d’organisation, dans le milieu hospitalier classique.

Toutefois, les maisons de naissances ne sont pas accessibles à toutes les femmes : elles ne peuvent accueillir que des grossesses normales, dites à « bas risques » selon les critères de la HAS. Sont ainsi écartés les naissances multiples, certains antécédents médicaux (diabètes, hypertension, etc.) et les difficultés liées aux précédentes naissances (césarienne, prématurité). Des femmes suivies en maison de naissance peuvent également être réorientées vers le secteur hospitalier si des complications surviennent durant la grossesse (présentation en siège, par exemple).

Soutien et Ressources

Pour obtenir plus d'informations et de soutien concernant l'AAD en Suisse, vous pouvez contacter :

  • La Fédération suisse des sages-femmes
  • Des associations de soutien à la naissance à domicile

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