Abraham, figure centrale des religions abrahamiques, est bien plus qu'un simple personnage historique. Son histoire, riche en événements et en leçons spirituelles, résonne encore aujourd'hui. Cet article explore la vie d'Abraham, ses origines, ses voyages, et son impact sur le judaïsme, le christianisme et l'islam.
Les Origines d'Abraham
Abraham (en hébreu, « père d'une multitude »), initialement nommé Abram (« le Père est exalté »), est né à Ur en Chaldée, une région de la Mésopotamie (l'Irak actuel). La Genèse, le premier livre de la Bible, le présente comme un chef de clan prospère. Il est le fils de Térah, un nomade araméen descendant de Sem, l'un des fils de Noé.
Selon la Genèse, Abraham est originaire de la ville d’Ur en Chaldée. Il est le fils de Térah et a deux frères, Nahor et Haran. Ce dernier meurt en laissant un fils, Lot. Abram épouse sa demi-sœur, Saraï, qui est stérile.
L'expérience d'Abraham est d'abord celle d'un voyageur, d'un pèlerin, dont la Genèse (11,27-32) nous dit que la famille, après avoir résidé à Ur, dans le sud de la Mésopotamie, est allée s’établir à Harrân, en Turquie du sud-est, avant qu’elle ne reprenne la route, sur ordre de Dieu, pour se rendre vers le pays de Canaan, la « Terre promise ».
Le Voyage vers la Terre Promise
Dieu (Yahvé dans la Bible hébraïque) engage Abraham à quitter sa contrée et à partir vers la terre de Canaan, ainsi nommée d'après Cham, l'un des fils de Noé. Abraham part donc avec son peuple, qu'on dénomme les Hébreux, d'un mot qui signifie « ceux qui passent ». Après une longue errance, la petite troupe s'établit enfin sur la terre de Canaan, qui n'est autre que l'actuelle Palestine (au sens géographique et non politique).
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La Genèse [12, 1] rapporte que Dieu se révèle à Abraham et lui ordonne de quitter Harân, sa patrie et « la maison de son père » pour se rendre dans le pays que Dieu « lui montrera », et qui n’est autre que le pays de Canaan.
Abraham est un vieux monsieur de 75 ans quand Dieu lui demande de quitter son pays, de se mettre en marche vers un pays inconnu. Père de la multitude, aussi nombreuse que les étoiles du ciel, il est le modèle des croyants. Marchant souvent dans la nuit, de campement en campement, Abraham nous apprend que la lumière du Ciel ne nous abandonne pas. Abram traversa le pays jusqu’au lieu nommé Sichem, au chêne de Moré.
Cependant, à peine Abraham a-t-il rejoint la ville de Sichem en Canaan qu’il est contraint par une famine de se rendre en Égypte, où les crues annuelles du Nil garantissent les récoltes.
Au pays Cana’ân, l’agitation et les conflits tribaux sont à l’état endémique. C’est au cours de son séjour dans la région de Chène et de Siddim, qu’il s’allie avec Mamoé et ses frères Eskhol et Anar pour soutenir des guerres contre divers potentats locaux, notamment Kedur Laomer qu’il défait à Shoba, au nord de Damas. Notons que Saray dont Abraham aurait, selon les sources juives, commercialisé, en territoire philistin comme en Egypte, la grande beauté, en troquant complaisamment ses charmes contre les faveurs des souverains dont il escomptait la bienveillance (Pharaon, Abimelek) donna naissance à Isaac à l’âge de quatre-vingt-dix ans ! Une fécondité aussi tardive bouleverse évidemment les lois de la nature. Mais les légendes immorales, les invraisemblances et les niaiseries de la Bible doivent être sinon acceptées, du moins jugées de bon cœur et avec une indulgence souriante.
L'Alliance et la Promesse d'une Descendance
L’alliance évoque immédiatement pour nous la bague de mariage mais quand l’Église parle d’Alliance, de quoi parle-t-elle ? Abraham est ainsi le premier homme à croire à la promesse de Dieu et le premier à sceller une Alliance avec lui. Il est le premier prophète (Gn 20, 7), le premier à construire des autels et à préparer l’Alliance par le sacrifice d’animaux (plutôt qu’humains), le premier à pratiquer la circoncision (Gn 17). Il est le modèle d’obéissance par excellence : ce que Dieu lui demande, il le réalise.
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Un quart de siècle après le départ d'Ur, le patriarche est à nouveau interpellé par Yahvé : « Il avait quatre-vingt-dix-neuf ans quand le Seigneur lui apparut et lui dit : C'est moi le Dieu Puissant. Marche en ma présence et sois intègre. Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi, je te ferai proliférer à l'extrême » (Genèse 17).
Et contre toute attente, Dieu lui annonce que Sara aura de lui un fils, Isaac, et qu'il sera le père d'une multitude de nations ! À la naissance du fils tant attendu, Ismaël et sa mère doivent s'enfuir dans le désert égyptien pour échapper à la haine de Sara.
Abraham, qui désespère d'avoir un fils de son épouse Sara, en obtient un de sa servante Agar. Il est appelé Ismaël.
Ismaël - Saraï étant toujours stérile, elle encourage son époux à faire un enfant à sa servante égyptienne, Agar. Mais une fois enceinte, celle-ci prend de haut sa maîtresse. Saraï ne le supporte pas et l’humilie ; Agar fuit au désert. Un ange du Seigneur vient alors la trouver et lui annoncer que l’enfant qu’elle porte aura une descendance nombreuse. Il la somme de revenir chez Saraï. Ismaël (« Dieu entend »), l’enfant issu de l’union d’Agar et d’Abram, sera le fondateur du peuple arabe.
Isaac - Avant sa centième année, Dieu scelle officiellement son Alliance avec Abram qu’il renomme Abraham (« père d’une multitude de nations »). Il lui demande de marquer leur Alliance par le rite de la circoncision. La circoncision sert alors de marqueur identitaire et interpersonnel au clan d’Abraham, tous égaux devant Dieu, et ainsi favorisant des logiques d’alliance entre eux. Mais Dieu ne s’arrête pas là : il rend Saraï (devenue Sarah, « Princesse ») féconde.
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L'Épreuve du Sacrifice d'Isaac
Pour mettre à l'épreuve la soumission d'Abraham à son égard, Dieu lui ordonne de lui sacrifier Isaac et au moment où le malheureux enfant est sur le point de périr, un ange arrête le bras d'Abraham. Isaac est remplacé par un bouc sur la table de sacrifice.
Le sacrifice d’Isaac est le dernier test que fait passer Dieu à Abraham. En effet, Isaac est un don du Seigneur, le fruit de ses promesses. Abraham, qui a toujours fait confiance à Dieu, obéit et prépare l’autel où sera sacrifié ce qu’il a de plus cher. Juste avant d’abattre son couteau sur son fils, un ange s’interpose et lui somme d’arrêter : il a réussi, il ne craint plus Dieu. À la place d’Isaac, Abraham sacrifie un bélier.
Dieu cherche à éprouver la foi d’Abraham et lui demande de lui faire le sacrifice de son fils chéri, « ton fils Isaac ton unique, celui que tu aimes » (Genèse, XXII). Abraham se met en devoir d'obéir. Mais à l’instant ultime du sacrifice, Dieu, satisfait de cette obéissance, substitue à l’enfant une victime animale.
La Mort de Sarah et l'Acquisition d'Hébron
Mais c’est à Hébron qu’Abraham se sédentarise et qu’il achète un terrain disposant d’une grotte pour donner une sépulture à sa femme Sarah. Lui-même sera par la suite enterré dans ce caveau.
Quelques années après, Sarah meurt à l’âge de 127 ans, à Hébron. Abraham entreprend des négociations pour acheter une sépulture à sa femme. Il achète ainsi un champ et une caverne. Sachant qu’il ne lui reste plus que quelques temps à vivre, Abraham cherche enfin une femme pour son fils Isaac. Il fait confiance à un homme qui choisit pour lui Rébecca.
Abraham dans les Religions Monothéistes
Abraham est considéré comme le fondateur de la nation hébraïque. Les trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) se réclament de lui.
Abraham est considéré comme le patriarche des trois religions monothéistes (le judaïsme, le christianisme et l’islam), que l’on nomme aussi « religions abrahamiques ». Né Abram (« le Père est exalté »), il recevra de Dieu le nom Abraham qui signifie « père d’une multitude de nations ».
Les trois religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islâm) se réclament à juste titre d’Abraham et le considèrent comme le modèle parfait du monothéiste. Mais elles divergent sur son rôle, sa généalogie et sa première descendance. Il est clair qu’il ne peut être question de reprendre ici le débat, ni de porter un jugement de valeur sur ces références. Qu’il suffise de rappeler que pour l’Islam, Abraham est l’emblême même de la prophétie. Son existence et son apostolat ne relèvent ni des fables, ni des fictions.
Dans le Judaïsme
Dans le judaïsme, Abraham est considéré comme un modèle de foi et le père du peuple juif, à travers Isaac et Jacob, dont les douze fils sont les ancêtres des tribus d’Israël.
Dans le Christianisme
Dans le christianisme, Abraham est un modèle de foi, car il a cru en la promesse divine et a obéi à Dieu sans réserve. Il est cité dans les quatre évangiles, notamment dans la généalogie du Christ au début de l’évangile de Matthieu. Le sacrifice d’Isaac est vu comme une préfiguration du sacrifice de Jésus sur la croix. L’apôtre Paul s’appuie beaucoup sur lui dans ses lettres, mettant en avant sa foi qui obtient la justification. L’épisode de la Genèse où Abraham est béni par le prêtre Melchisédech est repris dans la lettre aux Hébreux. Certains pères de l’Église y ont aussi vu une préfiguration de l’Eucharistie.
Dans l'Islam
Dans l’islam, Abraham est connu sous le nom d’Ibrahim et vénéré comme un prophète. Il est considéré comme l’ancêtre des Arabes par son fils Ismaël.
Pour prouver sa soumission, Abraham se vit dans l’obligation de sacrifier l’un de ses fils. Selon la Genèse , le » candidat » à l’immolation était Isaac. Selon la thèse musulmane, il s’agit d’Ismaël.
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