La grossesse est une période de changements importants pour la femme et son couple. La sexualité, souvent au cœur de la relation, peut être affectée de diverses manières. L'abstinence, qu'elle soit choisie ou imposée, soulève des questions quant à ses risques et ses bienfaits potentiels. Cet article explore les différentes facettes de l'abstinence pendant la grossesse, en tenant compte des aspects liés à la consommation d'alcool, à la sexualité et à la santé en général.

Les dangers de l'alcool pendant la grossesse

Le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF) est de plus en plus connu, mais insuffisamment encore. Certaines femmes enceintes peuvent penser qu'un petit verre de temps en temps ne peut pas faire de mal à leur bébé, alors même que l'on souligne parfois les bienfaits d’un ou deux verres de vin rouge par jour. C’est néanmoins un syndrome beaucoup plus répandu qu’on ne pourrait le croire puisque 8000 bébés en sont atteints chaque année. En cause, ces petits verres que l’on sirote en bonne compagnie. Sans se douter que tout l’alcool ingéré passe directement dans le placenta.

Il est crucial de comprendre que l'abstinence totale d'alcool pendant la grossesse est le seul moyen sûr de garantir la santé de l'enfant à naître. Le syndrome d’alcoolisation fœtale reste la première cause de handicap mental, en dehors des transmissions génétiques. L’alcool va se stocker dans l’organisme de votre bébé et il risque d’en être lourdement affecté. D'après les professionnels de santé, pour pouvoir trinquer de nouveau en toute sérénité, il vous faudra attendre la fin de l’allaitement. En effet, même si vous pensez votre bébé à l’abri, il n’en est rien. L’alcool se diffuse immédiatement dans le lait maternel.

Ce n’est pas parce que d’autres mamans de votre entourage proche ont bu quelques verres durant leurs grossesses sans aucune conséquence sur leurs enfants que vous ne ferez pas peser une menace sur votre bébé à naître en cédant à la tentation. C’est pourquoi nous vous encourageons à pratiquer une abstinence totale durant les 9 mois de votre grossesse, même si ce n’est pas toujours facile. Bien qu'il existe aujourd'hui de très bonnes bières ou cocktails sans alcools.

Sexualité et grossesse : un équilibre délicat

Bien que le plus souvent les rapports sexuels ne soient pas contre-indiqués pour les femmes enceintes, la sexualité va beaucoup évoluer au cours de la grossesse. Certaines études ont montré que les difficultés rencontrées au cours de la grossesse au niveau sexuel peuvent conduire à de l’instabilité et des conflits conjugaux. Que ce soit pour la mère comme pour le père, la libido va fluctuer de façon normale au cours de la grossesse. C’est pourquoi il est important qu’il y ait une communication franche au sein du couple pour aborder la sexualité. L’accroissement du désir de l’un peut ne pas être en phase avec le désir de l’autre.

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Au cours du deuxième trimestre, les symptômes désagréables caractéristiques du premier trimestre ont, le plus souvent, disparu. De plus, la lubrification vaginale est plus importante. La femme enceinte a souvent moins de craintes sur l’avenir de sa grossesse. Cependant, dans le même temps, le ventre de la future mère va commencer à s’arrondir. Au troisième trimestre, la fatigue survient à nouveau, la plupart du temps elle s’accompagne du ventre qui devient lourd et de douleurs dorsales, auxquels peuvent s’ajouter un reflux gastro-œsophagien. Le père peut conserver un désir très important pour sa compagne, il la trouve alors sublimée, embellie, épanouie par la grossesse. Il peut y avoir un risque de saignement après un rapport sexuel qui est dû à une fragilité du col de l’utérus. Mais il ne faut surtout pas hésiter à communiquer entre vous sur vos désirs et votre ressenti.

Les mythes et réalités de la sexualité pendant la grossesse

Il existe des dizaines, peut-être des centaines de raisons pour que la sexualité se complique pendant la grossesse et après. Du point de vue ethnologique, les croyances et les cultures influent énormément sur la perception des relations sexuelles dans le couple en attente d’un enfant. Dans certains cas, le sexe serait favorable au développement du fœtus. Les religions posent elles aussi leurs influences, de même que la société dans laquelle nous vivons.

En tant que futurs parents, surtout d’un premier bébé, il est normal de se poser des questions. Le risque de fausse couche consécutives aux relations sexuelles est presque nul. Le pénis ne peut pas toucher ni blesser bébé pendant l’acte, et ce, quelle que soit sa taille. L’orgasme ne risque pas de perturber votre bébé, même s’il provoque des contractions utérines.

Quand l'abstinence sexuelle est nécessaire

Malgré tout, pour votre bien et pour celui de votre bébé, dans certains cas vous devrez momentanément renoncer à une sexualité active. Si la poche des eaux est fragilisée, fissurée ou percée, le risque infectieux est trop important. Souvent, quand les rapports sexuels sont déconseillés ou interdits pendant la grossesse, seule la pénétration vaginale est concernée.

Heureusement, il existe bien d'autres façons de faire l’amour, de prendre et de donner du plaisir à son ou sa partenaire. La grossesse, si vous le souhaitez et si vous le ressentez ainsi, peut être l’occasion d’explorer une nouvelle sensualité.

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L'impact de l'orgasme sur le bébé

La réponse est oui ! Dans la mesure où le bébé est entièrement connecté avec sa maman tout au long de la grossesse et parce qu’un orgasme entraîne de nombreuses réactions physiques et physiologiques, votre bébé le ressent. Accélération du rythme cardiaque et de la respiration, contractions du plancher pelvien et sécrétion par le cerveau de dopamine, d’endorphine et d’ocytocine, tout ceci est perceptible in utero. Le fait de ressentir un orgasme peut, dans de très rares cas, engendrer des contractions utérines non souhaitées.

Fantasmes et sexualité épanouie

À la question de savoir si la grossesse engendre plus de fantasmes et si ceux-ci sont différents, la réponse est : ça dépend. Au premier trimestre, ce sont surtout la fatigue et les nausées qui vous obligent à modifier la fréquence ou la durée de vos rapports. Le second trimestre est sans aucun doute celui où la sexualité est la plus débridée. Physiologiquement, le corps s’y prête : le vagin, le clitoris et les seins sont réceptifs à la plus petite caresse et les orgasmes féminins, souvent plus intenses qu’avant. Malgré ça, votre ventre commence à s’arrondir et vous devez vous adapter. Les positions de la cuillère et de la levrette sont alors toutes indiquées, puisque votre compagnon se tient derrière vous. Au troisième trimestre, si l’envie est encore présente, rien ne s’oppose à ce que vous poursuiviez vos ébats. Pour cela, pensez avant tout à votre confort, à éviter les douleurs dorsales et les étirements excessifs des abdominaux.

Les pleurs après l'orgasme

Difficile de donner une véritable raison aux pleurs après un orgasme ou après avoir fait l’amour. Si la sexualité féminine est intimement liée aux émotions et aux hormones, le cerveau n'y est pas non plus étranger (il est d'ailleurs question de neurosciences). Une croisée des chemins qui donne parfois lieu à de surprenantes réactions.

L'évolution du désir pendant la grossesse

Oui, et c’est normal. De l’annonce de la grossesse à la naissance de votre enfant, de nombreuses étapes vont se succéder, toutes plus ou moins inédites et toutes très différentes. Un premier trimestre marqué par les nausées et la fatigue, où le sexe passe au second plan. Un second trimestre beaucoup plus épanouissant ou la libido remonte en flèche. Ces nombreuses modifications impactent votre vision de vous-même, vos ressentis et votre désir sexuel dans un sens ou dans l’autre.

Le désir du futur papa peut lui aussi changer, se voir décuplé par la grossesse et la beauté des nouvelles courbes de sa compagne, ou au contraire disparaître, notamment par crainte de faire mal au bébé. Pour certains couples, il arrive que le désir s’efface rapidement après l’annonce de l’arrivée d’un enfant et qu’il reste aux abonnés absents. Si les futurs parents sont au diapason, une nouvelle forme d'intimité se crée au fil des mois, en attendant, post-partum, le retour des rapports physiques. Si ce n’est pas le cas, de l’incompréhension et des tensions peuvent naître et compliquer les relations entre un futur père dans l’attente et une future mère qui vit une certaine culpabilité.

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Sex-toys et lubrifiants : sont-ils autorisés ?

Les sex-toys ne sont absolument pas interdits aux femmes enceintes, au contraire. Tout ce qui fait du bien et qui détend - à l’instar du kamasutra de la femme enceinte - est bienvenu pendant la grossesse. Par précaution, il est toutefois recommandé d’éviter les objets vibrants (on remise donc son petit canard au placard) dont les ultrasons pourraient avoir des effets sur le fœtus. En cas de besoin, l’usage de lubrifiant est également possible.

Quand consulter ?

Oui et c’est normal. En cas d’apparition de démangeaisons, de douleurs, de pertes anormales abondantes et/ou odorantes, ne vous inquiétez pas et ne vous sentez pas gênée. Si vous avez le moindre doute quant à une pratique, un geste, une habitude, si vous avez des questions en rapport avec la sexualité pendant la grossesse, si vous doutez, si vous vous sentez mal, si vous culpabilisez ou encore si des douleurs se manifestent au moment des rapports ou juste après, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin gynécologue.

Les effets de l'abstinence sexuelle en dehors de la grossesse

L'abstinence sexuelle, que ce soit pour des raisons médicales ou non, a de nombreux effets sur notre corps. Voici lesquels chez la femme et l'homme.

Chez l'homme

Chez l'homme, "il y a des conséquences sur la qualité de l'appareil érectile si l'abstinence est de longue durée, explique Anne-Marie Lazartigues, sexologue à Paris. L'homme aura plus de difficultés à maintenir des érections". Cela est d'autant plus important si l'homme est âgé. De plus, le risque de cancer de la prostate diminue chez les hommes qui ont souvent et régulièrement des éjaculations, par rapport à ceux qui en ont peu, surtout chez les hommes âgés. Avant une FIV ou un don de sperme, il est recommandé de ne pas avoir de rapport quelques jours avant. Grâce à cela, le sperme est disponible et de bonne qualité lors du recueil. Chez l'homme, il n'y a pas de bienfaits reconnus à l'abstinence, au contraire, il est important d'éjaculer régulièrement.

Chez la femme

Chez les femmes, aucune conséquence sur le corps n'a été notée, excepté d'ordre psychologique. "Généralement, l'abstinence qui s'installe dans le couple est mauvais signe", explique la sexologue. Selon elle, faire l'amour augmente la bienveillance et le lien entre les deux partenaires : "si l'acte sexuel entraine du plaisir c'est parce qu'on sécrète de l'ocytocine, de la dopamine et des endorphines", explique-t-elle. Ce cocktail entraîne un sentiment de bien-être, et donc des effets très positif sur le couple. "S'il n'y a plus de rapport, peu à peu, la bienveillance entre les deux partenaires va s'estomper", explique-t-elle. De plus, sans ces sécrétions hormonales, on supportera moins bien le stress, la tension artérielle augmentera. "Si l'abstinence s'installe, une baisse de la libido va suivre, et c'est un cercle vicieux, explique Anne Marie Lazartigues. Chez la femme, se sentir moins désirable a plus de conséquences. En cas d'infection, l'abstinence est bien évidemment "souhaitable, ou même obligatoire pour bien guérir d'une infection importante", rappelle la sexologue. C'est également le cas après un accouchement difficile qui a entraîné une déchirure : les rapports sont déconseillés tant qu'il n'y a pas eu de cicatrisation complète. En cas d'IVG, il est également indispensable de ne pas avoir de rapport tant que les saignements persistent, pour éviter les infectons. Cela peut prendre entre deux semaines et un mois après l'IVG. "Mais toutes ces situations sont exceptionnelles", rappelle la sexologue. Chez la femme également, une abstinence sexuelle est recommandée pendant les trois jours précédant la ponction ovocytaire.

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