L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et encadrée par des étapes médicales et administratives. L'accompagnement infirmier joue un rôle crucial dans ce parcours, en apportant soutien, informations et soins adaptés. Cet article détaille les étapes de l'IVG, les rôles de l'infirmière et les aspects importants à connaître.

Démarches Initiales et Consultations Préalables

Première Consultation : Information et Demande

Lorsque la décision d’avorter est prise, la première étape consiste à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé, que ce soit un médecin ou une sage-femme. Ce professionnel peut exercer en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale) ou en établissement de santé. La consultation peut avoir lieu en présentiel ou en téléconsultation, si cette option est proposée.

Lors de ce premier rendez-vous, le professionnel de santé fournit toutes les informations nécessaires sur l’IVG, incluant les méthodes disponibles (médicamenteuse et instrumentale), les lieux de réalisation, les délais légaux, le déroulement des différentes étapes, ainsi que les risques et effets secondaires possibles. Un dossier-guide reprenant ces informations est également remis à la patiente. Si le professionnel consulté ne pratique pas lui-même l’IVG, il est tenu d’en informer la patiente immédiatement et de l’orienter vers un professionnel compétent.

Cette première consultation permet à la patiente de formuler sa demande d’avortement et de poser toutes les questions qu’elle peut avoir. Le médecin ou la sage-femme proposera également un entretien psycho-social, obligatoire pour les mineures. À la fin du rendez-vous, une attestation de consultation médicale est délivrée, certifiant que cette première étape a bien eu lieu.

Deuxième Consultation : Consentement et Choix de la Méthode

La deuxième étape consiste à remettre le consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n’y a plus de délai de réflexion minimal imposé entre la première et la deuxième consultation ; elles peuvent même avoir lieu lors d’une seule et même séance. La patiente prend le temps de réflexion nécessaire, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).

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Lors de cette deuxième consultation, la patiente choisit sa méthode d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) ainsi que le lieu de réalisation. C’est également un moment privilégié pour discuter de la contraception à mettre en place après l’IVG, si besoin, et pour réaliser ou se faire prescrire un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

Durée du Parcours d’IVG

La durée totale du parcours d’IVG est variable. Un rendez-vous doit être proposé dans les 5 jours suivant l’appel de la patiente. La durée dépend ensuite de la méthode choisie et de la réalisation ou non d’un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures).

  • IVG médicamenteuse : L’intervalle entre la prise des deux médicaments (mifépristone et misoprostol) est de 24 ou 48 heures. L’évacuation de la grossesse se produit généralement dans les 4 heures suivant la prise du second médicament dans environ 60% des cas, et dans les 24 à 72 heures pour les 40% restants.
  • IVG instrumentale : Une consultation d’anesthésie est nécessaire si l’intervention doit être réalisée sous anesthésie générale. L’intervention elle-même dure entre 15 et 20 minutes, suivie d’une surveillance de quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.

Examens Médicaux Avant et Après l’IVG

Examens Préalables

Avant l’IVG, plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l’âge gestationnel. L’âge de la grossesse est déterminé par l’interrogatoire et l’examen clinique, mais une échographie ou une prise de sang pour doser les β-hCG peuvent également être réalisées.

D’autres examens sanguins sont effectués pour :

  • Déterminer le groupe sanguin de la patiente afin de proposer une injection d’immunoglobulines anti-D si nécessaire (en cas de rhésus négatif).
  • Permettre la réalisation d’une anesthésie générale dans le cas d’une IVG instrumentale.
  • Effectuer un dépistage du VIH et autres IST, ainsi qu’un examen de dépistage du cancer du col de l’utérus si la patiente n’est pas à jour.

Examens Post-IVG

Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique, le médecin ou la sage-femme peut proposer une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie.

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Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.

Consultation Psycho-Sociale

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux consultations préalables à l’IVG. Si la patiente majeure n’a pas souhaité la réaliser à cette étape, elle a la possibilité de le faire ultérieurement.

Au cours de cette consultation, un accompagnement social et psychologique est proposé par un professionnel qualifié, au choix :

  • Dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale).
  • Dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
  • Dans un service social ou autre organisme agréé.

La consultation peut avoir lieu en présentiel ou à distance.

Méthodes d’IVG : Médicamenteuse et Instrumentale

Il existe deux méthodes pour interrompre une grossesse :

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  • IVG médicamenteuse : Elle peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d’aménorrhée).
  • IVG instrumentale : Elle est privilégiée au-delà de la 7e semaine de grossesse et jusqu’à la 14e semaine (16 semaines d’aménorrhée).

Le choix de la méthode est discuté avec le médecin ou la sage-femme, en tenant compte de l’avancement de la grossesse et des préférences de la patiente.

Complications Possibles

IVG Médicamenteuse

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications graves sont rares, mais peuvent inclure une infection ou une hémorragie. Les signes d’alerte nécessitant une consultation en urgence sont :

  • Fièvre (température supérieure à 38°C).
  • Importantes pertes de sang.
  • Fortes douleurs abdominales.
  • Malaise.

IVG Instrumentale

Les complications immédiates sont rares. Une hémorragie est possible dans de rares cas, et la perforation de l’utérus est un événement exceptionnel. Les complications à distance sont également rares, mais nécessitent une consultation rapide en cas de :

  • Fièvre (température supérieure à 38 °C).
  • Importantes pertes de sang.
  • Fortes douleurs abdominales.
  • Malaise.

Douleur et Sécurité de l’IVG

Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse. Des anti-douleurs sont systématiquement prescrits pour soulager la patiente.

L’IVG, qu’elle soit instrumentale ou médicamenteuse, comporte un risque de complications, mais ce risque n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané (fausse couche) ou d’une grossesse menée à terme. Lorsqu’elle est pratiquée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé), l’avortement est une intervention sans risque.

Efficacité de l’IVG

L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas. Dans 5% des cas, une IVG instrumentale ou un autre geste chirurgical complémentaire est nécessaire. L’IVG instrumentale est efficace à 99,7%. Une consultation de suivi est indispensable pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue et que la patiente est en bonne santé globale.

Injection d’Immunoglobulines Anti-D

Uniquement dans le cas où la patiente est de groupe sanguin rhésus négatif, une injection d’immunoglobulines anti-D est proposée pour éviter d’éventuelles complications lors d’une future grossesse. Cette injection prévient la fabrication d’anticorps qui pourraient détruire les globules rouges du fœtus en cas de grossesse ultérieure.

Les β-hCG

Les β-HCG sont les hormones produites par l’embryon en cas de grossesse. Leur détection dans l’urine ou le sang permet de confirmer la grossesse. Un test urinaire peut être réalisé dès la date présumée des règles, tandis qu’un test sanguin peut être effectué à partir de 14 jours après un rapport sexuel à risque.

Consultation de Suivi

La consultation de suivi est nécessaire après une IVG. Elle est réalisée avec le médecin ou la sage-femme et permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’existe pas de complication. Elle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l’IVG, parfois plus tôt selon les circonstances cliniques. Lors de cette consultation, la contraception est abordée et adaptée à la situation de la patiente.

Rôle de l'Infirmière dans l'Accompagnement de l'IVG

L'infirmière joue un rôle essentiel dans l'accompagnement des femmes tout au long du processus d'IVG. Son intervention se situe à plusieurs niveaux :

  1. Accueil et Information : L'infirmière est souvent la première personne que la patiente rencontre. Elle est chargée d'accueillir, d'écouter et de fournir des informations claires et précises sur les différentes étapes de l'IVG, les méthodes disponibles et les soins post-IVG.
  2. Soutien Émotionnel : L'infirmière offre un soutien émotionnel constant à la patiente, en respectant ses choix et en l'aidant à exprimer ses émotions. Elle peut également orienter la patiente vers un soutien psychologique si nécessaire.
  3. Surveillance Médicale : L'infirmière surveille l'état de santé de la patiente avant, pendant et après l'IVG. Elle administre les médicaments prescrits, surveille les signes vitaux et détecte les éventuelles complications.
  4. Éducation à la Santé : L'infirmière joue un rôle clé dans l'éducation à la santé, en informant la patiente sur les méthodes de contraception, les risques d'IST et l'importance du suivi médical.

Accompagnement Spécifique à l'IVG Médicamenteuse

Dans le cas de l'IVG médicamenteuse, l'infirmière :

  • Prépare et administre les médicaments : Elle s'assure que la patiente comprend bien le protocole et les instructions à suivre.
  • Surveille les effets secondaires : Elle est attentive aux douleurs, saignements et autres symptômes pouvant survenir après la prise des médicaments.
  • Fournit des conseils : Elle conseille la patiente sur la gestion de la douleur, l'hygiène et les signes d'alerte nécessitant une consultation médicale.

Accompagnement Spécifique à l'IVG Chirurgicale

Dans le cas de l'IVG chirurgicale, l'infirmière :

  • Prépare la patiente à l'intervention : Elle s'assure que tous les examens préopératoires ont été effectués et que la patiente est informée du déroulement de l'intervention.
  • Assiste le médecin pendant l'intervention : Elle prépare le matériel nécessaire et surveille l'état de la patiente.
  • Surveille la patiente après l'intervention : Elle surveille les saignements, la douleur et les autres signes postopératoires.

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