L'accouchement, dans la majorité des cas, se déroule de manière naturelle et spontanée. Cependant, il existe des situations où le déclenchement artificiel du travail s'avère nécessaire, soit pour des raisons médicales liées à la santé de la mère ou du fœtus, soit, dans certains cas, pour des raisons de convenance. Cet article explore les indications du déclenchement, les différentes méthodes utilisées, ainsi que les considérations importantes à prendre en compte.

Indications du déclenchement de l'accouchement

Le déclenchement artificiel du travail peut être envisagé dans les situations suivantes:

  • Dépassement de terme: Si la grossesse dépasse le terme prévu (généralement 41 semaines d'aménorrhée), et surtout si ce dépassement excède 6 jours, un déclenchement peut être proposé pour éviter les risques potentiels liés à la poursuite de la grossesse.

  • Rupture prématurée des membranes: Lorsque la poche des eaux se rompt avant le début du travail, un déclenchement est généralement entrepris dans un délai maximal de 2 jours pour réduire le risque d'infection pour le bébé.

  • Grossesse gémellaire: En cas de grossesse gémellaire, un déclenchement est souvent effectué entre 37 et 39 SA si l’accouchement n’a pas eu lieu avant, car la mortalité périnatale est augmentée après 39 SA.

    Lire aussi: Baccalauréat : focus sur les trimestres

  • Pathologies maternelles: Certaines conditions médicales maternelles, telles que la pré-éclampsie sévère ou le diabète insulinodépendant, peuvent nécessiter un déclenchement précoce du travail.

  • Pathologies fœtales: Si le bébé présente des anomalies, comme des problèmes cardiaques, ou en cas de retard de croissance intra-utérin, un déclenchement peut être envisagé.

  • Antécédent d’accouchement rapide: Un antécédent d’accouchement rapide (< 2 heures) peut être une indication de déclenchement du travail à partir de 39 SA si le col est favorable.

  • Utérus cicatriciel Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle ou fœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel.

Déclenchement de convenance

Le déclenchement de convenance, ou accouchement programmé, est envisagé en l'absence d'indication médicale précise, mais dans le but d'éviter des complications de grossesse. En France, il n'est généralement pas pratiqué par simple confort, mais pour des raisons spécifiques, comme dans le cadre des grossesses gémellaires ou multiples. Pour être réalisé, le déclenchement de convenance doit respecter certaines conditions :

Lire aussi: Guide complet sur l'Éconazole Ovule

  • Grossesse avancée à 39 semaines d'aménorrhée minimum (8 mois et demi).
  • Utérus non cicatriciel (sauf indication médicale spécifique).
  • Col favorable (col ramolli et un peu ouvert).

Il est essentiel de souligner que la future mère a le droit de refuser le déclenchement jusqu'au dernier moment.

Évaluation préalable au déclenchement

Avant de procéder au déclenchement, une évaluation approfondie est nécessaire pour déterminer la méthode la plus appropriée. Cette évaluation comprend :

  • Évaluation du terme: La réalisation d’une échographie du premier trimestre à 11 - 13 semaines d’aménorrhée (SA) permet une détermination précise du terme.

  • Évaluation du col utérin: L'état du col est évalué à l'aide du score de Bishop, qui prend en compte la dilatation, l'effacement, la consistance et la position du col. Un score élevé indique un col favorable au déclenchement.

  • Évaluation du bien-être fœtal: Un monitoring fœtal est réalisé pour contrôler le rythme cardiaque du fœtus et s'assurer de son bien-être.

    Lire aussi: Découvrez les tétines Philips Avent

  • Évaluation des antécédents médicaux et obstétricaux: Il est important de prendre en compte les antécédents de la patiente, notamment en cas d'utérus cicatriciel, en demandant les comptes-rendus opératoires.

  • Évaluation des mensurations du bassin: En fin de grossesse, les mensurations du bassin peuvent être vérifiées par scanno-pelvimétrie (36-37 SA) afin de juger des possibilités d’accouchement par voies naturelles.

  • Estimation du poids fœtal: Le poids du bébé est estimé par échographie fœtale, afin de juger des possibilités d’accouchement par voies naturelles.

Méthodes de déclenchement de l'accouchement

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour déclencher l'accouchement, en fonction de l'état du col utérin et des indications médicales.

Maturation du col

Si le col n'est pas favorable, une maturation du col est nécessaire avant de procéder à la stimulation des contractions. Les méthodes de maturation du col comprennent :

  • Tampon de prostaglandines: Un insert contenant des prostaglandines est placé au fond du vagin pendant 24 heures maximum. Les prostaglandines aident le muscle utérin à se contracter et favorisent le relâchement du col utérin.

  • Misoprostol par voie orale: Le misoprostol contient également de la prostaglandine et favorise un relâchement du col utérin.

  • Ballonnet: Un petit ballonnet est placé au-dessus du col et gonflé avec du liquide. Il exerce une pression sur le col, ce qui favorise sa dilatation.

Stimulation des contractions

Une fois le col suffisamment mature, les contractions peuvent être stimulées par :

  • Perfusion d'ocytocine: L'ocytocine est une hormone qui provoque des contractions utérines. Elle est administrée par voie intraveineuse. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute.

  • Rupture artificielle des membranes: Lorsque le col est dilaté à 2 cm minimum, le médecin peut rompre la poche des eaux à l'aide d'un petit crochet.

  • Décollement des membranes: Le médecin ou la sage-femme introduit un doigt à l’intérieur du col utérin pour décoller doucement la membrane qui compose le sac amniotique.

Déroulement du déclenchement

Le déclenchement de l'accouchement se déroule généralement de la manière suivante :

  1. Accueil à la maternité: La patiente est accueillie à la maternité et un examen est réalisé.

  2. Maturation du col (si nécessaire): Une méthode de maturation du col est mise en place si le col n'est pas favorable.

  3. Stimulation des contractions: Une fois le col suffisamment mature, les contractions sont stimulées.

  4. Surveillance: La patiente est surveillée attentivement pendant toute la durée du travail, avec un monitoring fœtal continu. En cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures.

  5. Accouchement: Lorsque le travail progresse et que le col est complètement dilaté, l'accouchement a lieu. C’est la sage-femme qui effectue l’accouchement, la délivrance du placenta et la suture périnéale si elle est nécessaire. Elle est généralement secondée par une infirmière qui aide à la surveillance des constantes maternelles (pression artérielle, fréquence cardiaque, température) et administre les médicaments prescrits par la sage-femme.

Durant toute la durée du travail et de l’accouchement, l’équipe médicale sera à vos côtés pour vous surveiller, vous soutenir et vous guider.

Durée du déclenchement

La durée d'un déclenchement peut varier considérablement, allant de quelques heures à 72 heures. En moyenne, la durée est de 48 heures.

Analgésie

Le déclenchement peut entraîner des contractions plus intenses et douloureuses qu'un travail spontané. Une analgésie péridurale peut être proposée pour soulager la douleur. Vous pouvez demander que l’anesthésiste vienne poser une péridurale pour soulager la douleur liée à vos contractions.

Si les conditions sont réunies, il est possible de poser d’abord une péridurale avant la pose de la perfusion d'ocytocine. Un cathéter est alors mis en place au niveau de la colonne vertébrale lombaire. La transmission nerveuse est alors anesthésiée, ce qui permet de ne pas ressentir de douleur pendant toute la durée du travail.

En attendant que le travail soit suffisamment avancé pour permettre la mise en place d’une analgésie péridurale si la future maman le souhaite, d’autres moyens antidouleur pourront être proposés.

Risques et complications

Le déclenchement de l'accouchement comporte certains risques et complications potentiels :

  • Échec du déclenchement: Le déclenchement peut ne pas être efficace et une césarienne peut être nécessaire.

  • Hyperstimulation utérine: L'ocytocine peut provoquer des contractions trop fortes ou trop fréquentes, ce qui peut entraîner une souffrance fœtale.

  • Rupture utérine: Chez les femmes ayant un utérus cicatriciel ou les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine.

  • Infection: La rupture des membranes peut augmenter le risque d'infection.

  • Césarienne: Dans certains cas, le déclenchement peut entraîner la nécessité d'une césarienne.

La césarienne est une intervention courante dont le déroulement est simple dans la majorité des cas. Cependant, le risque d’hémorragie est augmenté en cas de césarienne par rapport à un accouchement par les voies naturelles. Dans les rares cas d’hémorragie sévère, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être nécessaire. Les lésions d’organes de voisinage de l’utérus (blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins) demeurent très rares, et nécessitent une prise en charge chirurgicale spécifique. Parfois, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peuvent survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Comme toute chirurgie, la césarienne peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de graves séquelles. Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l’opération.

Utérus cicatriciel et déclenchement

Le déclenchement d’une patiente ayant un utérus cicatriciel est tout à fait possible. Néanmoins, on ne déclenche une patiente avec un utérus cicatriciel que sur indication médicale (dépassement de terme par exemple) et si les conditions cervicales sont favorables, c’est-à-dire un col suffisamment mature. En cas de deux cicatrices sur l’utérus suite à 2 césariennes (utérus bi-cicatriciel) une tentative d’accouchement par voie basse peut être réalisée sous certaines conditions.

Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle ou fœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente.

Aspects émotionnels et psychologiques

Le déclenchement de l'accouchement peut susciter des préoccupations émotionnelles pour certaines futures mamans. L’inquiétude liée à la douleur, la déception de ne pas vivre un accouchement spontané ou l’incertitude concernant le processus sont des sentiments fréquents. Le soutien de l’entourage et de l’équipe médicale joue un rôle essentiel pour atténuer ces craintes et aider les mères à se sentir rassurées et en sécurité.

Si cet acte reste à l’appréciation des professionnels de santé, aucune décision ne sera prise sans discussion préalable avec la future mère. Elle sera donc en mesure de poser toutes les questions qu’elle souhaite.

tags: #a #quel #moment #declencher #un #accouchement

Articles populaires: