L’arrivée d’un poulain est un moment excitant, mais qui nécessite une préparation minutieuse et une connaissance approfondie du processus de mise bas chez les juments. Cet article vise à fournir un guide détaillé, allant des signes précurseurs de l’accouchement aux soins post-partum essentiels, afin d’assurer la sécurité et la santé de la jument et de son poulain.
Préparation à l'accouchement
Quelques jours avant la mise-bas, les dernières modifications physiologiques s’opèrent. Le poulain s’apprête à naître : ses poumons se préparent à inspirer de l’air, les cellules de ses intestins maturent pour qu’il puisse se nourrir, son foie stocke un peu de réserves qu’il pourra utiliser ensuite. En même temps, il signale à la jument par un processus hormonal complexe qu’il est prêt à naître. Ces modifications se produisent très tard. Si le poulain naît avant, il sera prématuré et aura du mal à survivre. Il n’est pas possible de déterminer avec précision quand ces changements ont lieu. C'est pourquoi aucun critère ne permet de déterminer avec précision le moment du poulinage.
La préparation de la jument est cruciale pour assurer un accouchement en toute sécurité. Voici quelques étapes clés à suivre :
- Préparation du box : La jument doit être placée dans un box de poulinage vaste, très bien paillé et propre, idéalement quatre à huit semaines avant la date prévue de mise bas. Cela lui permet de développer des anticorps aux germes qui peuvent s’y trouver. La présence de ces anticorps est également d’une importance capitale pour les défenses immunitaires du poulain, car il les absorbera avec le colostrum.
- Préparation de la jument : Mettre un licol à la jument. Lui mettre une bande de queue, pas trop serrée afin d’éviter tout risque de garrot. Faire découdre la vulve par le vétérinaire si elle a été cousue auparavant.
- Préparation du matériel : Préparer : Un lubrifiant stérile, Des ciseaux, Une pince à clamper, La solution de teinture d’iode à 2 % ou de chlorexidine à 0,5 % pour la désinfection du cordon ombilical du nouveau-né. Attention, il faut faire préparer cette solution par votre pharmacien pour respecter le dosage (degré) préconisé. La teinture d’iode « classique » pourrait provoquer des brûlures car trop concentrée.
Signes précurseurs de l'accouchement
Une observation attentive de la jument durant les semaines précédant la date prévue de mise bas est primordiale pour détecter les changements physiologiques et comportementaux annonçant l’arrivée du poulain.
- Chute de la température rectale : Une baisse significative, en dessous de 37,5°C, peut précéder le travail de 24 à 48 heures. Une prise de température bi-quotidienne durant les dernières semaines de gestation est recommandée. L’utilisation d’un thermomètre rectal adapté aux équidés est essentielle pour une mesure précise de la température. Une variation de plus de 1°C par rapport à la température basale de la jument nécessite une surveillance accrue et la consultation d’un vétérinaire.
- Relâchement des ligaments pelviens : Le relâchement des ligaments sacro-iliaques et du bassin, vérifiable par un toucher rectal, indique une préparation imminente à la mise bas. La jument « s’est cassée » depuis quelques jours. Ceci est dû à une hormone, la relaxine. Elle est produite par le placenta et entraîne un relâchement des tissus et des ligaments, visible au niveau de la croupe de la jument. Ce signe est plus perceptible chez les juments ayant déjà mis bas.
- Gonflement de la vulve : Une augmentation notable du volume de la vulve est fréquemment observée plusieurs jours avant l’accouchement.
- Production de mucus vaginal : Un écoulement clair et visqueux peut se produire quelques heures avant la rupture de la poche des eaux.
- Apparition du colostrum : La sécrétion de colostrum, lait riche en anticorps, commence généralement dans les jours qui précèdent la naissance. Quatre à six jours avant la naissance, les mamelles se gonflent. Un à quatre jours avant la naissance, un bouchon de cire se forme sur les mamelles. Ce sont des petites gouttes blanchâtres de colostrum séché au bout des trayons. Environ 90 % des juments poulinent dans les 24 à 48 heures après l’apparition de ces bouchons. Toutefois, certaines juments ont besoin de plus de temps, et d’autres ne cirent pas du tout. Important : Ne surtout pas traire la jument ! Le premier lait (colostrum) contient des anticorps indispensables au poulain. Certaines juments perdent un peu de lait en raison d’une forte pression dans la mamelle avant la naissance. Cela n’a rien d’inquiétant.
- Changements de comportement : Anxiété et agitation : La jument peut devenir plus agitée, anxieuse, et manifester une inquiétude accrue. Recherche d’un endroit isolé : Elle peut rechercher un lieu calme et retiré pour mettre bas, s’isolant du reste du troupeau. Couchée fréquente : Des périodes de repos allongées et prolongées sont observées, la jument se relevant et se couchant fréquemment. Mictions et défécations fréquentes : Des efforts répétés pour uriner ou déféquer peuvent être un signe précurseur du travail. Sueurs : Une transpiration excessive peut accompagner les contractions. Lorsque le poulinage est imminent, la jument change de comportement : coliques légères, tourne en rond, couchers et levers fréquents. La jument défeque beaucoup, gratte et trépigne. Elle change de position fréquemment, se lève et se couche tour à tour. La jument recherche le calme et l’obscurité pour pouliner. Plus de 90 % des poulinages se déroulent la nuit.
L’observation attentive du comportement de la jument est primordiale. Toute modification significative et soudaine par rapport à son comportement habituel justifie une surveillance renforcée. La durée de la phase préparatoire est variable et dépend de plusieurs facteurs, notamment de la parité de la jument (nombre de gestations antérieures). Chez les primipares (première gestation), cette phase peut s’étendre sur plusieurs jours, alors qu’elle est généralement plus courte chez les multipares, de quelques heures à une journée. Une moyenne de 11 mois de gestation est attendue.
Lire aussi: Douceur et tragédie: Maria Nicolaïevna
Déroulement normal de l'accouchement
L’accouchement normal chez la jument se divise en trois phases distinctes :
- Première phase (préparatoire) : Cette phase est caractérisée par des contractions utérines légères et irrégulières. La jument peut être agitée, se coucher et se relever fréquemment. La durée varie considérablement, de quelques heures à plus de 24 heures. Le rôle de l’éleveur consiste à observer attentivement la jument et à identifier tout changement significatif.
- Deuxième phase (expulsion) : Cette phase débute par des contractions utérines fortes et régulières, conduisant à la rupture de la poche des eaux et à l’expulsion du poulain. Idéalement, cette phase ne devrait pas dépasser 30 minutes. La présentation normale du poulain est antérieure, en position dorso-sacrée, en posture étendue, avec les deux membres antérieurs et la tête en premier. Toute déviation de cette présentation normale nécessite une intervention vétérinaire. Lorsque le poulain entre dans le canal pelvien, la poche des eaux blanche, légèrement bleutée, apparaît, et se rompt pour laisser s’écouler le liquide amniotique. Lors des contractions de travail, les sabots antérieurs et la tête du poulain apparaissent. Une fois que la tête et les épaules sont sorties, le reste du corps suit rapidement. La plupart du temps, la jument reste allongée un moment pour se remettre. Une partie des postérieurs du poulain peut alors rester dans la jument. Le poulain devrait être laissé dans cette position afin que la jument, en particulier la primipare, comprenne son lien avec le poulain et commence à créer du lien avec le poulain.
- Troisième phase (délivrance) : Cette phase consiste en l’expulsion du placenta. Normalement, elle survient dans les 3 heures suivant la naissance du poulain. Un délai plus important peut indiquer une rétention placentaire qui requiert une intervention vétérinaire pour éviter des complications telles qu’une métrite (infection de l’utérus). Le placenta doit ensuite être expulsé dans les deux heures qui suivent la naissance, et dans tous les cas au plus tard six heures après. Pour éviter que la jument ne marche sur le cordon ombilical, on peut l’attacher en hauteur. Si le placenta ne se détache pas, le vétérinaire peut décider d’une expulsion manuelle ou médicamenteuse.
Situations nécessitant une intervention vétérinaire
Certaines manifestations indiquent la possibilité d’un accouchement difficile, nécessitant une intervention vétérinaire rapide et experte.
- Absence de signes précurseurs : L’absence totale de signes annonciateurs peut être un signe inquiétant.
- Température rectale élevée : Une température supérieure à 38,5°C peut signaler une infection.
- Douleurs intenses : Une jument en forte douleur peut présenter une agitation excessive, de l’agressivité, et se rouler au sol.
- Ecoulements anormaux : Un liquide amniotique verdâtre ou brunâtre, ou du sang rouge vif, témoigne d’une souffrance fœtale.
- Présentation anormale du poulain : Une mauvaise position du poulain (membres postérieurs en premier, présentation dorsale…) rend l’expulsion impossible sans assistance vétérinaire. La présentation normale est antérieure, en position dorso-sacrée, en posture étendue. Lorsque la présentation, la position ou la posture sont anormales Il faut faire intervenir le vétérinaire rapidement car le temps de survie du poulain est court. Il est beaucoup moins résistant qu’un veau.
- Contractions inefficaces : Absence de progression malgré des contractions utérines intenses et prolongées.
- Durée de la phase d’expulsion prolongée : Plus de 30 minutes entre la rupture de la poche des eaux et l’apparition du poulain. Entre la perte des eaux et la rupture du cordon ombilical, il se passe environ 20 minutes. Si le poulinage dure plus longtemps, appelez un vétérinaire sans attendre.
- Détresse maternelle : Respiration difficile, pouls faible et rapide, comportement anormalement agressif ou apathique.
- Absence de progression du travail : Contractions utérines intenses et prolongées sans progression de l’accouchement.
- Hémorragie importante : Saignement abondant nécessitant une attention médicale immédiate.
- Si une membrane rouge apparaît à la vulve : Il s’agit en général du placenta qui ne s’est pas rompu. Vérifier alors la présence de l’étoile cervicale : marques blanches en étoile sur la surface. Percer immédiatement et tirer rapidement le poulain, puis appeler le vétérinaire car ce poulain a besoin de soins. Cette rétention placentaire est plus fréquente chez les juments de trait, les juments âgées ayant connu des poulinages difficiles.
- Si la présentation, la position ou la posture sont normales, mais que le poulain présente un excès de taille : Plus fréquent chez les chevaux de trait. Des personnes expérimentées peuvent aider le poulain. Pour cela il faut effectuer des tractions synchrones avec les contractions de la jument en tirant les sabots antérieurs du poulain vers les sabots de la jument.
Plusieurs facteurs augmentent le risque de dystocie : âge de la jument (première ou dernière gestation), taille du poulain (estimée par échographie), conformation pelvienne de la jument, et antécédents obstétricaux. Une bonne condition physique de la jument avant la gestation contribue à diminuer les risques.
Le temps est un facteur crucial dans les accouchements difficiles. Plus l’intervention vétérinaire est rapide, plus les chances de survie de la jument et du poulain sont élevées. Avant l’arrivée du vétérinaire, assurez-vous que la jument est dans un environnement calme et sûr, loin de toute source de stress. Observez attentivement la jument et le poulain sans intervention inutile. Préparez un endroit propre et sec pour accueillir le poulain. L’équipement stérile (gants, serviettes propres) pourra faciliter l’intervention du vétérinaire. Les interventions vétérinaires peuvent varier de simples manœuvres obstétricales à une césarienne, selon la complexité de la situation. Les manœuvres obstétricales requièrent une expertise particulière pour éviter de blesser la jument et le poulain. Une césarienne est parfois nécessaire pour sauver la vie de la mère et du poulain.
Examen du placenta
Quelques heures après la mise-bas, il prend une couleur marron. Examen du placenta : Le retourner comme une chaussette pour pouvoir observer la face rouge et veloutée (qui était en contact avec l’utérus). L’étaler par terre en F et observer son apparence, sa structure et son intégrité à la lumière. Le placenta normal est entier, fin avec un aspect de velours uniforme et rouge plus ou moins foncé.
Lire aussi: Rêver de l'accouchement maternel : Analyse islamique
Si un morceau manque : c'est le plus souvent au niveau de la corne utérine dans laquelle n'était pas le poulain pendant la gestation, plus fine et plus fragile. Dans ce cas appeler le vétérinaire, la jument doit être traitée immédiatement. S’il y a des zones très épaissies, ou décolorées, ou si l’aspect est très hétérogène, le signaler rapidement au vétérinaire. Le poulain doit être surveillé étroitement. En attendant le vétérinaire, mettre la délivrance dans un endroit frais pour qu'il puisse l'examiner. Surtout ne pas la congeler.
Nota : ne pas s’inquiéter de la présence d’une structure caoutchouteuse, expulsée en même temps que le poulain. Il s’agit de l’hippomane, un agglomérat de minéraux dans la poche des eaux.
Le placenta est le témoin de ce qui s’est passé durant la gestation. Il peut indiquer si le poulain présente des risques d’infection.
Soins post-partum
Après l’accouchement, une surveillance étroite de la jument et du poulain est essentielle. Une hygiène rigoureuse est primordiale pour prévenir les infections. L’alimentation de la jument doit être adaptée à ses besoins et à ceux de son poulain. Une surveillance régulière de la température, du pouls et de la respiration est recommandée. Assurez-vous que le poulain tète correctement et que la jument est capable de fournir des soins maternels adéquats.
- Soins à la jument : Après la mise bas, vous devez examiner le placenta pour vous assurer qu’il est normal. En l’observant, vous pouvez vous faire une parfaite idée de ce qu’il s’est passé pendant la gestation et des infections auxquelles risque d’être sujet le poulain. Pour ce faire, placez le placenta en forme de F sur le sol, face rouge et veloutée face à vous. Vérifiez qu’il ne manque pas un morceau du placenta et que son aspect est uniforme. Si le placenta n’est pas entier ou qu’il n’est pas uniforme, vous devez appeler un vétérinaire. Si tout s’est bien passé pendant le poulinage, vous devez simplement donner de l’eau à volonté à votre jument ainsi que du foin. Repaillez le box en quantités suffisantes de sorte qu’il soit propre et confortable. Assurez-vous que le transit reparte de manière normale : les coliques sont fréquentes après un poulinage. Vérifiez également que votre jument ne repousse pas son poulain et qu’elle ne se montre pas agressive vis-à-vis de lui. Si vous constatez un changement dans l’attitude de votre jument et qu’elle vous semble abattue, prenez sa température. Vous pouvez également appeler votre vétérinaire ! En effet, un poulinage peut entrainer des complications pour votre jument et notamment dans le cas d’une perforation vaginale ou d’une rupture de l’artère utérine par exemple.
- Soins au poulain : Après la rupture du cordon ombilical, il est nécessaire de le désinfecter à l’aide d’une solution à base de teinture d’iode. Vous éviterez à votre poulain de développer des pathologies et vous accélèrerez la fermeture de l’ombilic. Après la naissance, le poulain va chercher à se lever au bout d’une trentaine de minutes de vie. La première tétée doit avoir lieu dans les 6 premières heures de sa vie. Le premier crottin se fait au bout de 8 heures environ et il urine pour la première fois au bout de 12 heures en moyenne. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire pour prendre conseil auprès de lui si votre poulain prend plus de temps pour réaliser l’une ou l’autre de ces étapes. Sachez d’ailleurs que la première tétée est importante pour le poulain car à la naissance il est dépourvu d’anticorps. C’est le premier lait de la jument qui permet au poulain d’obtenir les anticorps nécessaires pour combattre les pathologies jusqu’au moment où son système immunitaire se développera. Ce premier lait doit absolument être ingéré par le poulain dans les 24 premières heures de sa vie : passé ce délai le poulain ne sera physiologiquement plus capable d’assimiler les anticorps de la jument. Pensez à vérifier régulièrement les membres du poulain pour vous assurer qu’il n’y a pas de malformation et que la croissance se fait correctement.
Préparation à l’arrivée du poulain : de quoi ai-je besoin ?
La gestation de la jument dure entre 330 et 345 jours. Cela correspond à environ 11 mois pendant lequel on se réjouit de la naissance et on prépare l’arrivée du poulain. Afin d’être paré à toute éventualité et d’avoir tou le nécessaire à portée de main, voici un guide simplifié :
Lire aussi: Tout savoir sur la gestation équine
- La naissance à elle seule est synonyme de stress pour la jument. Pour le réduire au maximum, la jument doit être placée dans un box de poulinage quatre à huit semaines avant la date prévue de mise bas. Cela lui permet de développer des anticorps aux germes qui peuvent s’y trouver. La présence de ces anticorps est également d’une importance capitale pour les défenses immunitaires du poulain, car il les absorbera avec le colostrum. Si la mise bas est imminente (sous environ 10 jours), tous les articles nécessaires pour le poulinage doivent être prêts. Normalement, la jument met bas seule : il ne faut l’aider qu’en cas d’urgence. des serviettes propres : la jument lèchera elle-même son poulain pour le nettoyer et le sécher. Néanmoins, s’il s’agit d’une jument primipare débordée par son premier poulain ou si la température extérieure est basse, il peut être nécessaire de sécher le poulain avec des serviettes propres et douces.
- Lorsque le poulain entre dans le canal pelvien, la poche des eaux blanche, légèrement bleutée, apparaît, et se rompt pour laisser s’écouler le liquide amniotique. Lors des contractions de travail, les sabots antérieurs et la tête du poulain apparaissent. Une fois que la tête et les épaules sont sorties, le reste du corps suit rapidement. Le placenta doit ensuite être expulsé dans les deux heures qui suivent la naissance, et dans tous les cas au plus tard six heures après. Pour éviter que la jument ne marche sur le cordon ombilical, on peut l’attacher en hauteur. Si le placenta ne se détache pas, le vétérinaire peut décider d’une expulsion manuelle ou médicamenteuse.
- Le poulain est vulnérable car il naît sans anticorps. Le poulain reçoit les anticorps nécessaires par le colostrum et le lait maternel. Le volume total de colostrum est situé entre 1,8 et 2,8 litres. Le poulain doit boire ce premier lait maternel pendant les trois premières heures. Ensuite, sa barrière intestinale se referme et il ne peut absorber les anticorps qu’en petites quantités, voire plus du tout. L’étape suivante est aussi très importante : il s’agit de la désinfection du cordon ombilical. Lorsque la jument ou le poulain se lève, le cordon ombilical se rompt au niveau du point de rupture naturel, à environ 15 cm sous la paroi abdominale du poulain. Cette plaie ouverte est un point d’entrée parfait pour les germes. Le nombril doit être enduit d’iode ou trempé dans une solution iodée pour être asséché. Le spray d’aluminium agit ensuite sur la plaie comme un pansement et le protège des germes. Le cordon ne doit en aucun cas être coupé tant que le poulain et la jument sont encore couchés. Le poulain continue d’être alimenté en sang par la jument, ce qui est important pour son système vasculaire. Ce n’est que si le cordon ombilical ne se rompt pas, même après que la jument et le poulain se sont levés, que l’on peut essayer de le rompre délicatement avec les mains. En règle générale, le poulain essaie de se mettre debout et fait ses premiers pas 20 à 45 minutes après la naissance. Peu après, le poulain rejoint sa mère et commence à téter. Le mouvement et le lait aident tous deux le poulain à expulser le méconium. Le méconium représente les premiers excréments du poulain. Il est assez épais et provient de l’ingurgitation de liquide amniotique, de poils et de sécrétions tissulaires pendant la gestation. Les poulains peuvent avoir des problèmes pour expulser le méconium en raison de l’étroitesse de leur bassin. L’utilisation d’un lavement peut être nécessaire pour extraire un éventuel bouchon méconial. Ces premières selles doivent être expulsées dans les 3 à 24 heures qui suivent la naissance. Si le poulain n’évacue pas le méconium sous 24 heures, le vétérinaire devra être immédiatement appelé pour soulager le poulain à l’aide de médicaments antispasmodiques et de lavements. Il convient aussi d’observer l’aspect et la fréquence de ses mictions. L’urine doit avoir un aspect normal et le poulain ne doit pas se contracter pour uriner. La température corporelle du poulain est mesurée au bout de 4 à 5 heures avec le thermomètre préparé. Elle devrait se situer entre 37,1 et 38,9°C.
Alimentation de la jument gestante
Pendant la gestation de votre jument, il est particulièrement important de lui fournir une nourriture suffisante et de qualité, afin que le poulain puisse bien se développer dans l'utérus. La base de l'alimentation d’une jument gestante reste l’accès à l’herbe du pâturage, ou au fourrage de qualité en quantité suffisante. Certaines juments mettent bas au cours du premier trimestre de l'année, et à cette période il n’y a pas ou peu d’herbe à disposition. Le fourrage ne fournit alors pas assez de nutriments pour la jument et son poulain ; il faudra alors, dans ce cas, compenser avec des aliments concentrés pour juments gestantes et poulinières. Dans les trois derniers mois de gestation, la jument (ainsi que la jument allaitante d’ailleurs) a besoin de beaucoup plus de protéines tout d’abord, d'acides gras et de vitamines (particulièrement en vitamines A, D et E). La gestation d’une jument dure un peu plus de 11 mois soit, en moyenne, entre 320 et 365 jours. Vous devez vous préparer à un poulinage plus ou moins imminent dès le 320ème jour à partir de la saille ou de l’insémination.
Conditions d’élevage saines pour les poulains
Des bonnes conditions d’élevage permettent de poser les bases d’une vie future saine pour le poulain. Le poulain passe les six premiers mois de sa vie auprès de sa mère. Quelques jours après sa naissance, il peut déjà sortir à l’extérieur pendant quelques heures. Après le sevrage, la plupart des poulains partent dans un centre d’élevage. Celui-ci doit être repéré et choisi avant la naissance. Il est préférable d’élever les étalons séparément des pouliches. En plus d’une surface de repos douce, propre et chaude, le poulain doit avoir accès à différentes surfaces. Des sols de différentes textures, résistantes et solides, favorisent le développement des os et des sabots. En effet, le sabot pointu et raide du poulain doit évoluer vers le sabot large et plat du yearling. Il vaut mieux éviter les matelas de paille pure et molle qui seraient contre-productifs.
tags: #accouche #chevaux #aide
