L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit légal en France depuis 1974. Une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse peut demander une IVG, et la loi garantit sa liberté de choix quant à la méthode utilisée. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble détaillée des différentes procédures d'avortement disponibles, des étapes à suivre et des informations essentielles à connaître.
Les deux méthodes d'IVG : médicamenteuse et instrumentale
Il existe deux types principaux d'IVG :
- L'IVG instrumentale (ou chirurgicale) : Elle consiste en une aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus.
- L'IVG médicamenteuse : Elle implique la prise de médicaments pour interrompre la grossesse et provoquer l'expulsion de l'œuf.
Le choix entre ces deux méthodes dépend du terme de la grossesse et de la préférence de la patiente, en concertation avec le médecin ou la sage-femme.
L'IVG instrumentale (chirurgicale)
Délais et lieux de réalisation
L’IVG instrumentale est pratiquée jusqu’à la fin de la 14ᵉ semaine de grossesse (soit la 16ᵉ semaine d’aménorrhée). Elle a lieu dans un établissement de santé (centre hospitalier ou clinique) ou dans certains centres de santé autorisés.
Déroulement de l'IVG instrumentale
L'IVG instrumentale nécessite une hospitalisation de quelques heures sur une journée (en ambulatoire). Si vous êtes mineure, vous devez être accompagnée par une personne majeure de votre choix. Si vous êtes majeure, il est recommandé d’être accompagné par une personne de votre choix.
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L’intervention est réalisée sous anesthésie locale du col de l’utérus ou sous anesthésie générale. Dans le cas où vous choisissez une anesthésie générale, vous aurez en plus une consultation préalable avec un médecin anesthésiste. Elle dure une dizaine de minutes et se déroule en trois étapes :
- Dilatation du col de l’utérus : L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament.
- Introduction d’une canule : Une canule (petit tube) reliée à un dispositif permettant d’aspirer est introduite dans l'utérus.
- Aspiration de l’œuf : L'œuf est aspiré à l'aide de la canule. Il s’agit d’un avortement avec l’aspiration de l’œuf à l’aide d’une canule fine introduite dans le col de l’utérus de la femme et reliée à un système permettant l’aspiration.
Suites de l'IVG instrumentale
Les jours suivants l’IVG instrumentale, des saignements peuvent apparaître. S’ils sont abondants et/ou persistants et/ou accompagnés de fièvre ou de vomissements, consultez un médecin sans tarder.
Consultation de suivi
14 à 21 jours après l’IVG instrumentale, vous devez réaliser une dernière consultation de suivi afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n’y a pas de complications.
Efficacité
L’IVG instrumentale est efficace à 99 %.
L'IVG médicamenteuse
Délais et lieux de réalisation
À la différence de l’avortement par aspiration, l’IVG médicamenteuse peut être réalisée aussi bien en établissement de santé qu’à domicile jusqu’à la 7ème semaine de grossesse (la 9ème semaine d’aménorrhée). La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l'expulsion de l’œuf).
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Déroulement de l'IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse consiste en un avortement médicamenteux. Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse.
- Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament.
- Prise du second médicament (misoprostol) : Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard.
La prise de misoprostol (24 à 48h plus tard) produit des contractions utérines permettant l’expulsion de l’œuf et le retour des règles. Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.
Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
Suites de l'IVG médicamenteuse
S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
Consultation de suivi
À la suite de l’avortement médicamenteux, une visite de contrôle est effectuée dans les 15 jours suivants afin de s’assurer de l’interruption de la grossesse.
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Efficacité
L’IVG médicamenteuse est efficace à 95%.
Les étapes préalables à l'IVG
Deux temps sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG.
1er temps : la consultation d'information
Au cours de ce 1er temps :
- Vous faites votre demande d'avortement.
- Vous recevez des informations orales et un guide sur l'IVG qui portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation et notamment le choix dont vous disposez mais aussi sur les effets indésirables possibles.
- Le médecin ou la sage-femme vous propose un entretien psycho-social (celui-ci est obligatoire si vous êtes mineure et doit être réalisé avant le recueil de votre consentement). Cet entretien a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agrée.
Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme :
- vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ;
- vous propose un entretien psychosocial si besoin (uniquement obligatoire pour les mineures) ;
- doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
2nd temps : le recueil du consentement
Au cours de ce 2nd temps, vous remettez votre consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle. Vous confirmez votre choix par un écrit.
Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme :
- pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ;
- pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).
Rappel Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement. Si vous êtes majeure et ne souhaitez pas réaliser d’entretien psycho-social, vous pouvez choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation. Si vous choisissez de réaliser un entretien psycho-sociale (obligatoire pour les mineures) , il n’y a pas de délai minimal obligatoire entre celui-ci et la réalisation de l’IVG que vous soyez majeure ou mineure.
Informations complémentaires importantes
Consultation psycho-sociale
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG.
Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé) pour cette consultation.
Elle a lieu avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, au choix :
- dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale),
- dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS),
- dans un service social ou autre organisme agréé.
Prise en charge financière
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.
Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).
Le coût d'une IVG instrumentale est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire. Ce tarif est compris entre 579,06 € et 830,06 € en fonction :
- De l'établissement de santé (hôpital ou clinique)
- Du type d'anesthésie (locale ou générale)
- Et de la durée de l'hospitalisation.
Le coût d'une IVG médicamenteuse, en établissement de santé (hôpital, clinique), est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €. Le coût d'une IVG médicamenteuse de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de santé sexuelle appelé avant centre de planification et d'éducation familiale) est remboursé par l'Assurance maladie à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.
Complications possibles
Qu’il s’agisse d’une IVG instrumentale ou médicamenteuse, il existe un risque de complications mais ce risque n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané (fausse couche) ou d‘une grossesse menée à terme. Mis à part les risques de lésions au niveau du col de l’utérus ou des parois de l’utérus qui sont spécifiques à la méthode instrumentale, les complications qui peuvent survenir en lien avec l’IVG sont les mêmes quelle que soit la technique employée. Il s’agit principalement des hémorragies et des infections de l’utérus. Ces deux dernières peuvent également survenir lors d’une évacuation incomplète de la grossesse.
Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).
Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel.
Dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.
Contre-indications à l’IVG médicamenteuse
La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.
Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
L’avortement instrumental (13 - 22 semaines)
La préparation
Une heure avant l’intervention, on vous donnera un médicament (le misoprostol) qui va avoir pour effet de ramollir le col de l’utérus afin de le préparer à l’avortement. Ce médicament peut causer des nausées, des frissons et des contractions.
L’anesthésie
Dans la salle d’intervention, un somnifère à courte durée d’action vous sera administré par une perfusion posée sur votre bras. Vous vous endormirez en l’espace de 30 secondes et vous dormirez tout le temps de l’intervention.
Pour une sédation profonde, votre estomac doit être complètement vide (vous devez être à jeun). C’est la raison pour laquelle vous ne devez rien manger pendant les 3 heures qui précèdent l’intervention. Vous pouvez boire de l’eau jusqu’au rendez-vous.
Attention : durant les 24 heures qui suivent une sédation profonde, vous ne devez pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé. Ne prenez pas non plus de décisions importantes pendant ces 24 heures.
L’intervention
Pendant l’intervention, vous serez assise dans un fauteuil gynécologique. Un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG) procédera à l’avortement, assisté d’au moins un membre infirmier. À l’aide d’un spéculum (instrument en forme de bec de canard), le médecin va rendre visible le col de l’utérus. Le fœtus sera ensuite retiré, puis l’utérus vidé, à l’aide d’instruments chirurgicaux.
Si vous êtes enceinte de moins de 15 semaines, vous pourrez, à la suite de cette intervention, vous faire poser un stérilet ou un implant.
Après l’IVG
Après l’intervention, vous irez en salle de repos. Vous y resterez pendant une heure, sous surveillance. Nous vous donnerons des antibiotiques pour prévenir les infections.
Après l’intervention, des maux de ventre et des saignements peuvent survenir. Ces désagréments peuvent persister quelques jours ou quelques semaines ; ils s’atténueront progressivement. Les symptômes de la grossesse vont aller en diminuant dès la fin de la semaine qui suit l’intervention. Si les désagréments ne s’atténuent pas, si vous avez de la température ou si vous ne vous sentez pas bien, il faut toujours nous en informer. . La durée de l’hospitalisation est de 4 à 5 heures.
L’avortement instrumental (18 - 22 semaines)
Cette méthode d’intervention est pratiquée exclusivement à la clinique Bloemenhove Haarlem. La durée de l’hospitalisation est de 6 à 8 heures, en moyenne.
Si vous êtes enceinte de 18 à 22 semaines, l’intervention se déroulera toujours sous sédation (profonde).
Deux à trois heures avant l’intervention, nous vous donnerons un médicament (le misoprostol) qui va avoir pour effet de ramollir le col de l’utérus et assurer une certaine dilatation. Lorsque vous serez prête pour l’intervention, nous vous endormirons. L’intervention se déroule pratiquement de la même façon que pour une IVG entre 13 et 17 semaines. La durée de l’intervention est de 15 à 25 minutes ; elle varie selon le stade de la grossesse. Vous vous réveillerez immédiatement après l’intervention.
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