L'importance d'une approche globale de la santé de la mère et de l'enfant, particulièrement durant les 1000 premiers jours de vie, est de plus en plus reconnue. Cette période cruciale, allant de la conception aux deux premières années de l'enfant, influence non seulement le développement infantile, mais aussi la santé globale de l'adulte en devenir. Afin de promouvoir des environnements favorables au développement harmonieux du fœtus et du nouveau-né, des initiatives et programmes sont mis en place, notamment en France, pour améliorer les conditions de naissance et la prise en charge périnatale.
Les 1000 Premiers Jours : Une Fenêtre d'Opportunité
Le concept des « 1000 premiers jours », lancé par l'Unicef, met en lumière l'importance d'une approche globale de la santé de la mère et de l'enfant. Les conclusions d’une série d’articles publiés en 2016 dans la revue The Lancet sous le titre Advancing Early Childhood Development: from Science to Scale montrent combien il est important de s’engager plus résolument partout dans le monde en faveur de la santé du jeune enfant. On sait aujourd’hui que les trois premières années de la vie sont déterminantes non seulement pour le développement de l’enfant mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra. Cette approche globale permet de travailler sur l’amélioration des conditions de naissance en créant un environnement favorable à l’accueil du nouveau-né et apporte un triple bénéfice : sur la santé de la mère, de l’enfant et de l’adulte à venir.
Amélioration des Conditions de Naissance
Une attention particulière doit être accordée à la santé et aux conditions de vie des femmes et de leur partenaire avant la grossesse (dès le projet de grossesse), au cours de la grossesse, pendant et au décours de l’accouchement, puis à la santé de l’enfant et de ses parents dans les premières années de vie. Cela implique d’impulser une prise en compte particulière de la santé de l’enfant et de ses parents dans toutes les politiques publiques.
Programme « Périnatalité et Petite Enfance » de Santé Publique France
Dans le cadre de son programme « Périnatalité et petite enfance », Santé publique France contribue au développement de la prévention, à la réduction des risques et à la promotion de la santé à cette période de la vie. Il s’agit de mettre à profit cette période pour favoriser un mode de vie favorable au développement de l’enfant et des liens d’attachement avec ses parents.
Le Plan Fertilité du Gouvernement : Réarmement Démographique et Soutien aux Couples
Pour enclencher le « réarmement démographique », le gouvernement a mis en place un plan destiné à lutter contre l'infertilité. Présenté par la ministre de la Santé, le projet vise à relancer la natalité grâce à seize mesures.
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Mesures Phares du Plan Fertilité
- Création d'un portail national de référence : Un site web dédié à la santé reproductive et à la fertilité sera créé.
- Renforcement de l'éducation à la santé reproductive : L'éducation à la santé reproductive sera renforcée en milieu scolaire.
- Information ciblée : Une information équilibrée et scientifiquement fondée sur la santé sexuelle et reproductive sera diffusée.
- Lettre d'information aux jeunes adultes : Une lettre sera envoyée aux Français âgés de 29 ans pour les informer sur la santé sexuelle, la contraception et les possibilités d'autoconservation des gamètes.
Objectifs du Plan Fertilité
Le plan fertilité comprend aussi un volet sur la santé périnatale et maternelle. La fertilité ainsi que la santé périnatale et maternelle sont deux sujets étroitement liés, qui s’inscrivent dans le parcours allant du projet d’enfant aux premiers mois après la naissance, en accompagnant à la fois les parents en devenir et le bébé. Ils répondent à une même ambition : permettre à chacun de faire ses choix intimes de manière éclairée et de vivre ce parcours dans les meilleures conditions de santé possibles. Sur la fertilité où 1 couple sur 8 connait des difficultés à la frontière des choix intimes et de la santé, le temps est à l’action. Le comité, co-présidé par Salomé Berlioux et le professeur Samir Hamamah, accompagne la ministre dans la mise en œuvre du plan fertilité. Le plan inclut 16 actions parmi lesquelles la première porte sur la création d’un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité. santé sexuelle et reproductive, à destination de l’ensemble des Français à l’âge de 29 ans pour éviter le « si j’avais su ». Cette démarche vise à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes adultes, sans injonction ni pression sociale, et contiendra donc logiquement des informations sur la santé sexuelle et la contraception. Ce plan inclut également la mise en place d’un parcours de soins dédié à la fertilité, la généralisation des plateformes PREVENIR, la poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et le renforcement de la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques. La ministre souhaite développer l’auto-conservation ovocytaire avec l’objectif d’atteindre 70 centres en France d’ici et lancer les travaux pour un système national de gestion des dons de gamètes et d’embryons, en lien avec les professionnels de terrain, notamment les centres de don.
Les 16 Mesures du Plan de Lutte Contre l'Infertilité
Le plan s'articule autour de quatre axes principaux :
Axe 1 : Sensibiliser et Prévenir
- Création d’un portail national de référence : Un portail sur Santé.fr, rassemblant des informations fiables et validées scientifiquement.
- Diffusion d’une information ciblée : Information sur la santé sexuelle et reproductive à destination des Français de 29 ans.
- Renforcement de l’éducation à la santé reproductive : En milieu scolaire, en lien avec l’Éducation nationale.
- Lancement d’une campagne nationale de communication : Vise à améliorer la connaissance des enjeux de santé reproductive et à lutter contre les idées reçues.
- Renforcement de la prévention des risques environnementaux et comportementaux.
Axe 2 : Détecter Précocement et Mieux Diagnostiquer l’Infertilité
- Amélioration du parcours de soins dédié à la fertilité : Intégration d’une fiche dédiée à la fertilité dans « Mon bilan prévention » et les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
- Généralisation des plateformes PREVENIR : Renforcer le repérage précoce des facteurs de risques liés aux expositions environnementales.
- Poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose : Amélioration du diagnostic et de la prise en charge.
- Amélioration du diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SPOK) : Pathologie fortement associée à l’infertilité.
Axe 3 : Prendre en Charge : Améliorer, Élargir et Mieux Informer sur l’Assistance Médicale à la Procréation
- Déploiement de centres d’autoconservation des ovocytes : Déploiement de 30 centres nouvellement autorisés d’autoconservation des ovocytes, s’ajoutant aux 40 existants et lancer les réflexions pour l’ouverture de l’autoconservation des ovocytes aux centres privés à but lucratif, afin d’élargir l’offre et de réduire les délais d’accès.
- Mise en place d’un système d’information national de gestion des dons de gamètes et d’embryons : Pour améliorer la transparence, la traçabilité et l’efficience du système.
- Mise en place d’un sondage national sur l’autoconservation : Afin de mieux comprendre les motivations, les attentes et les profils des personnes concernées.
- Amélioration de l’information des patients à l’assistance médicale à la procréation.
- Amélioration de l’organisation des parcours au sein de chaque centre d’assistance médicale à la procréation : Via le lancement d’une mission de l’agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale.
Axe 4 : Faire de la France un Leader dans la Recherche et l’Innovation sur la Fertilité
- Déploiement d’appels à projets : Volets thématiques pouvant porter spécifiquement sur la fertilité, en articulation avec les travaux existants sur l’infertilité et l’endométriose.
Santé Périnatale : Un Chantier National
Sur la santé périnatale, le temps est celui de la méthode et de la construction d’un plan d’action. Les constats sont préoccupants : la France présente un taux de mortalité maternelle et infantile supérieur à celui de ses principaux voisins européens, la mortalité maternelle stagne et la mortalité infantile, notamment néonatale, augmente légèrement depuis 2011. Face à cette situation qui impose d’agir, la ministre lance un chantier national sur la santé périnatale et maternelle. Confiés à trois personnalités qualifiées - le professeur Loïc Sentilhes, le professeur Elsa Kermorvant et Eliette Bruneau - ces travaux visent d’abord à réaliser un diagnostic complet de l’organisation des soins périnataux, en s’appuyant sur les recommandations scientifiques, les travaux des sociétés savantes et de la mission d’information du Sénat de septembre , ainsi que sur le rapport de l’IGAS en cours de finalisation. Ces travaux couvriront l’ensemble du parcours périnatal, depuis la prévention avant et pendant la grossesse jusqu’au suivi post-natal, en passant par le fonctionnement des maternités, la gestion des urgences, la néonatologie et la prise en charge des publics les plus précaires et éloignés du système de santé.
Les Enjeux de la Périnatalité en Île-de-France
Dans le champ de la périnatalité et de la petite enfance, la région Île-de-France se caractérise par des indicateurs de mortalité et de morbidité moins favorables que les moyennes nationales : surmortalité infantile, périnatale et maternelle, plus grande fréquence des naissances prématurées, plus fort taux de prévalence de l’obésité infantile, par exemple.
Disparités Territoriales
L’Île-de-France se caractérise également par d’importantes disparités territoriales en termes d’indicateurs de santé périnatale et infantile, corrélés avec le poids des déterminants, individuels, sociaux, environnementaux, et la prévalence des comorbidités (obésité, diabète, etc.), elles-mêmes liées aux déterminants sociaux. Les travaux réalisés en Seine-Saint-Denis dans le cadre du programme RéMI ont confirmé l’interaction de la précarité sociale avec l’organisation et la qualité des soins (qualité des soins non optimale, orientations et suivis inadéquats, précarité non prise en compte ou non accompagnée, etc.).
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Inégalités d'Accès aux Soins
L’offre de soins en périnatalité et petite enfance est inégalement répartie sur le territoire francilien, concentrée sur Paris et certaines zones de la petite couronne, et plus difficilement accessible en grande couronne et l’accès des populations à une prise en charge adaptée à leurs besoins reste une préoccupation, notamment dans les situations médicales ou sociales complexes.
Coordination des Acteurs et Repérage des Vulnérabilités
Les femmes enceintes ne bénéficient pas systématiquement d’un repérage précoce et efficient des situations de vulnérabilité, qui permettrait une orientation vers le parcours le plus adapté à leurs besoins, et la mobilisation pertinente des ressources. La coordination des acteurs (ville-hôpital, santé-social) et la prise en compte des déterminants sociaux, notamment de la précarité et de ses conséquences, des besoins d’accompagnement en médiation ou interprétariat, sont encore insuffisamment développés.
Démographie des Professions et Tensions sur les Ressources Humaines
La démographie des professions intervenant spécifiquement dans le champ de la périnatalité et de la santé de l’enfant est contrastée. L’Île-de-France se caractérise par d’importantes disparités entre départements (Paris et Hauts-de-Seine sont les mieux dotés, à l’inverse la Seine-et-Marne cumule densités faibles et professionnels plus âgés.) Des perspectives ont certes été ouvertes par l’évolution des métiers, les protocoles de délégation de tâches, le développement des coopérations entre professionnels, la mise en place de protocoles de gradation des soins entre médecins généralistes et pédiatres, le développement du recours aux nouvelles technologies mais la situation reste compliquée. Depuis quelques années, la région est confrontée à des problématiques et phénomènes de réductions de capacité de l’offre de soins en périnatalité dû notamment aux tensions sur les ressources humaines dans la filière de la périnatalité.
L'Entretien Prénatal Précoce (EPP)
Il permet de recueillir les besoins d’accompagnement et de soutien des parents, détecter les risques médico-psycho-sociaux. Rendu obligatoire en mai dans le parcours de grossesse et faisant partie des priorités nationales dans le cadre des premiers jours, l’objectif national est d’atteindre de taux de réalisation fin . L’Agence a engagé des actions pour renforcer et assurer sa généralisation via les DSRP et avec les conseils départementaux au titre de la PMI. Des outils de communication et des actions de formation des professionnels sont ainsi réalisés.
Santé Mentale en Périnatalité
Pour renforcer le repérage et la prise en charge des risques psycho-pathologiques en périnatalité, l’Agence a défini des actions prioritaires dont :
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- Le repérage chez la femme enceinte, la mère et co-parent ou le bébé, en lien notamment avec la promotion de l’entretien prénatal précoce.
- La promotion de l’entretien post-natal précoce (à partir de juillet ).
- Le repérage de la dépression du post-partum par l’utilisation de l’échelle de dépression postnatale d'Edimbourg (EPDS).
Renforcement des Staffs Médico-Psycho-Sociaux
L’Agence a lancé une campagne de financement au sein des maternités franciliennes pour renforcer l’appui aux staffs médico-psycho sociaux et développer un cadre de travail pluri-professionnel, pluri-partenarial et coordonné en région autour d’une charte régionale. Les staffs médico-psycho-sociaux ont vocation à organiser une prise en charge pluridisciplinaire autour des situations de vulnérabilités dès la grossesse. Ils visent à évaluer et mettre en œuvre un accompagnement adapté dans le champs médical, psychologique et social pendant la durée de la grossesse et de la période post-natale notamment en organisant le relai avec les acteurs de ville et notamment les services de protection maternelle et infantile (PMI).
Renforcement de l’Offre par Territoire
L’Agence a acté le principe de la généralisation des unités de psychopathologie périnatale pour % des maternités franciliennes. Chaque maternité francilienne devra contractualiser avec une unité de psychopathologie périnatale. Dans le cadre des projet territoriaux de santé mentale, le diagnostic sur les besoins et l’offre de soins en santé dans le champ de la périnatalité ont pu être exposés et ont conduit à élaborer des actions spécifiques dans le champs de périnatalité et d’autres plus transversales qui pourront appuyer les équipes. Plusieurs appels à projets sur les dernières années ont permis de renforcer l’offre de psychiatrie périnatale.
Programmes Autour de la Santé du Jeune Enfant
Programme de Détection de la Surdité Totale Infantile
L’Agence, en lien avec la Coordination Francilienne du Dépistage Néonatal de l’Audition (CFDNA) et les réseaux de santé en périnatalité, mène un programme régional pour renforcer la détection de la surdité permanente néonatale via un parcours composé d’examens et d’information aux jeunes parents.
Programme de Suivi des Enfants Vulnérables
Le programme régional de suivi des enfants vulnérables (SEV) est généralisé à l’ensemble de la région depuis . Il est mis en œuvre par les DSRP, et piloté par l’ARS Île-de-France. Il s’adresse à un public de nouveau-nés très prématurés, grands hypotrophes ou atteints de pathologies périnatales sévères (asphyxie périnatale et autres pathologies susceptibles d’altérer le développement). Il propose un suivi de l’enfant pendant les premières années de vie et un accompagnement des familles.
Programme d’Accès aux Soins des Publics Fragiles
L’Agence mène un programme de travail pour développer une offre territoriale permettant une gradation des réponses proposées au regard des besoins identifiés. Ce programme s’inscrit notamment au travers de la mesure du Ségur de la Santé, avec le financement et le déploiement d’équipes mobiles médico-sociales en Île-de-France dont certaines interviennent spécifiquement sur le champ de la périnatalité. La mise en œuvre d’un dispositif innovant d’hébergement et de soins résidentiels (HSR) Confluence porté par l’association Aurore, à vocation régionale, et implanté à Athis Mons (91) offre une prise en charge des cas les plus complexes. Ce dispositif comprend des places de LHSS pour des femmes enceintes, des places de LHSS pour des couples mères-bébés, des places d’ACT et des places d’hébergement d’urgence pour des accompagnants (conjoints ou enfants). L’ensemble de ces dispositifs médico-sociaux viennent compléter la stratégie de renforcement du nombre de places d’hébergement d’urgence (HU) pour les femmes enceintes et sortant de maternité sur le territoire francilien, ainsi que pour leurs accompagnants porté par la DRHIL en Île-de-France.
Acteurs et Structures en Île-de-France
L’Agence travaille en lien étroit avec les acteurs engagés dans le champ de la périnatalité.
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